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Béji Caïd Essebsi

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Lazhar Akermi, avocat et ancien ledarer à Nidaa Tounes, est revenu sur son thème de prédilection : Nidaa Tounes et les Essebsi. Et là en plus il a un gros biscuit à se mettre sous la dent : la fusion entre son ancien parti et l’UPL (Union patriotique libre), l’événement politique du dimanche 14 octobre 2018, dans un paysage sinistré animé par des politiciens en mal d’inspiration et qui se cherchent. Selon Akeremi il y a une seule explication au ralliement de Slim Riahi, chef de file de l’UPL : il a conclu un marché avec la présidence de la République pour qu’on mette fin au gel de ses avoirs.

«Il avait présente la requête à Youssef Chahed, mais ce n’était pas possible. Le chef du gouvernement ne pouvait s’immiscer dans ce dossier pour lui rendre service. Mais un juge au palais de Carthage s’est engagé à régler son problème. Slim Riahi pensait pouvoir contrôler le bloc de la Coalition nationale. Tarek Fetiti était même d’avis que l’adhésion de Youssef Chahed serait une bonne affaire pour l’UPL», affirmé Akermi sur RadioMed.
«L’alliance entre Slim Riahi et Hafedh Caïd Essebsi était programmée depuis trois semaines. Mais cette alliance contre-nature ne tiendra pas longtemps. C’est un accord qu’il a conclu avec la famille Caïd Essebsi, après qu’ils ont réglé son affaire de chèques sans provisions…” a-t-il ajouté.

Par ailleurs Akremi a déclaré que le chef de l’Etat est intervenu personnellement pour qu’on mette à la disposition de son fils des coordinations régionales. «La réponse était toujours la même : Navré Monsieur le président, Hafedh Caïd Essebsi n’a plus aucun crédibilité», a confié l’avocat.

Un déballage hautement explosif qui s’ajoute à d’autres, régulièrement. Et toujours pas la moindre plainte contre l’ex-dirigeant de Nidaa Tounes pour diffamation. Même pas une réaction officielle pour le démentir ou pour lui apporter la contradiction sur les plateaux télé et radio où il déroule tranquillement. Etrange, non ??

 

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Qu’on l’ait voulu ou non, le naufrage du consensus entre le président de la République, Béji Caïd Essebsi et son ex alter ego Rached Ghannouchi peine à épuiser ses effets sur l’échiquier politique du pays. Si le mouvement Ennahdha s’obstine à penser et dire que cette alliance nouée lors de la rencontre de Paris n’a pas été frappée d’obsolescence et qu’il s’y attache en tant que donnée cardinale de l’ordonnance politique en Tunisie, BCE, lui, ne l’entend pas naturellement de cette oreille et est à la recherche d’un succédané, si moins important soit-il, et l’a trouvé en la personne de Slim Riahi, président de l’ULP et de sa quinzaine de députés, tous deux fiévreusement engagés dans une implacable opposition au chef du gouvernement, Youssef Chahed.

Este-ce le prologue d’une véritable recomposition de la scène politique en Tunisie ? La question vaut finalement d’être posée alors que le consensus BCE-Ghannouchi montre ses limites et que sa « face obscur » commence à se faire jour comme le relève le think tank américain Brookings Institution, dont deux chercheurs, Sharan Grewal et Shadi Hamid, viennent de livrer une analyse singulière disséquant cette alliance et ses répercussions.

Ils rappellent que le consensus entre les deux plus grands partis tunisiens a généralement été justifié sur deux fronts. Premièrement, Caïd Essebsi et Ghannouchi ont cherché à atténuer la polarisation qui avait sévi en Tunisie en 2013 et empêché ainsi la transition de suivre l’Égypte sur la voie de la rupture démocratique. Deuxièmement, ils estimaient que les défis économiques et sécuritaires auxquels le pays était confronté exigeaient la stabilité et l’unité politiques. Et bien que l’alliance ait probablement empêché un effondrement démocratique, la propension au consensus a sapé la démocratie en soi. D’abord, il a fait barrage à une forte opposition. Avec une majorité parlementaire de plus de 80% détenue par la coalition au pouvoir, il n’y a pas eu de réelle opposition pour contrôler le gouvernement. Ensuite, la politique de consensus a eu pour conséquence d’affaiblir la notion même de représentation démocratique. En 2012, Ennahdha et Nidaa représentaient deux extrémités apparemment opposées du spectre politique. les quatre années du consensus ont rendu les partis presque indiscernables, tentant tous deux de lutter contre le terrorisme par une approche largement sécuritaire et de stimuler la croissance économique grâce aux réformes du FMI.

Les Tunisiens se sentent mal représentés

Avec peu de différences de politiques entre leurs partis politiques, les Tunisiens ne se sentent plus représentés par eux. L’enquête Afrobaromètre de 2018 a révélé que 81% des Tunisiens «ne se sentent proches d’aucun parti politique» et 79% ne voteraient pas ou ne sauraient pas pour qui ils voteraient si des élections étaient organisées demain. Cette désillusion à l’égard des partis politiques a été reflétée lors des élections municipales de cette année, qui ont vu un taux de participation de seulement 34% et où les plus grands votants étaient des indépendants. Le sous-développement du système des partis, sans plates-formes ni projets crédibles et sans véritable contestation des idées par le public, a été une victime majeure du consensus, note le think tank washingtonien.

Sans représentation ni opposition crédible, les Tunisiens se tournent de plus en plus vers d’autres moyens d’exprimer leur désaccord avec le processus politique. La Tunisie a connu d’intenses manifestations à l’échelle nationale en janvier, tandis que le puissant syndicat tunisien, l’UGTT a menacé de déclencher des grèves à la fin du mois. L’instabilité même que Caïd Essebsi et Ghannouchi espéraient éviter par consensus se manifeste plutôt sous une forme encore moins contrôlable grâce aux protestations régulières de jeunes en colère et frustrés. De plus, ces manifestations et ces grèves nuisent davantage à l’économie en créant un cycle d’auto-renforcement d’échec gouvernemental et d’instabilité politique.

Sans doute, une « bonne nouvelle »

Ces derniers mois, l’alliance entre Caid Essebsi et Ghannouchi a été mise à mal par le refus d’Ennahdha de limoger le chef du gouvernement Youssef Chahed, rival majeur de Hafedh Caid Essebsi, le fils d’Essebsi, pour la direction de Nidaa Tounes. Pour la première fois, le Conseil de la choura d’Ennahdha s’est lui aussi publiquement opposé à BCE sur une question de politique générale, rejetant sa proposition sur l’égalité en héritage en août. Caïd Essebsi a ensuite annoncé la fin de son alliance avec Ghannouchi, bien qu’il reste à savoir si Ennahda se dirigera vers l’opposition ou formera un gouvernement avec un nouveau parti dissident pro-Chahed. Quoi qu’il en soit, ce qui est clair, c’est qu’Ennahda n’éprouve plus le besoin d’évoluer en parfaite intelligence avec Caid Essebsi, estiment les deux chercheurs de Brookings Institution.

« Normalement, disent-ils, nous pourrions voir la fin potentielle d’un accord de partage du pouvoir – un accord qui jusqu’à présent était au cœur de la transition démocratique – comme un développement à déplorer. Mais c’est peut-être une bonne nouvelle pour la démocratie tunisienne. Son système de partis naissant gagnerait à ce que les deux partis se retirent chez leurs électeurs et développent des agendas politiques et économiques concurrents avant les élections législatives de 2019. Une telle séparation, aussi douloureuse soit-elle, pourrait être le meilleur moyen de consolider la démocratie tunisienne », concluent-ils.

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Nidaa Tounès a salué dimanche la décision de fusion prise par l’Union patriotique libre avec le mouvement. Une décision que Nidaa Tounès qualifie d’importante et motivée par le désir de mettre en place un projet politique démocratique qui répond aux objectifs nationaux, garantit l’équilibre politique et protège la Tunisie de tous les dangers qui la guettent.

