L’Etap cherche-t-elle à administrer une leçon de transparence à ses détracteurs ? En rendant public son rapport annuel pour 2014 de la façon dont il a été fait, de la précision des chiffres à la justification des données livrées, l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières semble vouloir sortir définitivement de l’opacité qui a longtemps enveloppé ses activités, donnant lieu à toutes sortes d’interprétations et tour récemment à des campagnes à large spectre, comme la campagne « winou el petrol » dont les instigateurs se retranchent encore derrière une aussi hermétique opacité.
A la lecture de ce document de 75 pages, on retire l’impression et même on se forgerait la conviction que l’ETAP n’a rien à cacher et que tout est effectivement étalé sur la place publique. A commencer par un état des lieux sans concession du secteur qui a accusé une baisse au niveau de ses activités caractérisée par l’absence de nouveaux permis octroyés et de nouvelles découvertes, la baisse des acquisitions sismiques 2D et 3D, la chute du nombre de puits d’exploration forés et la stagnation du nombre de puits de développement forés.
Ensuite, on apprendra que le bilan d’énergie primaire pour l’année 2014, s’est caractérisé par l’aggravation du déficit énergétique de 54% passant de 2,4 Mtep en 2013 à 3,7 Mtep en 2014.
D’après l’Etap, ceci est expliqué par la forte baisse des ressources nationales en énergie primaire de 12,8% (pétrole -11%, gaz naturel -15% et GPL -10%) contre une augmentation de la consommation d’énergie primaire de 5,7% (produits pétroliers +10% et gaz naturel +2,1%).
Le taux d’indépendance énergétique est passé de 72% en 2013 à 60% en 2014, soit une dépréciation de 17%.
Le nombre de permis en cours de validité, lui, s’est élevé à 37 permis jusqu’à la fin de 2014, dont 26 onshore et 11 offshore. il s’agit de 35 permis de recherche et de 2 permis de prospection couvrant une superficie totale de 107 969 km2 (72 518 km2 en onshore et 35 451 km2 en offshore). Ces permis sont opérés par 32 compagnies pétrolières nationales et internationales des cinq continents actifs dans le domaine de l’exploration et la production des hydrocarbures.
Sept permis ont été rendus, durant 2014, et réintégrés parmi les blocs libres. Six (6) permis de recherche ont été renouvelés en 2014, à savoir : Mahdia, Kaboudia, Borj El Khadra Sud, Sud Remada, Sud Tozeur et Anaguid.
Production pétrolière sur le déclin
La production nationale de pétrole (brut, condensat, condensat Gabès, GPL champs et GPL usine Gabès) en 2014 s’est élevée à 2,813 millions de tonnes (2903 mille tep), ce qui correspond à une baisse de 10,7% par rapport à 2013 soit 3,149 millions de tonnes (3248 mille tep), selon le rapport annuel de l’Etap pour 2014.
Ce recul est dû au déclin de la production de la plupart des champs tels que : Hasdrubal (-22%), El Borma (-10%), Chourouq (-4%), Oued Zar (-32%), Ashtart (-12%), Hajeb/Guebiba (-20%), Ch. Essaida (-9%), Miskar (-13%), Bir Ben Tartar (-8%), MLD (-12%), Sidi El Kilani (-12%) et ce, en dépit de l’augmentation de la production des champs : Didon (+36%), Anaguid Est (+25%), Ezzaouia (+33%), Sabria (+28%).
Parmi les autres causes, la même source a cité l’arrêt de production de certains champs, soit pour la réalisation des travaux d’entretien ou de réparation comme l’arrêt annuel planifié du champ Miskar du 17 au 19 novembre 2014 et fermeture du A17 jusqu’au 25 juin pour intervention technique et du R1A pour travaux de maintenance.
La production nationale de brut est passée de 2850 mille tonnes en 2013 à 2543 mille tonnes en 2014 affichant une chute de 10,8%. Le GPL champs a accusé une baisse de 13,8%, passant de 189 mille tonnes en 2013 à 163 mille tonnes en 2014. Il convient à noter qu’en 2014, le GPL usine de Gabès a été de l’ordre de 78 mille tonnes, alors que le condensat usine de Gabès a été de 29 mille tonnes.
Enfin, la consommation totale de gaz naturel a connu un accroissement de 2,1% passant de 4793 ktep en 2013 à 4895 ktep en 2014. Cette hausse s’est manifestée, aussi bien pour le gaz naturel consommé pour la production de l’électricité de 3,4% (le secteur électrique reste de loin le plus grand consommateur de gaz naturel et représente 74% de la demande gazière totale de 2014), que pour le gaz naturel consommé en moyenne et basse pression (+3,0%). Malgré la baisse de la consommation en haute pression de 13,1% qui a été compensée par l’augmentation de la consommation du pet coke par les cimenteries.
L.M.








