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Tunis : Tahar Hmila dégaine contre la Troïka, les hommes politiques et les associations caritatives et qualifie les ex-prisonniers de mercenaires!

Bien que quelques mois nous séparent des élections présidentielles et législatives, les tiraillements politiques ne se sont pas encore apaisés et les constituants n’ont de cesse de s’étriper. Dans une Interview accordée, ce mercredi, au journal Al Joumhouria, l’élu de l’Assemblée nationale constituante (ANC), Tahar Hmila, n’a épargné personne ou quasiment. Il s’en est pris à la Troïka, aux dirigeants des partis politiques, aux anciens chefs du gouvernement, aux anciens prisonniers, ainsi qu’aux associations caritatives.

« La corruption plus dévastatrice sous la Troïka que sous Ben Ali »

Il a affirmé que la corruption sous la Troïka est beaucoup plus dévastatrice que celle sous Ben Ali, soutenant que « si on ouvre les dossiers et jette un coup d’œil sur les nominations et les dépassements qui ont eu lieu, on ne manquera pas d’être frappé par l’ampleur de la corruption pendant que la Troïka était au pouvoir, davantage que celle dont s’est rendu coupable le président déchu en 23 ans de règne », selon ses dires.

Les autres partis politiques qui n’avaient pas accès à la sphère du pouvoir n’en sont pas moins exonérés non plus, a-t-il dit, estimant que certaines formations politiques qui étaient en peine même de payer leur loyer, sont aujourd’hui, assises sur des matelas de plusieurs milliards provenant de l’extérieur à travers des associations caritatives.

« L’hypocrisie des associations caritatives »

Il a accusé, en outre, les associations caritatives « d’hypocrisie politique », alors que leur rôle principal est de venir en aider aux nécessiteux et aux familles pauvres, soulignant que morale et politique ne font pas bon ménage. D’après lui, en Tunisie, la politique et la morale sont à mille lieues l’une de l’autre et toute personne dépourvue de morale ne pourrait pas se transformer en un homme de politique mais plutôt en un homme du pouvoir, dont le seul souci est de profiter des problèmes et des différends qui pourraient survenir pour s’y maintenir, a-t-il dit

Au sujet de la situation économique du pays et la détérioration du pouvoir d’achat des Tunisiens, l’élu de l’ANC y a vu les symptômes d’une corruption qui a commencé depuis la période où Béji Caïd Essebsi été au pouvoir, pour prendre de l’ampleur avec la Troïka.

« La mosquée d’El Fath est un Etat dans l’Etat »

Il a accusé, à ce propos, la Troïka de subdiviser la Tunisie en deux sous- Etats. Le premier Etat est celui qui croit au drapeau tunisien. Cet Etat est représenté par la présidence du gouvernement, l’ANC et le Palais de Carthage, alors qu’une autre bonne frange de la société a fait de la mosquée d’El Fath un deuxième Etat, qui a « son propre drapeau, ses propres slogans et son propre armée ».

Au sujet du terrorisme, Tahar Hmila a déclaré que ce fléau n’a pas été créé ex nihilo, mais il a pris naissance sous l’effet de la propagation de visions religieuses étrangères à la Tunisie et qui n’ont aucun rapport avec les traditions du pays qui a déjà rejeté cette vision discriminative et wahabite depuis le 19ème siècle. « La Tunisie a une position claire vis-à-vis du terrorisme, mais tout a changé avec la Révolution, et c’était-là une des erreurs de la Troïka », a-t-il affirmé.

Le projet d’Ennahdha est « sentimental »

Selon lui, le parti d’Ennahdha, au moment où il avait accédé au pouvoir, n’avait ni programme économique, ni projet politique ou encore social, mais plutôt un projet « sentimental » qui visait uniquement à faire ramener dans son giron les Tunisiens frappés d’excommunication (Takfir) par Bourguiba, selon ses dires. Et de préciser que la situation économique, aujourd’hui, s’est sérieusement détériorée, en plus du commerce parallèle qui a fortement impacté le dinar et la classe des travailleurs en Tunisie sachant que le secteur informel représente 65% de l’économie nationale.

« Les ex-prisonniers sont des mercenaires »

En outre, Tahar Hmila a qualifié les anciens prisonniers de mercenaires qui n’ont rien de militants, expliquant que ceux qui militent ne devraient pas attendre une contrepartie. « Ces derniers ont été gratifiés d’une contrepartie pour leur actions de militantisme, est c’est un grand scandale. Je suis triste pour la Tunisie », a-t-il précisé.

Il s’est prononcé contre l’indemnisation des anciens prisonniers : « Qui leur a dit de militer ? Pourquoi ne seront-ils pas remboursés par ceux qui les ont envoyés pour militer ? Est-ce que c’est le peuple tunisien qui leur a demandé de militer pour en payer la facture ? ».

« Ben Jaâfar responsable à 90% »

Interrogé sur les hommes politiques, l’élu de l’ANC a accusé Mustapha Ben Jaâfar, le président de l’ANC d’être responsable à 90% de la détérioration de la situation du pays.

Selon lui, Ben Jaâfar n’a pas réagi aux dépassements et a gardé le silence sur plusieurs erreurs commises par le président de la République, Moncef Marzouki, ainsi que par les anciens chefs du gouvernement, Hammadi Jebali et Ali Laârayedh, alors qu’il a de larges prérogatives dans un régime constitutionnel, selon ses dires.

Il a reconnu que l’ANC, au lieu d’édifier la République, est devenue un creuset pour servir les intérêts des partis politiques, soulignant que Mustapha Ben Jaâfar a insulté la Tunisie plus que ne l’a fait Ben Ali lui-même.

« BCE dépassé par le temps »

Il a renouvelé son appel à Moncef Marzouki de se soumettre à des examens médicaux, étant « atteint de perturbations psychologiques et psychiques », soulignant que ce dernier est un enseignant spécialiste dans la psychologie et a des connaissances en psychiatrie.

Evoquant Rached Gahnnouchi, l’élu de l’ANC a indiqué que ce dernier a appris le bases de la pensée politique, lors de son exil en Grande-Bretagne, mais il demeure rivé à ses croyances dans l’islamatisation de la société.

Il a avoué que le fondateur du parti de Nidaa Tounes, Béji Caied Essebsi a été dépassé par les événements, mais il rêve toujours d’être un président même pour un seul et unique jour, alors que Hamma Hammami parle des travailleurs alors que lui-même n’a jamais travaillé même pendant une journée.

Khadija Taboubi

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