AccueilLa UNEZbidi devrait écouter «Aznavour» et mettre la Patrie avant les parties !

Zbidi devrait écouter «Aznavour» et mettre la Patrie avant les parties !

Sa déconfiture à la Présidentielle, qui lui est restée en travers de la gorge, ne lui suffit manifestement pas. Zbidi fait appel d’une décision de rejet collectif des recours formés par tous les candidats malheureux aux présidentielles anticipées, renvoyant encore un peu plus la fin de ce calvaire électoral qui immobilise toute une économie et détourne tout un pays du véritable enjeu politique que sont les législatives.

Il aura fallu que son chef de gouvernement lui rappelle aussi que son appel à la démission de Youssef Chahed signifiera aussi sa propre démission. Une démission, la sienne, qu’il n’avait jamais voulu rendre officielle, par refus de la remettre à son chef direct. Chahed étant revenu à la Kasbah, Zbidi le «démissionnaire» voudrait encore rester le ministre-candidat à la Présidentielle.

La réponse de Chahed devrait aussi rappeler au candidat Zbidi, théoriquement au fait de la chose publique, qu’on ne peut prendre le risque de défaire un gouvernement et entamer des discussions pour en faire un autre, à quelques jours de deux élections primordiales pour le processus de transition politique, et à quelques semaines de l’examen et l’adoption du budget de l’Etat et de sa loi des finances, devant le parlement. Serait-il assez ignare, comme on ne voulait pas penser de lui ?

«Il faut savoir quitter la table, lorsque l’amour est desservi, sans s’accrocher l’air pitoyable ; mais partir sans faire de bruit», disait le chanteur Charles Aznavour, que le candidat Zbidi ne semble pas avoir jamais écouté. Et pourtant … dirait une autre chanson du même auteur ! Les dés sont joués. Ils ont été, peut-être pipés. Mais ne le savait-il pas avant même de candidater ?

Non pas qu’on soit, pour ou contre Zbidi ou l’un de ses concurrents (à l’exception peut-être des extrémistes, étant né dans un pays qui a toujours été modéré), on ne pourrait pas passer sans rappeler cette autre récente position du même Abdelkerim Zbidi qui refusait la proposition de «sauver la Tunisie».

Ce dernier, et il en a le droit, a refusé la proposition de Youssef Chahed, de recoller les morceaux de la famille politique du Centre, afin de lui donner les moyens de s’opposer aux extrémistes de tous bords, et de préserver ainsi le pays, son modèle sociétal et son économie, qui devrait être le seul et véritable enjeu des élections, présidentielles et législatives.

De l’avis de tous, à l’intérieur de la Tunisie comme à l’extérieur, ce pays a besoin d’arrêter de faire de la politique et de retourner au travail, demander moins et produire plus, au moins pour quelques années, pour réaliser les demandes de sa révolution et qui sont le dignité, le travail et la souveraineté totale. Et ce n’est pas par des comportements égoïstes (selfish), égocentristes, «bêtes et méchants» qu’il pourra y arriver. L’heure est grave, comme ne semble plus le croire le candidat dépité et débouté par le tribunal administratif.

L’heure est grave, d’abord parce que la Tunisie est aux portes d’un suffrage, nettement plus important que celui d’un poste, vide d’importantes prérogatives et vide de tout sens sans la ceinture politique dont Zbidi ne dispose pas, car candidat sans parti. Depuis 2014, le pouvoir n’est plus à Carthage, mais entre La Kasbah et le Bardo. C’est là que passent les lois et mesures capables de redonner espoir à une population désenchantée. C’est là aussi que pourra se faire l’unité qui fera face aux projets de démantèlement de l’Administration, de l’autorité de l’Etat et de tout l’Etat dans son sens le plus unificateur et défenseur des intérêts de tout le monde, sans exclusive et sans exclusion.

C’est malheureusement à tout cela que Zbidi tourne le dos. Il en avait voulu, pendant sa campagne, au chef du gouvernement, d’être mal entouré. Abdelkerim Zbidi devrait, à notre sens, commencer à balayer, désormais, devant sa propre porte et appliquer la formule magique de Feu Béji Caïed Essebssi qui ne l’avait pas appliqué, la patrie avant les parties amies !

Le message, s’il nous était permis d’en avoir un, serait d’ailleurs adressé à Zbidi, comme à Mehdi Jomaa, Yassine Brahim, et à Youssef Chahed, même s’il a été le seul à reconnaître sa défaite et faire un semblant de mea culpa. Mais aussi à tous ceux qui se disaient progressistes, modernistes, centristes etc., et qui n’ont fait de cette appartenance qu’un simple slogan électoral et dont les actes d’après élection, l’ont vidé de tout sens.

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