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Khadija Taboubi

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L’économiste et ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont le retrait de la Tunisie de la liste noire des paradis fiscaux de l’Union européenne, qu’il nous avait annoncé, le budget de l’État, la masse salariale et la hausse des prix constatée durant ce mois de janvier.

La Tunisie vient de passer de la liste noire à la liste grise des paradis fiscaux, établie par l’Union européenne. Qu’est-ce que cela va changer réellement ?

D’abord, c’est une décision importante même si elle était attendue car les conséquences négatives de cette classification sont importantes. Maintenant, tout n’est pas terminé. La décision des ministres de Finances européens est de nous faire passer de la liste noire, c’est-à-dire les pays non coopératifs, à la liste grise des pays coopératifs. Il faut maintenant prendre au sérieux les engagements qui ont été pris et les réaliser dans les délais qui ont été impartis.

Qu’est-ce qui doit être fait pour éviter d’être épinglé par l’UE, même dans la liste grise ?

Les engagements sont d’une double nature. Il y a d’abord ceux liés au renforcement de la transparence de notre système fiscal et à la lutte déterminée contre l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent. A ce niveau, je crois que notre pays a effectué d’importants progrès qu’il faut poursuivre et renforcer et surtout tenir nos partenaires informés.

Le second domaine concerne les privilèges fiscaux qui ont été accordés par notre pays aux investisseurs étrangers, notamment dans le cadre de la Loi d’avril 1972. Or, ces privilèges n’ont pas été accordés pour favoriser une quelconque évasion fiscale mais plutôt pour attirer les investisseurs étrangers qui ont contribué à la création d’emplois et à la diversification de notre économie et à l’amélioration de sa compétitivité. Il est vrai qu’aujourd’hui la tendance mondiale est de favoriser une convergence entre les activités offshore et inshore, ce que nous avons commencé à faire dans notre pays où la fiscalité des entreprises offshore est passée de 0% à 10% dès 2014. Cette fiscalité doit par conséquent évoluer. Mais, cette décision est d’une grande importance car elle doit s’accompagner d’une évolution structurelle de notre tissu économique pour se spécialiser dans des activités à fort contenu technologique. Cette évolution risque de poser un problème pour les activités à fort contenu en main d’œuvre notamment les industries textiles qui connaissent déjà une importante concurrence de la part d’autres pays.

La hausse de la masse salariale pèse de plus en plus sur le budget de l’État au point que le ministre des Finances a récemment évoqué la possibilité de recourir au départ obligatoire à la retraite dans la fonction publique. Est-ce la bonne solution ?

La hausse de la masse salariale pèse lourdement sur le budget de l’Etat par rapport aux autres postes du budget de l’Etat, notamment les investissements. Le gouvernement a formulé deux projets de réformes pour faire faire face à cette augmentation : l’un concerne les départs anticipés à la retraite et l’autre les départs négociés dans la fonction publique. Ces deux projets pourraient réduire le poids de la masse salariale dans le budget. Mais leur impact sera limité dans la mesure où les économies fixées par le gouvernement me paraissent relativement faibles.

Que dites-vous de la hausse des prix et de la polémique qui en découle ?

L’année 2017 n’a pas été bonne en matière d’inflation. En effet, on a fini l’année avec une inflation relativement forte et qui a été estimée par l’INA à 6,4%. Ce chiffre constitue une rupture avec les années précédentes où nous avons réussi à la maintenir en-dessous du seuil de 5%. On craignait que les mesures contenues dans la loi de finances 2018 se traduisent pour une augmentation de l’indice des prix et déclenche une spirale inflationniste. Ce sont ces inquiétudes et ces préoccupations qui expliquent les critiques et les contestations qui se sont manifestées en ce début d’année.

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Comme attendu, la Tunisie ainsi que 7 autres pays ont été officiellement retirés de la liste des juridictions non coopératives de l’UE à des fins fiscales, et ce, suite aux engagements pris à un niveau politique élevé pour répondre aux préoccupations de l’UE. Faire sortir la Tunisie de cette liste était  déjà prévu et promis depuis plusieurs semaines;  ce qu’a été fait aujourd’hui lors de la réunion du conseil des ministres des Finances de l’UE) à Bruxelles c’est l’officialisation de cette décision. La question qui se pose à ce stade tient aux engagements pris par la Tunisie pour pouvoir passer de la liste noire à celle grise?

Dans une interview accordée à TAP, l’ambassadeur de l’Union Européenne, à Tunis, Patrice Bergamini a fait savoir que “les engagements du gouvernement tunisien sont là pour plus d’efficacité fiscale, une meilleure efficience économique au profit de la croissance et de la redistribution des richesses. C’était ça l’enjeu derrière la première décision du conseil européen (..) Aujourd’hui, on est déjà de facto dans l’objectif de faire sortir la Tunisie de la liste grise “, a-t-il noté.

Il a dans le même contexte indiqué que la retrait de la Tunisie de cette liste “signifie très simplement que nous allons continuer à travailler ensemble avec un objectif prioritaire, celui de soutenir la croissance et l’emploi, c’est-à-dire que tous les outils, y compris l’outil fiscal, doivent être au service de la mise en œuvre de cet objectif”.

” Dans une démocratie, le rôle de l’impôt est fondamental et aujourd’hui, il s’agit de lutter contre l’évasion fiscale. Autrement dit, toutes les politiques de soutien à une meilleure redistribution, à davantage de croissance, à l’attractivité des investissements, doivent être orientées vers la création de la richesse, de l’emploi et vers la lutte contre l’évasion fiscale. Il faut aussi s’assurer à ce qu’il n’ait pas de politiques d’évasion fiscale ou de pratiques d’évasion fiscale “, a-il-précisé.

Toujours selon lui, “il ne s’agit pas de passer d’une liste noire à une liste grise, ou de rester dans le gris mais de favoriser la concrétisation des engagements visant à utiliser l’outil fiscal pour une meilleure redistribution de richesses, pour plus de croissance et d’emploi “.
Bergamini, en outre, considéré, que “l’année 2018 est une année cruciale, il faut veiller à ce que tous les outils soient en ordre de marche pour soutenir les objectifs affichés “.
Interrogé sur le temps qu’aura la Tunisie pour honorer ses engagements, il a souligné que ” la question n’est pas dans le timing, les engagements sont là, maintenant il faut les mettre en œuvre et travailler sur une bonne politique économique qui devra favoriser les objectifs fixés. Cela se fait au quotidien à travers la mise en œuvre de la loi de Finances 2018 et via les décisions prises concernant l’agenda des réformes. Ce travail va se poursuivre durant les mois et les années à venir “.

S’agissant du suivi de ce dossier, Bergamini a fait savoir ” qu’il va y avoir la désignation du côté tunisien d’un nouveau point de contact au niveau du ministères des Finances. Il y aura par la suite des réunions régulières, des échanges de documents, de l’assistance, des visites d’officiels tunisiens à Bruxelles. Le commissaire européen aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, visitera également la Tunisie dans les mois à venir. C’est un travail qui va se faire au quotidien avec nos partenaires tunisiens”.

Il convient de signaler à ce propos que que le Conseil européen avait annoncé sa liste noire de 17 pays, le 5 décembre 2017, après avoir examiné les juridictions relatives à la fiscalité et aux réformes fiscales et exigé trois principaux critères: l’équité fiscale, le respect des normes de transparence et la mise en place de mesures anti-profit recommandées par l’OCDE, et connues sous l’appellation BEPS (Base Erosion and Profit Shifting) ou Erosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices. Il s’agit d’un ensemble de recommandations proposées dans le cadre du Projet OCDE/G20 pour une approche internationale coordonnée de la lutte contre l’évasion fiscale.

Dans cette première liste “noire” figurent le Bahreïn, Barbade, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis, Grenade, Guam, Iles Marshall, Macao, Mongolie, Namibie, les Palaos, Panama, Samoa, les Samoa américaines, Sainte Lucie, Trinidad-et-Tobago et la Tunisie.

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La Tunisie pourrait être retirée de la liste noire des paradis fiscaux de l’Union européenne (UE) très rapidement. Dans une interview accordée à Africanmanager, l’ancien ministre des Finances Hakim Hammouda a donné des assurances sur le sujet. Il nous a clairement indiqué que la Tunisie a reçu plusieurs messages rassurants de la part de ses partenaires étrangers sur le fait qu’elle allait être retirée de la liste noire des paradis fiscaux de l’UE. L’annonce pourrait être faite demain mardi 23 janvier 2018, à Bruxelles, lors de la réunion du Conseil des ministres des Finances de l’UE. “Il y a de fortes chances que la Tunisie soit retirée, demain, de la black liste des paradis fiscaux“, a assuré Ben Hammouda, estimant qu’il est plus qu’urgent aujourd’hui de sortir de ce classement qui a coûté beaucoup à la Tunisie en termes de réputation.

Il a espéré que la Tunisie ne va pas rejoindre la liste grise des paradis fiscaux de l’UE, faisant savoir à ce propos que cela pose encore certains problèmes pour le pays, pour la fluidité de ses flux financiers et de ses activités bancaires. “J’espère que la Tunisie ne sera classée dans aucune liste, ni noire ni grise car cela découragera les gens pour investir et développer des activités économiques dans notre pays“, a-t-il dit.

Ben Hammouda a fait savoir par ailleurs que le retrait de la Tunisie de la liste noire montre à quel point la partie tunisienne s’est engagée à mettre sur la table, l’ensemble des arguments permettant de monter que notre pays est en train de construire un système assez transparent et bien géré.

L’ancien ministre des Finances a tenu en outre à expliquer qu’il y a une grande différence entre la liste noire et la grise, “sinon on aurait mettre tous les pays sur la même liste“, a-t-il précisé. Selon ses déclarations, la liste noire regroupe l’ensemble des pays considérés comme non coopératifs alors que la grise comprend les pays ayant manifesté une bonne volonté, ceux ayant pris des engagements pour améliorer le respect de la législation fiscale européenne. “Être considéré comme un pays coopératif est mieux qu’être classé comme non coopératif, mais cela n’empêche qu’être dans la grise pose encore des problèmes et des difficultés pour notre économie”, a encore expliqué Ben Hammouda.

