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Khadija Taboubi

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Tourisme : Les industriels ne se frottent pas les mains!

Selon les données du ministère du Tourisme sur l’évolution des principaux paramètres touristiques, les recettes cumulées à la date du 10 septembre 2018 ont atteint la somme de 2,818 milliards de dinars en hausse de 47,9% par rapport à la même période de l’année 2017.

Le secteur touristique connaît depuis peu une reprise et ce, après plusieurs années difficiles et de baisse record due aux opérations touristiques de Bardo et de Sousse en 2015. En effet, selon les prévisions, le nombre de touristes devrait atteindre les 8 millions à la fin de l’année 2018. À la date du 20 août dernier, le nombre de touristes ayant visité la Tunisie a franchi la barre des 5 millions, soit une nette amélioration de 17,5%, par rapport à la même période de 2017. Toujours selon les indicateurs du département du Tourisme, jusqu’au 20 août 2018, les recettes touristiques ont évolué de 48,2%, par rapport à la même période de 2017, pour s’établir à 2323,5 millions de dinars (MD). En Euros, les recettes ont atteint 766 millions d’euros (+ 27,5%), alors qu’en dollar, elles ont progressé de 40,3%, pour se situer à 921 millions de dollars”.

Par ailleurs, le journal britannique « The Independent » a fait savoir, dans une précédente édition,  que les touristes anglais ont commencé à bouder l’Espagne et préfèrent des destinations moins chères telles que la Tunisie, l’Egypte ou la Turquie. Du côté espagnol, les chiffres officiels confirment la baisse du nombre des touristes pour la première fois depuis 9 ans de 4.9% et cela est dû essentiellement à la relance du secteur touristique en Tunisie et en Turquie.

Ainsi, selon les chiffres  dont  nous disposons, le total général des arrivées des Européens à la même date ont augmenté de 47,1% par rapport à la même période de l’année 2017. Les visiteurs allemands ont enregistré une augmentation  notable de +61,6% (189.626), suivis des Français (+36,6%) et les Russes (+26,6%). Les autres Européens, toutes nationalités confondues, ont connu une évolution de 80,6%.

S’agissant du total maghrébin, il est de l’ordre de 2.755 636, affichant ainsi une progression de 5,9% avec en tête les Libyens (+8,4%) et les Algériens (+4,3%). Quant aux TRE (Tunisiens résidents à l’étranger), le nombre des arrivés a augmenté de 8% avec 1 061 627 arrivées à la date du 10 septembre dernier. Le nombre des  touristes chinois a été de l’ordre de 18.389, en hausse de 49,3% par rapport à 2017. Les autres nationalités ont évolué de 20,9%.

Les nuitées globales par nationalité ont atteint les 20.020 151, en progression de 24,6%. celles des non-résidents a  accusé une hausse de 39,5%. Avec 1.958 781 nuitées, les Allemands viennent en tête avec une hausse de 59,3% suivis des Français (+58,1%) et les Russes (+39,7%). Le nombre de nuitées s’agissant des  Algériens ont toutefois baissé de 4,8%. Quant aux nuitées des résidents, elles ont diminué de 9,4% avec 4.447.334 nuitées.

Pour ce qui est enfin des unités globales par région, avec 5.203.740 nuitées enregistrées à la date du 10 septembre 2018, la région Djerba-Zarzis arrive en tête avec une hausse de 53,5% suivie de la région Monastir-Skannes (+29,1%), Sousse (24,3%), Nabeul-Hammamet (17,1%) et Tunis-Côtes de Carthage avec 1.143 659 unités, en hausse de 3,2% par rapport à l’année 2017.

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Selon les prévisions du ministère des Finances révélées la semaine dernière lors d’une réunion gouvernementale et dont une copie de la projection est parvenue à Africanmanager, le Budget de l’année 2019 serait de l’ordre de 40,6 Milliards de dinars, en augmentation de 8,5% par rapport à celui de 2018.

