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La Tunisie prend part, en tant qu’invitée d’honneur, au Forum Moyen-Orient-Méditerranée 2018 sur la jeunesse, organisé ces 25 et 26 août dans la ville de Lugano, en Suisse ; Sabri Bachtobji, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, a fait le déplacement.
Mais ce qui a surtout retenu l’attention, vu d’ici, c’est surtout le message vidéo du président de la République, Béji Caïd Essebsi, adressé aux participants. Il faut souligner les envolées de BCE sur la jeunesse, le réservoir de l’élite et l’artisan de l’avenir de la Tunisie et de toute la région, des accents que partagent forcément les participants à cette rencontre. Dans la foulée, le chef de l’Etat a indiqué que sa plus grande préoccupation, dans tous ses déplacements, c’est d’obtenir des bourses pour les jeunes Tunisiens ; il s’est réjoui de l’accord paraphé avec l’Union Européenne, sur plusieurs années, donnant aux jeunes la possibilité de participer aux projets “Erasmus” qui favorisent l’échange entre les universités des pays signataires. Mais là c’est plus problématique, pour l’avenir de la Tunisie, vu la propension des jeunes boursiers à rester en Occident et ailleurs une fois leurs cursus achevés…

Le décor, très beau

L’avenir du pays repose sur sa jeunesse qui doit édifier un Etat du 21ème siècle, pas un Etat du 17ème, pour que la région, en particulier la Tunisie, puisse rattraper le retard qu’elle a sur les pays développés (…) “Nous voudrions avoir des dirigeants au niveau de ceux des pays développés (…) Il ne s’agit pas de rattraper le retard en traversant la Méditerranée“, a déclaré Essebsi, cité par la TAP ; il a ajouté qu’il déplore “les jeunes traversent actuellement la Méditerranée, et ils y restent très nombreux“.
Il a insisté sur le fait que les pays amis doivent épauler les nations moins biens loties, telles que la Tunisie, parce que “l’avenir de la Méditerranée, il est général ou pas” et “les jeunes du Moyen Orient, de la Tunisie et de l’Europe, représentent la même jeunesse qui a les mêmes aspirations, les mêmes idées et les mêmes rêves“.

Le chef de l’Etat a même proposé aux jeunes un “trésor“, qu’il a lui-même: “J’ai écrit un livre il y a une dizaine d’années, que j’ai dédié à la jeunesse de mon pays qui n’a pas connu cette période : la construction de l’Etat moderne et ses vicissitudes. J’espère qu’ils y trouveront les réponses aux questions que les dirigeants actuels refusent de leur fournir“.
Pour finir il lâche ces phrases, truffées de bon sens : “les jeunes doivent avoir confiance en leurs pays, soulignant qu’il n’y a pas d’avenir sans relation entre les jeunes et leur pays (…). L’avenir c’est avec leur pays“. Le souci c’est que ces mêmes bourses universitaires que BCE convoite sont devenues l’ennemi même de ce destin qu’il souhaite à sa patrie.

L’envers du décor, beaucoup moins beau

C’est à se demander si le chef de l’Etat a pris la mesure des mutations profondes qui se sont opérées depuis le 14 janvier 2011, s’il ne parle pas au nom d’une jeunesse dont l’état d’esprit a profondément changé entre temps, dont les aspirations ont changé, à la faveur d’un environnement qui a totalement changé. La jeunesse pour laquelle BCE a pondu un livre il y a une dizaines d’années n’est pas la même que la jeunesse post-révolutionnaire. Cela a complètement échappé, semble-t-il, au président de la République. Toutes Les enquêtes d’opinion sur le sujet l’ont démontré : l’écrasante majorité des jeunes, mêmes ceux qui ont déjà un bon boulot, veulent prendre le large, pour un avenir qu’ils espèrent meilleur ailleurs. Et les raisons de cet appétit pour l’exil ne sont pas qu’économiques, elles sont aussi liées à un environnement qui a subi de profondes transformations ces dernières années : Une société plus violente ; une classe politique désespérante, et BCE lui-même n’y est pas étranger ; une instabilité politique chronique ; peu de foi en l’avenir et en la capacité des dirigeants à réparer les dégâts post-révolutionnaires, etc. Personne ne peut douter de la portée et de l’utilité des bourses étrangères pour la construction de la nation, mais le fait est que leur vocation a été dévoyée.