La sortie de la Tunisie de la liste noire des paradis fiscaux de l’UE est une nouvelle très attendue, si c’est le cas, cela veut dire que la Tunisie a donné assez d’épreuves pour coopérer avec les législations européennes“, a-t-il assuré.

Le classement de la Tunisie dans la liste noire des paradis fiscaux publiée, récemment par l’Union européenne (UE), n’a cessé en effet de susciter des réactions. Des économistes, des analystes financiers et des banquiers ont vivement rejeté ledit classement le qualifiant de “malheureux“, “étonnant“, voire ”injuste“, venant surtout d’un partenaire stratégique comme l’UE.

Réunis, le 5 décembre 2017, à Bruxelles, les 28 ministres des Finances de l’UE avaient adopté une «liste noire» de 17 paradis fiscaux opérant hors de leurs frontières. Dans cette première liste «noire» figurent 17 pays dont le Bahreïn, Barbade, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis, Grenade, Guam, Îles Marshall, Macao, Mongolie, Namibie, les Palaos, Panama, Samoa, les Samoa américaines, Sainte Lucie, Trinidad-et-Tobago et la Tunisie.

Par ailleurs, selon un document consulté lundi 22 janvier 2018 par l’agence Reuters et rapporté par Jeune Afrique, l’UE souhaite retirer huit pays de cette liste, qui compte actuellement 17 « juridictions ». Parmi ces « juridictions » citées par ce document : la Tunisie, le Panama, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis, la Mongolie, le Macao, Grenade et la Barbade. Toutes sont ainsi susceptibles de passer de la liste noire à la liste grise de l’UE.

Selon ce même document, ces juridictions auraient en effet « garanti qu’elles allaient modifier leur législation fiscale ». Les pays inscrits sur la liste grise ont jusqu’à la fin 2018 pour apporter les correctifs demandés afin de ne pas être listés comme paradis fiscaux.

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Faten Belhadi, la directrice générale du commerce intérieur au ministère du Commerce, a démenti toute hausse des prix des produits alimentaires subventionnés, soulignant que le gouvernement de Youssef Chahed est en train d’examiner l’actuel système des subventions qui devrait probablement connaître, dans les mois à venir, une révision avec pour objectif la fin du gaspillage et un meilleur ciblage des couches sociales nécessiteuses, notamment en ce qui concerne les produits alimentaires subventionnés, et ce, après avoir constaté des défaillances et des dépassements. Selon elle, le ministère du Commerce travaille aussi avec le ministère des Affaires sociales pour revoir le système des subventions et rationaliser les dépenses, en réservant la subvention à ceux qui la méritent réellement.

La DG du Commerce intérieur a tenu en outre à préciser, dans une interview accordée à Africanmanager, que l’Office du Commerce de la Tunisie (OCT) gère au quotidien la chaîne d’approvisionnement avec les quantités nécessaires en produits de base, mais certaines pratiques comme la monopolisation ou la vente conditionnée ont entraîné la pénurie de certains produits comme le sucre en vrac ou encore l’huile végétale subventionnée.

L’office veillera aussi, selon la responsable, à fournir des stocks stratégiques dans certains produits importés, et ce, pendant une période allant de 3 à 5 mois, selon ses déclarations.

Faten Belhadi a en outre assuré que le sucre en vrac ne sera pas, contrairement aux informations qui ont circulé ces derniers jours, retiré du marché et il est vendu, comme à l’accoutumée, à 970 millimes, démentant ainsi son remplacement par le sucre emballé. Elle a souligné que le problème à cet égard vient du refus de certains commerçants de vendre le sucre en vrac en raison de sa faible marge de bénéfice.

La responsable a tenu également à préciser que suite au rejet par les industriels de la proposition du ministère d’importer directement du sucre au profit de leurs usines, il a été décidé de commercialiser le sucre emballé au prix de 1500 millimes tout en ciblant, prioritairement, cette catégorie de sociétés, mais en vain, l’opération n’a pas pu abouti, selon ses dires.

Elle a tenu à ce propos à préciser que la Tunisie importe tous ses besoins pour ce produit à raison de 360 mille tonnes, démentant ainsi toute intention d’augmenter les prix ou de retirer le sucre en vrac du marché et le remplacer par l’emballé.

S’agissant de l’huile végétale subventionnée, Feten Belhadi a fait remarquer que l’État n’a pas diminué ses importations en la matière, faisant savoir que la Tunisie importe annuellement 165 mille tonnes, ce qui correspond aux besoins du marché local, selon ses dires, mais les pratiques de certains commerçants – augmenter les prix et monopoliser le produit – ont conduit à une pénurie, voire une crise. Et de préciser que les campagnes de contrôle qui ont été entamées et qui ont concerné plusieurs gouvernorats du pays ont permis de saisir d’importantes quantités d’huile végétale, notant à cet effet que ce produit existe sur le marché mais il a été distribué à des personnes qui ne le méritent pas, citant le cas des hôtels et des restaurants.

Elle a assuré qu’au vu des abus constatés sur de nombreux produits de base, le ministère du Commerce travaille actuellement en collaboration avec le ministère des Affaires sociales pour la réforme du système des subventions afin de l’orienter vers ceux qui en ont le plus besoin et ce, en actualisant la base de données des familles à faible revenu pour mieux cibler les bénéficiaires de la subvention. 

Outre la révision du système des subventions, la responsable a déclaré que les préparatifs pour le mois de Ramadan ont déjà démarré et ce afin d’approvisionner le marché en produits de base. Un programme de gestion de stocks a été mis en place en coopération avec les groupements professionnels relevant du ministère de l’Agriculture ; il va principalement concerner le lait, le poulet et les œufs, selon ses déclarations.

La responsable du Commerce intérieur au ministère du Commerce a également signalé que le département s’est lancé dans la préparation d’un programme spécial pour la réussite de l’année scolaire 2018- 2019, et ce, en collaboration avec les ministères de l’Éducation et de l’Industrie, ainsi que la préparation d’un programme spécial pour la saison estivale.

Belhadi a ajouté que le ministère du Commerce s’apprête aussi à importer les produits qui connaissent une pénurie structurelle au niveau de la production, comme la viande rouge. D’importantes quantités de viande de bœuf ont été déjà importées et vendues à 17 dinars le kilo. S’y ajoute l’importation de viande congelée au profit du secteur du tourisme, a-t-elle indiqué, faisant remarquer que toute la viande importée est de bonne qualité.

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Bien que l’information ait été officiellement démentie dans un communiqué publié, mercredi 3 janvier 2018, par le ministère du Commerce, les augmentations au niveau des prix telles qu’elles ont été constatées depuis quelques semaines, non seulement dans les grandes surfaces mais aussi les petits commerces, ont de nouveau fait jaillir la grogne populaire. Des statuts appelant à la dissolution du parti Nidaa Tounes et à la chute du régime qu’il pilote, au gel de la loi de finances 2018 et au retour de Ben Ali ont été abondamment partagés sur les réseaux sociaux. Le pire est que ces augmentations ont été déguisées. Cette hausse a été observée depuis la fin de l’année 2017 mais personne n’en parlait. Par exemple, certaines grandes surfaces ne proposent que le sucre en paquet – où est passé le sucre en poudre en vrac ?! -, et il est à 1500 le Kilo. Parallèlement, les petits commerces sont en train de liquider les stocks qu’ils ont déjà. Une fois écoulé, c’est le sucre en paquet qui sera commercialisé. Idem pour l’huile végétale qui se vend actuellement sur le marché à 1100 Millimes le litre. Un tarif qui devrait aussi augmenter une fois, comme déjà annoncé par le ministère du Commerce, le produit mis dans des bouteilles en plastique. Ces augmentations des prix du sucre et de l’huile végétale ne sont que des exemples parmi plusieurs autres, comme celles observées dans les hydrocarbures, le gaz, le café, le thé… Et la liste est encore très longue. D’ailleurs c’est ce qui a poussé la commission des Finances de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) à inviter les deux ministres concernés par la question, à savoir ceux des Finances et du Commerce, pour les interroger sur ces dernières augmentations.

Des augmentations qui ne pourraient que déstabiliser un peu plus la Tunisie, devant la cherté de la vie et la détérioration du pouvoir d’achat de la classe moyenne en général. Le citoyen tunisien vit aujourd’hui dans une vraie crise au point qu’il ne sait plus où donner de la tête! Il n’arrive plus à remplir son couffin du quotidien et acheter les produits de première nécessité. Imaginez alors sa situation avec les nouvelles augmentations qui n’ont épargné aucun secteur et qui pourraient être encore plus importantes que celles prévues à cause de plusieurs facteurs principalement liés à la dépréciation du dinar et l’évolution des cours pétroliers à l’échelle internationale. Plusieurs experts en la matière ont déjà mis en garde contre une catastrophe sociale suite à la hausse des prix et la dégradation de la situation financière du Tunisien. Le président de la commission des finances à l’ARP, Mongi Rahoui, a déjà averti  sur la gravité de la situation, soulignant, dans une interview accordée récemment à Africanmanager, que la loi de finances 2018 sera celle de l’explosion sociale : “Avec cette loi, l’année 2018 sera celle d’une catastrophe au vrai sens du terme et le gouvernement ne pourra que distribuer de la pauvreté. Ce projet de loi ne pourrait pas passer sous sa forme actuelle”, avait-il affirmé. Les amendements qui ont été apportés n’ont manifestement pas suffi à atténuer les coups portés au porte-monnaie…

De son côté, le bureau exécutif de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) a estimé, dans un communiqué publié le 03 janvier 2018, que les mesures prises par le gouvernement ont entraîné une forte hausse des prix de plusieurs produits de consommation quotidienne et prédit comme corollaire une hausse du taux d’inflation, une détérioration du pouvoir d’achat des Tunisiens et une amplification des disparités sociales.
Le bureau exécutif a fustigé ces hausses, affirmant qu’elles sont “l’aboutissement inéluctable des réserves formulées par l’UGTT sur l’augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée dans le budget de 2018 en tant que solution de facilité choisie par le gouvernement pour combler le déficit budgétaire aux dépens des consommateurs et essentiellement des salariés”.
Le centrale syndicale a qualifié l’augmentation des prix avant la révision du système de compensation de facteur aggravant “l’injustice sociale et de frein à la consommation en tant, un des principaux moteurs de relance de la croissance en Tunisie à la lumière du ralentissement des investissements”.
Elle a estimé d’autre part que la hausse des prix de nombreux produits est “artificielle et frauduleuses”, telle la hausse du prix du sucre, appelant le gouvernement à honorer ses engagements et à s’abstenir de relever les prix des produits de première nécessité conformément à l’accord avec l’UGTT.