Ainsi, le budget de 2019 va connaître une légère amélioration au niveau de sa structure par une légère augmentation des ressources propres de l’État, lesquelles vont passer de 74 à 75% en 2019 et une légère régression des ressources d’emprunt qui passeraient à 25%, contre 24% en 2018. Cette augmentation est encore plus importante par rapport au Budget 2017 dont la structure était de 70%, en ressources propres et 30%, en ressources d’emprunt.

Quant aux ressources propres de l’État, elles seraient de l’ordre de 30,5 Milliards de dinars, en augmentation de 9,8% par rapport à l’année 2018 ( 27,7 Milliards de dinars). Ces ressources propres proviendront essentiellement des ressources fiscales qui vont également connaître une augmentation assez importante de l’ordre de 10,5% par rapport à l’année dernière pour atteindre 27 Milliards de dinars, contre 24,3 Milliards de dinars dans le Budget de 2018.

Les recettes non fiscales connaîtront aussi une légère amélioration de l’ordre de 3,5 Milliards de dinars contre 3,4 Milliards de dinars l’année précédente.

Quant aux ressources d’emprunt, elles seraient de l’ordre de 10,15 Milliards de dinars, en légère augmentation par rapport à l’année 2018 où le chiffre a été de 9,7 Milliards de dinars.

Critiquant ledit budget, une source bien informée au ministère des Finances a reproché au gouvernement de ne pas insérer dans le Budget 2019 une politique d’austérité alors que cela avait été annoncé par Youssef Chahed, qui avait assuré, selon la source, que si on ne prend pas des mesures rigoureuses en 2018 on risque d’avoir un budget austère en 2019. “Le résultat est qu’on n’a pas pris en considération cette logique et qu’on est toujours dans un budget expansionniste avec un taux de croissance global de 8,5%”, a indiqué notre interlocuteur. Il a fait remarquer qu’il n’existe pas de volontarisme rigoureux pour stopper le dérapage au niveau du déficit, surtout qu’on n’a pas réalisé de chiffres très performants pour maintenir cette optique expansionniste, selon ses déclarations.

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Les travaux du premier Forum International sur les PPP (Partenariat Public-Privé), co-organisé par le ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) et la Société Financière Internationale (SFI), ont démarré ce mardi 18 septembre 2018 à Tunis. Plus de 1000 participants et 250 entreprises étrangères ont pris part à ce forum : 45 entreprises françaises, 35 chinoises, 15 italiennes, 12 émiraties, 10 espagnoles et près de 7 turques. Des boîtes britanniques, canadiennes et koweïtiennes ont également fait le déplacement…

33 projets à 13 milliards de dinars

Le rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du partenariat public-privé prévu dans les politiques et programmes de développement, en tant que mécanisme complémentaire aux efforts de l’Etat dans la relance de la croissance et l’encouragement du secteur privé à contribuer à la réalisation des méga-projets. Elle réunit des représentants de grandes sociétés nationales et internationales ainsi que des fonds d’investissement, bailleurs de fonds et des banques.

Ce forum est une occasion privilégiée pour présenter 33 projets structurés, d’une valeur de 13 milliards de dinars, aux investisseurs internationaux. Ils sont répartis sur quatre secteurs prioritaires relatifs aux domaines du transport et de la logistique, dont la zone d’activité commerciale et logistique de Ben Guerdene, un terminal vraquier au port de Bizerte et un terminal Ro-Pax à la rive Sud du port de Bizerte, un métro à Sfax, une zone logistique à Bir Mcharga et une ligne ferroviaire Gabès-Médenine.

La Tunisie propose aussi, lors de la Conférence qui se tiendra en présence de bailleurs de fonds internationaux, des projets dans le domaine de l’assainissement, parmi lesquels figurent la station d’épuration à Tunis Nord, la station de dessalement de l’eau de mer et une station d’épuration à Gabès, un projet de transport et valorisation des déchets à Tunis, la valorisation des déchets (Bizerte/Gabès/Sousse), une station de dessalement de l’eau de mer à Ksour Essef en plus des régimes des autorisations dans le domaine des énergies renouvelables.