Cette élite en devenir dont parle BCE n’aspire qu’à partir, pour ne jamais revenir, sauf pour des vacances durant lesquelles on exhibe sa réussite à la face de ceux qui sont restés, parfois malgré eux. C’est aussi ça la réalité. Alors donner des bourses à ces jeunes, plus de bourses, c’est aussi, hélas, favoriser cet exode. Quand seuls 7% des étudiants tunisiens en médecine à l’étranger rentrent après leur formation, selon l’OCDE, on ne peut pas y voir des motifs de satisfaction pour un pays qui a besoin de ses compétences plus que les pays amis qui les aspirent, en premier la France. L’Allemagne se permet même de venir chasser ouvertement sur nos terres, en appâtant nos jeunes médecins, et même les pontes, avec ces fameuses bourses que réclament le chef de l’Etat, mais les Allemands eux y vont avec de gros paquets qui abattent toutes les résistances. Et en face que font les autorités tunisiennes pour stopper l’hémorragie de compétences ? Rien, et elles le disent ouvertement…

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Il semble que la crise du secteur de la santé soit beaucoup plus profonde qu’on ne le croit et que la pénurie de médicaments n’est qu’un point parmi d’autres. Parce qu’il fait partie des domaines d’activité d’importance vitale, ce qui passe dans le secteur de la santé inquiète les Tunisiennes et Tunisiens : Corruption, endettement, sous-équipement, perturbation de la distribution de certains  médicaments, pénurie, fuite de compétences… Et la liste est encore longue.

Malgré l’annonce d’une légère reprise, la pénurie de médicaments n’est pas encore derrière nous. Dans une déclaration, ce mardi 14 août 2018, à Africanmanager, le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT), Chedly Fendri, a fait état d’une légère amélioration de l’approvisionnement en médicaments suite à l’annonce du décaissement prochainement de 250 millions de dinars, une première tranche du montant global estimé à 500 millions de dinars, dans les caisses de la Pharmacie Centrale. Cette reprise concerne 50 types de médicaments, selon ses dires.
C’est l’effet de l’annonce de l’injection de 250 Millions de dinars dans la pharmacie centrale qui a débloqué la situation et faire revenir la confiance chez nos fournisseurs”, a expliqué le responsable, avant de signaler le retour des fournisseurs qui avaient arrêté d’approvisionner la Tunisie en médicaments :  “On a senti une légère amélioration chez les fournisseurs qui ont lâché un peu“, a-t-il assuré.

Il a par ailleurs indiqué qu’une réunion se tiendra jeudi prochain avec des responsables du ministère de la Santé, de la Banque centrale, de la Pharmacie centrale, du CNOPT et du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) pour évaluer la situation et discuter les solutions.
Il a toutefois tenu à préciser que le rôle de la cellule de crise est d’évaluer et de suivre la situation, notamment en ce qui concerne la restructuration des caisses de retraite, la réforme des hôpitaux en instaurant la bonne gouvernance et la bonne gestion, et la révision du modèle de financement des hôpitaux.

Le secrétaire général du Conseil national de l’ordre des médecins, Nazih Zghala, a indiqué, lors de son passage, ce mardi 14 août 2018, sur les ondes d’Express Fm, que durant la période allant de 1987 à 2007, le nombre des médecins-femmes a été multiplié par huit, appelant ainsi à tirer la sonnette d’alarme à propos des départs, de plus en plus massifs, de nos compétences médicales à l’étranger dont une bonne partie sont des jeunes.
«D’ailleurs, à ce rythme là, nous allons, connaître un manque de médecins d’ici les 7 ou 10 prochaines années», a-t-il affirmé en substance, avant d’enchaîner sur le fait que le déficit en nombre de médecins est plus marqué chez les spécialistes des établissements hospitaliers publics qui souffrent, en plus, d’un manque flagrant d’équipements et de logistique, selon ses dires.

