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Béji Caïd Essebsi

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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, que le dernier baromètre politique d’Emrhod consulting a certainement requinqué, va faire du terrain prochainement, et pas peu. En effet il va se rendre dans trois gouvernorats, dont Sousse. Noureddine Ben Ticha, son conseiller, en a fait l’annonce jeudi 21 septembre 2017, sur Jawhara Fm.

Ben Ticha a indiqué que le chef de l’Etat viendra avec des “cadeaux”, précisément des mesures et décisions qui devraient faire le bonheur des populations locales. Si c’est pas Chahed, c’est BCE !

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Le locataire du palais de Carthage fait ce qu’il peut pour marquer, positivement, l’histoire de son pays. Bon, là en l’occurrence on va parler de sécurité… Ou plutôt de sécurisation des sites de production, qui impacte directement l’économie du pays. Et peut-être qu’à terme, si ça marche, ça aidera le président de la République, Béji Caïd Essebsi, à faire passer, un tant soit peu, les pilules de ses rendez-vous manqués et de ses promesses électorales non tenues (notamment l’élucidation des crimes politiques). Et il a deux ans pour y arriver (2019 est la date de la prochaine présidentielle à laquelle il ne se présentera pas, selon toute logique… vu son grand âge, même si le souligner n’est pas politiquement correct). Mais deux ans ça passe vite, alors BCE hâte le pas.

Le chef de l’Etat nous a donné le tournis dernièrement. Dans sa fameuse interview du 06 septembre 2017, il avait déclaré, avec beaucoup de véhémence, que Ennahdha l’avait leurré en se faisant passer pour un mouvement qui veut vraiment enterrer le prosélytisme et les dogmes religieux, pour se muer en parti civil. Il avait ajouté, toujours avec la même force, que le bout de chemin avec les islamistes avait atteint ses limites et était incapable de mener plus loin le pays. Et puis patatras : Essebsi fait volte-face dans son dernier entretien diffusé à la télévision nationale et dit le plus grand bien sur Ennahdha, s’épanche sur l’avenir radieux de leur cohabitation, et autres joyeusetés de ce genre. Une posture qui évidemment demandait une explication de texte, tant elle tranche avec la précédente sortie. Et c’est sa porte-parole, Saïda Garrache, qui s’y est collée, dans une radio privée de grande écoute, avec des acrobaties linguistiques et dialectiques pour tenter d’installer dans les esprits que son patron ne s’est pas contredit et que les deux discours sont en totale harmonie. A-t-elle convaincu son auditoire et surtout les électeurs du fondateur de Nidaa Tounes ? Manifestement non, à en croire la réaction outrée de Leila Toubel

Il lui reste… la sécurisation des sites de production

Réuni mercredi sous la présidence du président de la République, Béji Caïd Essebsi, le Conseil supérieur des armées s’est penché sur l’état d’avancement de l’élaboration de la stratégie nationale de sécurisation des frontières et de la mise en application du décret présidentiel portant proclamation des sites de production et des installations sensibles et vitales zones militaires interdites.
Le décret présidentiel n°2017-90, portant proclamation des sites de production et des installations sensibles et vitales zones militaires interdites, a été pris à la suite de la réunion du Conseil national de sécurité tenue à la fin du mois de juin dernier.
En vertu des dispositions de ce décret, les sites de production et les installations sensibles et vitales, ainsi que les régions avoisinantes, sont déclarées zones militaires interdites.
D’après le même décret, la liste des zones militaires interdites est mise à jour, chaque fois que le besoin se fait sentir.
Les unités militaires chargées de la protection et de la sécurisation des zones militaires interdites sont habilitées à utiliser tous les moyens de force possibles, pour faire face à toute agression ou attaque ciblant les personnes ou les installations, y compris les actes de sabotage et tentatives d’entrée en force.
Dans un discours du 10 mai dernier, le président de la République avait annoncé que l’armée nationale va désormais protéger les sites de production.
Il n’est plus permis aujourd’hui d’interrompre la production ou de barrer les routes “, avait-il dit en allusion à l’interruption récurrente de la production sous la pression des mouvements de protestation.

Comédienne, auteure et formatrice, Leila Toubel se définit comme indépendante. Elle parle au chef de l’Etat qui reçoit peu de ses électeurs, à part les médias dont il semble courir quelques-uns, comme le commun des politiciens. Dans un Post sur sa page officielle, elle se dit déçue (elle n’est certainement pas la seule) et a perdu la foi en lui.

«Monsieur le Président de la République,

Je vous écris ces quelques mots avec les lettres amères, de l’amertume de cet automne qui balaie nos rêves comme les feuilles mortes, de l’amertume de la désillusion, du dégoût et du désarroi. Vous avez l’âge de mon père qui m’a éduquée sur un socle de valeurs, dont l’obligation de ne pas insulter nos ainés, je vous dirai simplement que mon âme écorchée depuis des années n’est plus en mesure de survivre à d’autres déceptions, et votre dernier discours n’est pas qu’une déception, c’est l’achèvement du peu de foi et de force qui me restent.

J’ai voté pour vous pour ne pas avoir Moncef Marzouki comme Président, et vous savez pourquoi ? Parce que Marzouki a vendu la patrie et sa petite personne – qui ne vaut rien – à Ennahdha et parce qu’à chaque prise de parole il insulte ses antagonistes politiques. Monsieur le Président, le palais de Carthage serait-il maudit, infecté par un héritage délabré et mesquin, rempli d’une énergie malsaine, hanté par des fantômes qui vous poussent à la dérive de votre prédécesseur.

