AccueilLa UNETunisie : Une chance ou une calamité ? IJABA et Khalbous divergent

Tunisie : Une chance ou une calamité ? IJABA et Khalbous divergent

La fuite des cerveaux ne cesse de prendre de l’ampleur en Tunisie, l’enseignement et la médecine sont les secteurs les plus touchés, voire menacés par ce phénomène. En effet, malgré les multiples démentis, les chiffres sur la fuite des cerveaux squattent la place publique. Selon une étude réalisée par l’Union des professeurs universitaires chercheurs tunisiens (IJABA), 4000 enseignants universitaires ont, durant l’année 2018, quitté la Tunisie pour travailler à l’étranger, la plaçant ainsi en haut du classement des pays arabes « émetteurs de compétences« . Des chiffres qui nécessitent, tout de même, une réaction sérieuse de la part du gouvernement et des parties responsables, à travers au moins l’ouverture d’un dialogue sur la question et la mise en place d’une stratégie globale permettant de chercher des solutions et de remédier à la situation.

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Il est à noter que les compétences tunisiennes sont les bienvenues à l’étranger et sont bien payées. Les Tunisiens aiment aussi travailler à l’étranger, ils se sentent mieux traités que dans leur propre pays et une écrasante majorité des diplômés de l’enseignement supérieur refusent même d’y retourner à cause notamment de la détérioration des conditions de vie. Bref, quitter la Tunisie pour travailler à l’étranger est considéré comme la vraie réussite pour la plupart des citoyens.

Selon la même source, les compétences tunisiennes qui ont quitté le pays sont estimées, jusqu’à octobre dernier, à 8000 cadres et 1200 hommes d’affaires.

Dans le même contexte, le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, a assuré, lors du congrès syndical du secteur de la santé public, tenu mardi dernier à Hammamet, qu’au total 630 médecins ont quitté la Tunisie durant le premier semestre de cette année et que selon les dernières prévisions, 900 autres comptent prendre le large en 2019. Pire encore, 55% des étudiants tunisiens à l’étranger refusent de retourner au bercail.

Pourtant lors d’une séance d’écoute tenue récemment à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Slim Khalbous, avait minimisé l’ampleur du phénomène et avait démenti les chiffres communiqués sur le nombre des enseignants universitaires ayant quitté la Tunisie pour travailler à l’étranger. Selon lui, le nombre de ceux qui travaillent actuellement à l’étranger est de l’ordre de 1513 et une base de données a été créée dans ce sens. Et Khalbous d’ajouter qu’aucun enseignant universitaire ne peut sortir pour une planque à l’étranger sans l’aval du ministère et de l’ATCT. Par ailleurs un accord a été conclu avec les pays du Golfe afin de donner la priorité aux jeunes diplômés, et ce pour éviter la fuite des cerveaux, selon ses dires. “Du coup, le flux s’est inversé et la fuite des des enseignants universitaires devient quelque chose de positif“, a-t-il précisé.

Outre cet accord, Khalbous avait annoncé la mise en place, au sein de son ministère, d’une plate-forme numérique leur permettant d’être en contact et d’échanger avec les universitaires et les chercheurs tunisiens à l’étranger.

Voilà, le même dossier, des données différentes et deux sons de cloche diamétralement opposés entre IJABA et leur ministre. Qui croire ? Cette vague de départs est-elle une chance pour le pays ou une catastrophe ?

2 Commentaires

  1. C’est dur pour les parents de laisser partir leurs enfants avec lesquels ils ont partagé des rêves. Après le recrutement par les groupes terroristes on se réveille que l’instabilité politique et financières provoquent la frustration d’insécurité d’où la fuite vers ce qui est plus sûr. De ce fait, fuit qui peut. Nos cerveaux pour lesquels les contribuables ont déboursé des dizaines de millions de dinars par individu, vont chercher refuge et prospérité intellectuelle ailleurs.
    Nos énergies humaines que les politiciens et les instances administratives et syndicales vont continuer à déserter le pays pour faire fonctionner d’autres structures mieux préparées à les accueillir. Comme l’énergie humaine est la multiplication de la puissance intellectuelle et corporelle par le temps mis au travail par le rendement, et comme rien ne se perd, rien ne se crée et que tout se transforme (Mr Lavoisier), nous sommes entrain de vivre les transformations.
    Ces transformations peuvent être positives pour les énergies sortantes et pour les principaux investisseurs (contribuables et parents) à condition qu’elles soient planifiées. La planification commence par une stratégie de gagnants- gagnants entre le pays émetteurs et les pays récepteurs et ce à partir des cursus universitaires destinés à fonctionner à l’international. Les universitaires des différentes parties peuvent adhérer à des programmes de recherches et d’innovations ciblées. Dans ces conditions les Tunisiens peuvent développer les recherches aux mêmes degrés que leurs homologues avec en plus une vie plus agréable et aux moindres couts.
    Cependant, ce qui fait fuir les Tunisiens, c’est le dégout d’une situation d’instabilité politique et d’un gaabagi généralisé qui accentue l’insécurité psychologique, sociale et économique. De peur de voir leurs rêves tributaires de rouages administratifs souvent compliqués, d’un système universitaire très sélectif pour enfin avoir le grade de chômeur diplômé, de procédures bancaires difficiles à satisfaire à temps, de plusieurs facteurs non cartésiens, les plus chanceux vont tenter et prendre des risques en dehors de nos frontière. Dommage, les Tunisiens vont continuer à chanter « Baabour Zaffar, chaggui el bahar», sans qu’ils soient sûrs d’être plus heureux ou mieux dans leurs peaux. Nous sommes tous responsables de nos malheurs. La fuite des cerveaux a commencé en Algérie, puis en Irak pour passer sous le prétexte de printemps arabe qui a vidé et dévalué un ensemble de pays naïfs Tunisie, Lybie, Egypte, Syrie et le reste va suivre.

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