Le bureau politique élargi de Nidaa Tounès s’est réuni en fin de matinée dans la ville de Monastir, en présence des membres du groupe parlementaire et de coordinateurs régionaux à l’occasion de la commémoration du 55e anniversaire de la fête de l’Evacuation et en prévision du congrès national du parti prévu le mois de janvier prochain.

La rencontre s’est par ailleurs penchée sur la situation politique dans le pays.

Nidaa Tounès a appelé à l’ouverture d’un débat entre toutes les forces et personnalités nationales modernistes qui aura pour mots d’ordre l’évaluation et le dépassement dans le but d’asseoir une entente nationale et républicaine autour du projet de Béji Caid Essebsi.

Dans une déclaration, Nidaa Tounès rappelle sa position en faveur d’un changement urgent et global de l’équipe gouvernementale pour mettre fin à la détérioration de la situation économique et sociale et à la crise politique qui menace la transition démocratique.

L’UPL a décidé de fusionner avec le mouvement “Nidaa Tournés” et de mandater le président du parti pour prendre les dispositions nécessaires afin de concrétiser et parachever la fusion.

Cette décision a été prise plus tôt dans la journée, à l’issue de la réunion du bureau politique du parti, tenue à Sousse.

La porte-parole de l’UPL, Samira Chaouachi, avait déclaré, à l’agence TAP, à la clôture des travaux de la session extraordinaire du Conseil national du parti, dimanche à Sousse, que “le bloc parlementaire de l’UPL décidera de se retirer du bloc de la Coalition nationale s’il s’avère que ce dernier soutient le chef du gouvernement, Youssef Chahed, et compte former un projet politique pour accéder au pouvoir”.

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Une délégation du Sénat américain a récemment visité la Tunisie. Peu d’informations ont filtré à propos des objets et objectifs de cette visite. La visite a pourtant beaucoup fait parler d’elle sur les réseaux sociaux. Non pas par les déclarations ou les déplacements faits par cette délégation, mais par LA visite qui n’a pas été faite au siège d’Ennahdha, devenu pourtant, depuis 2014, la Mecque des ambassadeurs étrangers et des délégations de tous pays. Une non-visite qui a été traduite par un froid dans les relations d’Ennahdha avec les USA et la possibilité que ce froid diplomatique se traduise par un gel pure et simple et pourquoi pas de la mise du parti islamiste sur la liste des organisations terroristes, étant une branche de la confrérie des «frères Musulmans», à la faveur de la nouvelle politique américaine de l’ère Trump.

Ce froid, si une telle signification de la non-rencontre de la délégation américaine avec Rached Ghannouchi se confirmait, a relancé le débat interne et local, sur la guerre froide entre les deux parties de l’Exécutif tunisien, la Présidence de la République et la présidence du gouvernement. Le président français vient en tous cas de jeter une nouvelle pierre dans la mare.

A Erevan, en Arménie, où il présidait l’ouverture des travaux du sommet de la Francophonie, en plus de la journaliste tunisienne qui l’apostrophait d’un «tu as bien parlé», c’est cet instant où le chef de l’Etat français s’adressait à son homologue tunisien, Béji Caïed Essebssi, qui a le plus fait parler la blogosphère tunisienne.

«Je veux ici souligner le courage du président Essebssi, qui, alors que nous vivions la montée des obscurantismes et de celles et ceux qui voudraient enfermer tout un continent dans une lecture déformée d’une religion, s’est dressé et avec courage, et a pris encore ces dernières semaines des textes fondamentaux pour le droit d’être libre, les droits des femmes, le droit dans le mariage, le droit dans l’héritage… Alors que tous les autres avaient peur, alors que les obscurantistes disaient de ne pas le faire, le président Essebssi l’a fait et nous devons le soutenir dans ce combat. Nous serons là, Président. Ne cédez rien, ne cédez rien dans ce combat. Vous venez d’un pays où l’indépendance a été faite par un grand Président, qui a éduqué les femmes et les hommes, les petites filles et les garçons. Vous venez d’un pays qui a été un exemple dans la francophonie et dans la conquête de l’Afrique. Vous venez d’un pays qui nous rend fiers et nous a rendu fiers. Alors nous continuons à être là !». Ainsi parlait, ce matin en Arménie, Emmanuel Macron, l’initiateur du «Macronisme» et dont beaucoup en Tunisie prêtent l’intention de cloner l’actuel chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed.

Et si les 176 mots de Macron étaient plus qu’un hommage à de simples intentions, force est de remarquer que la France soutiendrait alors un chef d’Etat qui ne détient presqu’aucun pouvoir et que beaucoup des idées par lesquelles il s’était illustré n’ont jusque-là pas dépassé le niveau des propositions. Car les propositions de la Colibe, tout comme celles de l’amendement de la loi sur l’héritage, restent du domaine du chef du gouvernement. Mais peut-être que la France, ne saisissant pas encore les réelles intentions politiques futures de Youssef Chahed, aurait décidé d’appuyer BCE qui cache mal son désir de rempiler pour les prochaines présidentielles, face à un Ghannouchi représentant des obscurantistes que citait Macron selon les Tunisiens et qui s’est déjà déclaré.

Politisés jusqu’à la moelle, lisant même entre les mots et pas seulement entre les lignes et croyant être au centre des intérêts du monde, beaucoup de Tunisiens ont tout de même interprété ce passage élogieux à l’endroit du chef de l’Etat tunisien, dans son discours d’Erevan, comme un appui politique direct à Béji Caïed Essebssi.

Si cela était le cas, la position française aurait fait un virage à 360 degrés, par rapport à tous ses ambassadeurs en Tunisie, depuis 2011. Mais peut-être aussi qu’ils finissent par prêter attention à tout ce qui se dit sur une probable implication d’Ennahdha dans les assassinats politiques de Belaid et de Brahmi.

En politique, tous les gestes comptent. On oublierait alors l’accolade du même Macron à Youssef Chahed, lors de sa dernière visite en Tunisie et ce «Je veux que tu réussisses» qu’il lui aurait lancé en le quittant. Mais «la politique est aussi l’art de mentir à propos», disait Voltaire depuis bien des siècles.

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Jadis pionnière dans l’élimination des maladies telles que le paludisme et le trachome, la Tunisie souffre encore de plusieurs maladies endémiques comme la leishmaniose, la lèpre ou le kyste hydatique qui continuent à tuer et à causer une lourde morbidité parmi nos concitoyens. Ces maladies aussi connues sous le nom des “maladies tropicales négligées” touchent les populations pauvres et vulnérables: celles qui sont les plus démunies, les plus marginalisées et, souvent, isolées. Cette endémie est une confirmation de l’inégalité dans l’accès au soins et aux services de santé publique qui existe dans notre pays.

Lors du XVIIe Sommet de la Francophonie les jeudi 10 et vendredi 11 octobre 2018 à Erevan, en Arménie, avec la participation du président Béji Caied Essebsi, une résolution sur les maladies tropicales dans l’espace francophone sera adoptée. Cette résolution de l’Organisation internationale de Francophonie répond aussi à une demande croissante de la société civile en faveur d’une intensification de la lutte contre ces maladies : le mois passé, plus de 50 organisations de la société civile à travers la Francophonie ont signé une lettre ouverte en faveur de son adoption.

En Tunisie, grâce aux grands programmes de lutte contre les fléaux endémiques mis en œuvre dès 1960 – 1970, la situation s’est nettement améliorée avec particulièrement l’éradication du paludisme dès 1968 avec le dernier cas autochtone en 1979. La bilharziose a été éradiquée dès 1970, le dernier cas ayant été répertorié en 1983. Malheureusement, depuis cette période de l’âge d’or de la santé publique, on a observé un déclin dans l’engagement de l’Etat pour l’élimination des autres maladies tropicales négligées comme la leishmaniose et l’échinococcose. Cette baisse de garde laisse la porte grande ouverte à un retour en force de maladies qu’on croyaient disparues. À titre d’exemple, le coût socio-économique de l’échinococcose ( kyste hydatique) est estimé à environ 50 millions de dinars chaque année en pertes directes et indirectes animales et humaines.