Faire l’éloge du « militant » Ali Larayedh – J’espère que vous n’avez rien oublié dans la liste de ses actes héroïques pour mettre à feu et à sang le pays – n’est pas seulement une pathétique récidive de votre alliance avec Ennahdha, mais c’est une trahison du sang de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi. Rappelez-vous Monsieur le Président, faites un petit effort et rappelez-vous que pendant votre campagne présidentielle vous avez fait la promesse ferme de dévoiler toute la vérité sur l’assassinat de nos martyrs. Aujourd’hui je vous avoue toute ma bêtise, ma naïveté et ma connerie d’avoir cru à ce mensonge grotesque…

Je me passerai de vous rappeler que celles et ceux qui ont voté pour vous ne vous ont pas donné que leur voix, ils vous ont donné leur confiance, merci de nous avoir convié, en retour, à un mariage dans un décor laid, avec des nappes rouges froissées, des musiciens nullards et de la pâtisserie écrasée sous les pieds des témoins vendus qui applaudissent le spectacle désastreux.

« Insulter » Hamma Hammami est très loin d’un discours politique escompté à la hauteur d’une situation chaotique dans laquelle sombre le pays. Les citoyennes et citoyens qui sont dans la déprime la plus totale s’en foutent royalement de toutes ces guerres intestines et de ce que vous pouvez penser de HH. Nous avons besoin de lumière, nous sommes fatigués de marcher dans l’incertitude et le brouillard.

Permettez-moi trois petites dernières choses :
– J’espère que vous n’allez pas commettre l’insensé et vous présenter pour 2019
– Votre fils ne sera jamais président
– Je regarde ma main que vous avez serrée le jour où vous m’avez décorée, ma gorge se noue et mon cœur s’effondre, parce que cette même main serre celle d’un monstre qui continuera à ronger le pays même avec sa cravate bleue.

Avec mon douloureux respect Monsieur le Président »

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Saïda Garrache, la porte-parole de la présidence de la République, a commenté l’interview du chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, diffusée lundi 18 septembre 2017 dans la soirée sur Al Wataniya 1. BCE a fait son petit effet hier en déclarant, entre autres, que «la cohabitation avec Ennahdha se passe bien et devrait se poursuivre» le plus normalement du monde. Pourtant dans l’entretien avec la Presse, diffusé le 6 septembre 2017, le président de la République avait déclaré que Ennahdha avait réussi à tromper son monde sur ses vraies intentions et que le consensus entre les islamistes et Nidaa Tounes avait atteint ses limites. C’est, manifestement, une contradiction…

Garrache ne voit pas du tout les choses de cette façon. Elle défend, ce mardi sur Shems FM, que les deux postures peuvent tout à fait aller de pair…

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Saïda Garrache, porte-parole de la présidence de la République, a fait savoir que dans les faits, plus rien ne s’oppose, juridiquement, au mariage entre une Tunisienne et un non-musulman, puisque que tous les textes de loi en rapport avec la fameuse circulaire 1973 ont été abrogés. L’annonce a été faite via sa page Facebook ce jeudi 14 septembre 2017. Béji Caïd Essebsi n’a pas perdu de temps depuis sa sortie fracassante du 13 août 2017 !

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La joute électorale de 2019 a déjà commencé. On y est depuis le 06 septembre 2017, avec la publication de l’interview accordée à La Presse et Assahafa par le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Ce dernier avait déversé sa bile sur le régime qui préside actuellement aux destinées de la Tunisie : Le régime dit parlementaire, avec les nombreux ratés et dérives qu’on lui connait sous le ciel tunisien. Le 11 septembre 2017, un peu avant le rendez-vous du vote de confiance à l’ARP, c’est Abdessatar Messaoudi qui s’y colle pour dégommer le même régime. Hier mercredi, le chargé des affaires politiques de Nidaa Tounes, Borhen Bsaïes, est monté au front, pour la même entreprise de démolition, en règle, avec une nouveauté en plus, et pas des moindres : Un référendum pour défaire ce que la Troïka, très péniblement, a fait (il a fallu tout de même près de 3 ans pour tricoter cette “merveille”, d’octobre 2011 à janvier 2014!). Le costume présidentiel a été taillé par Ennahdha, à sa mesure, il l’a ensuite offert à Moncef Marzouki. Ce dernier s’est plutôt accommodé de son statut de chef d’Etat d’apparat, qui se contente d’Inaugurer les chrysanthèmes et de régir, très vaguement, l’armée et la politique étrangère. Bon, de temps en temps il vociférait, comme quand on lui a fait le coup du renvoi de Baghdadi Mahmoudi en Libye, dans son dos. Mais voilà, dans l’ensemble il est resté dans le périmètre qu’on lui a tracé. Mais pas Essebsi. L’oeil rivé sur le costume de Habib Bourguiba, qui régentait tout, ou presque, BCE n’a jamais été très à l’aise dans ses habits de président, très étriqués. Il en est sorti très régulièrement, a fait des incursions sur des terrains qui ne sont pas les siens, constitutionnellement parlant. Alors il a décidé, tout bonnement, de changer le costard. Et il va manifestement y mettre les moyens !

La politique c’est aussi une histoire de coups… politiques. La Troïka, mais surtout Ennahdha, en a fait un très gros après les élections de 2011. La majorité confortable que les islamistes avaient eue, en l’absence de toute autre force politique digne de ce nom, leur avait offert un boulevard pour confectionner un système politique qui leur sied. N’ayant pas de présidentiable à l’époque – ils n’en ont toujours pas d’ailleurs malgré les acrobaties de leur chef de file Rached Ghannouchi -, ils avaient embarqué la Tunisie vers un régime parlementaire dans lequel ils pouvaient mieux se défendre avec leur implantation dans les localités. Depuis de l’eau a coulé sous les ponts. Nidaa Tounes s’est imposé comme une alternative aux islamistes, avec certes les errements, couacs et tragédies que l’on sait, mais le fait est que eux au moins ont des présidentiables. Si on est certain que BCE ne rempilera pas en 2019, d’autres pourraient très bien faire l’affaire. A commencer par l’actuel chef du gouvernement, Youssef Chahed, à qui d’ailleurs Ghannouchi, effrayé par le potentiel du bonhomme, a tenté de barrer la route. Bon, il faudra entre temps que Chahed remporte la bataille économique, et c’est pas gagné ! A part lui il y a le fringuant ex-ministre de l’Education, Néji Jalloul, actuel patron de l’ITES. Nidaa Tounes pourrait également recycler et “labelliser” un des anciens collaborateurs de Ben Ali, cooptés dans le gouvernement “Chahed 2”. Et vu le plébiscite qu’ils ont eu lors du vote de confiance, l’affaite passera comme une lettre à la poste auprès de l’opinion publique. BCE a bien envie d’offrir de la stabilité politique à la Tunisie, de se l’offrir à lui, pour la postérité, pour les livres d’histoire, avant de tirer sa révérence. A presque 91 ans et à deux ans du prochain scrutin, ça urge…