Le secteur de la santé est gangrené non seulement par la pénurie de médicaments et la fuite des compétences mais aussi par la corruption. Rappelons la suspension, durant l’année 2017, de directeurs d’hôpitaux, médecins et pharmaciens pour soupçons de corruption ou encore le limogeage de l’ancien PDG de la Pharmacie centrale.

A souligner également l’ampleur de l’endettement des hôpitaux publics et de la Pharmacie centrale, précisant que cette dernière traîne une dette de 500 millions de dinars tandis que pour les hôpitaux le volume des créances s’élève à 266 millions de dinars.

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La fuite des cerveaux ne cesse de prendre de l’ampleur en Tunisie, l’enseignement et la médecine sont les secteurs les plus touchés, voire menacés par ce phénomène. En effet, malgré les multiples démentis, les chiffres sur la fuite des cerveaux squattent la place publique. Selon une étude réalisée par l’Union des professeurs universitaires chercheurs tunisiens (IJABA), 4000 enseignants universitaires ont, durant l’année 2018, quitté la Tunisie pour travailler à l’étranger, la plaçant ainsi en haut du classement des pays arabes “émetteurs de compétences“. Des chiffres qui nécessitent, tout de même, une réaction sérieuse de la part du gouvernement et des parties responsables, à travers au moins l’ouverture d’un dialogue sur la question et la mise en place d’une stratégie globale permettant de chercher des solutions et de remédier à la situation.

Il est à noter que les compétences tunisiennes sont les bienvenues à l’étranger et sont bien payées. Les Tunisiens aiment aussi travailler à l’étranger, ils se sentent mieux traités que dans leur propre pays et une écrasante majorité des diplômés de l’enseignement supérieur refusent même d’y retourner à cause notamment de la détérioration des conditions de vie. Bref, quitter la Tunisie pour travailler à l’étranger est considéré comme la vraie réussite pour la plupart des citoyens.

Selon la même source, les compétences tunisiennes qui ont quitté le pays sont estimées, jusqu’à octobre dernier, à 8000 cadres et 1200 hommes d’affaires.

Dans le même contexte, le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, a assuré, lors du congrès syndical du secteur de la santé public, tenu mardi dernier à Hammamet, qu’au total 630 médecins ont quitté la Tunisie durant le premier semestre de cette année et que selon les dernières prévisions, 900 autres comptent prendre le large en 2019. Pire encore, 55% des étudiants tunisiens à l’étranger refusent de retourner au bercail.

Pourtant lors d’une séance d’écoute tenue récemment à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Slim Khalbous, avait minimisé l’ampleur du phénomène et avait démenti les chiffres communiqués sur le nombre des enseignants universitaires ayant quitté la Tunisie pour travailler à l’étranger. Selon lui, le nombre de ceux qui travaillent actuellement à l’étranger est de l’ordre de 1513 et une base de données a été créée dans ce sens. Et Khalbous d’ajouter qu’aucun enseignant universitaire ne peut sortir pour une planque à l’étranger sans l’aval du ministère et de l’ATCT. Par ailleurs un accord a été conclu avec les pays du Golfe afin de donner la priorité aux jeunes diplômés, et ce pour éviter la fuite des cerveaux, selon ses dires. “Du coup, le flux s’est inversé et la fuite des des enseignants universitaires devient quelque chose de positif“, a-t-il précisé.

Outre cet accord, Khalbous avait annoncé la mise en place, au sein de son ministère, d’une plate-forme numérique leur permettant d’être en contact et d’échanger avec les universitaires et les chercheurs tunisiens à l’étranger.

Voilà, le même dossier, des données différentes et deux sons de cloche diamétralement opposés entre IJABA et leur ministre. Qui croire ? Cette vague de départs est-elle une chance pour le pays ou une catastrophe ?

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“Qui veut une année universitaire blanche ? Le ministre non plus !”. Lors d’une séance plénière tenue, ce lundi 28 mai 2018, à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Slim Khalbous, s’est voulu très rassurant : “Il n y aura pas d’année universitaire blanche en 2018 (…) Les étudiants ne seront pas victimes (…) Ils ne vont pas payer la facture“, a indiqué le ministre.