Le leadership tunisien dans la lutte contre les maladies se doit de renaître. Cette résolution offre l’opportunité de collaborer avec d’autres pays francophones particulièrement que notre pays sera l’hôte et le président du prochain sommet de la Francophonie en 2020 et qu’il jouit de l’expertise et d’institutions réputées telles que l’Institut Pasteur de Tunis ou l’Observatoire des Maladies Émergentes. Il faut également signaler que les financements internationaux existent pour soutenir tous pays qui s’engage sérieusement dans l’agenda de l’élimination des maladies tropicales négligées et que la Tunisie s’est engagée dans le cadre des objectifs de développement durable à éliminer les maladies tropicales négligées, à mettre fin à l’épidémie de sida, à la tuberculose et combattre l’hépatite, les maladies transmises par l’eau et autres maladies transmissibles D’ici à 2030.

Dr. Zied Mhirsi

Cofondateur du Centre Tunisien de la Santé Publique : www.tuncph.org

Le centre tunisien de la santé publique est une association tunisienne fondée en 2012 par un groupe de médecins experts en santé publique.  Le centre est membre du réseau francophone sur les Maladies Tropicales Négligées.

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Le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron a déclaré, depuis la tribune du Sommet de la Francophonie, qui a commencé ce jeudi 11 octobre 2018 à Erevan, en Arménie, son soutien total à la Tunisie pour le combat qu’elle mène contre le terrorisme et appelé le président Béji Caïd Essebsi (BCE) à ne rien céder dans ce combat.

Il a salué le courage de Caïd Essebsi qui, a-t-il, “alors que nous vivons la montée de l’obscurantisme, s’est dressé avec courage et a pris des textes fondamentaux pour le droit des femmes“.

Pour rappel, le ministre italien de l’Intérieur et numéro 2 du gouvernement, Matteo Salvini, avait lui aussi encensé BCE, suite à sa visite en Tunisie. Pas de doute, Essebsi a de vrais fans en Europe ! Cela le consolera, lui qui enchante de moins en moins ses partisans et les citoyens, à en croire les sondages. Mais comme “nul n’est prophète en son pays“, alors…

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Connu pour la légendaire circonspection de sa ligne éditoriale et très rarement porté sur les affaires tunisiennes, le New york Times a publié, lundi 8 octobre, un article dont le titre a tout pour interpeller, et vivement : « On est en 2018 et les Tunisiens sont encore fous de rage ». Le constat a d’autant plus de relief qu’il est posé par un fin connaisseur outre-Atlantique de la Tunisie, Rory McCarthy, membre du Magdalen College, Oxford et auteur de « Voyage à l’intérieur d’Ennahdha : entre la politique et la prédication».

Il commence par asséner que « les lendemains du printemps arabe n’ont pas toujours été une sombre plongée dans la guerre civile ou dans la contre-révolution, les politiciens de ce pays nord-africain de 11 millions d’habitants où les soulèvements ont commencé en 2011, ont su se frayer un chemin à travers la méfiance, la polarisation et les attaques terroristes avec une pragmatique politique de consensus ».

Mais aujourd’hui, le consensus politique s’effrite et la rupture du contrat social à l’origine des soulèvements demeure en l’état, l’inflation a grimpé, le chômage est obstinément élevé, les grèves et les manifestations de rue sont généralisées. La fragilité de cette transition démocratique vitale s’est soudainement dévoilée.

BCE veut renforcer ses pouvoirs

Après avoir rappelé la fin de l’accord quinquennal passé par le président Béji Caïd Essebsi et son rival Ennahdha, « autrefois mouvement islamiste clandestin », il souligne que BCE partage le pouvoir avec un chef du gouvernement dans un système semi-présidentiel conçu pour empêcher le retour de la dictature, mais veut renforcer le pouvoir de la présidence. L’ambitieux chef du gouvernement, Youssef Chahed, a été suspendu de Nidaâ Tounès suite à la détérioration de ses relations avec le président de la République. Cependant, il continuera d’exercer ses fonctions tant qu’il pourra s’assurer le soutien d’Ennahda. Beaucoup d’autres dirigeants de Nidaa ont quitté le groupe parlementaire en signe de protestation. L’un d’eux s’est plaint que le parti soit devenu une « affaire familiale», en référence au fils du président, Hafedh Caïd Essebsi, qui dirige le parti.

Et alors que Nidaa a remporté les dernières élections avec la promesse de restaurer le «prestige de l’État», mais ne dirige désormais que la coalition au pouvoir, Ennahdha a dilué ses ambitions islamisantes, s’est transformé en un parti de « démocrates musulmans » et a promu le consensus politique, craignant d’être mis à l’écart ou de s’exposer à la répression brutale subie par les islamistes dans les années 1990. Cette approche prudente a provoqué de profonds débats internes sur l’identité propre d’Ennahda, mais elle bénéficie toujours d’un soutien important de la base.

Les manœuvres politiques en vue des élections présidentielles de l’année prochaine sont à l’origine de la brouille entre Nidaa Tounes et Ennahda, note McCarthy. Aux élections municipales de mai, Ennahda s’en est bien tiré, mais Nidaa Tounes est sorti pire que prévu, signe que le parti n’est plus en train de renforcer son assise. Pourtant, les élections municipales revêtaient une signification certaine pour une raison plus importante: le taux de participation ne représentait qu’un tiers de l’électorat inscrit. Cela signifie que le taux de participation a régressé à chaque élection successive depuis 2011. Les Tunisiens sont maintenant extrêmement désillusionnés face aux politiciens de tous les partis.

L’élite tourne le dos aux réformes

L’élite tunisienne s’est concentrée sur la mise en place d’un nouveau système politique en accordant peu d’attention aux profondes réformes sociales et économiques. La vie de ces jeunes qui ont renversé le régime autoritaire de Zine el Abidine Ben Ali en 2011 a à peine changé. Le taux de chômage parmi les jeunes atteint 36%. L’inflation a fortement augmenté, atteignant un sommet de 7,8% en juin de cette année, son niveau le plus élevé depuis près de trois décennies.

L’économie tunisienne dépend largement des exportations de l’industrie électrique, du pétrole et des phosphates, ainsi que du tourisme. Mais la croissance économique est restée faible depuis le soulèvement de 2011 et un effondrement du dinar a entraîné une hausse du coût des importations.

Le Fonds monétaire international a exercé des pressions sur le gouvernement pour dégraisser le secteur public, mettre fin aux subventions et éliminer les inefficiences dans les entreprises gérées par l’État. Les ministres ont commencé à s’y conformer à contrecœur, mais les coûts sociaux sont élevés – et des vagues de manifestations s’ensuivent.

L’Union générale des syndicats tunisiens a appelé à une grève du secteur public pour ce mois-ci et à une grève de la fonction publique en novembre pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement. Le syndicat veut des salaires plus élevés et un gel des suppressions d’emplois dans le secteur public. Mais beaucoup de ces manifestations ne sont pas le fait des partis politiques, des syndicats ou des groupes de la société civile. Les manifestants exigent des emplois et une part plus importante des fondes publics dans les régions marginalisées.

Le catalyseur du Printemps arabe tenait à un contrat social rompu. Les régimes autoritaires ne pouvaient plus se permettre de financer une administration publique pléthorique, des soins de santé et une éducation gratuits et de qualité, et des subventions pour l’alimentation et le carburant, qu’ils présentaient comme une contrepartie de la tranquillité politique contrainte de leurs populations. Le copinage et la corruption ont fait florès.

Une démocratie « dégradée »

Loin de faire montre d’une volonté politique nécessaire à l’élaboration d’un nouveau contrat social, la politique consensuelle de ces dernières années a plutôt favorisé une transition conservatrice. Non seulement les réformes de redistribution ont été mises de côté, mais la qualité de la démocratie s’est progressivement dégradée.