La Tunisie œuvre à parvenir à des accords de financement d’un ensemble de projets dans le domaine de l’infrastructure, dont le dédoublement de la GP13 reliant Sfax à Kasserine, le projet Taparura à Sfax et le projet de mise en valeur et d’aménagement de Sebkat Sijoumi.

Un conseil stratégique avant la fin de 2018

Dans son discours, le chef du gouvernement a affiché son optimisme par rapport à la situation économique et financière dans le pays, soulignant que les choses se sont améliorées par rapport à l’année 2016, une année durant laquelle le déficit public a atteint 7% du PIB. Selon ses déclarations, les recettes touristiques se sont améliorées par rapport à l’année dernière et la croissance au cours du deuxième trimestre a été positif et l’objectif pour l’année 2019 est de réduire le déficit public pour atteindre 3,9%.

Le chef du gouvernement a tenu toutefois à préciser que cette amélioration constatée ne cache pas les défis cumulés depuis les années qui ont suivi la révolution, appelant ainsi à accélérer les réformes et à mettre en place les projets de PPP dans l’objectif de relancer la croissance, créer de l’emploi et impulser l’investissement public.

Il a par ailleurs souligné que le PPP est indispensable pour exécuter les programmes de développement dans les divers domaines, notamment ceux liés à l’infrastructure, aux pôles technologiques, aux aéroports, à l’énergie et la communication.

La prochaine période“, explique Chahed, sera marquée par la mise en place du Conseil stratégique qui aura pour mission de mettre en œuvre tant les stratégies nationales que les plans de développement ; la première réunion se tiendra avant fin 2018, en vue du suivi des résultats du Forum international sur les PPP.

Il a expliqué que la création du conseil s’inscrit dans le cadre d’un plan d’action que le gouvernement exécutera afin de parachever l’arsenal juridique et institutionnel destiné à renforcer le partenariat public-privé.

C’est pas comme “Tunisia 2020” !

Le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, Zied Laâdhari, a déclaré que cette rencontre représente une nouvelle approche pour accélérer la mise en place et l’implémentation des projets PPP en Tunisie. Il a affiché son espoir de voir cette rencontre et ces échanges se solder par des résultats fructueux pour toutes les parties : “Cette rencontre est complètement différente du Forum Tunisia 2020 puisqu’elle est destinée aux investisseurs et non aux bailleurs comme Tunisia 2020″, a précisé Laâdhari.

Il a dans le même contexte ajouté que l’organisation de ce forum est une nouveauté visant à présenter des projets structurés et non de simples idées de projets, d’où l’organisation de ce forum avec la participation des municipalités. “C’est un outil innovant qui permettra aux représentants des municipalités de partager et échanger les idées et du coup aider les autorités à avancer sur ce terrain“, a-t-il dit.

C’est un jalon (…) il y aura tout un processus pour accélérer la mise en place des projets PPP et nous espérons que les investisseurs nous aident dans ce sens tout en accélérant la mise en place de projets innovants“, a-t-il précisé.

Nous serons là après le Forum pour vous aider, vous accompagner, vous écouter et échanger avec vous sur les pistes qui permettront à la Tunisie d’avancer sur les projets de PPP et réaliser de la croissance“, a assuré Laâdhari.

La transition énergétique, une exigence

Quant à lui, le ministre de l’Industrie, des PME et de l’Energie, Slim Feriani, a souligné l’importance du PPP pour la relance de l’économie nationale, soulignant que ce rendez-vous se veut une opportunité pour présenter les projets programmés dans plusieurs secteurs, y compris le domaine énergétique.

Selon lui, la transition énergétique se présente, aujourd’hui, comme une exigence pour permettre à la Tunisie de faire face aux changements climatiques.

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Le PDG de la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), Béchir Irmani a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont la crise de la Caisse et les problèmes de liquidité auxquels  elle fait face, ses dettes auprès de la Pharmacie centrale ainsi que celles qui lui doivent les caisses  sociales. Interview:

La crise de la CNAM, où on en est-on  actuellement?

La crise de la CNAM a été déclenchée par une chute importante en 2016 des recettes émanant de la CNSS au titre des cotisations de l’assurance maladie et de l’incapacité de la CNRPS à virer la totalité des cotisations recouvrées pour le compte de la CNAM depuis 2011.