On n’a pas fait une année blanche depuis l’indépendance et on ne le ferra jamais. C’est une ligne rouge (…) On ne peut pas et il n’y a aucune raison pour le faire“, a assuré le ministre, faisant remarquer que le dialogue se poursuit entre le ministère et les parties syndicales pour trouver des solutions pédagogiques à cette crise de l’enseignement supérieur. Le seul point de désaccord demeure d’ordre financier  : “On ne peut pas pour le moment répondre favorablement aux revendications financières des enseignants universitaires à cause des difficultés financières“, a indiqué Khalbous, expliquant cela aussi par la situation actuelle du pays “qui ne supporte plus aujourd’hui d’autres augmentations“.

Le ministre n’a pas toutefois écarté l’application de la loi et le recours à la punition et la sanction si aucune solution n’est trouvée avec les parties syndicales, faisant savoir dans le même cadre que le prélèvement des jours de grève sur les salaires des enseignants grévistes n’est pas une fin en soi. “Aujourd’hui, nous nous trouvons dans l’obligation d’appliquer la loi (…) La punition n’est pas un objectif sinon on l’aurait l’appliquée depuis le début de cette crise“, a précisé Khalbous, avant d’ajouter : “Protester et décréter une grève est un droit garanti par la Constitution, mais il y a toujours un prix et il faut payer“, a-t-il dit.

Le ministre a d’autre part indiqué que le nombre des participants à la grève administrative n’a pas dépasse 6% et que seuls 150 mille étudiants n’ont pas pu passer leurs examens, deux chiffres qui ne sont pas très importants, selon ses dires.

Il est à signaler à ce propos que la Fédération générale de l’Enseignement Supérieur relevant de l’UGTT a fait porter au ministère de l’Enseignement Supérieur la responsabilité de ce qui se passe dans plusieurs établissements universitaires en raison de “la politique d’attentisme adoptée par le département depuis le début de la grève administrative menée par l’Union des enseignants universitaires chercheurs tunisiens (IJABA).
Dans une lettre ouverte adressée le même jour aux députés, la fédération souligne que l’atermoiement du ministère dans la mise en œuvre des accords conclus est de nature à pousser les universitaires à perdre confiance en le ministère et en l’utilité des négociations.

“Oui pour la fuite des enseignants universitaires”

Le ministre a, dans un autre contexte, démenti les chiffres communiqués sur le nombre des enseignants universitaires ayant quitté la Tunisie pour travailler à l’étranger.

Il a fait savoir que le nombre de ceux qui travaillent actuellement à l’étranger est de l’ordre de 1513 et qu’une base de données a été créée dans ce sens créée. Et Khalbous d’ajouter qu’aucun enseignant universitaire ne pourra sortir pour une planque à l’étranger sans l’accord du ministère et de l’ATCT.

Le ministre a par ailleurs indiqué qu’un accord a été trouvé avec les pays du Golfe afin de donner la priorité aux jeunes diplômés, et ce pour éviter la fuite des cerveaux, selon ses dires. “Du coup, le flux s’est inversé et la fuite des des enseignants universitaires devient quelque chose de positif“, a-t-il précisé.

Outre cet accord, Khalbous a annoncé la mise en place, au sein de son ministère, d’une plate-forme numérique leur permettant d’être en contact et d’échanger avec les universitaires et les chercheurs tunisiens à l’étranger.

Nouveau cahier de charges…

Khalbous a par ailleurs annoncé que son département travaille actuellement sur une nouvelle stratégie de réforme basée sur plusieurs points dont le changement du cahier de charges des universités privées. “Des commissions travaillent actuellement pour changer le cahier de charges y afférent“, a indiqué le ministre, soulignant que le cahier de charges en vigueur date de l’année 2012 et ne peut pas aujourd’hui répondre aux nouveaux enjeux de la période.

Il a en outre indiqué que l’université privée doit être aujourd’hui davantage ouverte à l’international : “Ça devient une obligation. Nous partageons l’idée… mais il faut que les universités privées fassent preuve de complémentarité avec les universités étatiques et soient de plus en plus spécialisées“, a-t-il soutenu.