Une cour constitutionnelle promise depuis longtemps n’a pas encore été créée et la Tunisie est sous l’état d’urgence décrété voici trois ans, habilitant le gouvernement à suspendre certains droits des citoyens. L’année dernière, une loi a été adoptée prévoyant une amnistie pour les fonctionnaires de l’ère autoritaire accusés de corruption, ce qui a mis à mal le processus de justice transitionnelle.

En janvier, lorsque la hausse des impôts a provoqué des manifestations nationales, la police a arrêté 800 manifestants. L’été dernier, les organisations de la société civile se sont liguées pour condamner une nouvelle loi préoccupante réglementant leur activité.

Ce n’est pas encore un retour au passé autoritaire. Mais ce n’est pas non plus le futur digne et démocratique pour lequel les Tunisiens ont lutté. On devrait commencer par se doter d’autres lois sur les impôts, l’investissement et les banques qui enrichissent depuis si longtemps une élite des affaires bien en cour et de redistribuer les dépenses dans des régions du pays longtemps négligées, conclut l’article du New York Times.

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Première du genre, après une rencontre du chef de l’Etat, Béji Caïed Essebssi (BCE) avec le «Ider», (pour Leader, dans la bouche d’un député de Nidaa Tounes) du parti Islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi (RG), qui s’était déroulée dans un silence assourdissant.

Pour le Palais de Carthage, c’est comme si cette rencontre n’avait jamais eu lieu. Aucun communiqué, ni officiel, ni officieux, n’avait été publié à ce propos. Une rencontre pourtant qui intervenait après une réunion de la Choura d’Ennahdha qui avait décidé de maintenir son appui au chef du gouvernement et contre BCE et l’UGTT qui demandaient sa tête.

Première, dans le sens où ce n’est pas la présidence de la République qui parle du contenu de cette réunion RG-BCE, mais la porte-parole du parti de son fils Hafedh, la syndicaliste Ons Hattab. Dans un communiqué signé par elle, Ons précisait que la rencontre s’était déroulée «à la demande de RG» qui l’aurait informé des résultats des délibérations du Conseil de la Choura (et donc, de sa décision de maintenir son appui à son rival Youssef Chahed). Façon de dire que BCE, l’autre «Ider» d’un parti qui avait été «Ider» des législatives de 2014, ne reniait pas ce qu’il avait dit d’Ennahdha, qu’il s’en est aussi lavé les mains et ne chercherait pas à la retourner contre Youssef Chahed.

Et Nidaa Tounes d’ajouter, au nom du chef de l’Etat, comme s’il n’avait plus de service de communication ou de porte-parole, que «l’acceptation de la demande d’audience de RG entrait dans le cadre de son ouverture et son accord à rencontrer tous les citoyens». On comprendrait alors que BCE aurait reçu RG, non pas en tant que président de parti politique, mais en tant que simple citoyen. Et la porte-parole de Nidaa qui écoutait manifestement aux portes, d’ajouter que «la position officielle (Ndlr : De Nidaa) par rapport à Ennahdha, reste la fin du consensus tel que déclaré par BCE dans son discours du 24 septembre».

Parlant toujours au non de BCE, la porte-parole de Nidaa Tounes a précisé que «le chef de l’Etat a affirmé que ses relations personnelles avec RG n’ont rien à voir avec la position claire vis-à-vis d’Ennahdha». Fin de citation et fin, répétée au nom du père par le fils, du consensus BCE-RG.

  • L’Ider d’Ennahdha, saint ou simple d’esprit ?

Ne voulant certainement pas laisser le terrain vide au seul Nidaa, le parti Islamiste d’Ennahdha se fendait, lui aussi le lendemain, d’un communiqué sur le même sujet de l’audience BCE-RG. Et c’est un autre contenu, complètement différent, qu’on y retrouve. En effet silence d’abord sur qui a cherché à voir qui. Toujours selon le communiqué d’Ennahdha, «le président du mouvement a réitéré l’intérêt du mouvement pour l’option du consensus et de la consultation sur la scène politique tunisienne, en particulier parmi les institutions exécutives de l’Etat, augmentant ainsi les chances de surmonter les défis et offrant un climat approprié pour que les élections se déroulent dans les meilleures conditions». On comprendrait ainsi qu’Ennahdha tiendrait au consensus, mais à la stabilité gouvernementale aussi et que RG en a informé BCE.

Le communiqué d’Ennahdha n’a rien dit de la réaction de BCE aux propos conciliants de son vieux compagnon des chemins tortueux de la politique. On comprendrait cependant presque que BCE n’a pas rabroué RG, comme l’a fait bien comprendre le communiqué de Nidaa. «Pour sa part, le président a insisté sur son souci d’édifier l’État, de défendre l’intérêt public, de faire respecter la loi, et aussi son refus de tout dérapage. Le chef de l’Etat s’est aussi montré préoccupé par les difficiles conditions économiques et sociales du pays et de la nécessité de conjuguer tous les efforts pour les alléger. Le chef de l’Etat a aussi renouvelé son respect de toutes les composantes de la scène politique, y compris le parti Ennahdha ».

Force est de constater, après cette brève lecture croisée d’un même évènement qui n’en était pas un, que BCE a été présenté par le communiqué de Nidaa comme le chef de parti alors qu’il répète qu’il ne le préoccupe plus. Ennahdha l’a par contre présenté comme le chef de l’Etat qu’il est et en a ainsi parlé. Il y a des jours où l’on se demanderait dans quel parti se trouvent les simples d’esprit !

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Le directeur du cabinet du président de la République, Selim Azzabi, a présenté, ce mardi 9 octobre 2018, sa démission de son poste de manière inattendue, selon quelques sources contactées par Africanmanager. Il l’aurait écrite ce matin, l’aurait montrée à quelques amis et l’aurait remise lui-même en mains propres au chef de l’Etat qui l’aurait acceptée. Aucune information officielle n’a été toutefois communiquée sur les raisons de cette démission. Officieusement, Azzabi l’aurait expliquée par des motifs personnels, sans autre forme de détail.

Né en 1978, Selim Azzabi est diplômé de l’université de Toulouse en monnaie et finance de l’Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP). Il a débuté sa carrière dans le secteur bancaire puis a intégré un cabinet d’actuariat à Paris avant de fonder un cabinet de conseil en finance à Tunis. En 2011, tout comme Youssef Chahed, Azzabi a participé à la création du Parti Républicain et à la fondation du parti Al Joumhoury pour occuper, par la suite, le poste de trésorier.
Il a rejoint Nidaa Tounes en 2013 et a assumé la fonction de directeur exécutif de la campagne de Béji Caïd Essebssi aux côtés de Mohsen Marzouk. En janvier 2015, il a été nommé au poste de premier conseiller en charge du secrétariat général de la présidence par le président de la République avant de remplacer, à partir du 1er février 2016, Ridha Belhadj, en tant que chef du cabinet présidentiel. Au Palais de Carthage, il avait un temps été présenté comme le candidat d’Essebssi à La Kasbah, avant d’être connu comme un proche du chef du gouvernement. Le directeur du cabinet présidentiel étant généralement considéré comme la boite noire de l’institution où il régnait par le pouvoir du chef, on imagine le poids de cette démission et son impact, actuel et futur !

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L’entrevue accordée lundi par le président de la république Beji Caid Essebsi au président du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi “s’inscrit dans le cadre de l’ouverture du chef de l’Etat sur tout le peuple tunisien sans exclusive et la position officielle à l’égard du parti Ennahdha est la fin du consensus conformément à sa déclaration lors de l’interview télévisée du 24 septembre dernier”, a précisé le parti Nidaa Tounes dans un communiqué au terme de la réunion.

Signé par le porte-parole du parti Ons Hattab, le communiqué a indiqué que “la relation personnelle du président de la république avec Ghannouchi n’a rien à voir avec la position claire à l’égard d’Ennahdha”.
“La date de l’audience a été fixée sur une demande lundi du président du mouvement Ennahdha qui a fait part au président de la république de son désir de s’entretenir avec lui sur la situation générale dans le pays et l’a informé des décisions de la dernière réunion du conseil de la Choura tenue les 6 et 7 octobre courant”, ajoute le communiqué.