Le tapis avant la mosquée

La Tunisie, incontestablement, s’est offert un système politique dont elle n’a pas les moyens. Si elle était la seule en Afrique et au Moyen Orient – mises à part les particularités d’Israël et du Liban – à avoir le niveau de citoyenneté et de maturité politique pour se doter d’un régime parlementaire ça se saurait. Dans nos contrées c’est le régime présidentiel qui a cours, ou à tout le moins un régime mixte, avec des hommes ou femmes forts pour indiquer la voie. C’est enfoncer une porte ouverte que de le dire, mais nous y allons quand même : La Tunisie a beau être le berceau du “printemps arabe”, elle n’est pas pour autant la Suisse, l’Allemagne, l’Angleterre, etc., en termes de démocratisation des esprits, entendons-nous bien. Et même dans une démocratie éprouvée comme la France, il arrive que le président ou le Premier ministre passe en force, par ordonnance ou décret, sur la base du fameux article 49-3 de la Constitution, si ses projets de loi risquent d’être pris en otage par les députés, avec d’interminables débats et amendements, juste pour amuser la galerie parfois. On aurait pu s’accommoder des sempiternels facéties et shows de Samia Abbou et Ammar Amroussia à chaque fois qu’ils ont un ministre sous la main, on aurait pu passer l’éponger sur l’indolence et l’insouciance des députés, lesquelles pourtant bloquent des projets clés pour le pays, on aurait même pu pardonner aux élus leurs absences massives si la situation du pays n’était pas aussi catastrophique, politiquement et économiquement.

Les Tunisiens tiennent au fond à leur démocratie naissante. Bon, il leur arrive parfois, quand les temps sont durs et que les horizons paraissent bouchés, de regarder dans le rétroviseur et d’avoir des pointes de nostalgie pour la main de fer du dictateur, mais personne n’a réellement envie de retourner sous la chape de plomb. Cependant il y a un os : Tous ces changements de gouvernement en si peu de temps, personne n’a l’outrecuidance de les présenter comme un signe de bonne santé démocratique. BCE a bien envie de laisser autre chose au pays. Et si le vieux briscard peut au passage faire payer à son allié de circonstance, Ennahdha, quelques trahisons, comme ce fut le cas avec la loi sur la réconciliation nationale, il ne bouderait pas son plaisir. Pour rappel, les islamistes s’étaient engagés à la voter les yeux fermés, pour se raviser ensuite en exigeant des amendements, sentant le vent de l’opinion publique tourner. Ce qui au final a réduit la loi comme une peau de chagrin, excluant les hommes d’affaires de ce projet cher à Essebsi. Il ne leur a certainement pas pardonné cet affront…

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Les intentions du président de la République, Béji Caïd Essebsi, sur le système politique en Tunisie – régime parlementaire – se dessinent un plus nettement. Après son tacle appuyé contre ce système, accusé de tous les maux du pays et après la sortie de l’avocat Abdessatar Messaoudi, dans les mêmes termes, le chargé des affaires politiques de Nidaa Tounes, Borhen Bsaïes, a levé un coin du voile sur le bouleversement que cuisine le palais de Carthage.

Bsaïes a déclaré, sur Nessma Tv, ce mercredi 13 septembre 2017, que son parti songe le plus sérieusement du monde à inviter les citoyens, à travers un référendum, à se prononcer sur le changement du système politique du pays. C’est dit !

L’argumentaire est exactement le même que celui du chef de l’Etat et Me Messaoudi : Le système actuel a atteint ses limites et est incapable de mener la Tunisie vers d’autres rivages plus cléments…

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Le projet de la loi de réconciliation, qui a longtemps agité la scène politique et l’opinion publique, avant de céder la place à d’autres sujets, refait parler de lui ce mercredi 13 août. Une séance plénière devait était censée se tenir à 9 heures, sauf que les députés ont fait faux bond, massivement, rapporte l’association Bawsala. 166 élus étaient aux abonnés absents ce matin, d’après cette dernière. Pire : Seuls 3 d’entre eux avaient de bonnes raisons de s’absenter, et les ont présentées.

Alors question : Les députés manifestent-ils ainsi leur désintérêt pour le projet porté à bout de bras par le président de la République, Béji Caïd Essebsi ou s’agit-il d’un repos des guerriers après avoir croisé le fer avec le chef du gouvernement et son équipe ? Mystère pour le moment…

Pour rappel, le projet de la loi de réconciliation nationale avait revu à la baisse ses ambitions après le tollé provoqué par la possibilité d’amnistier certains businessmen qui avaient bénéficié de faveurs du temps de Ben Ali. Maintenant il est question, tout au plus, de réhabiliter des hauts fonctionnaires dont le seul tort aurait été de servir l’ancien régime…