Les universités privées sont également appelées à améliorer la qualité de l’enseignement supérieur, sinon des sanctions seront prises à leur encontre.

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Lors de son audition, ce lundi 28 mai 2018 à l’Assemblée des Représentants du Peule (ARP), le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Slim Khalbous, a démenti les chiffres communiqués sur le nombre des enseignants universitaires ayant quitté la Tunisie pour une planque à l’étranger.

Il a affirmé que le nombre de ceux qui travaillent actuellement à l’étranger est de l’ordre de 1513 et qu’une base de données a été dans ce sens créée. Et Khalbous d’ajouter qu’aucun enseignant universitaire ne peut sortir pour travailler ailleurs sans l’accord du ministère et de l’ATCT.

Le ministre a par ailleurs indiqué qu’un accord a été trouvé avec les pays du Golfe afin de donner la priorité aux jeunes diplômés, et ce pour éviter la fuite des cerveaux, selon ses dires. “Du coup, le flux s’est inversé et la fuite des enseignants universitaires devient quelque chose de positif“, a-t-il précisé.

Outre cet accord, Khalbous a annoncé la mise en place, au sein de son ministère, d’une plate-forme numérique leur permettant d’être en contact et d’échanger avec les universitaires et les chercheurs tunisiens à l’étranger.

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Lors de la plénière consacrée au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Slim Khalbous, qui se tient actuellement à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), Imed Ouled Jibril, député de Nidaa Tounès, a mis en garde contre la fuite des cerveaux. Il a estimé à plus de 4200 les enseignants universitaires qui ont quitté la Tunisie pour un meilleur avenir à l’étranger.

Il a par ailleurs exprimé son étonnement de voir l’enseignent tunisien primé à l’étranger et marginalisé dans son propre pays. Il a aussi critiqué l’absence de coordination entre les différents ministères sur les besoins du marché de l’emploi et la qualité ou la nature des diplômes dont on a besoin.

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L’Agence tunisienne de coopération technique (ATCT) s’investit du mieux qu’elle peut pour assurer le recrutement des jeunes Tunisiens à l’étranger, dans le cadre de la législation en vigueur, en leur permettant de bénéficier de tous leurs droits et avantages. Le directeur général de l’ATCT, Borni Salhi, a affirmé que l’agence a reçu 24 mille demandes d’emploi à l’étranger, notant que de nombreux marchés sont ouverts, avec des besoins dans les secteurs de la santé, l’éducation, la mécanique et ce, en Arabie Saoudite, au Qatar, au Canada. Dans une déclaration faite ce jeudi 19 avril 2018 à la Radio nationale, Salhi a affirmé que le Qatar a accordé la priorité aux employés tunisiens et a demandé 5000 travailleurs (des diplômés de la formation professionnelle, des cadres…). Et d’ajouter que l’agence vise à placer 3000 Tunisiens à l’étranger et ce, durant l’année en cours.

Selon les données relatives à la dernière note de l’ATCT, au 31 mars de cette année, 507 coopérants tunisiens ont été placés contre 413 au 31 mars 2017, enregistrant ainsi une augmentation de 22,8% par rapport à la même période de l’année écoulée, ce qui fait un nombre total de 17.916 coopérants. Ces recrutements ont touché essentiellement le domaine de l’éducation et de l’enseignement avec 168 coopérants dont 78 enseignants universitaires, ce qui représente 33% des placements réalisés ; le domaine de la santé s’illustre également, avec 158 recrutés, soit l’équivalent de 31% des placements.

A noter que l’Agence poursuit l’objectif de mettre en place des mesures rapides et efficaces capables de juguler le fléau du chômage en Tunisie. Elle fournit des services qui visent à offrir l’opportunité aux experts et compétences tunisiens de travailler à l’étranger et auprès des institutions internationales, avec le souci d’assurer la meilleure adéquation entre les spécialités disponibles et les demandes de recrutement exprimées.

8500 compétences scientifiques ont tourné le dos à la Tunisie !

