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mardi 19 janvier 2021
Accueil La UNE Un gouvernement déjà décrié mais finalement accepté.... avec résignation !

Un gouvernement déjà décrié mais finalement accepté…. avec résignation !

Sous réserve de quelques inévitables menus détails, le gouvernement de Hichem Mechichi semble tout a fait prêt à être soumis au président de la République qui se bornerait à l’entériner avant de l’envoyer au Parlement aux fins du vote de confiance avant l’expiration du délai prescrit par la Constitution, dans le cas de l’espèce, le 25 août courant.

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Peu de choses ont filtré sur l’attelage gouvernemental sauf qu’il est composé de 23 ministres, des technocrates selon des sources politiques citées par l’agence Reuters, et où les ministères des Finances, de l’Investissement et des Domaines de l’Etat sont regroupés en un pôle économique. Le super-ministre qui le dirigera- car il doit en être un – est  l’économiste Ali Kooli, actuellement PDG de l’Arab Banking Corporation (ABC Bank) en Tunisie, dans le cadre de plans visant à réorganiser le gouvernement et à relancer l’économie.

Ce gouvernement ne semble pas devoir se heurter à des difficultés sur la voie de l’obtention de la confiance au Parlement. Le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi, l’a presque confirmé, ce dimanche, tout en ne se gardant pas d’étaler ses griefs et ceux de son parti contre un Cabinet au sujet duquel il a été traité  par-dessus la jambe, tout d’ailleurs comme les autres partis politiques autant qu’ils étaient.

On comprend dès lors l’amertume du chef du parti Ennahdha, le premier du Parlement quand il s’offusque que la formation d’un gouvernement de compétences  « dénature la démocratie, les résultats des élections et la volonté des électeurs », tout en rappelant  avec un dépit réprimé que «   la démocratie, c’est la gouvernance des partis et la traduction des équilibres des forces politiques et non pas la gouvernance des compétences ». Au demeurant, il ne s’est pas excepté de souligner, peut-être  à raison, que « tous les partis et les ministères disposent de compétences techniques qui doivent servir la politique », estimant que « le pouvoir n’est pas un travail technique mais c’est plutôt la capacité d’avoir une vision, un projet et un discours mobilisateur ».

Mechichi, appât de Saied !

A vrai dire, Rached Ghannouchi n’est pas le seul à s’en prendre au chef du gouvernement, et à celui qui l’a choisi, même en termes feutrés. BBC Arabic, par exemple a relevé, à l’égal de l’expert économique Ezzedine Saidane, que le prochain locataire de la Kasbah manque d’expérience dans le domaine de l’économie, notant que cela conduirait le pays, qui connaît déjà une situation économique très difficile, à davantage de crises économiques car il ne sera pas en mesure de traiter avec les bailleurs de fonds étrangers  qui posent des conditions draconiennes voire  déraisonnables pour apporter leur soutien financier.

Un document élaboré  par le Projet sur la démocratie au Moyen-Orient (POMED) prévoit que le parlement votera la confiance pour  le gouvernement de Mechichi, qui comprendrait au moins six ministres ayant appartenu à  celui qui a été évincé précédemment. « Comme peu de partis feraient de bonnes performances lors d’une élection rapide, le Parlement approuvera probablement le gouvernement de Mechichi », confirme le document.

Selon la constitution tunisienne, le président doit consulter les partis politiques au parlement concernant le chef du gouvernement, mais ne l’oblige pas à accepter leurs propositions. Saïed s’est engouffré dans cette brèche et a placé son appât, Mechichi, dont il est très proche puisqu’il a été son premier conseiller ainsi que ministre de l’intérieur.

Il est probable que Saïed ait  pris cette décision intentionnellement parce qu’il prévoit de raboter le pouvoir des partis au Parlement,  dans l’intention de cibler Ennahdha. Comme l’a déclaré le président, cité par POMED « Nous respectons la légitimité [du parlement], mais le temps est venu de la revoir pour qu’elle soit l’expression sincère et complète de la volonté de la majorité ».

Le document confirme que Saïed ne considère pas le parlement comme représentatif des aspirations tunisiennes. Mechichi a fait exactement ce que Saïed voulait et a entamé les consultations pour la formation de son gouvernement avec des organisations nationales telles que l’Union générale tunisienne du travail, en excluant les partis politiques. Il a affirmé qu’il cherchait un gouvernement technocratique, mais beaucoup pensent que ce n’est pas le cas.

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