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Presque 48 heures après le remaniement ministériel, les choix opérés par le chef du gouvernement, Youssef Chahed (in fine c’est lui qui va assumer, en dépit de l’attelage des signataires du Pacte de Carthage qui a pesé lourd), nous paraissent toujours aussi étranges, incompréhensibles, illisibles. Pourtant on s’est bien creusé les méninges depuis ! Du vieux avec du neuf ? Un changement ? Un changement dans la continuité ? On s’y perd… et on y perd son latin, son arabe, tout ce que vous voulez. Mais s’il y a une chose qu’on a comprise et qui saute aux yeux : Tout le monde, du moins les instigateurs du fameux Document de Carthage, a été servi. Mais le pays, qui est censé être la motivation de toute cette affaire, a-t-il été servi ? C’est une question à laquelle, très objectivement, il nous est impossible de répondre pour le moment, par l’affirmative ou la négative. Alors, par honnêteté intellectuelle, nous ne verserons pas dans les anathèmes, les jugements de valeur, les procès à priori, même si c’est très tentant au vu du plat présenté par Chahed et au regard de ce qu’on en attendait. Nous éviterons les sentiers de la prospective pour nous borner à l’état des lieux de ce qu’on a sous les yeux. La scène présente suffisamment d’éléments, pas très rassurants du reste…

Ces Messieurs et Dames du pacte de Carthage avaient tous fixé à Chahed des lignes rouges, lui avaient adressé des consignes, avaient formulé des doléances et parfois même agité des menaces. Alors le chef du gouvernement s’est dépatouillé comme il a pu, pour opérer une tambouille politicienne dont seuls les initiés ont la recette. Mais nous, vu d’ici, ce qu’on a compris c’est que l’UGTT et l’UTICA, et un peu le président de la République, Béji Caid Essebsi, ont obtenu un morceau de ce qu’ils demandaient : Un gouvernement de compétences. Les organisations nationales devront se contenter de Touafik Rajhi, propulsé aux Grandes réformes, aux côtés de Chahed, et de quelques autres secrétaires d’Etat qu’on peut vaguement qualifier de technocrates. Nidaa Tounes réclamait les têtes des ministres de l’Intérieur et de la Défense, pour d’obscures raisons, Chahed s’est plié, contre toute logique. En effet le pays n’a jamais été aussi sûr ces dernières années, avec zéro pépin sécuritaire majeur depuis les carnages du Bardo et Sousse, en 2015. Alors pourquoi avoir fait sauter Hédi Majdoub et Farhat Horchani ?? Mystère. Ennahdha s’est agité pour imposer un mini remaniement, de crainte que ses poulains, qui n’ont pas brillé par leurs résultats, soient emportés par la vague. Au final Rached Ghannouchi et les siens ont eu ce qu’ils voulaient, et même mieux ! En effet les portefeuilles très stratégiques et décisifs pour la Tunisie de l’Investissement, de la Coopération internationale et du Développement dans l’escarcelle de Zied Ladhari, c’est une sacrée promotion. Idem pour Imed Hammami, qui hérite du ministère de l’Industrie, qu’occupait Ladhari. Pourtant si Chahed a estimé nécessaire de les faire bouger, c’est parce que, du moins logiquement, ils n’ont pas apporté satisfaction là où ils étaient. Là aussi la logique voulait qu’ils soient éjectés du gouvernement. Mais voilà, il y a l’épouvantail du vote sanction d’Ennadha qui attendait au tournant. Alors Chahed a flanché, mangeant par là même blanc…

“Le gouvernement de la dernière chance”

Le chef de l’Etat, Béji Caid Essebsi, a dit beaucoup de choses dans son entretien avec Assahafa Al Yawm et La Presse, paru le mercredi 06 septembre 2017. Beaucoup trop peut-être, prenant des risques politiques certains, notamment en flinguant son allié Ennahdha et en pariant sur le retour au bercail des électeurs, surtout les électrices, qui l’ont lâché pendant la traversée, courroucés par son alliance avec les islamistes. Stratégie payante ? Rendez-vous aux prochaines municipales, mais plus encore aux élections générales de 2019. Pour le moment ce qui retient surtout notre attention dans ce qu’a dit BCE, c’est le fait que la nouvelle équipe de Chahed est “le gouvernement de la dernière chance”. Il ne croit pas si bien dire…

Le chef du gouvernement, pour la grande majorité des citoyens, a gagné son premier galon d’homme d’Etat en croisant le fer avec les gros poissons de la contrebande et des réseaux de la corruption. Il devait entamer la charme vers son deuxième galon avec ce remaniement, mais au vu de l’accueil froid réservé par les citoyens à ses nouveaux collaborateurs, la manoeuvre est un peu ratée. Bon, cela ne présage nullement des défaites sur les fronts qu’il a mis en avant – terrorisme, corruption, chômage et disparités régionales -, mais reconnaissons tout de même qu’il est mal embarqué. L’adhésion populaire, dès le départ, ça compte énormément car c’est ce qui bâtit le capital de confiance permettant d’entrainer les énergies, toutes les énergies, et de soulever les montagnes que la Tunisie a devant elle. Alors oui : Pour Chahed cette fois ça passe ou ça casse. Il n’y aura pas d’autre fenêtre de tir. Mais pas que pour lui, pour celui qui l’a mis en selle également : le président de la République. Chahed joue certes son avenir politique dans cette affaire, mais son Premier mentor joue son héritage politique, son legs pour la postérité, un sujet de la plus haute importance pour le locataire du palais de Carthage…

Enfin le pays aussi joue gros, très gros même. Quand tout ce beau était en train de festoyer autour des maroquins ministériels, il a perdu de vue, un instant, la situation de la Tunisie, qui d’ailleurs lui a valu la sévère sanction de l’agence Moody’s. Mais cette âpre réalité se rappellera très vite au bon souvenir de notre désormais élite dirigeante. Les chiffres de l’inflation, les plus mauvais depuis 2015, frappent à la porte. Il y a également l’endettement du pays, qui est monté à 66,9% du PIB, contre 60,3% du PIB en juin 2016, plus de 6 points en à peine une année. Un sujet de préoccupation majeur pour le chef du gouvernement, le Fonds monétaire international, l’Union européenne, la Banque Mondiale et tous les bailleurs qui portent à bout de bras le pays depuis ce fameux 14 janvier 2011. Cette fois Chahed n’a pas intérêt à se louper. Il devra agir vite pour conjurer les autres mauvaises notes des agences qui nous pendent au nez, autrement c’est toute la machine qui va s’enrayer…

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Au sujet du remaniement ministériel, qui vient d’être opéré par Youssef Chahed, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a déclaré dans son entretien avec le journal Assahafa Al Yawm, paru ce 6 septembre, que c’est le changement de «la dernière chance».
Le chef de l’Etat a ajouté que ce nouveau gouvernement devra avoir le soutien de la scène politique locale pour avoir des chances de succès.