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Réaliser un taux de croissance de 3%, inclusive, permettant une répartition équitable des richesses et la création de nouveaux emplois est le principal objectif de la Tunisie en 2018, comme déjà annoncé dans le projet du budget économique relatif à cette année. Réalisable ou non ? Il nous faut au moins quelques semaines, voire quelques mois, pour en savoir plus, notamment devant le manque de visibilité qui règne depuis plusieurs années dans le pays. Certains pensent que cette année sera identique ou pire que la précédente à cause de plusieurs facteurs dont la dépréciation du dinar devant la monnaie verte et l’évolution des cours pétroliers à l’échelle internationale alors que d’autres estiment le contraire, tout en justifiant leurs position par une légère reprise des indicateurs économiques observés à la fin de l’année dernière.

Interrogé sur la question, Achraf Ayadi, expert en banque et finance résidant à Paris, a fait savoir dans une interview accordée, ce mardi 2 janvier 2018, à Africanmanager que le premier trimestre de l’année 2018 sera déterminant. “D’abord, la réaction des assujettis fiscaux aux mesures de la Loi de Finances montrera dans quelle mesure l’environnement économique est résilient à une hausse significative des taux. Ensuite, le versement ou pas de la prochaine tranche du FMI va montrer le niveau de crédibilité des finances publiques auprès de nos bailleurs de fonds. Enfin, l’accélération des réformes devrait susciter des émois chez le patronat comme chez les syndicats“, a indiqué Achraf Ayadi, avant de préciser qu’il faudra que le gouvernement soit politiquement crédible pour gérer les tensions sociales prévisibles sur fond d’élections municipales.

L’expert a par ailleurs indiqué que la grande inconnue reste la capacité de la politique monétaire et de change à s’adapter à une politique budgétaire fortement contrainte. “Comment ralentir l’inflation lorsque la hausse de la fiscalité se répercutera sur les prix de vente des biens et des services ? Quelle attitude devrait-on avoir face à des taux de change défavorables du TND face à l’Euro et au Dollar lorsque la dégradation du solde de la balance commerciale s’aggrave ? Est-ce que la création monétaire contre garantie de BTA a atteint ses limites alors même que les banques continuent massivement à demander des liquidités ?“, s’est interrogé Ayadi.

Encore une fois, nous verrons dès le premier tiers de l’année 2018 si tout ceci est vraiment tenable. Les anticipations des acteurs économiques pour le reste de l’année en dépendront fortement.“, a ajouté Ayadi.

Dans un statut récemment publié sur sa page facebook, il a résumé toutes les difficultés sur le chemin du chef du gouvernement et de tous les citoyens, estimant que :

* L’EUR en route vers 3 TND
* L’USD en route vers 2.5 TND
* Le baril de brut en route vers 70 USD contre une hypothèse de 54 USD dans la loi de finances 2018
* L’inflation (officielle) proche de 7% hors produits administrés
* Les réserves de devises à 92 jours d’importations
* Tous les déficits sont en aggravation
* Volume global de refinancement de la liquidité bancaire > 10 milliards de TND malgré le plafonnement mis en place par la BCT

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C’est dans une ambiance conviviale et chaleureuse, ce vendredi 29 décembre 2017, que Monoprix a inauguré le nouveau magasin Boumhel El-Bassatine, à seulement quelques kilomètres du centre-ville de la capitale Tunis. L’inauguration a eu lieu en la présence d’un bon nombre de journalistes et de spécialistes du secteur de la distribution.

Rafi Kanoun, le directeur général de Monoprix, fraichement nommé à la place de Mohamed Fadhel Kraiem, a tenu à préciser dans une déclaration faite aux médias qu’à travers cette stratégie d’expansion entamée par la société depuis plusieurs années, Monoprix ambitionne de faire face à la concurrence et d’être plus proche de ses clients, partout où il y aura une forte densité de populations, selon ses dires.
Il a par ailleurs indiqué qu’il y aura d’autres ouvertures durant les prochaines années ; un nouveau magasin devrait être installé dans la région de Mateur, au gouvernorat de Bizerte. L’ouverture est prévue pour le deuxième trimestre de l’année 2018. Au total, la société table sur 100 nouveaux magasins d’ici 2020.
Il s’agit en effet du huitième magasin qu’ouvre Monoprix en 2017, après ceux de Zaghouan, Gabes, Monastir Absorba, Cité el Khatra, Bellevue et Soura amatine. Ce nouveau-né de la chaîne s’étale sur une surface de 1.175 m2 et procurera 32 postes d’emploi.

Toujours plus proche, Monoprix offrira à sa clientèle une très grande gamme de produits couvrant l’alimentation, la parfumerie et divers produits de première nécessité pour le consommateur. Le tout à des prix étudiés et qui tiennent compte du pouvoir d’achat du consommateur.
Cette large gamme de produits a été minutieusement choisie pour répondre aux attentes du consommateur aussi bien sur le plan de la qualité que celui des tarifs

Il est à signaler à ce propos que Monoprix a procédé, à l’instar des autres marques qui opèrent dans le secteur de la distribution, au gel des prix de près de 1000 produits et ce, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens qui n’a cessé de se dégrader depuis la Révolution.

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Un malheur ne vient jamais seul ! Oui, c’est hélas une réalité en Tunisie : Pas un jour sans entendre une mauvaise nouvelle. Les augmentations des prix qui se profilent commencent à angoisser les citoyens. Contrairement à ce que disent certains experts en économie et des membres du gouvernement, les augmentations des prix pourraient être à un niveau jamais atteint dans le pays. Mises à part les hausses qui sont programmées dans la loi de finances 2018 et qui doivent entrer en application dans quelques jours, en fait dès qu’on fêtera l’arrivée du nouvel an, nous devons nous attendre à d’autres augmentations drainées par la tendance haussière des cours du pétrole à l’échelle internationale. L’expert en économie Walid Ben Salah en dit plus sur le sujet.

Dans une interview accordée ce jeudi 28 décembre 2017 à Africanmanager, il nous a assuré que le Tunisien va se retrouver en 2018 dans l’obligation de payer beaucoup plus à part la hausse des prix des carburants et des tarifs de l’électricité et du gaz déjà prévue dans la LF 2018, des augmentations qui sont déjà programmées sur la base d’un baril à 54 Dollars. La tendance à la hausse des prix du baril de pétrole à l’échelle internationale qui dépasse aujourd’hui les 60 dollars devrait être aussi payée par le contribuable. “Si cette tendance à la hausse va se poursuivre encore, et je pense que ça sera le cas, l’État va se retrouver dans l’obligation de la répercuter sur le citoyen“, a confié Ben Salah, estimant qu’une hausse de 1 Dollar dans le prix du baril représente un surcoût de 121 millions de dinars (MD) pour le budget de l’Etat. “Si la tendance à la hausse se poursuit, on est obligé d’appliquer le mécanisme d’ajustement automatique sur les prix des carburants en fonction des cours pétroliers à l’échelle internationale“, a expliqué Ben Salah, indiquant qu’il faut s’attendre à d’autres augmentations qui viennent s’ajouter à celles déjà programmées dans la loi de finances 2018 et ce, pour absence d’indices qui laissent entendre que les prix du pétrole vont baisser à l’échelle internationale.

Sur le même sujet, l’expert a tenu à préciser que lors de la réunion de l’OPEP qui a eu lieu le 30 novembre dernier, il a été décidé de maintenir un niveau de production inférieur à la capacité et ce, pour pouvoir soutenir les cours à l’échelle internationale : “C’est une décision qui a été prise sur toute l’année 2018“, a-t-il assuré.

Walid Ben Salah a, sous un autre angle d’idées, indiqué que 130 entreprises industrielles ont mis la clé sous la porte depuis le début de cette année jusqu’à novembre, sans compter celles qui s’activent dans les autres secteurs comme le commerce ou celui des services. Ainsi, le nombre des entreprises industrielles est passé de 5527 en janvier 2017 à 5384 jusqu’à fin novembre de la même année. Le secteur le plus touché est le textile et habillement (68 fermetures), suivi des industries mécaniques (18) et des matériaux de construction (14). Pire, 70 entreprises industrielles totalement exportatrices ont été contraintes de cesser leurs activités en Tunisie.

Il a par ailleurs affiché son regret de voir ce grand nombre de fermetures, en à peine 11 mois. ”Ces fermetures ont certainement un coût sur l’économie vu le nombre important d’emploi et de devise perdus“, a indiqué l’expert, avant d’ajouter que “la perte est aussi importante, surtout que 54% des entreprises qui ont mis la clé sous la porte sont totalement exportatrices“.

Le secteur bancaire va aussi payer la facture, car“, a expliqué Ben Salah, les difficultés financières de ces entreprises vont se traduire par des provisions et des dettes auprès des banques, surtout que les secteurs dans lesquels opèrent ces entreprises sont sinistrés et souffrent depuis plusieurs années de difficultés économiques et financières menant à la perte de plusieurs marchés et l’accumulation des dettes. S’y ajoute la conjoncture économique qui a accéléré la faillite et la cessation d ‘activité de ces entreprises là, selon ses dires.

C’est ainsi qu’il a appelé à renouer avec la croissance, tout en mettant en place tous les moyens susceptibles de stabiliser et de préserver le tissu industriel même avant de relancer l’investissement. ”Il y a des entreprises qui n’arrivent plus aujourd’hui à résister et il est plus qu’urgent de trouver des solutions pour stabiliser le secteur, préserver l’emploi et calmer la situation, après on pourra parler de nouveaux investissements, de croissance et de développement“, a indiqué Ben Salah, se réjouissant de la création, dans le cadre de la LF 2018, d’un fonds de soutien aux PMEs.

