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Tunisie : Béji Caïed Essebsi, crée la «Holding BCE» et offre même à Ennahdha d’y participer !

L’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi a annoncé officiellement samedi la création du parti «Appel de la Tunisie». Lors d’une rencontre organisée samedi au palais des congrès à Tunis, visiblement plein avec un très grand nombre de personnes restées dehors et en présence d’un important dispositif sécuritaire, Caïd Essebsi a annoncé la création d’un Parti qui était au départ une initiative destinée à rassembler diverses forces politiques. «Nous sommes devenus un parti, pour être en règle avec la loi », précise l’ancien Premier ministre tunisien.

Caïd Essebsi, rappelons le, avait rendu public le 26 janvier 2012, une «déclaration» qui avait suscité à la fois des attentes, des réactions positives et surtout des attaques de la part d’Ennahdha notamment. Il ne s’agissait alors, que d’un appel aux forces politiques et intellectuelles nationales «pour se rassembler autour d’une alternative à même de consolider l’équilibre politique et de garantir l’alternance pacifique».

La foule des grands jours qui avait rempli la salle jusqu’au dehors à attendre en pleine canicule, donnait pourtant l’impression, plus d’une attente que d’un refus, malgré l’altercation survenue aux abords du Palais des congrès entre les forces de l’ordre et des personnes venues protester contre la réunion. A l’intérieur en effet, la salle regorgeait d’anonymes, comme de têtes politiques connues. Il y avait les vieux destouriens comme Mustapha Filali, l’ancien SG du PSD (ancêtre du RCD) Mohamed Sayah, Mohamed Jegham ou Kamel Morjene dont la présence, quoique silencieuse et sans applaudissements, signait la réconciliation.

Bien avant sa naissance, le parti «Appel de la Tunisie »avait déjà été accusé d’être le nouveau refuge des anciens RCDistes et des Destouriens que la Révolution veut définitivement balayer après les avoir diabolisés. Cela d’autant plus, que l’absence du parti républicain était remarquée. Ni Néjib Chebbi, ni Maya Jribi n’étaient présents, ce qui fait dire à certains, que l’initiative centriste n’a pas encore convaincu tout la place politique tunisienne pour atteindre l’objectif du rassemblement, malgré la présence d’Ahmed Ibrahim et de seconds couteaux d’autres formations politiques. Béji Caïed Essebsi devrait se contenter, en attendant, des jeunes loups politiques, découvertes de son premier gouvernement de transition, comme Slim Chaker ou Saïd Aïdi ou Taieb Baccouche.

«L’article 1er de la Constitution de 59, sans aucun ajout ni retrait. Un point à la ligne» !

Avec son style si distinctif, mêlant sérieux, humour potache et répliques assassines à ceux qui essaieraient à se frotter à lui, Béji Caïed Essebssi distille son discours, dans une ambiance que ses concurrents n’hésiteront pas à comparer à celle de l’ancien RCD. En vieux briscard de la politique, l’ancien premier ministre n’en oubliera pas pour autant de marquer ce discours de prises de positions sur les faits du jour, comme lorsqu’il lance que «le peuple est musulman et n’a nul besoin pour cela d’intermédiaires » en référence à la polémique sur l’atteinte au Sacré, ou qu’il dit narquois à l’intention des Salafistes que «ils ne digèrent pas le modèle de société que les Tunisiens se sont construits en 50 ans d’indépendance».