Il a appelé tous les acteurs politiques et sociaux à agir en tenant compte de la complexité et des difficultés de la période actuelle. Il a affirmé que cette mission-sauvetage était «une question de vie ou de mort».

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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, en a beaucoup dit dans son interview accordée aux journaux La Presse et Assahafa, parue ce mercredi 6 septembre 2017. L’économie, les institutions, le régime politique actuel, l’Assemblée nationale constituante qui a “fabriqué” la Constitution, son allié Ennahdha qu’il n’a pas ménagé… Tout y est passé…

Le chef de l’Etat a tenu à s’expliquer sur son alliance avec le parti islamiste. Il est revenu sur la donne au terme des élections de 2014. «L’électeur tunisien ne nous a pas accordé la majorité qu’il faut pour gouverner, bien que nous ayons été élus comme le premier parti à l’époque. Mais ce n’était pas suffisant pour gouverner et appliquer nos programmes comme nous l’entendions. Nous avons cherché à nous allier, dans les délais constitutionnels, avec des partis ayant des orientations semblables aux nôtres», a dit Essebsi, avant d’ajouter : «Malheureusement, les partis classés comme «civils» n’avaient pas la conscience politique qu’imposait l’étape».

BCE a ensuite fait un long exposé sur la complexité de la situation politique de l’époque, qualifiée de «très difficile» et les raisons qui l’ont poussé à faire mouvement vers Ennahdha pour bâtir une coalition gouvernementale. Selon lui c’était «la solution aux problèmes posés» à l’époque. Il a déclaré ceci : «Nous n’avions pas d’autres scénarios pour réaliser ces objectifs. Ennahdha était disponible, en plus d’autres partis, ce qui nous a permis de former une alliance gouvernementale. Ennahdha a accepté mais pas à ses conditions. Nous nous sommes dits : au moins, nous contribuerons à ramener Ennahdha au club des partis civils. Mais, il paraît que nous avons fait une fausse évaluation».

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Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, s’est entretenu, mardi matin, au palais de Carthage, avec le chef du gouvernement, Youssef Chahed.
Selon un communiqué de la Présidence, l’entretien a porté sur le programme économique et social du gouvernement pour la période à venir ainsi que sur la feuille de route dressée aux fins de relancer l’économie nationale et de garantir les équilibres financiers.
Ce programme, souligne le communiqué, se baserait sur une série de réformes structurelles importantes à entreprendre sur le moyen terme et sur une stratégie claire susceptible d’impulser le rythme de croissance et d’améliorer le climat d’investissement.

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Le président de la République Béji Caïd Essebsi a reçu en audience mercredi au palais de Carthage le ministre congolais des Affaires étrangères et de la coopération, Jean-Claude Gakosso, envoyé spécial du président congolais Denis Sassou-Nguesso.
A L’issue de l’audience, le chef de la diplomatie congolaise a déclaré qu’il était porteur d’un message écrit du président congolais Denis Sassou-Nguesso au président Béji Caïd Essebsi l’invitant à participer au Sommet des pays membres du comité de l’Union africaine de haut niveau sur la Libye prévu le 9 septembre à Brazzaville.
Au cours de l’audience, le chef de l’Etat s’est dit préoccupé par l’évolution de la situation en Libye, évoquant l’initiative tripartite proposée par la Tunisie pour la résolution de la crise libyenne. Il a, à cet égard, souligné l’importance de rétablir rapidement la stabilité et la cohésion en Libye, afin d’éviter à ce pays frère de s’enliser davantage. Il s’agit, a-t-il dit, de trouver un règlement politique global qui ferait l’objet d’un consensus politique entre les différents protagonistes libyens sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Cité dans un communiqué de la présidence de la République, Béji Caïd Essebsi a insisté sur la nécessité de parfaire la coordination des positions et des initiatives au sein de l’Union africaine (UA) pour débloquer la situation, garantir l’efficacité des actions entreprises et éviter la dispersion des efforts qui pourrait envenimer la situation dans ce pays voisin.

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Depuis le 22 août 2017, suite à l’annonce du chef du gouvernement, Youssef Chahed, les observateurs, les milieux politiques et la presse ne parlent que du remaniement ministériel, comme s’il n’y avait que ça à se mettre sous la dent. Même des sujets majeurs tels que la dégradation de la note de la Tunisie ont été carrément éclipsés par cette affaire de maroquins ministériels. Pourtant à y regarder de plus près, il n’y a pas de quoi s’exciter. Quelles que soient les lumières et l’imagination de ceux qui vont débarquer, notamment le ministre des Finances, très attendu, la politique que mènera la Tunisie est déjà couchée sur les petits papiers du FMI, du moins en très grande partie. Les hommes ou femmes qui intégreront l’équipe de Chahed ne feront pas autre chose que ce qui a été dit – par le FMI, la Banque mondiale, l’Union européenne, etc. – qu’ils feront. Que voulez-vous que fasse d’autre l’argentier d’un Etat désargenté, le ministre des Finances d’un pays sans finances et qui dépend de l’aide étrangère, même pour payer ses fonctionnaires ?