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“2017 a été une année mitigée au niveau de l’activité boursière (…) mais c’est une année positive parce que l’indice de la bourse a évolué, depuis le début de cette année à ce jour de 12%”, c’est ce qu’a déclaré Bilel Sahnoun, directeur général de la bourse de Tunis dans une interview exclusive accordée à Africanmanager, estimant que durant cette année, le portefeuille des investisseurs s’est également apprécié et le rendement s’est situé à un niveau très respectable. Cette performante s’explique principalement par l’évolution des indices sectoriels principalement des banques, de l’industrie et des biens de consommation, a-t-il expliqué.

“Rien que deux petites nouvelles introductions sur toute une année”

Sahnoun n’a pas toutefois caché certains points négatifs ayant marqué l’activité boursière en 2017, assurant que cette année n’a vu que deux petites introductions en bourse qui ont eu lieu au début de l’année : ” Ce fut une année faible en termes de nouvelles introductions alors que l’on s’attendait  à une année meilleure par rapport à la précédente”, a précisé le DG de la bourse, expliquant cela par une réticence remarquable des investisseurs vis-à-vis de la bourse.  S’y ajoutent les volumes quotidiens des transactions moyennes  qui sont passés de 6,9 MD en 2016 à 6,2 MD  cette année : ” C’est un peu dû à la liquidité mais le dynamisme et la profondeur du marché ont fait défaut”, a-t-il soutenu.

Interrogé sur les raisons derrière cette réticence, Bilel Sahnoun a tenu à préciser que cette réticence des investisseurs est due à plusieurs raisons : “d’abord pour les grosses entreprises”, a-t-il expliqué, “la majorité est gérée par l’État soit à travers des sociétés étatiques ou confisquées”, a précisé  Sahnoun, regrettant l’absence d’une décision ferme pour orienter ces sociétés-là vers la bourse, laquelle se présente aujourd’hui comme une des alternatives les plus importantes pour lever des fonds, selon ses dires.

En plus de cette raison, il a cité les groupes privés. “Aujourd’hui la psychologie de l’investisseur n’est pas encore au rendez-vous (…) Ce dernier pose toujours la fameuse question “je dois lever des fonds pour faire quoi?” (…) Aujourd’hui, il n’y a pas de prise de position d’investir et de programme clair à moyen et long termes de la part de l’investisseur (…) je connais beaucoup de dossiers retardés par l’investisseur lui- même en attendant un climat d’affaires beaucoup plus incitatif que l’actuel”, a-t-il dit.

C’est aussi culturel!

Le patron de la bourse a également évoqué un facteur culturel. ” Les gens croient encore qu’on venant à la bourse, ils vont perdre le contrôle, dévoiler leurs chiffres et s’afficher à la concurrence, mais ce  n’est qu’une simple vue de l’esprit car en réalité tous ceux qui ont intégré la cote de la bourse ont pris leur avant-garde sur leurs compétiteurs (…) Aujourd’hui, ils perdent peut-être en transparence et en  visibilité mais ils gagnent en notoriété et en visibilité à l’international tout en accédant à de nouveaux marchés. Je ne pense pas que ces craintes soient fondées mais plutôt un état d’esprit qu’autre chose”, a-t-il dit.

Il a par ailleurs indiqué que la décision de s’introduire en bourse n’a aucun rapport avec la dépréciation du dinar : ” La bourse ne sera jamais affectée par la dépréciation du dinar étant donné que tout se fait en dinar”, a-t-il précisé.

Sur l’année 2018, Bilel Sahnoun a déclaré que personne ne peut prédire comment sera l’année boursière 2018, mais”, a-t-il dit, la bourse travaille actuellement sur des projets pour essayer de dynamiser l’activité boursière. “On est sur un programme financé dans le cadre de la coopération britannique pour inciter les PME à venir lever des fonds sur le marché boursier. On est encore en phase de négociation avec le CMF sur un projet de refonte du règlement général de la bourse (…) Nous espérons, en mettant en place tous ces projets, faire de 2018 une année meilleure que ses précédentes”, a espéré Shanoun.

“Aucun dossier de nouvelle introduction chez la bourse”

Sur les nouvelles introductions en bourse, Bilel Sahnoune a indiqué qu’aucun dossier n’est actuellement chez la bourse, notant  toutefois l’existence de dossiers en cours de préparation chez les intermédiaires en bourse. “Nous espérons  aussi qu’en termes d’introduction en bourse, l’année 2018 sera meilleure que 2017”, a-t-il dit.

“Nous voulons aussi que les grandes sociétés  gérées par l’État ou encore celles  opérant dans des secteurs concurrentiels,  quelles  soient étatiques ou confisquées, s’introduisent  en bourse (…) Dommage qu’elles restent sous la gestion de l’État sachant que la gestion privée est beaucoup plus dynamique et performante. Cela permettra certes d’améliorer la visibilité de la Tunisie à l’international et attirer des IDE surtout en ce qui concerne les investissements en portefeuille”, a-t-il précisé.

“Oui pour les compagnies d’assurances”

S’agissant des compagnies d’assurance et des projets qui ont été mis en place  pour les encourager à s’introduire en bourse, le DG de la bourse a tenu à préciser que son institution ne peut pas accorder des avantages sélectifs à des secteurs plus qu’à d’autres : “Nos offres et nos avantages sont valables pour n’importe quel secteur et ce, malgré notre souhait de voir les compagnies d’assurances qui ne sont pas encore cotées,  venir chez nous”, a expliqué Sahnoun,  soulignant qu’un projet de réforme de l’activité assurance  est en cours d’étude et qu’il espère que ce projet aidera à inciter les compagnies d’assurance et les encourager à s’introduire en bourse.

Le responsable de la bourse a, sur un plan, indiqué que la bourse est très intéressée par le secteur des assurances de par les fonds qu’il collecte. ” Les compagnies d’assurance sont aujourd’hui un des plus gros collecteurs de l’épargne nationale via non seulement l’assurance vie mais aussi les plans de retraite complémentaire (…) Notre souhait est de voir aussi  une partie de ces fonds s’investir dans des portefeuilles en bourse”, a-t-il ajouté.

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Malgré un climat d’affaires marqué par une instabilité politique, sociale et sécuritaire défavorable, les investissements déclarés dans l’industrie reprennent des couleurs, notamment dans le zones de développement régional. En dénotent les derniers chiffres de l’Agence de promotion de l’industrie et l’innovation (APII). Les investissements déclarés dans le secteur industriel ont atteint, durant les 11 premiers mois de l’année en cours, le montant de 3291,1 MD, contre 2876,4 MD lors des onze premiers mois 2016, enregistrant ainsi une augmentation de 14,4 %. Le nombre de projets déclarés a atteint 3294 au cours des onze premiers mois 2017 contre 3283 lors de la même période de 2016, soit une augmentation de 0,3%. Ces projets permettront la création de 51825 postes d’emplois, contre 48050 postes d’emplois durant les onze premiers mois de 2016, soit une augmentation de 7,9%.

Durant le mois de novembre 2017, l’investissement déclaré dans le secteur industriel a atteint le montant de 290,6 MD, contre 236,6 MD lors du mois de novembre 2016, enregistrant ainsi une hausse de 22,8 %.

Le nombre de projets déclarés a atteint 243 au cours du mois de novembre 2017 contre 305 en novembre 2016, soit une diminution de 20,3%. Ces projets permettront la création de 4064 postes d’emplois, contre 4275 postes d’emplois lors du mois de novembre 2016, soit une baisse de 4,9%.

Les investissements relatifs aux projets dont le coût est supérieur à 5 MD ont enregistré une augmentation de 13,5%, passant de 1649 MD au cours des onze premiers mois de 2016 à 1871 MD durant la même période de l’année 2017. Ces projets permettront la création de 12615 postes d’emplois, contre 9870 postes d’emplois lors des onze premiers mois 2016, soit une augmentation de 27,8%.
Il est à signaler que les projets de 5 MD et plus qui ne représentent que 4,4% du nombre des projets déclarés et 24,3% du nombre des emplois, totalisent 56,9% de l’ensemble des investissements déclarés.

Parmi les 146 projets (I>5 MD) déclarés durant les onze premiers mois 2017, vingt-quatre projets ont totalisé un montant d’investissement de 808 MD, soit 43,2% de l’investissement total (I>5 MD).

Les investissements industriels à 100% étrangers et en partenariat sont passés de 888,2 MD lors des onze premiers mois 2016 à 655,3 MD durant la même période de l’année 2017, enregistrant ainsi une baisse de 26,2%. Cette baisse résulte de la diminution enregistrée au niveau des projets 100% étrangers dont les investissements ont passé de 492 MD à 202.7 MD durant les onze premiers mois 2017 (-58,8%).

En revanche, les investissements des projets en partenariat ont connu une hausse de 14,2% (452,6 MD contre 396,2 MD durant les onze premiers mois 2016).

L’approche sectorielle illustre en effet que la baisse enregistrée au niveau des investissements à 100% étrangers et en partenariat est imputable principalement au secteur des industries mécaniques et électriques dont les investissements sont passés de 302,6 MD à 170,7 MD (-43,6%).
Idem pour le secteur des industries agroalimentaires dont les investissements sont passés de 325 MD à 145,5 MD, enregistrant ainsi une baisse de 55,2%.

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Quelques jours nous séparent de 2018, mais hélas, à en croire les prévisions, ce ne sera pas une bonne année pour la Tunisie, du moins pas au niveau souhaité. Les experts se sont accordés à dire que l’année prochaine s’annonce très mauvaise sur tous les plans, notamment économique et ce, malgré les efforts du gouvernement pour faire face à tous les défis et honorer ses engagements en termes de réformes pour relancer la croissance et amorcer la reprise. Les hypothèses sur lesquelles est basée la loi de finances 2018 ne sont pas réalistes et aboutiront à l’adoption d’autres mesures et d’autres augmentations, outre celles déjà adoptées. En effet, les cours pétroliers ont déjà dépassé la barre des 60 dollars, alors que dans la loi de finances 2018, le prix de baril de pétrole a été fixé à 54 dollars. C’est une des raisons qui poussé plusieurs experts en la matière à tirer la sonnette d’alarme quant à un bombardement du budget 2018 par les prix du pétrole.

