Habib Essid, chef du gouvernement s’est exprimé ce lundi matin devant les députés de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) en vue d’en obtenir leur confiance. De nombreux élus de différentes sensibilités politiques sont intervenus pour dévoiler leur position par rapport à la nouvelle composition ministérielle annoncée mercredi dernier, et ils n’ont pas ménagé, pour la plupart, leurs critiques au chef du gouvernement.
Les symboles de l’ancien régime font polémique
Mbarka Brahmi au nom du Front Populaire s’en est prise avec virulence à la nomination d’anciennes figures estimant qu’elle s’inscrit dans le cadre d’une politique menée par le gouvernement qui a choisi la fuite en avan.
Elle a dans ce cadre cité la désignation de Hédi Majdoub à la tête du ministère de l’Intérieur au motif qu’il avait a entamé sa carrière professionnelle au sein de l’inspection du ministère de l’Intérieur en occupant le poste de chargé de mission au cabinet de ministre de l’Intérieur et chef du service de la prospection , évaluation et analyse, avant de se voir confier le poste de chef de cabinet du ministre de l’Intérieur jusqu’à sa nomination le 2 février 2015 comme secrétaire d’État aux Affaires locales.
Ce parcours poussé Brahmi à appeler les députés à ne pas voter leur confiance au ministre en question.
Outre Majdoub, le nouveau ministre des Affaires Etrangères, Khemaies Jhinaoui a fait aussi l’objet de nombreuses réactions réprobatrices à cause d’une biographie marquée principalement par ses relations « discutables » avec l’entité sioniste. Le député du mouvement Echaâb Zouhair Maghzaoui a affirmé que la nomination de certaines figures est un mauvais message au peuple tunisien signifiant que la Tunisie a décidé de rejoindre la coalition américaine et sioniste.
Au delà cette vague de critiques, l’important est réaliser des résultats positifs, estime cependant, pour sa part Afek Tounes, dont l’élu Riadh Mouakher a affirmé que le nouveau gouvernement est astreint à l’obligation de résultat surtout pendant le premier semestre 2016.
Ceci passe forcément, selon ses dires, par l’accélération du rythme en ce qui concerne la réalisation des réformes, la coordination entre les différents ministères, car, ajoute-t-il, conférer plus d’efficacité au travail du gouvernement ne signifie pas le changement des personnes, mais plutôt l’amélioration de sa méthode du travail.
Pour ce faire, Afek Tounes propose la mis en place d’une feuille de route qui assure un lien fort entre ce gouvernement et la coalition des partis au pouvoir de manière à élaborer un agenda relatif aux objectifs fixés pour cette année et les réformes à entreprendre.
L’autre allié de Nidaa Tounès, nommément Ennahdha, n’a pas été en reste. Son élu Samir Dilou a axé ses critiques sur la faible représentativité féminine au sein du gouvernement.
Il n’en demeure pas moins que le groupe parlementaire d’Ennahdha s’oriente vers l’approbation de ce remaniement étant donné que la nouvelle équipe d’Essid entend favoriser le consensus, d’après le leader nahdhaoui Rached Ghannouchi à Shems fm.
2016, une année décisive
De son côté, le chef du gouvernement a fait savoir que le remaniement ministériel a été opéré sur la base d’une évaluation approfondie du rendement de son équipe et d’un diagnostic des lacunes.
« Ce remaniement n’a pris en considération aucun règlement de compte politique ni aucune politique de conciliation », a précisé Essid avant d’ajouter que « c’est tout simplement une réduction du nombre des portefeuilles et suppression de tous les secrétariats d’Etat afin de donner plus d’efficacité au rendement de l’équipe ».
D’après le chef du gouvernement qui a promis la création des structures en cas de besoin, ce remaniement aura pour but de structurer les ministères, de renforcer la guerre contre le terrorisme, d’appuyer la bonne gouvernance ainsi que le développement local. Ajoutons à cela, la promotion des droits humains dans le cadre d’une approche participative grâce à l’aide de la société civile tout en exploitant les ressources naturelles et énergétiques.
Essid a qualifié cette étape de stratégique. Car, 2016 sera importante puisqu’elle connaitra le démarrage du plan quinquennal de développement dont la présentation est prévue à la fin du premier trimestre de cette année en cours.