Si la Tunisie a pu tenir si longtemps sans ministre des Finances attitré (depuis le 30 avril 2017 ) et si le ministre du Développement a pu si aisément porter les deux casquettes, c’est parce que le boulot est simplissime en ce moment : Il y a des recettes publiques, plus importantes que prévu cette année, mais qui sont aussitôt aspirées par les postes de dépense. Il y a tout au plus quelques arbitrages à faire, de temps en temps. Alors cette affaire de remplacement-remaniement n’est qu’un simple casting, un de plus, sans que cela ne change en rien le destin du pays. Alors il était temps, comme l’a dit Chahed, de mettre un terme à ce tintamarre, ne serait-ce que pour calmer tout le monde et qu’on puisse enfin retourner au travail. Mais comment et dans quelles proportions ? Pour le coup c’est une vraie équation. Pour le ministère des Finances, il s’agit certes de trouver un virtuose des comptes publics, ça peut servir, mais le pays aura surtout besoin d’un négociateur chevronné capable d’amadouer les bailleurs de fonds après la gifle magistrale administrée par l’agence Moody’s…

Panique à bord

Quand Chahed a fait son annonce, il n’a donné aucune indication précise sur l’ampleur des changements qu’il va opérer. Mais les formations politiques l’ont fait pour lui, en enflant tellement ce dossier qu’il occupe tout l’espace médiatique. Pas un jour sans qu’un cadre d’un parti, plus ou mandaté par les siens, ne fasse une apparition pour dire son mot, ajoutant à la confusion qui règne actuellement et à la pression sur les épaules de Chahed. Le premier à sonner la charge est Khaled Chaouket, dirigeant du mouvement Nidaa Tounes. Il a, comme on pouvait s’y attendre, ramené le couverture à son parti en déclarant, à la TAP, que toute décision de Chahed doit être étalonnée sur les résultats du scrutin de 2014, qu’ils avaient remporté. Ils ont perdu des plumes depuis. Mais cela ne l’a pas empêché d’asséner, avec beaucoup d’aplomb, qu’aucun gouvernement ne peut obtenir des résultats s’il ne reflète pas la physionomie des élections de 2014.

Le porte-parole du mouvement Ennahdha, Imed Khemiri, a été certes un peu plus fin, plus subtile, mais le résultat est le même : Il a mis un fil à la patte du chef du gouvernement, en rendant toute action dans le sens d’un remaniement tributaire d’une consultation – Dieu merci, il n’a pas dit approbation ! – des composantes de la coalition au pouvoir et dans le respect des dispositions du Pacte de Carthage. Or le document de Carthage ne dit rien sur ces aspects. Tout au plus il met sur la tête une obligation de résultat (dans l’économique, le social, le sécuritaire…), et pas de moyens. Les voies par lesquelles il doit passer – par exemple le choix de ses ministres – pour parvenir à ses fins ne regardent que lui. A lui tout seul. Avec un “petit” droit de regard du président de la République et in fine une validation, somme toute formelle, du Parlement. D’ailleurs Khemiri le sait pertinemment et le reconnait, mais cela n’empêche pas son mouvement de glisser des peaux de banane sur le chemin du chef du gouvernement.

Ils terrorisent Chahed !

Cela a commencé avec le communiqué du mercredi 23 août 2017. Le texte appelle clairement Chahed à éviter les sentiers périlleux d’un remaniement à large échelle et à se contenter de boucher les trous en remplaçant les deux ministres éjectés et le démissionnaire. Point barre. C’est un dépassement flagrant de son espace ! En effet le mouvement, comme d’ailleurs Nidaa Tounes, n’est pas censé dicter à Chahed sa conduite ; tout au plus ils peuvent lui demander des comptes a posteriori et le juger sur ses résultats, mais pas intervenir dans ses choix. Mais si Ennahdha a franchi allègrement les lignes rouges, c’est parce qu’il craint qu’un vaste remaniement emportes ses ministres, qui peinent à convaincre.

Le parti de Rached Ghannouchi a remis ça le lendemain, le 24 août 2017, en la personne de Abdellatif Mekki, un de ses dirigeants. Mais cette fois avec une nouveauté : le soutien affiché d’un de ses pions qu’il a placés au palais de la Kasbah, Ridha Saïdi, en tant que conseiller de Chahed. Là aussi si on était dans une démocratie normale, on ne verrait pas ce genre de manoeuvre. En effet le staff de Chahed a une nette idée de l’éventail des personnalités susceptibles d’occuper les postes ministériels, et n’a donc pas besoin qu’on lui présente une liste de candidats. Cela ne fait qu’embrouiller un peu plus l’esprit du chef du gouvernement et limiter ses choix. Mais c’est justement ce que veut Ennahdha puisque son porte-parole n’a pas hésité à dire ceci :“Nous avons évalué le rendement de nos ministres et le résultat est positif. Il n’y a aucune raison de changer un ministre ‘nahdhaoui’“. Alors qu’il revient à Chahed de juger ses ministres et de remettre aux plus méritants des brevets de satisfecit, ce n’est certainement pas le rôle des partis politiques lesquels sont par définition partisans. Mais je vous le disais : On n’est pas dans une démocratie normale…

Si Ennahdha se permet de marcher de la sorte sur les plates bandes du chef du gouvernement, et donc de Nidaa Tounes, c’est parce que le mouvement est politiquement, c’est incontestable, très fort. Par la magie de ce système parlementaire qui a embarqué le pays dans une expérimentation dont il n’a pas les moyens et le niveau. Mais aussi grâce – ou à cause, c’est selon – aux dirigeants de Nidaa Tounes, qui se sont débrouillés comme des chefs pour perdre la majorité parlementaire que leurs électeurs leur avait confiée en 2014, au profit d’Ennahdha. Ce dernier sait parfaitement qu’il n’a rien à perdre et qu’au pire on ira vers un grand remaniement ministériel qui obligera Chahed à aller solliciter l’aval des députés. Et là Ghannouchi & Co auront leur mot à dire. Et il va sacrément peser.