Les problèmes de disponibilité de liquidité au niveau de la CNAM ont généré des retards de paiements des prestataires de soins (public et privé) et la Pharmacie centrale ce qui a engendré également des perturbations des relations de la CNAM avec les pharmaciens, les médecins et les médecins dentistes,  qui se sont répercutées négativement sur les assurés sociaux à des degrés différents.

Durant le  mois d’août de l’année 2017, la CNAM a commencé à bénéficier directement des virements des cotisations du secteur public sans passer par la CNRPS en application de la loi 47- 2017 du 15 Juin 2017. Ce qui s’est traduit par  une stabilité des recettes de l’ordre de 70 millions de dinars par mois,  ajoutée aux paiements partiels des cotisations recouvrées par la CNSS pour le compte de la CNAM qui sont en train d’enregistrer des améliorations progressives.

Depuis le mois de novembre, la CNAM a commencé à appliquer les décisions prises par le conseil ministériel restreint du 6 novembre 2017, en opérant un virement mensuel de l’ordre de 40 millions de dinars pour les hôpitaux et de 23 millions de dinars pour la Pharmacie centrale.

Toutefois, un montant de 14 millions de dinars au titre de la part de la CNRPS dans l’effort de paiement de la PCT par la CNAM n’a pas été transféré jusqu’à ce jour, ce qui a empêché la CNAM de virer le montant de 33 millions de dinars décidé par le CMR et de se limiter à 23 millions de dinars.

Quel est , selon vous, l’ensemble des mesures et des réformes à mettre en place pour redresser la situation de la CNAM et relancer le secteur?

La situation financière actuelle demeure tributaire de la mise en application de la réforme des régimes de retraite qui va être à l’ origine de redressement des équilibres des caisses, CNSS et CNRPS, qui leur permettront d’honorer leurs engagements financiers envers la CNAM.

Les dettes des caisses envers la CNAM au titre des cotisation recouvrées et non transférées sont de l’ordre de 3300 millions de dinars jusqu’à ce jour. La réforme de régime de l’assurance maladie est prévue après l’achèvement des reformes des régimes de la retraite.

En effet, le régime d’assurance maladie a enregistré en 2016 et 2017 un équilibre financier qui servira de bases solides pour entamer une reforme adaptée aux aspirations et aux attentes des assurés sociaux et des différents intervenants dans le secteur.

La CNAM a d’énormes dettes auprès de la Pharmacie centrale, pouvez-vous nous éclairer sur cela?

La CNAM a accusé une accumulation exceptionnelle de dettes envers la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT), de l’ordre de 150 millions de dinars en 2016 et de 127 millions de dinars en 2017, soit un total de 277 millions de dinars. Mais la situation a connu une nette amélioration en 2018 avec l’amélioration progressive des recettes.

Les montants payés à la Pharmacie centrale sont de l’ordre de 189 millions de dinars durant la période janvier –août 2018 et seront de l’ordre de 290 millions de dinars à la fin de l’année 2018.

Les cotisations sociales instaurées dans le cadre de la loi de finances 2018, ont -elles abouti aux résultats escomptés?

Pour le moment, nous ne disposons pas de chiffres.

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Si le système hospitalier tunisien accuse un retard par rapport à d’autres pays, il a l’avantage de bénéficier des expériences et des apprentissages faits par les autres dans la mise en place de toutes ces réformes extrêmement complexes et de pouvoir ainsi prendre le recul nécessaire afin de les implémenter de façon cohérente“. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites) et rendue publique mercredi 12 septembre 2018.