Beja Caid Essebsi a indiqué qu’il était au courant de toutes les résolutions du conseil, précise le communiqué.

Le parti Nidaa Tounes a estimé que le gouvernement en place dirigé par Youssef Chahed “est le gouvernement du mouvement Ennahdha et de ce fait le parti n’est pas tenu de le soutenir politiquement et le consensus convenu entre le président de la république et le mouvement Ennahdha depuis les élections de 2014 est désormais caduc”.

La présidence de la république n’a pas fait état de son côté d’un entretien entre le chef de l’Etat et le président du mouvement Ennahdha.

Dans une déclaration rendue publique au terme de la réunion du conseil de la Choura le week-end dernier, le mouvement Ennahdha a réaffirmé son attachement “au consensus comme choix stratégique englobant toutes les forces nationales en vue d’assurer la stabilité politique et sociale, mettre en place les réformes, lutter contre la corruption et mener le pays vers les élections à la date prévue dans les meilleures conditions”.

Il a appelé d’autre part à “la préservation de relations positives avec le chef de l’Etat, à la poursuite des négociations avec le chef du gouvernement pour parachever les conditions du partenariat et à l’établissement de relation fructueuse avec l’Union Générale Tunisienne du Travail”.
Le chef de l’Etat avait annoncé la fin du consensus avec le mouvement Ennahdha “sur une demande de celui-ci”, dans une interview sur la chaine Al Hiwar Tounsi, rappelle-t-on.
“Le mouvement Ennahdha (avec qui il avait convenu d’un consensus politique il ya 5 ans à Paris) a décidé de mettre fin à cette entente”, a-t-il souligné.

“Les relations entre le président (de la république) et Ennahdha se sont interrompues sur la demande de ce dernier et le consensus ne sera pas reconduit”, a-t-il ajouté, affirmant qu’en “affaires d’Etat il n’existe pas d’amis”.

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Divorce ou séparation de corps. Des années durant, porté sur les fonts baptismaux, le consensus scellé à Paris par Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi est désormais lettre morte, à l’initiative d’Ennadha, tient à préciser le premier nommé. Le Document de Carthage ipso facto à l’avenant, ouvrant une ère d’incertitude dont nul ne sait sur quoi elle va déboucher. Le parrain de cette « rencontre de Paris », Slim Riahi, se démène pour recoller les morceaux. Il a déjà rencontré le chef du mouvement Ennahdha, et a demandé à en faire autant avec le président de la République. Ce devrait être chose faite dans les jours à venir, assure-t-on. Arrivera-t-il à réconcilier les deux patriarches ? Nul non plus ne peut le prédire tant le contentieux est sérieux et les griefs de part et d’autre incommensurables.

Un désaccord si profond que « The Economist », l’hebdomadaire britannique de référence à l’échelle internationale, tirant à plus de 1 500 000 exemplaires vient de publier à son sujet une analyse sans concession sous le titre « Le duo garant de la stabilité de la Tunisie s’est disloqué ».En exergue, il note que « les Tunisiens les ont baptisés «les deux cheikhs». Ils composent un duo mal assorti, cet attelage de vieillards qui dirige le pays depuis 2014. Rached Ghannouchi est à la tête d’Ennahdha, un parti islamiste modéré qui a dominé le premier parlement élu après la révolution tunisienne en 2011. Il a démissionné en 2014 dans la foulée d’une série d’assassinats politiques ». Lors de l’élection suivante, rappelle-t-il encore, les électeurs ont accordé une majorité de suffrages à Nidaa Tounes, une coalition laïque dirigée par le président actuel, Beji Caïd Essebsi. Les deux hommes ont formé une alliance improbable, Ennahdha jouant un menu rôle dans un gouvernement d’union et soutenant nombre de ses politiques. Le 24 septembre cependant, BCE a annoncé que le pacte a vécu. «Ennahda a pris un autre chemin», dit-il amèrement.

Une longévité sans nulle autre pareille

The Economist explique que les alliés d’hier ne se disputent pas pour des raisons tenant à la religion ni sur une question de fond, mais au sujet du chef du gouvernement choisi par Béji Caïd Essebsi Essebsi. Avant sa nomination en 2016, Youssef Chahed était un « obscur économiste titulaire d’un doctorat en agroalimentaire. Il est désormais souvent considéré comme le politicien le plus digne de confiance de la Tunisie (certes un faible obstacle à franchir). Ses efforts pour lutter contre la corruption bénéficient d’un soutien populaire. Dans ce poste, il cultive une longévité à nulle autre pareille depuis 2011. Le président semble maintenant regretter de l’y avoir nommé. BCE et son fils influent, Hafedh, ont publiquement critiqué le chef du gouvernement pour sa gestion de l’économie.

Certains Tunisiens seraient d’avis que c’est le cas. Soutenu par le FMI, le gouvernement a imposé de douloureuses mesures d’austérité. Sans doute sa politique la plus controversée a-t-elle permis d’affaiblir le dinar, qui a chuté de plus de 20% par rapport au dollar ces deux dernières années, atteignant son plus bas niveau en plus de dix ans. La dépréciation a stimulé, toutefois,  certaines entreprises. Les exportations ont augmenté de 20% au cours des huit premiers mois de l’année. Les exportations de produits agricoles ont augmenté de 63% par rapport à la même période l’année dernière. Les prix bas attirent également les touristes. Cet été, de nombreux hôtels affichaient complet. Les dépenses des touristes jusqu’en juillet ont été de 44% supérieures à celles de l’année dernière.

Mais la faible monnaie a fait des ravages dans les caisses de l’État, car beaucoup de ses dettes sont libellées en dollars. L’année prochaine, la Tunisie dépensera 9 milliards de dinars (3,2 milliards de dollars) en service de la dette, ce qui équivaut à environ 8% du PIB et 76% de plus qu’en 2016. Les prix des carburants ont été multipliés par quatre en 2018, mais la facture de la compensation continue d’augmenter. Cette année, elle atteindra 4,3 milliards de dinars, soit presque trois fois plus que prévu. Certains économistes estiment que la dévaluation est allée trop loin. Et bien que les exportations soient en hausse, le déficit commercial continue de croître.

Ghannouchi, un politicien rusé !

Ghannouchi soutient le chef du gouvernement et affirme que le congédier mettrait un frein aux réformes nécessaires. Ce n’est pas une position naturelle pour Ennahdha. Il tire une grande part de son soutien des régions défavorisées qui ont manifesté contre les hausses d’impôts plus tôt cette année. Le parti a montré sa volonté de travailler dans l’intérêt national, même à ses dépens. Mais Ghannouchi est également un politicien rusé. Son soutien à Chahed est un signe de la faiblesse du parti au pouvoir, estime l’hebdomadaire britannique.

Après les élections de 2014, Nidaa Tounes détenait 86 sièges au Parlement, soit 40% du total, dont la moitié environ a fait défection, depuis. Beaucoup d’entre eux se sont rangés du côté de Chahed, qui a été suspendu de Nidaa Tounes le mois dernier. Leur «coalition nationale» n’a pas encore été enregistrée en tant que parti politique. Quand ce sera le cas, ce sera l’un des plus importants au Parlement, à peu près de la même taille que Nidaa Tounes. Avec le soutien d’Ennahda, Chahed pourrait probablement échapper à un vote de censure. Les Essebsis craignent d’être éclipsés par leur propre création.

La Présidentielle, un  créneau surpeuplé »

Chahed a été vague sur ses ambitions politiques. Il pourrait entrer au Parlement à la tête d’un puissant bloc. Si au contraire, il se présente à la présidence en 2019, ce serait dans un créneau surpeuplé. Ennahdha est susceptible de présenter un candidat. Et Leila Hammami, une universitaire libérale à qui on a interdit de se présenter en 2014, espère entrer en lice cette fois.

L’incertitude est un signe bienvenu. Essebsi a 91 ans, Ghannouchi 77. Ils passent souvent des marchés en privé et les présentent aux députés comme un fait accompli. La Tunisie a besoin de nouveaux visages et d’un parlement plus fort. Elle a besoin de plus de cheikhs – et de cheikhas aussi, conclut « The Economist ».