Reste que le phénomène de la fuite des cerveaux en Tunisie est marqué ces dernières années par le nombre croissant de cadres tunisiens partis à l’étranger. Le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Slim Khalbous, a récemment affirmé  que 8500 compétences scientifiques ont quitté la Tunisie, dont 1500 professeurs universitaires, des médecins, des pharmaciens et des ingénieurs. L’ATCT est certes une solution mais c’est aussi un problème, et pas des moindres…

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Le ministre de l’Enseignement supérieur, Slim Khalbous, avait évoqué récemment l’exode des têtes pleines et bien faites de la Tunisie, un phénomène qui s’est accéléré depuis 2011. Lundi 16 avril 2018, c’était au tour de son secrétaire d’Etat, Khalil Laâmiri, de revenir sur l’épineuse question, avec un chiffre encore plus ahurissant :  100 000 compétences ont pris le large depuis 2011, et définitivement !
Laâmiri a ajouté, sur Mosaïque Fm, que «cette fuite des cerveaux est un frein au développement en Tunisie, car la plupart des candidats au départ sont qualifiés et sont censés à occuper de hautes fonctions». Alors le département de l’Enseignement supérieur a décidé de réagir, pour tenter de stopper l’hémorragie. Un dispositif pour augmenter les bourses des doctorants et des enseignants universitaires sera bientôt mis en place, a affirmé le secrétaire d’Etat.

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Le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Slim Khalbous, a déclaré jeudi 5 avril 2018, sur Shems fm, que 8500 compétences scientifiques ont quitté la Tunisie, dont 1500 professeurs universitaires, des médecins, des pharmaciens et des ingénieurs.

D’autre part, la présidente de l’association tunisienne des diplômés des hautes études, Samar Louati, a assuré que près de 85 mille compétences ont plié bagage, dont des jeunes diplômés.

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Le coordinateur général de l’Union des professeurs universitaires et chercheurs tunisiens, Nejmeddine Jouida, a évoqué vendredi 30 mars 2018, sur Mosaïque FM, la ruée de ses collègues vers l’étranger. Il a exposé des chiffres effarants pour illustrer l’ampleur du fléau, qui serait encore plus grave que la fuite des médecins, un peu plus médiatisée.

«Nous émettons aujourd’hui un cri de détresse face aux compétences universitaires qui quittent» la Tunisie, a déclaré Jouida. «D’après le secrétaire d’Etat à l’Immigration, 90 mille compétences tunisiennes ont pris le large dont 30 mille sont des chercheurs universitaires. Dans une étude récente de l’Institut tunisien des études stratégiques, on a appris que 80% des professeurs universitaires sondés désirent quitter le pays!», a-t-il ajouté.

D’après lui les professeurs universitaires qui ont mis le cap sur les pays du Golfe et d’autres destinations après le 14 janvier 2011 seraient plus de 4500. Une des conséquences immédiates de cette fuite massive des cerveaux est la fermeture de nombreux laboratoires de recherche pour manque de personnel compétent, selon le responsable.

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La fuite des cerveaux, notamment les médecins, surtout ces dernières années, alimente le débat sur la place publique. Les médias ont font leurs choux gras, l’opinion publique s’en saisit, en parle abondamment, épilogue sur les raisons de cette hémorragie et pleure un bon coup sur les ratés d’un système de santé devenu endémiques. Mais jusqu’ici on ne disposait pas d’éléments tangibles sur l’acuité de ce fléau, sa gravité et son impact sur un système de santé déjà sinistré à bien des égards. Jeune Afrique a enquêté sur la question, très sérieusement, et les témoignages qu’ils nous a livrés sur son portail, ce jeudi 26 janvier 2017, sont très édifiants et accablants pour le système de santé tunisien, qui n’avait décidément pas besoin de cette très mauvaise publicité….

La France, principale destination de ces cerveaux tunisiens, a anticipé son problème de vieillissement de la population, et donc son gros besoin de personnels soignants, en mettant en place un dispositif d’équivalence qui donne la possibilité aux médecins étrangers d’y pratiquer. Les résultats du concours annuel, publiés le 16 décembre 2016, ont démontré l’appétit des médecins tunisiens pour la France. En effet près du tiers des 450 postes pourvus ont été raflés par les praticiens tunisiens. Cela en dit long sur le niveau de la formation médicale tunisienne, mais aussi sur l’énorme perte pour cette nation qui les a formés, financés, portés à bout de bras. Par exemple en gynécologie-obstétrique, parmi les 20 places à prendre, les Tunisiens en ont eu 10. En anesthésie-réanimation (40 postes), la moitié des heureux élus étaient des Tunisiens. En rhumatologie et en biologie médicale, le succès est encore plus éclatant : Les 6 postes sont tombés dans l’escarcelle des Tunisiens !