Dans une interview accordée à Africanmanager, l’ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda a indiqué que 2018 sera une année difficile et charnière à la lumière des évolutions observées dans la région, notamment au niveau des prix du pétrole, faisant savoir à ce propos qu’une hausse de 1 dollar du prix du baril engendra un déficit dans les finances publiques de l’ordre de 300 Millions de dinars, ce qui dénote, selon lui, la fragilité du budget relatif à l’exercice 2018. “Toute hausse dans le prix de pétrole va avoir un prix, surtout qu’aujourd’hui les cours pétroliers ont dépassé les 60 dollars et risquent encore d’augmenter d’ici la fin de l’année avec les tensions dans le Moyen-Orient et les évolutions en Arabie Saoudite“, a assuré Ben Hammouda, faisant remarquer que tous sont des facteurs d’incertitude qui peuvent présenter un risque sur le cours du pétrole.

Un constat déjà fait par le ministre de l’Énergie, des Mines et des Energies renouvelables, Khaled Kaddour, qui a indiqué que l’augmentation du prix du baril de pétrole de 54 à 64 dollars, enregistrée dernièrement, aura un impact négatif sur le budget de l’Etat. Et il sera difficile de rétablir les équilibres financiers durant l’année prochaine.

Selon ses déclarations récentes, une augmentation d’un dollar du prix du baril de pétrole représente un surcoût de 120 millions de dinars (MD) pour le budget de l’Etat et que toute hausse de 10 millimes dans le taux de change du dollar coûte à l’Etat tunisien 30 millions de dinars.

L’ancien ministre des Finances a à cet effet évoqué deux hypothèses : Ou bien répercuter toute hausse au-dessus de 54 dollars sur le citoyen qui va à son tour subir une importante hausse au niveau des prix des carburants ou ne pas la répercuter sur le consommateur. “Dans le deuxième cas“, a expliqué Ben Hammouda, le budget de l’État va se retrouver avec un déficit beaucoup plus important, ce qui accélérera ou exigera l’adoption d’une loi de finances complémentaire avant les délais, selon ses dires.

Il a en outre indiqué que la situation économique et financière dans le pays demeure est très inquiétante, particulièrement au niveau des finances publiques, et la situation devient encore plus difficile après le classement de la Tunisie dans la liste noire des pays considérés comme paradis fiscaux. “Cela va encore égratigner l’image de marque de notre pays“, a-t-il assuré.

Sur cette affaire de liste noire, Hakim Ben Hammouda nous a indiqué qu’un accord pour retirer la Tunisie de cette liste et la classer sur la grise a été déjà trouvé. “Il s’agit certes d’un pas très important, mais même la liste grise reste très compliquée et va décourager les investisseurs étrangers pour s’installer en Tunisie et monter des projets (…). Les investisseurs évitent de miser sur les pays classés dans la liste noire tout comme dans la liste grise“, a-t-il soutenu.

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Une convention portant sur la facilitation des exportations tunisiennes vers la Suisse et les marchés voisins a été conclue, ce mardi 19 décembre 2017, entre la Tunisie et la Suisse. Ont procédé à la signature de cet accord qui fait partie du programme suisse “Swiss Import Promotion Programme (SIPPO)” le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, Zied Laâdhari et l’ambassadeur de Suisse en Tunisie, Rita Adam. L’objectif est de faciliter les importations en provenance de pays en transition tels que la Tunisie.

Doté d’un montant de près de 4 millions de dinars, ce programme couvre la période 2017-2020 avec un budget de plus de 1,5 millions de francs suisses (près de 4 millions de dinars). En cas de succès, il pourra être suivi de deux phases ultérieures de même durée. Trois secteurs économiques ont été identifiés, à savoir les produits de la pêche à haute valeur ajoutée, les aliments transformés et les ingrédients naturels.

Dans une déclaration faite aux médias en marge de cette cérémonie de signature, le ministre de la Coopération internationale s’est réjoui de la signature de cet accord permettant à la Tunisie un accès plus facile et d’écouler ses produits non seulement sur ce marché mais aussi dans les pays voisins. En vertu de cet accord, certains organismes comme le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX), la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis (CCIT), l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA), le Groupement des Industries de Conserves Alimentaires GICA et le Groupement Interprofessionnel des Produits de la Pêche (GIPP) bénéficieront de subventions pour pouvoir accompagner les entreprises tunisiennes et les aider à pénétrer ce marché.

Il a par ailleurs indiqué que la promotion des exportations est une des priorités du gouvernement d’union nationale (GUN), assurant à ce propos que durant cette année, les exportations tunisiennes ont enregistré une hausse à deux chiffres, plaçant notre pays à un niveau très important, selon ses dires.

C’est ainsi qu’il a souligné l’intérêt de donner la priorité au secteur de l’exportation, capable de créer de nouveaux postes d’emploi, de générer de la devise et de réduire le déficit de la balance commerciale.

Sur les détails, Laâdhari a expliqué que ce programme consacre dans une première étape et sur une période s’étalant sur trois ans 4 Millions de dinars pour le soutien de ces entreprises, soulignant toutefois que le plus important est de pénétrer ce marché et faire connaître le produit tunisien dans des marchés promoteurs comme celui de la Suisse, selon ses dires.

Il a précisé que trois secteurs prioritaires ont été identifiés en concertation avec la partie suisse, à savoir les produits de la pêche, les produits agricoles et agroalimentaires. “On a ciblé des produits bien précis dont nous estimons que la demande sera très importante“, a-t-il dit.

Quant à elle, Rita Adam a fait savoir que la Suisse est engagée en Tunisie depuis l’année 2011 pour soutenir la transition tunisiennes durant la prochaine période jusqu’à 2020 : “Nous voulons davantage encore travailler sur tout ce qui est transition économique et création d’emplois, et le projet que nous venons de signer s’inscrit dans ce cadre (…) Il s’agit d’un outil du ministère de l’Économie suisse qui est appliqué dans plusieurs pays avec des marchés intéressants et qui veut encourager l’exportation vers la Suisse mais aussi vers d’autres marchés européens“, a-t-elle précisé.

Elle a tenu par ailleurs à expliquer que durant les trois prochaines années,  la Suisse va voir comment elle peut accroître les exportations tunisiennes vers le marché suisse : “Si les autorités suisses ont décidé de lancer ce programme en Tunisie c’est que nous pesons qu’il y a un important potentiel qui n’est pas encore entièrement exploité“, a-t-elle conclu.

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Confiant en le potentiel de croissance et des gisements de productivité que représente le site tunisien, la Banque européenne de l’investissement (BEI) reconfirme de nouveau son engagement à soutenir la Tunisie dans cette période de transition démocratique. Pour l’année prochaine, dans laquelle on va basculer dans quelques, la BEI a déjà mobilisé 500 Millions d’euros au titre d’investissements en Tunisie. ” Nous sommes en train de concrétiser l’engagement qu’on a pris lors de la conférence Internationale pour l’investissement “Tunisia 2020”, qui a eu lieu l’année dernière, à Tunis“, a indiqué Ulrich H. Brunnhuber, chef de la représentation diplomatique de la BEI en Tunisie dans une interview accordée à Africanmanager. “On est en train de concrétiser les promesses qu’on avait faites lors de Tunisia 2020 “, a-t-il soutenu.

Il a fait par ailleurs fait remarquer que durant cette rencontre, la BEI a pris un engagement avec le gouvernement tunisien pour investir 2,5 milliards d’euros en Tunisie et ce, entre les années 2016 et 2020, et faire en sorte de dégager près de 500 Millions d’euros chaque année jusqu’à l’achèvement de ce plan d’investissement. Pour l’année 2018, la BEI devrait investir, comme déjà convenu, 500 Millions d’euros en Tunisie. “C’est déjà l’objectif que nous souhaitons atteindre durant cette année“, a-t-il ajouté.

Vos priorités sont les nôtres… Notre mandat est de soutenir la Tunisie, de vous suivre, de bien vous écouter et de voir après où on peut aller et quel sera votre planning que nous devons suivre, analyser pour pouvoir par la suite soutenir“, a indiqué le chef de la représentation diplomatique de la BEI en Tunisie, faisant remarquer à ce propos que la BEI est le premier bailleur de fonds en Tunisie. “Notre partenariat avec la Tunisie est solide et les relations de confiance et de connaissance mutuelle remontent déjà à près de 40 ans“, a-t-il dit.

Évoquant les chiffres, le responsable de la BEI a tenu à préciser qu’aujourd’hui, les encours actifs de la banque en Tunisie ont atteint 4,4 milliards d’euros, soit près de 12% du PIB tunisien, partant de la micro-finance et du financement aux PME jusqu’au financement des grands projets dans divers secteurs d’activités, à savoir l’infrastructure, les routes et l’électricité. En effet, depuis le démarrage de ses activités en Tunisie, la BEI a investi près de 7 Milliards d’euros.

S’agissant de l’ensemble des projets qui ont été soutenus par la BEI durant l’année 2017, Ulrich H. Brunnhuber a fait noter la signature avec la Banque de l’Habitat d’un accord de crédit d’un montant de 120 millions d’euros qui lui permettra de renforcer son financement aux PME et un autre contrat avec la SNCFT pour étoffer le parc du matériel roulant du projet du Réseau ferroviaire rapide ( RFR). Ajoutons à cela la signature de plusieurs autres conventions dans le secteur privé pour principalement soutenir la culture mécatronique et son développement en Tunisie et le financement du projet de l’autoroute du centre Sbikha/Jelma pour une valeur estimée à 166 Millions d’euros (482 Millions de dinars) conclu jeudi dernier, avec le ministère de la Coopération internationale.

Sur les prochains projets de la BEI en Tunisie, le chef de la représentation diplomatique en Tunisie a déclaré que le fonds va poursuivre ses efforts en matière de soutien à l’infrastructure et développement des régions de l’intérieur pour qu’elles puissent contribuer à la transition économique et sociale du pays. ” Pour les années prochaines, nous allons continuer dans ce sens là et aider le gouvernement tunisien à monter et achever les projets qu’il considère prioritaires tout en se basant sur son plan quinquennal”, a précisé le responsable de a BEI, avant d’ajouter : “Nous sommes en train de travailler et en plein espoir que l’année prochaine s’annonce aussi importante pour la Tunisie en termes de soutien aux projets“, a-t-il confié à Africanmanager.