Caïed Essebssi en aussi profite pour égratigner Ennahdha, qui ne l’épargne pas non plus, en rappelant à son gouvernement le rapport de Standard & Poor’s qui indiquait que le gouvernement Jbali est incapable d’améliorer la situation. «Vous ne pourrez pas sortir le pays de la situation où il est, seuls. Il vous faut accepter l’autre et chercher le consensus le plus large avec les autres et non chercher le bouc émissaire », dit-il à l’intention d’un gouvernement nahdhaoui qui accuse «les restes de l’ancien régime » et en profite pour fustiger ceux qui appellent à l’exclusion des RCDistes. Et «Bajbouj» comme l’appelle ses Fans, de titiller le parti gouvernant, en indiquant que «nous sommes ouverts à tous … y compris à Ennahdha », avant de se rattraper en précisant que ce sera «sur la seule base de la croyance que seul l’Etat tunisien est au dessus de tout et de tous », opposant ainsi laïcité à islamisme. Il pousse ensuite plus loin, pour répondre au refrain que le parti gouvernant répète concernant sa légitimité électorale, en lançant que «nul ne la conteste même si elle doit finir à la période déterminée (23 octobre prochain), mais seule la Constituante peut se prévaloir de la légitimité électorale, car c’est elle qu’on a élu, pas le gouvernement qui a été désigné par la Constituante » !

En forme malgré les quelques toux, le fondateur du Parti «Appel de la Tunisie », se lance ensuite à égrener avec force les principes fondateur de son parti. En premier lieu, il place le premier article de la Constitution de 1959 en martelant, «sans aucun ajout ni retrait, un point c’est tout», avec son drapeau et son hymne national, les acquis modernistes de 50 ans et à leur tête le Code du statut personnel, termine-t-il à l’endroit des femmes, dont des voilées, qui l’applaudissent longuement. Suivent ensuite la citoyenneté, la démocratie comme mode de gouvernance, la justice sociale, le refus de la violence et l’opposition à cette violence celle de l’Etat et le refus de toute exclusion.

La «Holding politique BCE », c’est quoi ?

Au-delà de cette manifestation qui trace les contours, sommes toutes d’un nouveau parti qui pourrait n’être qu’un parti de plus parmi tant d’autres même s’il démarre sur les chapeaux de roue, il y aurait cependant une structure plutôt originale selon nos informations. Une structure que nous avions comparée à celle d’une holding, mais politique.

Des sources très proches du nouveau parti de Béji Caïed Essebssi, nous indiquent en effet qu’il se composerait de trois structures en une seule. Il y aurait en effet, le «Mouvement Appel de la Tunisie» ou le MAT, qui sera le parti-mère, celui qui regroupera les adhérents directs du parti lui-même. Il y aura en plus deux satellites. Le premier sera celui des «partis alliés», comme pourrait être le cas du parti républicain de Néjib Chebbi et Maya Jribi. Ce satellite, pourra figurer sur d’éventuelles listes électorales communes, mais n’aura pas de représentation au sein du parti-mère. Le second satellite de ce que nous appelons la «Holding BCE», sera celui des «partis partenaires». Il englobera un ou plusieurs partis, plus proches idéologiquement du MAT et qui auront une représentation au sein des ses structures dirigeantes du MAT.

Au tour de ces structures, la réflexion et le débat sont en cours, un Bureau politique, un Comité exécutif [qui comprendrait Lazhar Karoui Chebbi, Taieb Baccouche, Lazhar Akrimi, Slim Chaker, Boujemaa Rimili, Mohsen Marzouk, Wafa Makhlouf, Anis Ghedira, Sameh Damak et Salma Rekik, à qui d’autres sources ajoutent, Noureddine Ben Tichia, ou encore Ridha Belhaj], ou encore une structure de coordination. Même le poste traditionnel de Secrétaire Général, pour lequel le nom de Taieb Baccouche est sur toutes les lèvres sans être définitif, ferait toujours débat chez le MAT.

Pour l’instant, nous dit-on de sources proches du MAT, Béji Caïed Essebssi sera le président du parti, cela a été derrière la décision d’Omar Shabou de quitter l’initiative, mais de manière temporaire jusqu’au prochain congrès. Ce Congrès du MAT, devrait se tenir dans deux mois nous dit-on. En attendant, le nouveau parti vient tout juste de déposer son dossier auprès des services concernés et qui sont sous la tutelle directe de Hammadi Jbali et pratiquement entre les mains de Lotfi Zitoun, membre d’Ennahdha !

Khaled. B.

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