Selon la même étude, la crise hospitalière et la recherche d’une amélioration des services rendus à la population impliquent la prise en compte de différentes données et le bannissement de l’immobilisme. En effet, le développement des sciences de la santé et du management et l’évolution incessante des technologies obligent à une remise en question permanente des pratiques hospitalières et justifient des transformations organisationnelles et des investissements importants. Les besoins des patients et leurs aspirations se transforment avec l’allongement de l’espérance de vie, le développement des maladies chroniques, l’apparition de nouvelles pathologies et l’apparition de nouveaux modes de vie. Ainsi, de nouvelles missions se font jour pour l’hôpital dans les domaines de la prévention, de la formation des personnels, et de la recherche. A l’hôpital d’y répondre en essayant de trouver un compromis pas toujours facile entre quatre logiques, professionnelle, technocratique, économique et politique pour garder son rôle de référence. L’implémentation de la réforme de nos hôpitaux publiques, devenue une nécessité impérieuse, doit être consolidée à travers l’appropriation de ses objectifs et de ses plans d’action par tous les professionnels de compétences diverses ainsi que par des partenaires externes, dans une approche participative et inclusive centrée sur les usagers impliquant fortement la société civile.

Un système de financement fragmenté

S’agissant du financement, il en ressort que les dépenses de santé ont augmenté au cours des deux dernières décennies, à un taux de croissance annuel moyen de 11,7%. La part du PIB consacrée à la santé est passée de 4,2% en 1985, à 5,9% en 2005 et à 7,1% en 2013. La part du budget du ministère de la Santé est de 5.6% par rapport au budget de l’Etat et de 1,9% par rapport au PIB. Les dépenses annuelles pour la santé par habitant ont plus que doublé entre 2005 et 2013, passant de 39 DT en 1985 à 197,7 DT en 2004, à 214,3 DT en 2005 et à 493 DT en 2013. Le financement de ces dépenses provient principalement des ménages (37,5%), de la CNAM et de la sécurité sociale (34,9%), du ministère de la Santé (26, 3%) et d’autres ministères, des assurances privées et des mutuelles (1,2%).

Ainsi, le système de financement est fragmenté et sa répartition inéquitable. Le paiement direct des ménages constitue une source importante de financement du système, alors que le financement collectif n’a pas dépassé 50% depuis 1990. Cette situation n’est pas adaptée au financement d’un secteur dans lequel les dépenses individuelles sont en général, imprévisibles et parfois catastrophiques. Pratiquement la moitié des dépenses des ménages sont consacrées aux médicaments et environ un tiers aux soins ambulatoires. Les enquêtes auprès des ménages ont indiqué une augmentation des dépenses consacrées à la santé (de 10% en 2000). Cette hausse montre la dynamique du système de santé qui est influencée par la croissance économique, la transition démographique et épidémiologique (facteur du vieillissement de la population, augmentation du nombre d’individus en perte d’autonomie) et le progrès technologique. La hausse des dépenses de santé dépasse la croissance économique du pays et elle est prise en charge par les ménages. Une dépendance accrue à l’égard des dépenses directes des ménages indique qu’une part de plus en plus importante du financement de la santé découle d’un mécanisme qui ne garantit pas une mutualisation adéquate des risques ni une protection sociale de la population. Entre 1990 et 2013, les dépenses totales du ministère ont augmenté à un taux moyen supérieur à 10%.

Le ministère reste la source la plus importante pour le financement de tous les établissements de santé publique en particulier pour les HC avec un taux égal à 80%. Ce taux est moins important pour les HR et EPS (60% et 50% respectivement). La CNAM représente la deuxième source de financement importante avec un taux proche de 40% pour les EPS, 30% pour les HR. Alors que les ménages sont la source la moins importante pour le financement des hôpitaux avec un taux presque égal à 8% pour les EPS, 9% pour les HR et 18% pour les HC.

Une centralisation excessive

Le système de santé en général et les systèmes de soins en particulier demeurent caractérisés par une centralisation excessive, exercée par les ministères chargés de la santé, des finances et de la fonction publique pour ne citer que ceux-là. Toutefois, des tentatives de décentralisation et de déconcentration ont été opérées sans résultats palpables car le pouvoir de décision, les ressources humaines et financières ainsi que les investissements demeurent toujours du ressort de l’administration centrale.