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Un accord de financement d’une valeur estimée à 166 Millions d’euros (482 Millions de dinars) pour soutenir le projet de l’autoroute du centre Sbikha/Jelma a été conclu, ce jeudi 14 décembre 2017, entre la Banque Européenne de l’Investissement (BEI) et le ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale. Ont procédé à la signature de ce contrat Zied Laâdhari et Ulrich H. Brunnhuber, chef de la représentation diplomatique de la BEI en Tunisie et en la présence du ministre de l’Équipement et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Salah Arfaoui et Sophie Vanhaeverbeke, chef de la coopération de l’Union européenne en Tunisie.

Le projet porte sur la construction d’un axe routier de deux voies reliant les villes de Sbikha et Jelma sur 99 Km. Il s’agit plutôt de la deuxième tranche d’un projet d’autoroute Tunis/Jelma s’étalant dans sa globalité sur 186 Km et nécessitant des investissements de l’ordre de 1423 Millions de dinars. Ce projet vise en effet à développer le secteur du transport public, renforcer le réseau des autoroutes, relancer l’investissement et créer un dynamisme économique dans les régions de l’intérieur.

Ulrich H. Brunnhuber s’est lors de cette rencontre réjoui de la signature de ce contrat qui dénote, selon lui, de la confiance qu’accorde la BEI à la Tunisie et de son engagement à accompagner la transition et le développement économique dans le pays. ” C’est un financement d’envergure qui reflète notre forte mobilisation en faveur de la Tunisie et des Tunisiens conformément à notre engagement lors de la conférence “Tunisia 2020″… Je suis d’autant plus qu’heureux de signer ce nouveau financement avec la Tunisie avec qui nous sommes liés par un partenariat de confiance et de grande qualité“, a-t-il dit.

Il a fait par ailleurs remarquer que ce projet, qui a été soutenu par la BEI depuis 2011, aura un impact réel sur le quotidien des habitants de ces gouvernorats en termes notamment de transport et de qualité de vie. De plus, il permettra, selon lui, la création de 140 emplois directs et près de 10 mille emplois indirects durant la période du chantier.

Le soutien de la BEI à ce projet date en effet de l’année 2011, avec des dons de 4,7 millions d’euros de l’UE et ses États membres, tout en finançant des études préparatoires (techniques, économiques, environnementales et sociales) nécessaires au démarrage des travaux relatifs à ce projet routier. En effet, la BEI s’est engagée, en novembre 2016, à soutenir à hauteur de 2,5 Milliards d’euros d’ici 2020 la Tunisie dans la mise en oeuvre de ses programmes prioritaires de développement. Pour le secteur immobilier, la BEI a appuyé 11 projets pour 2,5 Milliards de dinars.

Les travaux avant la fin de 2018

De son côté, le ministre de l’Équipement a tenu à préciser que la BEI a accompagné son ministère, depuis l’année 2011, dans toutes les étapes, depuis les études préliminaires jusqu’à l’établissement des dossiers d’appel d’offres relatifs à la réalisation du projet de l’autoroute du centre.

Deux bailleurs de fonds vont participer au financement du tronçon prioritaire entre Tunis et Jelma : le Fonds Arabe de Développement Économique et Social (FADES) pour la section liant Tunis à Sbikha, de 87 Km de long et la Banque Européenne d’Investissement (BEI) pour la section liant Sbikha à Jelma, de 99 Km de long. Ce dernier est composé de 4 lots de travaux comprenant 5 échangeurs , 5 grands ouvrages hydrauliques, 38 passages supérieurs et inférieurs ,130 ouvrages hydrauliques et 2 aires de repos. Les travaux du tronçon prioritaire Tunis-Jelma vont commencer à la fin de l’année 2018 sur une durée de 3 ans.

Un symbole important et des avantages

De son côté, Zied Laâdhari a fait savoir que ce financement est un grand message de la part de nos amis européens, notamment dans cette période où la Tunisie se prépare à fêter l’anniversaire de sa Révolution. C’est aussi, selon lui, un message très fort de confiance et de la détermination de l’Europe à renforcer encore davantage la coopération entre les deux pays.

Il a indiqué que ce projet va renforcer l’infrastructure dans les régions de l’intérieur et renforcer le tissu productif du développement économique : ” sans infrastructure, on ne peut pas monter des projets productifs“, a-t-il précisé.

Selon ses déclarations, ce crédit sera remboursable sur 30 ans, avec 4 années de grâce. Les fonds relatifs à ce projet seront disponibles à partir de la date de signature de l’accord en question.

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Habib Karaouli, PDG de la Banque d’affaires de Tunisie (BAT), récemment rebaptisée Capital African Partners Bank, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs questions dont le classement de la Tunisie par l’Union Européenne sur la liste noire des paradis fiscaux, la situation actuelle des banques tunisiennes et l’ensemble des défis auxquels fait face la banque de demain.

Que pensez-vous du classement de la Tunisie sur la liste noire des paradis fiscaux ?

C’est un classement injuste qui va fortement pénaliser la Tunisie de manière concrète puis en termes d’image. On s’est attendu à mieux de la part de notre principal partenaire, à savoir l’Union européenne (UE), en termes non seulement de soutien qui a été affiché plusieurs fois mais aussi en termes de concours qu’il peut apporter dans ce genre de problématique. Tout le monde le sait, la Tunisie vit une période de post crise et par conséquent les institutions publiques ne fonctionnent pas encore de manière optimale. On a pensé qu’il y a des règlements de dérapage mais le fait que cette sanction vienne avec cette rapidité là, je pense qu’il y a une précipitation incontestable et foncièrement injuste.

Pour l’UE on a compris, mais qu’est-ce qu’on peut reprocher à la partie tunisienne ?

Il faut être objectif et voir des deux cotés, il ne faut pas jeter la pierre dans le jardin de l’autre. Il faut, de notre coté, nous poser des questions sur notre capacité d’anticiper ce qui se profile car il ne s’agit pas d’une décision tout à fait brusque mais qui se prépare. Il y a certes des pourparlers, des négociations et des échanges d’informations et la partie tunisienne, à mon avis, n’a pas suffisamment anticipé cette décision. Elle aurait dû justement aller défendre le  dossier, argumenter et contester cette pénalisation.

Quel risque peut représenter ce classement pour la Tunisie ?

Le classement de la Tunisie  comme paradis discal aura certes un impact sur les IDE, et c’est ça le paradoxe car il sont en train de nous pénaliser sur quelque chose dont on ne profite même pas. S’il y avait le trop plein de délocalisations et d’investissements directes étrangers en Tunisie, on pourrait éventuellement comprendre que l’UE ou un certain nombre de pays aient pu percevoir une menace sur le plan compétitivité de la Tunisie, alors que ce n’est pas le cas. Nous avons au contraire un déficit d’IDE et on a peu de délocalisations. Et puis quel danger constitue la Tunisie pour un certain nombre de pays européens pour prendre une décision aussi radicale et qui va impacter non seulement l’image du pays mais aussi toute sortie de la Tunisie sur le marché étranger, la qualité et le volume des investisseurs qui seront demain intéressés par la Tunisie ?

Selon vous, quelles sont les causes profondes de cette décision de l’UE ?

Je crois qu’il y a un élément capital et qui a été déjà avancé : c’est l’insuffisance de la coopération en matière de transmission d’informations. C’est un manquement qui devrait être assumé par la partie tunisienne, qui doit s’impliquer davantage à ce niveau là parce qu’il faut toujours argumenter et présenter la situation telle qu’elle est.

Il y a aussi une dissonance sur le plan de la fiscalité entre celle appliquée sur les résidents et l’autre sur les non résidents. Par conséquent, ce qu’ils ont demandé à la Tunisie ce qu’il y ait de la convergence et du coup le même traitement pour tout le monde en termes de fiscalité, alors que tous les pays du monde le font et même dans les pays de l’UE. Il y a des systèmes qui sont asymétriques selon le besoin et le type d’économie voulu par l’État et les pouvoirs publics. Il y a aussi des avantages qui sont modulés en fonction des stratégies et des orientations de l’État. Pourquoi reprocher à la Tunisie d’utiliser les mêmes instruments et les mêmes dispositifs que ceux utilisés chez eux ?

Il y a d’autres éléments que nous ne maîtrisons pas tel que le manque de liquidité, l’insuffisance et l’inefficacité du système d’informations. Ajoutons à cela le fait qu’on n’ait pas tenu compte du fait que la Tunisie n’est pas encore stable, et que les pouvoirs publics n’ont pas à ce jour les moyens d’exécuter le programme économique engagé par le gouvernement et qui nécessite du temps pour être mis en place et donner par la suite les résultats escomptés.

Dans quelle situation se trouvent aujourd’hui les banques tunisiennes ?

L’histoire selon laquelle les banques tunisiennes vont être une partie du problème et pas de la solution s’est malheureusement vérifiée dans les faits. Il faut d’abord signaler qu’on a trop de banques en Tunisie (24 banques), exactement le même nombre de banques qui existent en Égypte, un pays qui a une population 9 fois plus importante que la Tunisie. A cela s’ajoute un taux de sous-bancarisation de 36% alors qu’au Maroc, ce taux a dépassé 70%.

De plus, 6 banques concentrent plus de 70% du marché tunisien, donc c’est un marché qui est fortement atomisé pour lequel il faut trouver des solutions.

Par ailleurs, aucune banque tunisienne ne figure dans le classement des 50 premières banques les plus rentables en Afrique. La première banque qui s’affiche dans ce classement est la BIAT et elle est classé 57ème. Nous n’avons aucune banque qui puisse accompagner les investisseurs tunisiens à l’étranger.

Vos solutions ?

