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Tunisie-Santé : Un Collectif de la société civile exige la modification du PLF 2020

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Il n’échappe à personne que le secteur public de la santé traverse une crise profonde  qui s’est accentuée  au cours des dernières  années .Notons à ce propos que les diverses manifestations de cette crise ont affecté de manière importante la santé des citoyens et leur niveau de vie.

Aujourd’hui, les citoyens attendent  de l’Assemblée des représentants du peuple et du prochain gouvernement des mesures effectives et concrètes visant à mettre fin à la détérioration des services de la santé publique et à améliorer la qualité de prestations dans les hôpitaux (…).

C’est dans ce contexte que le Collectif de la société civile pour la défense du secteur de la santé publique estime dans un communiqué publié mardi 2 décembre 2019, qu’il est nécessaire d’introduire des modifications au projet de la loi de finances 2020 pour inclure des ressources supplémentaires visant le renforcement du Fonds de la santé, le paiement des dettes des hôpitaux auprès de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et la consolidation du budget d’achat des médicaments.

Ce collectif regroupe des dizaines d’associations dont notamment, la ligue tunisienne de défense des droits de l’homme, l’association tunisienne de défense du droit à la santé, l’association tunisienne de défense du secteur de la santé publique, la fédération générale de la santé et les syndicats de médecins relevant de l’UGTT et le forum tunisien pour les droits économiques et sociaux.

Ce collectif revendique la fixation d’une taxe spéciale dans le projet de la loi de finances 2020 au profit du fonds de soutien de la santé publique sur tous les produits qui contiennent 5% ou plus du sucre industriel et la fixation d’une taxe de 10% du prix de vente au consommateur, outre la création d’une taxe spéciale au profit du fonds du tabac et des boissons alcoolisées.

Le collectif a appelé à la généralisation de la taxe de 1 pour cent, contenue dans l’article 59 du projet de la loi des finances 2019, du chiffre d’affaires des cliniques privés et des prestataires de services sanitaires (à l’exception des pharmacies privées) aux entreprises d’importation, de fabrication et de distribution des médicaments, des équipements sanitaires et des pesticides utilisés dans le secteur de l’agriculture ainsi qu’aux entreprises polluantes.

Il insiste sur l’amendement de l’article premier du décret gouvernemental N° 83 de 2019 fixant les domaines d’intervention du Fonds de soutien de la santé publique pour englober les groupements de santé de base et des hôpitaux locaux afin qu’ils jouent un rôle dans la prise en charge des bénéficiaires de la gratuité ou des tarifs réduits des soins .

Le Fonds de soutien de la santé qui a été créé en vertu de la loi des finances de 2017 n’a pas été activé jusqu’à présent et les ressources qui lui ont été attribués et qui représentent 10% des dépenses de prise en charge des bénéficiaires de la gratuité et des tarifs gratuits de soins par les établissements sont estimées à 400 millions par an, selon le communiqué du collectif.

Le Collectif propose d’inclure un nouveau chapitre dans le projet de la loi de finances 2020 permettant de consacrer une partie des contributions sociales solidaires décidée par la loi des finances 2018, afin de payer les dettes des hôpitaux et de la pharmacie centrale auprès de la CNAM, selon un calendrier qui sera élaboré au cours du premier trimestre de 2020.

Les dettes des hôpitaux auprès de la CNAM ont dépassé 500 millions de dinars en 2019, indique le collectif, précisant que cette situation a conduit à l’accumulation des dettes auprès des hôpitaux auprès des fournisseurs public et privés, ce qui a causé l’interruption de l’approvisionnement en équipements médicaux et la dégradation des prestations sanitaires.

A noter que le collectif de la société civile pour la défense du secteur public de la santé, exige également des mesures rapides qui doivent être prises après les 100 jours de la formation du nouveau gouvernement pour sauver le secteur de la santé publique.

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