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Mariem Aouiti Bourguiba, petite-fille du leader historique Habib Bourguiba et cadre à Afek Tounes, s’en est prise au chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi. Elle a déclaré dans un entretien avec le journal Hakaek online, publié vendredi 5 octobre 2018, que Essebsi avait surfé sur le nom de Bourguiba durant sa campagne électorale pour conquérir le pouvoir mais que son projet politique n’a rien à voir avec le bourguibisme, d’après elle.
Elle a cogné sur l’alliance entre Nidaa Tounes et Ennahdha, qu’elle a qualifié de «mascarade» vu qu’il n’y a aucune communauté de vues entre les deux formations. La dirigeante d’Afek Tounes a ajouté que le parti islamiste est aux antipodes des principes bourguibistes, ce qui est un danger pour les fondements du modèle social que Habib Bourguiba voulait mettre en place.

Enfin, puisque c’est aussi une affaire éminemment politique et qu’il s’agit principalement de canarder l’offre de la concurrence tout en valorisant la sienne, Mariem Aouiti Bourguiba a affirmé que Afek Tounes est lui au coeur valeurs bourguibistes et que c’est un parti «libéral qui croit à l’importance de la liberté, du rôle de l’éducation dans les avancées de la société et de la santé gratuite».

A la décharge de BCE, c’est tout de même lui qui a aboli la circulaire interdisant le mariage entre une Tunisienne et un non-musulman et c’est encore lui qui a ouvert la porte de l’égalité homme-femme dans l’héritage, un vrai risque politique. Et Bourguiba n’aurait sans doute pas renié ces deux mini révolutions, qui pour le coup n’ont rien d’islamiste, s’il avait été dans les mêmes circonstances que Essebsi. Mais ça Mariem Aouiti s’est gardée de le dire…

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Tunisie : L’état d’urgence prolongé d’un mois

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a décidé, vendredi, de prolonger l’état d’urgence d’un mois sur tout le territoire de la République, et ce à compter du 8 octobre 2018, a-t-il été annoncé à l’issue d’un entretien que le chef de l’Etat a eu ce jour même avec les ministres de la Défense et de l’Intérieur.

Selon un communiqué de la présidence de la République, l’entrevue a porté sur la situation dans la pays sur les plans sécuritaire et militaire et sur les frontières ainsi que sur l’opérationnalité des différentes unités sécuritaires et militaires pour faire face aux dangers du terrorisme et au crime organisé.

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Tunis et Djibouti signent 6 accords, dans 4 domaines

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a eu, mercredi, au Palais de Carthage, un entretien avec son homologue djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh, qui effectue une visite officielle en Tunisie du 2 au 4 octobre, à l’invitation du chef de l’Etat.

Les relations de fraternité et de coopération unissant les deux pays, les moyens de les développer dans les domaines prioritaires et l’échange de points de vue sur les questions d’intérêt commun aux plans arabe, régional et international ont été au centre des entretiens bilatéraux.
Caïd Essebsi a, à cette occasion, affirmé la “détermination de la Tunisie à renforcer les relations bilatérales et sa disposition à mettre à profit son expertise au service du peuple djiboutien frère afin d’impulser la coopération entre les deux pays“.

Par ailleurs, le chef de l’Etat et son homologue djiboutien ont présidé la cérémonie de signature de 6 accords de coopération. Il s’agit de:

– Trois accords de coopération dans les domaines du transport maritime et des ports, du tourisme et de l’artisanat;
-un mémorandum d’entente dans les domaines de la poste, des TICs et de l’économie numérique;
-un mémorandum d’entente sur l’exemption mutuelle de visas d’entrée au profit des porteurs de passeports diplomatiques ou de service;
-un programme exécutif de coopération culturelle pour les années 2019-2020-2021.
Le président djiboutien a, à cette occasion, adressé une invitation au chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, pour visiter le Djibouti dans la période à venir “afin de renforcer les relations de coopération et poursuivre la coordination et les concertations au sujet des questions d’intérêt commun”.

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Il y a plus grave que ce qu'il a fait à la Sotetel

Son parcours de rescapé de l’ère Ben Ali s’est arrêté mardi 02 octobre 2018 dans la soirée, stoppé net par la brigade de police de la station Tunis marine. Le sémillant, virevoltant et très flamboyant Borhene Bsaies, qui a pu passer entre les gouttes des règlements de compte ayant suivi le départ précipité du dictateur est derrière les barreaux, pour 2 ans au plus, rattrapé justement par les casseroles du passé. La justice, sur ce coup et sur d’autres, a pris tout son temps pour faire tomber celui qui était censé relever Nidaa Tounes, en sa qualité de chargé des affaires politiques et dont on connait le brillant bilan à ce poste. Après une traque de 7 ans – l’instruction du dossier a commencé en 2011 -, sa condamnation a été confirmée, pour une affaire d’emplois fictifs à la SOTETEL (Société tunisienne d’entreprises de télécommunications). La chose est grave, certes, mais c’est sans commune mesure avec les dégâts que Bsaies a causés dans le parti sorti vainqueur des élections de 2014, rappelons-le, Nidaa Tounes, avec les dégâts qu’il a causés dans le pays…

Les rendez-vous manqués

Quand Bsaies a débarqué, ou plutôt a été recruté (passons sur les bruits sur les coûts exorbitants de cette cooptation, que le principal intéressé a toujours démentis), en mars 2017, Nidaa Tounes filait déjà du mauvais coton et était même en état de déliquescence avancée par rapport au bel héritage laissé par le fondateur, le chef de l’Etat, Beji Caïd Essebsi. La nouvel recrue était censée réorganiser la boutique, ravaler la façade, fourguer une marchandise qui soit comestible pour des militants déboussolés et que le retrait de BCE a laissé orphelins. Mais il était censé surtout mettre en musique le Congrès électif, le tout premier, car la capacité de nuisance du fils du président de la République et directeur exécutif du parti, Hafedh Caïd Essesbsi, était déjà presque unanimement reconnue. Et qu’a fait Bsaies de son cahier de charges ? Qu’a-t-il fait tout ce temps ? Rien. A part pérorer sur les plateaux de télévision et de radio où sa verve et sa faconde inouïe font mouche à chaque fois face à des journalistes et des contradicteurs qui n’ont pas la même aisance que lui, le désormais ex-chargé des affaires politique n’a rien fait. Ou plutôt si : il a aidé HCE dans son entreprise de démolition de Nidaa ; il a même osé lâcher sur El Hiwar Ettounsi, chez Samir Wafi, devant une assistance ébahie, qu’il serait fidèle à Essebsi junior comme il l’a été avec Ben Ali, jusqu’au bout…

Résultat des courses : à force de cacher ce qui ne devait pas l’être et de taire ce qui ne devait pas l’être, Bsaies a participé à détraquer la machine de guerre de BCE, laquelle a amorcé une course folle vers l’abîme que rien ni personne ne semblent pouvoir stopper… à part peut-être Chahed, mais comme ils n’en veulent pas…

Bsaies n’est pas le seul !