Il faut revoir toutes ces problématiques et les structurer tout en s’attaquent aux défis de la digitalisation. “Innover ou périr“, la question sera exactement ça. Est-ce qu’on a la capacité de s’adapter et anticiper ou rester dans le même modèle. Le modèle d’affaires basé sur des agences à chaque coin de rue est complètement révolu. Les études récentes démontrent qu’à l’horizon 2020, 20% du total des agences aux États-Unis vont être supprimés. C’est pareil pour le reste du monde.

Maintenant le client est souvent plus en avance en matière de maîtrise des outils digitaux de sa banque. Il a besoin d’un partenaire qui est son banquier, qui devrait être prêt 24h sur 24 et accessible à tout moment et à n’importe quel endroit.

Le deuxième enjeu est l’inclusion. Beaucoup n’ont pas accès aux services bancaires, il faut absolument faire en sorte qu’ils rejoignent le système bancaire mais avec des méthodes beaucoup plus souples, plus digitales et interactives pour grossier le flux de clients.

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La soumission, dans le cadre du projet de la loi de finances pour l’exercice 2018, des logements commercialisés par les promoteurs immobiliers à une TVA de 13% ne cesse de provoquer un tollé. La question a été évoquée par la Chambre des promoteurs immobiliers lors de la tenue de son assemblée générale. Lors de cette rencontre organisée ce mercredi 13 décembre 2017, au siège de l’UTICA, le président de la Chambre syndicale nationale des promoteurs immobiliers (CSNPI), Fahmi Chaâbane a fait savoir que cette taxe de 13% instaurée au titre de l’année 2018 entraînera une hausse de plus 3% au niveau des prix des biens immobiliers, appelant à ne pas l’appliquer sur les promoteurs immobiliers qui disposent de logements qui n’ont pas été vendus depuis 10 ans, ou sur les projets bloqués depuis 2010, à cause de la non obtention des documents nécessaires auprès de l’administration.

Chaâbane a également appelé à exonérer de cette TVA les promoteurs qui ont déjà lancé leurs projets, avant 2018 et d’appliquer une taxe de 7% sur les ventes qui seront finalisées en 2018. Selon ses déclarations, cette taxe de 13% doit être appliquée seulement sur les promoteurs qui vont obtenir des permis de construction, en 2018.

Il a par ailleurs indiqué que ces propositions visent à contribuer à préserver le pouvoir d’achat du citoyen qui sera contraint de payer deux taxes (TVA et droit d’enregistrement) et de limiter la hausse des prix des logements, suite à la dégradation de la valeur du dinar tunisien par rapport aux autres monnaies, la hausse des prix des carburants, depuis 2012, l’augmentation du coût de la main d’œuvre, la hausse des prix des produits de carrière, la libéralisation des prix du ciment, la spéculation et la rupture en stock de l’acier.

Dans une déclaration récente à Africanmanager, Chaâbane a fait savoir qu’avec l’instauration de cette taxe, le secteur de la construction se dégradera mais aussi ceux de la promotion immobilière, des banques, de la main d’œuvre, des usines, des importateurs, des industriels,  des ingénieurs, des bureaux d’études et de contrôle des travaux. ”C’est un grand secteur et si on veut le toucher, tout va se détériorer”, a averti Chaâbane, reprenant l’adage “quand le bâtiment va, tout va”.

La Chambre des promoteurs immobiliers a en effet proposé l’instauration d’une TVA de 7% au lieu de 19%. ”L’application d’une TVA de 7% nous paraît logique et acceptable”, a-t-elle souligné,  appelant toutefois à exclure de cette TVA les promesses de vente signées depuis le début de cette année jusqu’au 31 décembre 2017 et à donner un délai d’un an aux promoteurs immobiliers jusqu’à la soumission de leurs listes de projets auprès des bureaux de contrôle de la fiscalité, sachant que le lancement d’un projet prend entre 3 et 5 ans, selon ses dires.

Une proposition rejetée par le ministère des Finances, lequel s’est trouvé dans la contrainte de fixer cette taxe à 13% contre 19% initialement prévue dans la première copie de la loi de finances 2018. La révision à la baisse de cette nouvelle taxation a eu lieu après que cette TVA  a été rejetée par la commission des finances de l’ARP.

A noter que la loi de finances 2018 stipule que les ventes de logements à usage d’habitation par les promoteurs immobiliers (à l’exception des logements sociaux) sont soumises à une nouvelle TVA de 13%, qui sera relevée à 19% à partir du 1er janvier 2020 (nouvel art).

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Le classement de la Tunisie dans la liste noire des paradis fiscaux publiée récemment par l’Union européenne (UE) ne cesse de susciter des réactions. Des économistes, des analystes financiers et des banquiers ont vivement rejeté ledit classement le qualifiant de “malheureux“, “étonnant“, voire d'”injuste“, venant surtout d’un partenaire stratégique comme l’UE. Ahmed Al Karam, le président du directoire d’Amen Bank et président de l’Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers (APTBEF), est parmi les banquiers qui ont contesté ce classement.  “C’est un classement  douloureux pour la Tunisie qui n’a jamais été un paradis fiscal“, a indiqué Karam, dans une interview accordée à Africanmanager, faisant remarquer que “la Tunisie est un pays en voie de développement doté d’une fiscalité proche des normes internationales“, a-t-il soutenu.

En Tunisie, nous avons certes des régimes particuliers pour encourager l’investissement mais cela est connu depuis longtemps. C’est le régime de 72, comme son nom l’indique et cela est très clair et reconnu par tout le monde (…) Il s’agit tout simplement d’une loi pour stimuler l’investissement, créer des projets et de l’emploi et exporter ses produits à l’extérieur“, a-t-il rappelé.

Ahmed Karam a par ailleurs indiqué que bien que ce classement soit considéré comme excessif et qu’il faudra des années pour argumenter contre ces choses-là, cela n’est qu’administratif  : “Je pense que les choses vont s’arranger et se normaliser prochainement (…) Le gouvernement et la Banque centrale ont pris certes l’initiative et prendront en main la question“, a assuré le président de l’APTBEF, affichant son espoir que  l’ensemble des actions déjà planifiées verront  le jour au fur et à mesure afin de prouver que la Tunisie ne peut et ne pourra en aucun sens être un paradis fiscal : “D’ailleurs, la Tunisie est l’un pays où le taux de pression fiscale est le plus élevé“, a-t-il dit.

Cette déclaration vient suite à la décision des 28 ministres des Finances de l’UE de dresser, lors d’une réunion à Bruxelles, une «liste noire» de 17 paradis fiscaux opérant hors de leurs frontières. Dans cette première liste figurent 17 pays dont le Bahreïn, Barbade, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis, Grenade, Guam, Îles Marshall, Macao, Mongolie, Namibie, les Palaos, Panama, Samoa, les Samoa américaines, Sainte Lucie, Trinidad-et-Tobago et la Tunisie. Les ministres des Finances de l’UE se sont également mis d’accord sur une seconde liste de pays qui se sont engagés à améliorer leurs pratiques. 47 pays figurent en effet sur une liste grise.

Interrogé sur “La banque de demain“, thème d’un séminaire organisé récemment à l’initiative de l’ITES, Ahmed Karam a tenu à préciser que la banque tunisienne se trouve aujourd’hui face à 4 défis majeurs : le premier est comment opérer la mutation de banque classique à banque moderne de technologies nouvelles. “Aujourd’hui, dans le monde, les  nouvelles technologies basées sur le Big Dada, la robotique et l’intelligence artificielle sont en train de s’installer comme étant des règles pour organiser les entreprises et les banques“, a expliqué Karam, soulignant que selon des experts en la matière, 40% des emplois dans les banques seront robotisés au cours des 20 prochaines années. “Du coup et à la lumière de cette robotisation, les employés sont appelés à s’adapter et changer de comportement (…) C’est cette mutation que nous sommes en train de préparer avec nos ingénieurs pour être toujours à l’écoute de nos clients et en adaptation avec les technologies nouvelles“, a-t-il dit.

Outre les nouvelles technologies, Karam a cité le défi de l’innovation comme outil de sauvetage pour l’économie tunisienne dans ses anciens et nouveaux besoins de restructuration, citant à titre d’exemple le financement des projets basés sur l’intelligence, sur les nouvelles technologies, la création d’incubateurs de projets et la participation à de grands projets relevant du partenariat public et privé. ” C’est un défi majeur pour la banque tunisienne afin d’aider le gouvernement à lancer des projets (…) Nous volons que que ces projets-là soient montés par des entreprises tunisiennes et non par des étrangères (…) Nous avons des capacités humaines à renforcer et consolider en la matière“, a-t-il assuré.

Comme troisième défi, le président du directoire d’Amen Bank a évoqué l’inclusion financière : “Comment faire en sorte que tous les Tunisiens puissent accéder aux services bancaires“, s’est interrogé Karam, avant de préciser qu’actuellement au niveau de sa banque, cela est fait grâce à la micro-finance. “Nous considérons ce créneau comme le bras financier des banques“, a-t-il dit.

Le quatrième défi, selon Karam, est la mondialisation et l’internationalisation. “Comment faire pour que la banque tunisienne soit présente à l’échelle africaine (…) L’internationalisation coûte cher et demande une assise financière propre pour pouvoir se maintenir en cas de crise, de dysfonctionnement ou de dérapage“, a-t-il conclu.

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Le président de l’Instance de lutte contre la corruption (INLUCC), Chawki Tabib, a déclaré, en marge des travaux de la deuxième session du Congrès national de lutte contre la corruption, qui ont démarré ce vendredi à Tunis, que jusqu’à la date du 30 novembre 2017, l’instance a transmis 117 dossiers au ministère public et aux différents premiers tribunaux qui se sont à leur tour adressés aux parties concernées dont le pole judiciaire économique et financier. Ces dossiers de corruption ont touché plusieurs secteurs et branches d’activités, à savoir le ministère des Finances, de la Santé, de la Justice, de l’Intérieur, du Commerce, de l’Enseignement supérieur, des Sports, de l’Agriculture, des Affaires sociales, des Domaines de l’État, des Transports, de l’Emploi, de l’Environnement, de la Défense et de la Formation professionnelle. Cela a également touché la direction générale de la Douane, les secteurs des médias, des banques et des sociétés de recouvrement.

