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Tunis : Vive controverse autour du Conseil des sages

Sitôt constitué sitôt opérationnel, le conseil des sages est sous le feu des critiques.

Formé, mardi dernier à l’initiative de Hamadi Jebali, ledit conseil qui regroupe intellectuels, juristes, modérés d’Ennahdha a pour mission de critiquer le rendement de l’ANC.

Selon les premières conclusions du conseil des sages, l’ANC s’est détournée de l’objectif de l’élaboration de la constitution pour se concentrer sur les questions législatives et politiques, qui sont du ressort d’une assemblée législative.

Polémique autour du Conseil des sages

En dépit de son mandat assez bref, l’entité voulue par le chef du gouvernement est applaudie par certains partis alors qu’elle est rejetée par d’autres.

Pour Mehdi Ben Garbia, membre de l’ANC et de l’Alliance démocratique, le conseil des sages ne menace pas la légitimité de l’ANC. « Il s’agit uniquement d’un conseil consultatif qui va essayer de convaincre l’ensemble des partis politiques à travers des personnes nationales ayant leurs poids en Tunisie », nous a-t-il expliqué. L’objectif étant de trouver un terrain d’entente et une solution au blocage politique et institutionnel actuel.

Par contre, Kamis Kssila, député et membre de la direction de Nidaa Tounès, l’a considéré comme une « hérésie » qui pourrait faire avorter les efforts pour sortir le pays de la crise. Tout en reconnaissant le droit à Hammadi Jebali de prendre conseil auprès de personnalités compétentes, Ksila a estimé que la création de ce conseil est une initiative qui vise à contourner l’ANC, source de la légitimité du Gouvernement lui-même, et la substitution de cette nouvelle instance au forum du dialogue national prôné par toutes les forces politiques du pays.

Instance inutile

Pour Habib Ellouze, élu d’Ennahdha à l’ANC, le conseil des sages institué par Hammadi Jebali est une instance inutile, et donne une mauvaise idée de la situation politique tunisienne.

Par ailleurs, le dirigeant d’Ennahdha nous a indiqué que ce climat tendu nécessite la forma-tion d’un gouvernement de coalition nationale. Donc, une initiative qui « vient au mauvais moment puisque les concertations se poursuivent pour la formation d’un gouvernement d’union politique qui pourrait inclure d’autres partenaires ». « Ennahdha est en train de me-ner des pourparlers à 5, avec le CPR, Ettakattol , Wafa et le groupe parlementaire « Liberté et Dignité » a-t-il précisé. L’objectif étant de former un Gouvernement.

S’alignant sur la même optique, Tahar Hmila, député de l’Assemblée Constituante affirme que la création du conseil des sages est une mauvaise idée politique s’interrogeant ainsi sur son utilité.

Pour lui, il s’agit d’un conseil qui risque de se substituer à l’assemblée nationale constituante s’il se convertit en une autorité de décision et non pas une structure de concertation.

L’absence de femmes met le feu aux poudres

En dépit du rôle que pourrait jouer cette entité, l’absence de la femme a suscité la polémique de nombreuses associations féministes qui ont épinglé sa composition éminemment « conservatrice et patriarcale », comportant quelques ultraconservateurs à l’image d’Abou Yaareb Marzouki (Ennahdha).

Rachid Ammar objet des critiques

Pour la présence du chef d’état-major des armées, Rachid Ammar, le conseiller auprès du chef du gouvernement et également membre du conseil des sages, Abou Yaâreb Marzouki a affirmé que la présence du chef d’état-major au sein du conseil ne doit pas être comprise comme une approbation de l’initiative de Hamadi Jebali. « Face à un souci majeur quant à la crise que vit le pays, Rachid Ammar a invité les membres du conseil à trouver des solutions d’urgence » précisant que l’armée n’interviendrait pas au niveau politique.

Wiem Thebti

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