Tunisie : Les mots amers et le douloureux respect de Leila Toubel...

Tunisie : Les mots amers et le douloureux respect de Leila Toubel à BCE

Comédienne, auteure et formatrice, Leila Toubel se définit comme indépendante. Elle parle au chef de l’Etat qui reçoit peu de ses électeurs, à part les médias dont il semble courir quelques-uns, comme le commun des politiciens. Dans un Post sur sa page officielle, elle se dit déçue (elle n’est certainement pas la seule) et a perdu la foi en lui.

«Monsieur le Président de la République,

Je vous écris ces quelques mots avec les lettres amères, de l’amertume de cet automne qui balaie nos rêves comme les feuilles mortes, de l’amertume de la désillusion, du dégoût et du désarroi. Vous avez l’âge de mon père qui m’a éduquée sur un socle de valeurs, dont l’obligation de ne pas insulter nos ainés, je vous dirai simplement que mon âme écorchée depuis des années n’est plus en mesure de survivre à d’autres déceptions, et votre dernier discours n’est pas qu’une déception, c’est l’achèvement du peu de foi et de force qui me restent.

J’ai voté pour vous pour ne pas avoir Moncef Marzouki comme Président, et vous savez pourquoi ? Parce que Marzouki a vendu la patrie et sa petite personne – qui ne vaut rien – à Ennahdha et parce qu’à chaque prise de parole il insulte ses antagonistes politiques. Monsieur le Président, le palais de Carthage serait-il maudit, infecté par un héritage délabré et mesquin, rempli d’une énergie malsaine, hanté par des fantômes qui vous poussent à la dérive de votre prédécesseur.

Faire l’éloge du « militant » Ali Larayedh – J’espère que vous n’avez rien oublié dans la liste de ses actes héroïques pour mettre à feu et à sang le pays – n’est pas seulement une pathétique récidive de votre alliance avec Ennahdha, mais c’est une trahison du sang de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi. Rappelez-vous Monsieur le Président, faites un petit effort et rappelez-vous que pendant votre campagne présidentielle vous avez fait la promesse ferme de dévoiler toute la vérité sur l’assassinat de nos martyrs. Aujourd’hui je vous avoue toute ma bêtise, ma naïveté et ma connerie d’avoir cru à ce mensonge grotesque…

Je me passerai de vous rappeler que celles et ceux qui ont voté pour vous ne vous ont pas donné que leur voix, ils vous ont donné leur confiance, merci de nous avoir convié, en retour, à un mariage dans un décor laid, avec des nappes rouges froissées, des musiciens nullards et de la pâtisserie écrasée sous les pieds des témoins vendus qui applaudissent le spectacle désastreux.

« Insulter » Hamma Hammami est très loin d’un discours politique escompté à la hauteur d’une situation chaotique dans laquelle sombre le pays. Les citoyennes et citoyens qui sont dans la déprime la plus totale s’en foutent royalement de toutes ces guerres intestines et de ce que vous pouvez penser de HH. Nous avons besoin de lumière, nous sommes fatigués de marcher dans l’incertitude et le brouillard.

Permettez-moi trois petites dernières choses :
– J’espère que vous n’allez pas commettre l’insensé et vous présenter pour 2019
– Votre fils ne sera jamais président
– Je regarde ma main que vous avez serrée le jour où vous m’avez décorée, ma gorge se noue et mon cœur s’effondre, parce que cette même main serre celle d’un monstre qui continuera à ronger le pays même avec sa cravate bleue.

Avec mon douloureux respect Monsieur le Président »

1 COMMENTAIRE

  1. J’ai si mal pour ma Tunisie ! Pourquoi faut-il toujours qu’on qu’on te déçoive, qu’on te trahisse, qu’on te manque de respect ?!

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