En attendant Chahed devra se dépatouiller avec cette dangereuse agitation que cette affaire a créée. En effet deux des signataires du Pacte de Carthage, et non des moindres, l’UGTT et l’UTICA, ont ouvertement prêché pour un gouvernement de compétences, prenant le contrepied du tandem Nidaa-Ennahdha. Le secrétaire général de la centrale syndicale, Noureddine Tabboubi, est même revenu à la charge hier samedi, avec des menaces à peine voilées si Chahed cède aux diktats des partis, pour des choix partisans. Le camp des pro-compétences est costaud car le chef de l’Etat en fait partie, en plus des deux organisations les plus puissantes du pays. Mais ne nous leurrons pas : Le dernier mot reviendra aux partis de la coalition… jusqu’aux prochaines élections. On peut aussi imaginer que Chahed, adossé sur sa popularité sans précédent, prendra l’opinion publique à témoin, acculera ses parrains politiques et leur imposera ses choix, s’ils se portent sur des compétences. En tout cas de sa capacité à négocier ce virage délicat et à obtenir par la suite des résultats économiques tangibles dépendra son deuxième galon d’homme d’Etat, après celui que lui a conféré sa croisade contre tous les “ripous” de la Tunisie.

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Le conseil de l’université Ez-zitouna a souligné vendredi l’impératif de consulter les savants islamiques et les experts dans les affaires religieuses en réactivant le rôle des établissements religieux et scientifiques dont l’université Ez-zitouna, le conseil islamique supérieur, le ministère des Affaires religieuses et la maison d’El Iftaa concernant le discours du président de la République, Béji Caid Essebsi, prononcé à l’occasion de la fête de la femme portant sur la question de l’égalité homme-femme en matière d’héritage et le mariage de la femme musulmane avec un non-musulman.
Le conseil a appelé dans un communiqué le mufti de la République à préciser les règles de la chariaa concernant ces deux affaires.
L’initiative du président de la République est contraire aux dispositions de la Constitution, a précisé l’université dans le communiqué, rappelant que les lois régissant la question de l’héritage font objet d’une unanimité irréfutable et ne peuvent en aucun cas faire objet d’ijtihed ou d’interprétation.
Le mariage d’une musulmane avec un non musulman est aussi interdit à l’unanimité, selon le communiqué.

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Après son tonitruant discours du 10 mai 2017, le vieux baroudeur du palais de Carthage, Béji Caïd Essebsi, a encore frappé, là où on s’y attendait le moins dans cette période où le marasme économique occupe tout l’espace : Les droits des femmes. L’opinion publique bruisse encore des propositions sans précédent du président de la République : La légalisation du mariage entre une Tunisienne et un non-musulman mais surtout l’égalité homme-femme dans l’héritage. Tout le monde en parle. Même la célèbre institution égyptien Al-Azhar a été ébranlée, au point qu’elle a fait savoir qu’elle fera feu de tout bois pour barrer la route à BCE. Par quel moyen ? Nul ne le sait pour le moment. En tout cas une chose est sûre : le chef de l’Etat est parvenu à cristalliser toute l’attention des médias, des observateurs, des analystes et de tout le personnel politique. Il a même réussi, même si c’était pas son but, à éclipser l’heureuse nouvelle des bons chiffres de la croissance pour le premier semestre 2017. Et ça politiquement c’est une excellente affaire, car l’enjeu est aussi politique. Il y a beaucoup à gagner… et aussi à perdre.

D’abord il y a le feu que le chef de l’Etat a mis dans les rangs de son allié, Ennahdha. Bon, pour l’instant la grande majorité des leaders du mouvement observent un silence lourd, embarrassé. Le fait le plus aillant est l’étrange absence de Rached Ghannouchi. Il y aussi la réaction du député et ancien ministre de la Santé Abdellatif Mekki, manifestement outré par la sortie du président de la République. Ou celle de l’ancien chef du gouvernement de la Troïka Hamadi Jebali, dans les mêmes dispositions que Mekki. A part ça presque personne n’a moufté chez les nahdhaouis. Sauf peut-être le député Ali Laarayedh, dont le commentaire sur sa page Facebook, qui oscille entre un appui franc à l’initiative de Essebsi et l’impérieuse nécessité de ne pas s’écarter du dogme religieux, est in fine illisible et manque singulièrement de tranchant. Mais silence ne veut pas dire consentement. Et en faisant cavalier seul de la sorte, sans l’assentiment des islamistes, qui manifestement n’ont pas été consultés dans cette affaire, BCE prend un gros risque politique. Il pourrait ramasser toute la mise dans quelques années, s’il va au bout de son projet, mais aussi tout perdre quand la configuration de la prochaine échéance électorale l’obligera à nouer des alliances pour gouverner.

Le dogme religieux a bon dos!

De ce que nous avons lu, vu et entendu, c’est surtout la question de l’égalité homme-femme dans le partage de l’héritage qui déchaine les passions. L’opinion publique s’enflamme littéralement autour de cette proposition. Les détracteurs de BCE arguent la fidélité au sacro-saint texte coranique, dont les préceptes sont sans équivoque sur ce dossier. Pourtant à y regarder de plus près, en toute objectivité, cette affaire d’égalité dans l’héritage n’est qu’une question matérielle, et même bassement matérielle. Et le fait de donner à l’homme et à la femme des parts égales ne bouleverserait en rien l’ordre social. Mis à part le fait de rogner un peu le pré-carré des hommes, il n’y a rien de mortifère pour la société, quoi qu’en disent les adversaires du président de la République. Donc il faut savoir raison garder.

