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mercredi 5 août 2020
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Une récolte céréalière mi-figue mi-raisin

Immanquablement, la pandémie du coronavirus, avec le confinement quasi universel, les fortes perturbations de l’offre et de la demande des produits alimentaires, va, si ce n’est déjà fait, affecter la vie et le bien-être des personnes mais aussi parce que les efforts pour l’enrayer vont réduire la mobilité et provoquer une augmentation des coûts des échanges commerciaux à cause du rétrécissement des filières et de la contraction du crédit. La FAO va même jusqu’à avertir que « nous allons devoir affronter une crise alimentaire imminente, à moins que des mesures soient prises rapidement pour protéger les plus vulnérables, maintenir l’activité des filières et atténuer les effets de la pandémie sur tout le système alimentaire ».

Tout naturellement, la question se pose de savoir ce qu’il va advenir de la Tunisie dont les achats de céréales sur le marché international sont mensuels et parfois même hebdomadaires. Des achats qui se limitent dans la plupart des cas au blé tendre et à l’orge fourragère qui sert d’aliment pour bétail. Mais il arrive aussi que la Tunisie achète du blé dur, comme elle a été amenée à le faire depuis le second semestre de 2019 notamment.

Une production proche de la moyenne

Pour cette année, c’est mi-figue, mi-raisin. La récolte des céréales d’hiver 2020 commencera bientôt, plus précisément au cours de la seconde moitié du mois de mai. La faible humidité du sol en automne a retardé les semis jusqu’en décembre. Si l’amélioration des précipitations en décembre a partiellement compensé les déficits d’humidité, le manque de pluie en janvier et février a entraîné une détérioration localisée des conditions de culture, en particulier dans les régions du nord. Coïncidant avec les premiers stades de la reproduction des cultures, des pluies opportunes de la mi-mars au début avril ont amélioré les perspectives de rendement, note cependant la FAO.

Selon les prévisions préliminaires, la production céréalière de 2020 devrait atteindre un niveau proche de la moyenne de 1,5 million de tonnes, soit plus d’un tiers de moins que la récolte exceptionnelle de 2019. Pour la récolte 2020, environ 556 000 hectares ont été emblavés, plantés en blé et 518 000 hectares en orge, contre respectivement 700 000 et 620 000 hectares en 2018. Cette diminution est principalement due à des conditions météorologiques défavorables lors des semis. Les semences et les engrais étaient disponibles dans tout le pays.

Le pays vise à atteindre une production intérieure de 2,7 millions de tonnes de céréales par an. Les instruments politiques utilisés par le gouvernement comprennent des prix garantis à la production (820 TDD/ 288 USD par tonne de blé dur, 590 TDD/ 207 USD par tonne de blé tendre et 530 TDD/ 186 USD par tonne d’orge pour la campagne 2019/20), des prix subventionnés pour les intrants et l’eau d’irrigation ainsi que la fourniture d’une assistance technique à la production de blé irrigué. La production végétale intérieure varie considérablement d’une année à l’autre en raison des variations importantes des précipitations. La superficie consacrée au blé irrigué représente moins de 15 % de la superficie totale plantée en blé.

Les importations vont augmenter

Comme on le sait, la Tunisie dépend fortement des importations de céréales, principalement du blé, même les années où la production est bonne. En conséquence, compte tenu d’une récolte nationale moyenne, les besoins d’importation de céréales pour la campagne de commercialisation 2020/21 (juillet/juin) devraient s’élever à environ 3,8 millions de tonnes, soit environ 20 % de plus que les importations de la campagne de commercialisation précédente et 5 % de plus que la moyenne quinquennale.

Malgré le taux élevé de dépendance du pays à l’égard des importations, les changements dans les prix internationaux des céréales ne se traduisent pas entièrement par des changements dans les prix intérieurs, car le programme de subvention alimentaire universel du gouvernement maintient les prix des produits du blé et de l’huile végétale stables. Dans l’ensemble, l’indice des prix à la consommation (IPC) des produits alimentaires et des boissons a augmenté de 5,1 % en mars 2020 en glissement annuel, contre 3,7 % en février, mais reste inférieur aux niveaux de 7 % enregistrés à l’automne 2019. L’inflation des prix des denrées alimentaires en mars 2020 est due à la hausse des prix des aliments frais et à l’augmentation de la demande des consommateurs liée au blocage des marchés après l’épidémie de COVID-19. Le ministère de l’Energie, des mines et de la transition énergétique a diminué le prix de certains produits pétroliers à partir du 7 avril 2020 pour refléter la récente réduction des prix mondiaux du pétrole.

Source : FAO

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