L’étude réalisée constitue une première phase. Elle est articulée en quatre parties majeures à savoir; le diagnostic de l’existant et des performances des hôpitaux publics tunisiens, les défis auxquels les hôpitaux sont confrontés, les réformes pour un hôpital public tunisien performant constituant une référence en termes de soins, de formation et de recherche et les préconisations de mise en œuvre.

Une deuxième phase est programmée en vue de faire une analyse systémique dégageant les priorités stratégiques sur lesquelles seront construits des scénarios.

L’objectif principal de cette étude est d’élaborer une feuille de route pour concevoir et mettre en œuvre la mise à niveau du secteur hospitalier public et partant, l’amélioration de la performance du système de santé tunisien. Il serait utile de préciser que cette étude traitera de l’hôpital public avec ses trois niveaux, tout en étant conscients que leurs performances dépendent en grande partie de celles de l’écosystème sanitaire et de l’hôpital privé, en excluant les activités médicales ambulatoires. Pour cela, il a été jugé impératif de redéfinir l’architecture, le rôle et les moyens nécessaires à chaque niveau d’établissement de santé en vue de rapprocher les soins des citoyens et de désengorger les hôpitaux de troisième niveau pour les recentrer sur leurs vraies missions de soins, de formation et de recherche.

L’objectif final vise l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins dans les établissements hospitaliers publics tunisiens et l’identification des orientations stratégiques dessinant les contours de l’hôpital de demain, dans un système de santé accessible, réactif et efficient.

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Une intrusion de grande ampleur a eu lieu dans les bases de données de l'opérateur téléphonique Orange en France . Il s'agit d'un piratage de grande ampleur

C’est dans une ambiance conviviale et chaleureuse, ce jeudi 6 septembre 2018, que l’opérateur de téléphonie mobile Orange Tunisie a dévoilé les noms des trois lauréats nationaux du prix Orange de l’entrepreneur social 2018. Le premier prix (10 000 DT) a été attribué au projet Seabex, représenté par Amira Cheniour. Il s’agit d’une plate-forme intelligente de contrôle et d’automatisation dédiée à l’agriculture de précision qui permet d’optimiser l’utilisation des ressources, notamment l’eau, l’énergie et les fertilisants, et d’améliorer la production. Le deuxième lauréat du 2ème prix (6000 DT) c’est Mohamed Ali Bennour, son projet porte sur une application de mise en relation entre professionnels (cleaners) du lavage automobile écologique et particuliers ; elle offre un service de lavage automobile qui utilise très peu d’eau. Le troisième lauréat (4000 DT) c’est le projet Epilert, une plate-forme médicale web et mobile basée sur l’intelligence artificielle et dédiée aux enfants souffrants d’épilepsie.

Outre ce soutien financier, les lauréats bénéficieront d’un accompagnement sur mesure par Orange Tunisie, notamment dans le cadre de son programme innovation. Ils seront ainsi qualifiés pour participer à la grande finale internationale et seront en compétition avec ceux des autres pays d’Afrique et du Moyen-orient où Orange est présent, soit au total 51 candidats. Les trois lauréats internationaux recevront respectivement l’équivalent de 2500 et 10 000 euros et bénéficieront d’un accompagnement par des professionnels de la création et du financement de jeunes entreprises. La cérémonie de remise des prix internationaux aura lieu le 14 novembre lors des AfricaCom Awards au Cap (Afrique du Sud).

S’exprimant lors de cette rencontre, Thierry Millet, CEO Orange Tunisie, a souligné l’engagement de la société en matière d’accompagnement des réussites individuelles pour incarner les nouvelles générations et du coup booster ce dynamisme technologique qui représente la nouvelle image de la Tunisie en interne et à l’étranger.

Quant à elle, Brigitte Dumont, en charge de la RSE du groupe Orange, a indiqué que “l’entrepreneuriat est une partie de la révolution et de la transformation digitale qui touche  tous les pays du monde (…). Le digital est un levier de progrès pour la Tunisie et le prix Orange est la meilleure illustration“, a-t-elle assuré.

Il est à noter à ce propos que l’appel à candidatures a recueilli 252 dossiers provenant de tout le territoire et de haute qualité. Ces projets illustrent tout à fait le potentiel des télécommunications dans le développement du pays, dans les domaines aussi variés que la culture, l’éducation, la santé, l’agriculture ou encore les services.

