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Tunis : Voici comment s’est déroulée l’opération d’enlèvement des diplomates tunisiens à Tripoli

On sait maintenant à peu près tout des circonstances dans lesquelles a eu lieu l’assaut vendredi contre le Consulat général de Tunisie à Tripoli et de l’enlèvement des dix diplomates et fonctionnaires qui s’y trouvaient au moment de l’attaque. Ce qui est certain, c’est que le rapt a été perpétré par la milice aux ordres de Walid el Kleib, détenu en Tunis pour son implication dans l’enlèvement de 170 ressortissants tunisiens en Libye, et dont la chambre de mises en accusation de la cour d’appel de Tunis vient de refuser la libération.

Pour la genèse de l’opération et la façon dont a été perpétré l’enlèvement,, entre 20 et 25 éléments de la milice armée relevant du dirigeant de Fajr Libya, Walid el Kleib, ont enlevé vendredi vers 14 heures les 10 diplomates lors de l’assaut contre le Consulat général de Tunisie à Tripoli, selon le correspondant du quotidien tunisien Achourouk dans la capitale libyenne.

Ils y sont arrivés à bord de 4 véhicules 4×4, et étaient armés de kalachnikovs. Après avoir investi les locaux du consulat, ils ont enlevé tous les membres du personnel présent, entre 10 et 12, selon des témoins oculaires, et les ont emmenés vers une destination inconnue. Le Consul général Brahim Rezgui n’en faisait pas partie, étant en déplacement en Tunisie pour une visite de travail, précise le journal dont le correspondant indique que parmi les otages figurent le vice-consul général, la secrétaire du consul général, une fonctionnaire tunisienne âgée de 35 ans , un fonctionnaire quadragénaire visiblement souffrant de diabète qui a perdu connaissance lors de l’assaut ainsi que des citoyens tunisiens qui s’y trouvaient pour se faire livrer des documents administratifs, d’après les témoins.

Les ravisseurs qui étaient cagoulés ont fait irruption dans le siège du consulat après avoir menacé trois agents de la sécurité libyens chargés par le ministère libyen de l’Intérieur de protéger les lieux. Les assaillants étaient dirigés par le frère de Walid el Kleib, et il fut le premier à ouvrir le feu sur la porte principale du consulat pour la forcer et ouvrir la voie aux membres du groupe sous ses ordres. En tout, l’opération n’aura duré que 5 minutes au cours desquelles les ravisseurs ont encerclé les fonctionnaires les obligeant y compris une de leurs collègues à s’allonger par terre avant d’être conduits vers les véhicules garés à l’extérieur au milieu de coups de feu tirés en l’air.

D’après les témoins qui ont accédé après l’opération aux locaux du consulat, le groupe armé a fouillé dans les documents les laissant éparpillés par terre, avant de se retirer du siège du consulat qui a été aussitôt fermé par les agents de sécurité libyens.

La phalange dont les éléments ont enlevé hier vendredi les 10 diplomates lors de l’assaut contre le Consulat général de Tunisie à Tripoli, relève de la ville de Mosrata et a son quartier général à Tripoli, a révélé, de son côté, le président du Conseil militaire de Tripoli, Aissa Badr, dans une déclaration au quotidien Assabah, précisant qu’elle est aux ordres du dirigeant à « Fajr Libya », Walid Elkleib, détenu en Tunisie pour l’enlèvement de 117 ressortissants tunisiens dans la capitale libyenne Tripoli.

Il a ajouté que les 10 diplomates tunisiens enlevés ont été divisés en trois groupes, dont chacun a été emmené vers une destination inconnue, affirmant cependant que la phalange responsable de l’enlèvement est incapable de prendre la moindre mesure pouvant représenter un danger pour l’intégrité physique et la sécurité des otages.

Il a enfin souligné que l’enlèvement des diplomates tunisiens à suscité une vive polémique à Tripoli où des réunions se tiennent entre les autorités de la ville et les différentes milices armées pour obtenir la libération des otages.

Le gouvernement suit de près la situation

Le gouvernement Tunisien suit de près l’évolution de la situation suite à la violation du siège du consulat tunisien à Tripoli par des groupes armés et la séquestration de fonctionnaires diplomates tunisiens, a assuré vendredi le chef du gouvernement Habib Essid.

« Nous suivons de près la situation. Une cellule de crise est actuellement réunie. Des informations précises seront données ultérieurement sur les résultats obtenus », a dit le chef du gouvernement dans une déclaration à la presse au palais Eddiafa, où se tenait la grande commission mixte tuniso- marocaine.

Commentant la situation en Libye, Essid a relevé que la situation est complexe. « Il important de trouver une solution dans les plus brefs délais dans la mesure où la stabilité et la sécurité dans ce pays sont essentiels pour la Tunisie ainsi que pour l’ensemble des pays maghrébins », a-t-il encore estimé. « La Tunisie a essayé de rapprocher les positions entre les gouvernements de Tobrouk et de Tripoli dans le cadre de la mission des nations unies et du représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Libye Bernardino Leon », a-t-il encore révélé.

Une cellule de crise a été mise en place pour suivre l’évolution de la situation à Tripoli suite à la séquestration de dix fonctionnaires diplomates par un groupe armé libyen.

La cellule de crise est composée de représentants de la Présidence de la République, de la Présidence du gouvernement et des ministères de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires étrangères.

M.L.

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