Moez Ben Salem, un dermatologue qui a fait le choix de rester à Tunis, a confié ceci : « Le plus désolant dans cette affaire, c’est que nos jeunes collègues ne s’attendent pas à trouver l’eldorado », déplore qui fut l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme. « Ils savent qu’ils seront moins bien payés, à niveau équivalent, que les praticiens hospitaliers diplômés des facultés françaises. Ils savent qu’ils n’auront guère l’opportunité d’accomplir une grande carrière hospitalo-universitaire, qu’ils devront enchaîner des gardes pénibles dans des spécialités ou des établissements délaissés. Ils savent aussi que leur situation administrative pourra rester précaire, et que la société française ne les accueillera pas forcément à bras ouverts, à cause de la montée du sentiment anti-immigrés. Pourtant, leur ras-le-bol est tel qu’ils préféreront quand même partir ! » D’après lui, la crise du secteur de la santé publique et de la médecine libérale, qui est allée crescendo ces dernières années, explique ce désir irrésistible d’évasion des médecins tunisiens.

Azza Essadi, 29 ans, interne depuis un an au centre hospitalier de Montargis, dans le Loiret, en France, et qui a fait un passage aux urgences de l’hôpital de La Rabta, à Tunis, nous donne la mesure du mal-être du secteur en Tunisie. « Imaginez : des patients, par dizaines, traités comme du bétail. Les infirmiers et les personnels paramédicaux, qu’il faut supplier pour qu’ils consentent à faire les gestes de base de leur métier. Des locaux vétustes, sales, des médicaments en rupture de stock, des appareils qui ne marchent pas. Et vous, à 23 ans, au milieu de cette mer en furie, seule responsable, dans ce climat de tension extrême, avec des gardes qui peuvent durer trente-six à quarante-huit heures. C’était Fallouja ! » Elle a jouté ceci :  « On nous disait : c’est normal, nous sommes passés par là, maintenant à vous de vous débrouiller ! Après ma thèse, j’ai tenté quelques vacations dans les cliniques, mais j’ai été déçue là aussi, et quand j’en ai eu la possibilité, j’ai passé le concours d’équivalence français. C’était un défi, presque une revanche. J’avais le sentiment d’avoir été trompée. Les études médicales sont les plus valorisées, elles sont ultra-exigeantes, hypercompétitives, et au bout du compte, on réalise que le diplôme tunisien ne donne pas la possibilité d’exercer ailleurs ! En France, la médecine est la même, mais son environnement est bien mieux organisé. C’est carré. En arrivant, on est dépaysé par l’ordre qui règne dans les services. Même si on est payés moins que les nationaux, on est respectés, par l’administration et par les patients. »

Même son de cloche chez Imen Henchiri, médecin rhumatologue, qui travaille à Paris depuis sept semaines. Elle pointe du doigt la lente dérive d’un système, amplifiée par les ratés de la Révolution : « Les rapports avec les patients sont devenus beaucoup plus conflictuels (…). Les malades et leurs familles sont devenus impatients, indisciplinés, irrespectueux, et parfois violents. » Elle désigne également les médias, devenus accrocs aux sujets explosifs : « Ils nous massacrent, poursuit Imen. Depuis deux ou trois ans, les médias multiplient les émissions sensationnalistes sur le thème des erreurs médicales, avec des exagérations incroyables et énormément de légèreté. Notre profession est diabolisée. Dès que l’on veut réagir, que l’on veut corriger, on nous accuse de corporatisme. Le résultat, c’est qu’une défiance s’est installée chez le citoyen, et cela contribue au malaise. »

Farès Belhassen, fils d’un grand chirurgien et lui-même chirurgien plasticien, qui a mis les voiles depuis 2012 pour un stage de perfectionnement, n’a pas résisté aux sirènes du célèbre service que pilotait le brillant professeur Servant, à l’hôpital Saint-Louis, à Paris. « Ma situation était paradoxale et dégradante, raconte-t-il. Je faisais le même travail qu’un interne, mais mon statut m’interdisait d’être rémunéré ! Cela m’a incité à passer le concours d’équivalence, même si, cette année-là, il n’y avait que deux postes. » Il atterrira finalement au prestigieux Institut Curie, orienté vers le combat contre le cancer, une offre que peu de médecins auraient refusée.