C’est en effet pour la 8ème année consécutive qu’Orange encourage les porteurs d’idées à se lancer dans l’entrepreneuriat social et technologique en leur proposant non seulement un appui financier mais également de l’accompagnement personnalisé à travers différentes initiatives, dont le Prix Orange de l’Entrepreneur Social. Orange confirme sa volonté de devenir le partenaire stratégique de la transformation numérique et le partenaire incontournable des start-ups technologiques et sociales sur le continent africain.

6 finalistes étaient en compétition pour présenter leurs projets face à un jury d’experts en entrepreneuriat. Il s’agit de : Firas Rhaiem (Epilert), Ferid Kamel (3D Wave), Khaoula Ben Ahmed (MooVoBrain), Mohamed Ali Bennour (VapNow (Nettwork), Salsabil Thabti (Vsober), et Amira Cheniour (Seabex).

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Le président de la Chambre syndicale nationale des promoteurs immobiliers (CSNPI), Fahmi Chaâbane, a tiré ce mardi 04 septembre 2018 la sonnette d’alarme sur la dégradation du secteur du bâtiment et de la promotion immobilière, à cause de la hausse des prix des matériaux de construction et des terrains mais aussi de la crise économique qui sévit dans le pays depuis plusieurs années sans que l’État et les parties responsables prennent en considération l’ensemble des difficultés auxquelles fait face le secteur.

Dans une déclaration à Africanmanager en marge d’une réunion de travail tenue ce mardi 4 septembre 2018 à l’UTICA à laquelle un bon nombre de promoteurs immobiliers, des représentants de la chambre et des experts fiscales ont pris part, Chaâbane a appelé le gouvernement piloté par Youssef Chahed, le gouverneur de la banque centrale de Tunisie (BCT) et le ministre des Finances à réagir et sauver le secteur de la promotion immobilière qui subit une injustice grave, selon ses dires.

Il a par ailleurs indiqué que cette réunion a été une occasion pour reformuler un certain nombre de propositions à prendre en considération par les parties responsables, notamment suite au démarrage des concertations autour du projet de la loi de finances 2019. Ainsi, il a appelé à accélérer l’élaboration de la loi de finances 2019 ou encore la loi de finances complémentaire relative à l’année 2018, des lois qui devraient apporter des changements dans le secteur du bâtiment, d’après lui.

Il a recommandé à ce propos de réduire la TVA imposée au promoteur immobilier et qui devrait se situer à 13% en 2019 et 19% à partir de l’année 2020, des taux qu’il qualifie de très élevés eu égard aux difficultés financières du secteur. Selon ses déclarations, plusieurs sociétés immobilières ont déclaré la faillite et ont été contraintes de mettre la clé sous la porte. En effet, les dettes des promoteurs immobiliers auprès des banques s’élèvent actuellement à près de 5200 Millions de dinars et une grande majorité se trouve dans l’incapacité de payer les sommes dues, a encore expliqué le président de la CSNPI.

Chaâbane a par ailleurs rappelé que la chambre avait déposé en mai dernier un recours auprès de la chambre des promoteurs immobiliers pour réduire la TVA, mais le tribunal n’a pas encore rendu son jugement, une des raisons ayant poussé la chambre à se réunir aujourd’hui pour de nouveau appeler le chef du gouvernement à intervenir pour sauver le secteur, en changeant certaines lois qu’il qualifie de handicapantes.

Nous signalons toutefois à cet effet que le projet de la loi de finances 2019 prévoit de réduire l’impôt sur le secteur de l’immobilier. Comme le stipule la loi de finances 2018, les logements commercialisés par les promoteurs immobiliers sont soumis en 2018 et 2019 à une TVA de 13% et de 19% en 2020. Outre la réduction de la TVA, Chaâbane a appelé à prolonger la période de remboursement des crédits pour passer à 30 ans au lieu de 20 ans actuellement, à rééchelonner les crédits des promoteurs immobiliers, à tenir un Conseil ministériel consacré au secteur du bâtiment et de la promotion immobilière et à alléger l’autofinancement jusqu’à 20% contre 30% présentement.