Ce dossier a pris d’énormes proportions car l’enjeu ce sont les intérêts des hommes, et dans certains cas ce sont des millions de dinars. Alors la gente masculine s’excite plus que de raison et brandit le Coran et les dogmes religieux, les mêmes qui ne sont pas troublés outre mesure par le fait de zapper les autres enseignements du saint texte, infiniment plus importants. Par exemple la deuxième proposition de BCE, le mariage entre une Tunisienne et un non-musulman, est à ce titre beaucoup plus problématique pour les plus sourcilleux d’entre nous. En effet cela induit – je précise que c’est du point de vue des plus rigoristes d’entre nous – que les enfants qui naitront de cette union ne peuvent pas être considérés de fait comme des musulmans, d’après le Coran. A moins qu’ils se convertissent formellement après. Voilà une prescription majeure, que BCE propose pourtant de mettre de côté au nom de la modernisation de la société, presque dans l’indifférence générale. Ce qui chauffe surtout les esprits, c’est le partage des sous, des villas, des terres, etc. Cela ne porte pas le nom hypocrisie sociale ?

La plupart des sociétés du monde sont des sociétés d’hommes, bâties par et pour les hommes. Ce n’est que récemment que les femmes se sont glissées, et tous les droits qu’elles ont arrachés aux hommes l’ont été au prix de longs et âpres batailles. Par exemple en France, les femmes n’ont acquis le droit de voter et l’éligibilité le 23 mars 1944, plus de deux siècles et demi après la Révolution (1789) et un siècle après que ces droits ont été accordés aux hommes. Les Françaises ont voté après les Turques, les Espagnoles, les Birmanes, etc. Tout cela pour dire que les droits des femmes ne vont pas de soi et qu’en Tunisie comme ailleurs, c’est une lutte de tous les instants dans laquelle les hommes s’échinent à bloquer toute avancée, par tous les moyens. Cette affaire d’héritage en est la parfaite illustration…

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Le mufti de la République, Othman Batikh, s’est rangé hier lundi derrière l’initiative du chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, alors que ce dernier n’avait nullement l’intention d’obtenir son aval sur la question de l’égalité homme-femme dans l’héritage. Cela a valu à Batikh le courroux du syndicat des imams, qui a accusé le mufti de rouler pour BCE. La haute institution religieuse égyptienne Al Azhar a également mis son grain de sel dans le débat…

«Ce qui se passe en Tunisie actuellement est contraire aux textes du Coran où la question de l’héritage est sans équivoque. Transgresser ces textes est un outrage à l’Islam», dit Al Azhar dans son communiqué, avant d’ajouter qu’il «ne laissera pas passer” un tel affront…

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Le personnel politique commence à se manifester suite au grand virage sur les droits des femmes annoncé par le président de la République, Béji Caid Essebsi, hier dimanche 13 août 2017. Abdellatif Mekki, député et dirigeant d’Ennahdha, a été l’un des premiers à sortir du bois.

Dangereux“, a rétorqué Mekki sur Akher Khabar online. Il est d’avis que le fait de remettre en cause le principe de l’inégalité dans l’héritage entre l’homme et la femme et de casser la circulaire de 1973 interdisant aux Tunisiennes de se marier avec des non-musulmans embarque le pays sur des sentiers périlleux, alors que toutes les énergies devraient se focaliser sur le développement et la relance de l’économie.
D’après Mekki, la jurisprudence islamique a définitivement clos le débat. Et même la Constitution tunisienne, sur laquelle s’est adossé BCE, contient des dispositions sans équivoque qui stipulent que la loi ne doit pas contredire les fondements religieux, toujours selon l’élu.

Le vice-président de l’Assemblée des représentants du peuple, Abdelfattah Mourou, du mouvement Ennahdha également, est quant à lui beaucoup moins radical. Questionné par le même site, il a affirmé que cette proposition du chef de l’Etat mérite un vrai débat de société. Pour Mourou, l’affaire de l’héritage doit être étudiée sous deux angles : celui de la loi et celui de la religion, et aucun changement ne doit être amorcé sans avoir scruté ces deux éléments.

Par contre pour Rym Mahjoub, députée d’Afek Tounes, c’est tout vu : Le président de la République a fait un discours “moderniste, émancipateur, révolutionnaire“, dit-elle sur Shems FM ce lundi 14 août…

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Le Courant ” Al-Mahaba ” a lancé dimanche une pétition populaire sur le réseau social ” Facebook ” pour demander à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) de retirer la confiance au président de la République, Béji Caïd Essebsi pour violation manifeste de l’article 1er de la Constitution.
Lancée le jour de la fête de la femme, cette pétition intervient en réaction aux déclarations du président de la République, Béji Caïd Essebsi, qui avait affirmé que ” la consécration de l’égalité dans l’héritage représente un pas vers une égalité absolue hommes-femmes “, selon une déclaration rendue publique par “Al-Mahaba”.
Selon le Courant ” Al-Mahaba “, cela signifie implicitement que ” la loi de Dieu et de son prophète n’est pas équitable “.
L’article premier de la Constitution stipule que ” La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion, l’arabe sa langue et la République son régime “.
A ce propos, le Courant ” Al-Mahaba ” a appelé les Tunisiens à collecter un million de signatures au moins pour cette pétition
Appuyé par le bureau exécutif du parti, cet appel avait été lancé auparavant par le président du parti Mohamed Hachemi Hamdi.
Au cours de sa réunion périodique tenue sous la présidence du Secrétaire général du parti, Hassen Hannachi, le bureau exécutif d’Al-Mahaba a dénoncé la décision du président de la République, Béji Caïd Essebsi de créer une Commission en charge de l’examen du dossier de l’égalité dans l’héritage.
Il a également accusé le chef de l’Etat de vouloir semer la discorde et provoquer le chaos juste parce qu’il veut récolter des voix pour sa personne, son fils et son parti pendant les prochaines échéances électorales (municipales et présidentielle).

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Le président de la République, Béji Caid Essebsi a appelé ce dimanche 13 août 2017 lors de son discours pononcé à l’occasion de la fête de la femme à la nécessité de l’égalité dans l’héritage entre les hommes et les femmes.

Il a par ailleurs expliqué a que lorsque on parle d’égalité dans l’héritage on parle de question d’être humain et non pas de religion.

 

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