Mais dans les rangs de ceux qui regardent mourir le parti il n’y pas que Bsaies, il y a aussi le très bavard député Abdelaziz Kotti (qui a d’ailleurs été l’un des rares cadres de Nidaa à défendre publiquement Bsaies, il y aussi Mongi Harbaoui… Mais vous l’avez constaté vous-même : ils ne bousculent pas !). Kotti qui avait bruyamment claqué la porté, pour cause de coups tordus au sein du parti et qui aimait déverser sa bile dans les émissions TV et radiophoniques. Et qu’a-t-il fait depuis son retour ? Rien. Alors qu’il jurait ses grands dieux qu’il était justement revenu pour corriger la trajectoire mortifère du parti. Même chose pour Ridha Belhaj. Lui aussi était parti, pour les mêmes raisons – les manoeuvres de Essebsi fils – et est revenu. Bon, il a été moins prétentieux que Kotti pour son retour, on peut le lui reconnaitre, mais au niveau de la capacité de nuisance il les bat tous ! C’est lui qui a ranimé le front anti-Chahed à Nidaa quand il montrait des signes de faiblesse et a conforté HCE dans la traque du chef du gouvernement. Avec le résultat que l’on sait : un groupe parlementaire déplumé d’à peine 41 députés, contre 86 en 2014, au 3ème rang des forces à l’ARP et à laquelle il faudra soustraire 4 autres élus qui s’apprêteraient à filer. Voilà l’oeuvre de Kotti, Belhaj. Mais ils ne sont pas les seuls, il y aussi Néji Jalloul, Faouzi Elloumi, Sofiene Toubel, etc. Tous coupables au moins par leur silence. Nidaa Tounes se meurt, dans l’indifférence générale, celle de ses dirigeants mais celle aussi de sa poignée de militants qui ne commentent même plus les mauvaises nouvelles.

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BCE et le président djiboutien nouent des partenariats

Le président de la République de Djibouti, Ismail Omar Guellah et le chef de l’Etat tunisien, Béji Caid Essebsi, ont signé ce mercredi 3 octobre 2018 trois accords de coopération dans les secteurs du transport maritime, des ports, du tourisme et de l’artisanat.

De même, deux mémorandums d’entente ont été également signés. Le premier est relatif aux domaines de la poste, de l’information, de la télécommunication et de l’économie numérique. Le second concerne l’exemption de visa pour les passeports diplomatiques et spéciaux d’une part et la signature d’un programme exécutif pour la coopération culturelle pour les années 2019-2021, d’autre part.

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Dans une déclaration à l’hebdomadaire tunisien de langue arabe Assabah Al Ousbouii, le dirigeant de Nidaa Boujemaa Rmili a presque révélé que le chef de l’Etat, Béji Caïed Essebsi, couvrirait des forfaits d’Ennahdha. «Youssef Chahed ne devrait pas fuir BCE, qui s’il levait la main (Ndlr : Ne la couvrait plus) sur Ennahdha, elle deviendrait incapable de régler ses problèmes dans les affaires des voyages Djihadistes, en Syrie et en Libye ou dans ses relations avec le Qatar et la Turquie». A bien comprendre, des observateurs ne sont pas loin de penser que BCE couvrirait Ennahdha contre laquelle il aurait des dossiers. Toujours selon les mêmes observateurs, cette déclaration pourrait entrer dans le cadre des pressions qu’exercerait BCE contre le parti islamiste tunisien pour l’amener à ne plus soutenir la stabilité gouvernementale et donc le maintien de Youssef Chahed à sa tête !

 

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Le Djibouti, avec ses 7% de croissance, fait affaire avec la Tunisie

Le président de la République de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, effectuera du 2 au 4 octobre 2018 une visite officielle en Tunisie à l’invitation du président de la République, Béji Caïd Essebsi.

Au cours de cette visite, le président djiboutien aura une rencontre avec son homologue tunisien Béji Caïd Essebsi. Cette rencontre sera sanctionnée par la signature d’une série d’accords de coopération.
Ismaïl Omar Guelleh aura également des entretiens avec le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Mohamed Ennaceur et le chef du gouvernement, Youssef Chahed.

Selon un communiqué de la présidence de la République, le président djiboutien assistera au siège de l’Union tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA), au Forum d’affaires tuniso-djiboutien qui sera organisé à l’initiative du patronat et du Conseil d’affaires tuniso-africain.

La Banque Mondiale a estimé à 7% le taux de croissance du PIB djiboutien en 2017 ; cette année elle le situe à 6,5%, du fait de la chute des investissements et de la relance poussive des exportations nettes. La Tunisie, qui a un appétit croissant pour son continent, pourrait être avoir sa place dans cette dynamique qui repart du côté du Djibouti.

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Au Forum tuniso-libyen jeudi 27 septembre 2018, dans ses dossiers ce vendredi, demain ailleurs, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, bouge, s’active, travaille, comme si de rien n’était, comme si le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, n’avait pas parlé de lui, ne lui avait pas suggéré de dégager. Chahed, de par son attitude, sans même avoir besoin de commenter ou réagir aux propos de son désormais ex-mentor, répond (il faut rappeler à ceux qui l’auraient oublié, à cause de la violence des coups entre les palais de Carthage et de la Kasbah, que c’est BCE qui a sorti de son chapeau l’actuel chef du gouvernement et a maintenant le plus grand mal à l’y faire retourner). Comme il avait ignoré superbement Hafedh Caïd Essebsi, le directeur exécutif de Nidaa Tounes, qui l’avait sommé de s’expliquer sur ses rapports avec le parti, ce qu’il n’a toujours pas fait jusqu’à ce jour, Chahed snobe le président de la République. Pourtant ce dernier lui a conseillé – ce qui dans la bouche de BCE est une injonction – de se présenter au Parlement pour se refaire une légitimité politique qu’il aurait perdue. Ce n’est pas rien, tout de même, ce qu’a dit Essebsi ! Mais voilà, son ex-poulain a manifestement pris la décision de passer outre et de continuer allègrement son chemin, une posture que lui permet une bonne lecture du contexte politique actuel. BCE rugit encore un peu mais ne peut plus rien contre Chahed, politiquement parlant, et tout le monde semble l’avoir bien compris. Tout le monde sauf le président de la République. Ses collaborateurs, en premier son conseiller politique, Habib Essid, l’ex-chef de gouvernement que BCE avait immolé, auraient oublié de réveiller le chef de l’Etat. Ou auraient peur de ses foudres. En tout cas la lévitation du locataire du palais de Carthage est surréaliste, pathétique et dangereuse.

Faire d’une guerre personnelle une crise politique

Tout le sens des gestes du président de la République en ce moment, c’est de faire croire à l’opinion publique que le chef du gouvernement a embarqué le pays dans une guerre politique qui le mènera à sa perte. C’est ce que BCE a encore tenté de faire dans sa dernière interview, mais la manoeuvre est tombée à plat, complètement ratée. Et les commentateurs qui étaient de sortie après l’étrange discours-entretien ont pointé les incohérences d’un chef de l’Etat qui met sur le même niveau un chef de parti autoproclamé, fût-il son fils et un chef de gouvernement. Ne pas voir que le départ de Essebsi junior ferait un bien fou à Nidaa Tounes, en stoppant d’abord l’hémorragie de militants et de députés, et que celui de Chahed plongerait le pays dans l’incertitude totale à quelques mois des élections est au mieux le signe patent d’une cécité politique qui aurait atteint BCE, au pire une tentative désespérée de dégager la voie pour lui-même ou pour HCE, ce qui de toute façon ne servirait à rien vu leur cote d’amour auprès des citoyens, d’après les sondages.

Quand il s’est agi de fomenter l’exécution de Essid, il y avait du monde autour du président de la République. L’affaire est passée comme une lettre à la Poste, la classe politique, l’opinion publique et surtout une belle majorité parlementaire ayant fait corps pour valider une décapitation qu’on croyait salvatrice pour la nation. Tout le monde y croyait. Mais on s’est réveillé depuis et on s’est rendu compte que l’ex-chef de gouvernement n’avait pas autant de tares que ce que ses bourreaux avaient déballé sur la place publique, et que le contexte social et politique post-révolutionnaire explique en grande partie l’impossibilité à aller plus vite que la musique pour faire le bonheur de tous. D’ailleurs les difficultés de Chahed pour faire tourner la machine économique démontrent, si besoin en était, que Essid ne méritait peut-être pas le sort qu’il a eu. Les citoyens savent tout maintenant, ou presque, il est impossible de les berner une deuxième fois. Mais ça aussi le chef de l’Etat semble ne pas l’avoir compris…

Faire chuter un arbre avec une paille !