La corruption a porté sur une mauvaise gestion des fonds publics et des ressources de l’État, des abus autour des résultats des concours, des recrutements et des marchés publics, donner ou recevoir des pots-de-vin et surtout retarder l’application des jugements et des décisions de la justice de la part de certains ministères et entreprises publiques et privées.

Chawki Tabib a dans le même contexte indiqué que la Tunisie a fait de grands pas dans l’élaboration d’un cadre législatif pour la lutte contre la corruption, soulignant toutefois une défaillance au niveau des textes d’application.
Il a par ailleurs salué l’adoption des lois sur la lutte contre la corruption, dont notamment celle relative au droit d’accès à l’information et celle sur la dénonciation de la corruption et la protection des dénonciateurs. “Néanmoins, l’application de ces lois reste tributaire de l’élaboration des textes d’application“, a-t-il déploré, rappelant la nécessité d’élaborer, le plus tôt possible, le texte d’application de l’activation des instances concernées par la lutte contre la corruption. Une large part de ce congrès sera réservée à l’examen du rapport d’activités de 2016 mais, aussi, à l’examen des projets de loi adoptés durant la période précédente, a affirmé Tabib, qui estime que la lutte contre la corruption fait également appel à l’amendement du code pénal. D’après lui, l’amendement du Code pénal a pour but de faciliter le travail des magistrats loin des pressions législatives et factuelles.

Chawki Tabib a, sous un autre angle, déclaré que la Tunisie n’est pas un paradis fiscal et n’est en aucun cas un pays hospitalier pour l’argent sale, qualifiant d'”injuste” le classement de la Tunisie par l’Union Européenne dans la liste d’Etats lesquels, selon elle, “ne font pas le nécessaire pour lutter contre l’évasion fiscale“.
Si la Tunisie avait été vraiment un paradis fiscal, nous n’aurions pas eu de crise économique, a-t-il dit. Au contraire, nous aurions profité sur le plan économique et financier comme c’est le cas pour bien d’autres pays qui sont de véritables paradis fiscaux et qui n’ont même pas été mentionnés dans le classement, a déploré Chawki Tabib.

Pour lui, ce classement atteste bien de l’existence d’”un système international obéissant à une logique communautaire de favoritisme et de lobbying“, relevant, toutefois, que “le système tunisien est, en partie, responsable, de cette situation. Toutes les institutions doivent coordonner et unir leurs efforts en vue de lutter contre la corruption, renforcer la transparence et améliorer l’image de la Tunisie à l’étranger“, a-t-il préconisé.
Selon Tabib, il y aura un grave impact sur notre économie et sur l’image de la Tunisie en tant que destination pour les investisseurs étrangers si d’ici janvier prochain la Tunisie figure encore dans ce classement.

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Un méga projet portant sur la production, sur les trois prochaines années, de 1000 Mégawatts d’énergies renouvelables, avec un coût initial estimé à 2500 MDT, a été annoncé par le chef du gouvernement, Youssef Chahed. La rareté des ressources nationales en gaz et le prix élevé des carburants pratiqué à l’échelle internationale sont les principales raisons derrière le lancement et l’accélération de la réalisation des projets dans ce sens. Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables, Khaled Kaddour, a fait savoir, dans une déclaration faite aux médias, en marge d’une rencontre qui se tient actuellement à Gammarth sur les énergies renouvelables, que 69 investisseurs dont des étrangers sont intéressés par le projet de production de 210 Mégawatts. “L’appel d’offres relatif à la réalisation de ce projet a été clôturé depuis le 15 novembre dernier et le nombre des offres que nous avons reçues est très important, plus que prévu“, a assuré le ministre.

Il a par ailleurs indiqué que l’ensemble des offres reçues sont en phase d’étude au niveau du ministère de l’Énergie et qu’il s’agit à priori d’investisseurs nationaux et de grandes sociétés de renommée internationale. Les résultats relatifs à ce projet de 210 Mégawatts devraient être annoncés avant le 15 mars 2018 et un autre portant sur la production de 200 Mégawatts devrait être lancé après pour atteindre au total près de 410 Mégawatts en 2018.

Ce projet portant sur 210 Mégawatts d’énergies renouvelables en 2018 entre dans le cadre du méga projet dévoilé aujourd’hui par le chef du gouvernement et portant sur la production de 1000 Mégawatts à l’horizon 2020, soit le 1/5 de la capacité installée jusqu’ici dans le pays. L’idée est de produire 650 Mégawatts d’énergie photovoltaïque et 350 Mégawatts d’énergie éolienne. La STEG a déjà entamé les travaux réalisation de sa première station photovoltaïque à Tozeur. Une autre sera installée à Kébili. Au total, elle a été chargée, selon le ministre, de produire 380 du total de 1000 Mégawatts d’énergies renouvelables d’ici 2020.

Évoquant les motifs derrière le lancement de ce programme énergétique, le ministre a fait remarquer que le déficit de la balance énergétique de la Tunisie devient aujourd’hui plus grand que jamais, ce qui met les autorités dans l’obligation de profiter des énergies renouvelables provenant des ressources nationales. Le ministre a également évoqué le coût élevé de l’énergie achetée auprès de l’étranger. “Il n’est plus tolérable aujourd’hui pour l’État de continuer à importer 50% de sa production en énergie“, a soutenu le ministre, avant de souligner l’importance d’organiser de telles initiatives permettant dans le cadre d’une approche participative d’écouter et de discuter de la question avec l’ensemble des intervenants du secteur, à savoir banquiers financiers, investisseurs (nationaux et étrangers), bailleurs de fonds et experts en la matière. Il ‘agit aussi, selon le ministre, d’une opportunité pour discuter de l’ensemble des problématiques auxquelles font face l’ensemble des intervenants pour monter des projets d’énergies renouvelables en Tunisie, surtout qu’il s’agit d’une nouvelle expérience non seulement pour le secteur public mais aussi privé.

De telles rencontres permettront aussi de discuter de l’ensemble des lois à réviser ou les nouveaux décrets d’application et les textes de loi à mettre en place pour éviter certains obstacles empêchant le bon démarrage des travaux relatifs aux projets d’énergies renouvelables“, a expliqué le ministre, réaffirmant le soutien politique dans le domaine de l’énergie, un secteur stratégique et vital pour le pays, selon ses dires.

Le ministre a, dans le même contexte, indiqué que le lancement de ce type de projet en Tunisie permettra de créer une nouvelle industrie dans le pays. “C’est très important (…) ça devient très facile et à la lumière d’une visibilité claire à long termes pour la Tunisie de créer une industrie dans ce domaine et créer de nouveaux emplois dans le domaine de l’énergie“, a assuré le ministre, faisant savoir que la majorité de ces projets d’énergies renouvelables vont être lancés dans les régions de l’intérieur, ce qui permettra, selon lui, de créer une dynamisme dans ces régions-là, voire dans l’économie nationale.

Interrogé sur les grands défis devant la réalisation de tels projets en Tunisie, Kaddour a cité le cadre législatif régissant le secteur, la gouvernance, le financement et des défis d’ordre technique touchant le réseau d’électricité et la mise en place de cette nouvelle énergie.

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a par ailleurs annoncé que l’accélération des projets d’énergies renouvelables est un choix stratégique pour la Tunisie et qu’il s’agit d’un des points de l’Accord de Carthage.

Il a par ailleurs indiqué que le gouvernement mise sur la production de 1000 Mégawatts d’énergies renouvelables à l’horizon 2020 afin d’appuyer le développement durable dans le pays et protéger par conséquent l’environnement. C’est aussi, selon Chahed, une opportunité pour détenir une technologie énergétique et mettre en place les bases d’une économie nationale en la matière, notamment à la lumière de la hausse des prix des carburants à l’échelle internationale et la baisse des ressources nationales en gaz naturel. “C’est ainsi que le gouvernement tunisien à mis en place de nouvelles lois réglementant la production de l’électricité via les énergies renouvelables et a préparé les textes d’application les mieux adaptés“, a expliqué Chahed. Outre ces textes de loi, il a assuré que le gouvernement a également entamé la réalisation des projets d’énergies renouvelables dans le cadre du régime des autorisations, évoquant l’éventualité de lancer, en 2018, un ensemble de projets dans le cadre du régime de concessions.

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Dans une déclaration, ce jeudi 7 décembre 2017 à Africanmanager, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Patrice Bergamini, a annoncé qu’une réunion d’urgence aura lieu aujourd’hui à l’ambassade de l’UE en Tunisie pour trouver une solution et à terme enlever la Tunisie de la liste noire des paradis fiscaux. “Je vais joindre sous peu mes collègues à l’ambassade et voir ce que nous pouvons faire le plus rapidement possible“, a-t-il soutenu.

Patrice Bergamini s’est dit très confiant quant à la possibilité de faire sortir la Tunisie de cette liste avant le mois de janvier prochain.

La réunion a été décidée suite à la réunion, aujourd’hui, de l’ambassadeur de l’UE en Tunisie et le chef du gouvernement, Youssef Chahed et ce en marge d’une rencontre qui se tient actuellement à Gammarth sur l’énergie.

Il est à rappeler à ce propos que les 28 ministres des Finances de l’UE ont adopté, mardi 5 décembre 2017, lors d’une réunion à Bruxelles, une «liste noire» de 17 paradis fiscaux opérant hors de leurs frontières.

Dans cette première liste «noire» figurent 17 pays dont le Bahreïn, Barbade, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis, Grenade, Guam, Îles Marshall, Macao, Mongolie, Namibie, les Palaos, Panama, Samoa, les Samoa américaines, Sainte Lucie, Trinidad-et-Tobago et la Tunisie.

سفير الإتحاد الاوروبي بتونس باتريس برغميني

إثر لقائه رئيس الحكومة يوسف الشاهد، سفير الإتحاد الاوروبي بتونس باتريس برغميني يعلن عقد إجماع عاجل مع سفراء دول الإتحاد الاوروبي المعتمدين بتونس لتدارك التصنيف الذي اقره الإتحاد الاوروبي في حق تونس و الخروج منه في اقرب وقت ممكن

Publié par ‎Présidence du Gouvernement Tunisien – رئاسة الحكومة التونسية‎ sur jeudi 7 décembre 2017

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