Un spécialiste exerçant en France a aussi sa petite explication. « Il faut en moyenne quatre ans avant qu’un cabinet devienne rentable (…). Il est devenu impossible de se faire une clientèle sans passer par les réseaux de copinage et les petits arrangements avec des confrères déjà installés qui vous adresseront des patients contre une “ristourne”. C’est contraire à toute déontologie ! Et les abus et la dérive mercantile sont aggravés par l’APC, la fameuse activité privée complémentaire [un dispositif qui autorise les agrégés et les chefs de service à consacrer deux demi-journées hebdomadaires à leur clientèle privée en milieu hospitalier]. »

Raja abonde dans le même sens : « Imaginez : après onze ans d’études minimum, vous voyez votre maigre salaire presque divisé par deux, on vous donne 700 dinars par mois [environ 300 euros] et vous êtes affecté parfois à plusieurs centaines de kilomètres de votre domicile, sans indemnité de transport ou de résidence, sans qu’il soit tenu compte de votre situation familiale, du fait que vous ayez ou non des enfants. Il n’y a pas de critères d’exemption logiques, c’est une mesure coercitive, un chantage au diplôme, et si vous regimbez, vous êtes traité de mauvais patriote. »

Pour Moez Ben Salem, « il est urgent de retisser les fils d’un dialogue constructif, sinon on court à la catastrophe (…).  Les disparités s’accroîtront, les meilleurs partiront, la qualité de la formation ne sera plus assurée et l’excellence de la médecine tunisienne ne sera plus qu’un lointain souvenir. Est-ce cela que nous voulons ? ».

Fatma Bouvet, psychiatre spécialisée en addictologie, qui a écrit plusieurs livres et qui a été récemment faite chevalier de la Légion d’honneur, a débarqué en France il y a 22 ans, comme interne à Sainte-Anne, et est restée. Ce qu’elle dit de la médecine qu’elle a connue en Tunisie a des allures d’âge d’or, et même de paradis perdu au regard des terribles confidences de ses jeunes collègues tunisiens qui viennent de s’installer dans l’Hexagone. « Je n’ai pas connu cette situation. Je suis restée en France pour des raisons de cœur. À l’époque de mes études en Tunisie, même si nous étions formés à la dure, notre système hospitalier était un modèle, nos professeurs étaient exceptionnels. J’ai le sentiment d’un effroyable gâchis… »

Une chose est sûre : La Tunisie aura beaucoup de mal à retenir ses cerveaux car d’autres pays très attractifs et qui n’hésitent pas à dérouler le tapis rouge, tels que l’Allemagne, sont entrés dans la danse. Skander Bouassida, qui occupe le poste très convoité de chef du service de chirurgie viscérale à l’hôpital de Berlin, à à peine 40 ans, en est la parfaite illustration. Imen Henchiri a indiqué ceci : « Je connais une demi-douzaine de camarades brillants qui ont renoncé à passer leur concours de spécialité [le résidanat] et qui ont préféré prendre des cours d’allemand (…). L’Allemagne sélectionne sur dossiers et propose aux médecins tunisiens de les former directement. Ils seront rémunérés et auront un diplôme allemand. »

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AFRIQUE

Le compte satellite du tourisme en 2017 publié par le Haut Commissariat au Plan (HCP) et rapporté par Telquel.ma, fait « ressortir une nette amélioration...

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SPORT

La joueuse de tennis tunisienne Ons Jabeur (101e mondiale) a poursuivi son aventure réussie au tournoi "Kremlin cup" de Moscou, doté de 767.000 dollars,...