La situation politique du moment est sans appel avec ceux qu’il faut bien qualifier de clan Essebsi – BCE et son fils -, puisqu’ils se comportent comme tel en dépit de tout bon sens. Ils sont les seuls – l’UGTT se fait moins entendre sur la question, braquée sur les négociations sociales – à réclamer avec insistance la tête de Chahed, un cri dans le désert face à des partis politiques qui ont d’autres chats à fouetter, et pas des moindres (d’abord la question de leur structuration avant de se mettre en ordre de bataille pour 2019, si joute électorale il y a). Et que dire des citoyens, complètement désintéressés par cette chasse à l’homme, préoccupés par leur pouvoir d’achat et dont le niveau de culture politique, quoi qu’on en dise, leur permet maintenant de résister aux manoeuvres politiciennes. Quant aux forces politiques au Parlement, là aussi c’est sans appel pour Essebsi père et fils : Ce n’est pas avec 41 élus (86 en 2014) que Nidaa Tounes va faire tomber le chef du gouvernement. Et encore parmi ces 41 beaucoup sont contre la folle aventure de HCE, et le peu qui reste du bloc parlementaire pourrait se fracasser si on le forçait à se prononcer sur le limogeage de Chahed.

Alors qu’en face ce dernier est assis sur l’appui, maintenant assumé publiquement, de la “Coalition nationale”, laquelle affiche présentement 43 députés et pourrait très vite monter en puissance. Sans parler du soutien réaffirmé de Ennahdha au chef du gouvernement, avec ses 68 élus, des islamistes qui découvrent de jour en jour, avec beaucoup de délectation, qu’ils ont eu du flair et ont parié sur le bon cheval, un Chahed très élégant du reste et qui ne fait pas des misères aux ministres nahdhaouis. Bref, les temps ont changé, mais ça aussi un BCE qui n’a pas conscience des limites de son aura et de sa verve héritée de Bouguiba, qui a perdu pied et tout sens de la réalité semble l’ignorer…

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Quelques remarques-repères pour commencer. Beaucoup l’ont dit à Youssef Chahed (YC). Si ses soutiens augmentent, ce n’est pas tant grâce aux résultats économiques de sa politique, qui tarderont de toutes les façons à venir quel que soit le chef du gouvernement en place, mais parce qu’un très grand nombre de citoyens en ont, désormais et même depuis quelques mois, marre de devoir se taper un nouveau chef de gouvernement, toute l’instabilité qui précède son choix et tout le statuquo qui viendra après son installation. Et si le fils du chef de l’Etat et son parti n’ont pas voulu croire en les vertus de la stabilité politique, c’est qu’elle ne leur profite pas pour l’instant.

L’une des choses pour lesquelles BCE (Béji Caïed Essebssi) admirait dernièrement RG (Rached Ghannouchi), c’est qu’il lui aurait dernièrement redit son souci de mettre la Patrie avant les partis. On ne sait pas si lui avait certifié la même chose. Le chef du gouvernement n’a en effet plus de parti, depuis que Nidaa Tounes a gelé son adhésion.

Il ne fait pourtant aucun doute que ni BCE, ni RG n’appliquent ce qu’ils disent ou aimeraient entendre de leurs concurrents. Et même la demande faite à YC de se dessaisir de son droit constitutionnel de candidater n’est pas tant pour l’obliger à mettre la Patrie au-dessus de Nidaa Tounes, qui ne l’accepte plus en son sein, mais juste pour l’éliminer avant terme de la prochaine course aux présidentielles.

On comprendrait que RG le demande à YC, puisque le chef du parti islamiste tunisien a déjà annoncé qu’il sera candidat aux présidentielles de 2019. On comprendrait moins que BCE soit plus appliqué que RG à obtenir le retrait de YC de la course, lorsqu’on sait son âge et qu’on se rappelle les différentes fois où il avait répété que la révolution a été faite par la jeunesse tunisienne et pour elle.

Le ferait-il pour son fils ou pour un autre candidat de son choix ? «Chaque chose en son temps. On en parlera une autre fois», avait déjà répondu BCE, lundi dernier à la journaliste d’El Hiwar Ettounsi, qui ébauchait cette question.

  • Paul Valéry et Karl Marx savaient déjà ce qui se passe en Tunisie

On aurait pu le dire nous-mêmes. Le rapporter tel que dit par un journal étranger, c’est essayer de traduire le ressenti de la situation politico-tunisienne hors nos frontières et chez nos bailleurs de fonds, alors que toute la sphère politicienne semble trouver cela normal.

«Les réformes économiques en Tunisie risquent d’être mises à l’écart par une querelle entre les principaux dirigeants», affirme à juste titre le site de Bloomberg à propos de ce qui se passe depuis quelques mois en Tunisie.

Citant l’analyste politique du cabinet de conseil londonien Energy Aspects Riccardo Fabiani, Bloomberg dit que «le résultat final, est que les manœuvres politiques avant les prochaines élections, auront la priorité sur toute autre chose. Tout espoir de réformes ou de mesures significatives sera anéanti».

Depuis quelques mois en Tunisie, en effet, on ne parle plus économie que dans l’urgence de faire face à une catastrophe, naturelle comme ce fut le cas à Nabeul, ou humaine comme à chaque fois que le FMI risque de fermer les portes de ses crédits à la Tunisie.

«La politique étant l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde», comme le disait l’écrivain et philosophe français Paul Valéry, la politique a repris le dessus en Tunisie depuis plusieurs mois et devient même le menu principal, sinon l’unique, de tous les plateaux TV et radio. L’explication réside, à notre sens, dans ce que disait depuis 1818 Karl Marx. «Toute classe qui aspire à la domination, doit conquérir d’abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l’intérêt général».

C’est le cas actuellement en Tunisie, selon nous, des partis politiques aux différentes organisations syndicales et patronales, et en tête l’UGTT qui voudrait refaire la révolution, sans oublier les différents lobbies à l’intérieur de l’ARP.

  • «Homme politique, c’est une profession où il est plus utile d’avoir des relations que des remords». Dixit : Coluche

Du coût, on oublie allègrement que c’est la banqueroute des caisses sociales qui est derrière les pénuries de médicaments et les retards des retraites. On oublie que c’est le déficit commercial et celui de la balance de paiement qui sont derrière la baisse de la valeur du Dinar tunisien. On oublie que ce sont les innombrables hausses salariales et les grèves interminables dans le bassin minier qui sont derrière le déséquilibre et le déficit budgétaire. On oublie enfin que c’est le manque de production et la disparition de la productivité qui sont derrière l’endettement et l’assèchement des ressources de l’Etat. Personne n’est plus disponible pour aider financièrement l’Etat et chacun utilise des arguments politiques et politiciens, pour expliquer ce refus, comme nous l’ont déjà signalé les Français lorsque le chef du gouvernement était allé à Paris demander leur aide.

Du coup, on oublie aussi toutes les réformes qui devaient redresser tout cela et remettre la croissance sur un bon trend haussier. Les deux pans de l’Exécutif se déchirent à satiété, l’un empêchant l’autre de se concentrer sur ce pourquoi il avait été choisi, pour pouvoir utiliser cette incapacité en argument politique pour le dégager. Les partis politiques, non concernés par ces disputes politiciennes, regardent et laissent faire, car incapables de faire. Les députés de l’ARP se retrouvent dans l’œil du cyclone de la guerre BCE/YC et n’ont plus le temps de se remettre à leur travail législatif, pour étudier et adopter, pour faciliter le travail du gouvernement à remettre l’économie tunisienne sur pied. «Pas moins de 92 projets de loi sont actuellement bloqués à l’ARP, ce qui freine tout projet de réforme. Parmi les projets bloqués, l’un en rapport avec l’inscription de la Tunisie sur la liste Gafi». C’est ce qu’a indiqué le chef du gouvernement, Youssef Chahed, le lundi 10 septembre 2018, en marge d’une réunion sectorielle avec des directeurs de journaux.

فبحيث dans la Tunisie de ladite révolution,، c’est en effet «le Parti avant la Patrie». Si ce n’est pas pour des raisons partisanes ou idéologiques, c’est pour des raisons purement personnelles. «Point à la ligne», comme disait le chef de l’Etat, lundi dernier à la télévision

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