Fahmi Chaâbane a également appelé à simplifier les procédures et supprimer l’autorisation du gouverneur pour les étrangers qui souhaitent acheter des logements en Tunisie, soulignant que dans le cadre du programme du “Premier logement”, seuls 24 appartements ont été vendus par 57 promoteurs immobiliers du pays et ce, depuis le début de l’année 2018 jusqu’au 25 mai dernier.

Il a expliqué cette réticence par la crise du secteur du bâtiment et de la promotion immobilière en général ainsi que par la lourdeur et la complexité des lois imposées aux promoteurs immobiliers, citant l’impôt sur le secteur immobilier ou encore l’autorisation du gouverneur pour les étrangers souhaitant acquérir un bien immobilier en Tunisie, deux grands facteurs qui ont fortement impacté les opérations de vente du secteur du bâtiment, selon Chaâbane.

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L’Institut One To One a rendu publics, ce lundi 3 septembre 2018, les résultats de l’Afrobaromètre sur la Démocratie en Tunisie, un sondage réalisé durant la période du 1er avril au 5 mai 2018, sur un échantillon de 1200 personnes réparties sur les 24 gouvernorats. Il en ressort en effet que 29% des personnes sondées considèrent que la Tunisie est un pays non démocratique contre seulement 14% en 2015, et 6 sur 10 considèrent la Tunisie comme un “pays non démocratique” ou bien “un pays démocratique qui fait face à des problèmes structurels“. De plus, 51% des interrogés ont déclaré qu’ils sont ou bien “insatisfaits” ou bien “totalement insatisfaits” de la démocratie en Tunisie.

Le sondage a en outre révélé une forte baisse au niveau du nombre des Tunisiens qui préfèrent la démocratie aux autres régimes, passant ainsi de 71% en 2013 à 46% en 2018.

Par ailleurs, 57% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles “ne s’intéressent pas du tout” ou “ne sont pas intéressés” par les élections, bien que 64% soient en faveur d’élections transparentes et équitables.

Rafik Halouani, coordinateur général du réseau «Mourakiboun», a qualifié de “fou” celui qui croit en la démocratie en Tunisie, soulignant que le citoyen a fortement désiré la démocratie mais en réalité rien n’a été réalisé, selon ses dires.

ll a étayé ses propos par l’absence de développement et de progrès dans le pays. “Pas de progrès en Tunisie (…) la situation est catastrophique à tous les niveaux (…)“, a-t-il asséné.

Il a en outre indiqué que les Tunisiens ne font pas confiance aux élections parce qu’ils les considéraient comme un moyen de changer le cours des choses, alors qu’à l’arrivée rien n’a bougé pour eux. Il a rappelé le taux de participation trais faible aux élections législatives. “Cela témoigne de l’échec de l’ISIE et du pays en général à convaincre les gens pour participer aux élections (…) ils ont réussi à écarter les citoyens de l’affaire publique où point que le Tunisien se fout même de la personne qui va gouverner le pays“, a-t-il dit.

Toujours, selon One to one, 57% des citoyens n’étaient pas intéressés par les élections municipales et 84% n’avaient aucune information à propos de cette échéance.
Les mêmes résultats ont révélé une baisse de confiance en l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) puisqu’en 2015, trois personnes sur dix avaient déclaré avoir totalement confiance en l’ISIE alors qu’en 2018 ce taux est d’à peine 16%.

Les résultats du sondage ont également montré que 29% des Tunisiens approuvent l’idée que le régime de gouvernance soit inspiré de l’islam, 26% trouvent qu’il serait préférable que les hommes religieux puissent occuper des postes publics dans l’Etat et 25% considèrent que la démocratie est contradictoire avec les principes de l’islam.

Selon le même sondage, 22% des interviewés pensent que dans un pays musulman, les non musulmans doivent bénéficier de moins de droits politiques et 54% des Tunisiens préfèrent que le pays soit gouverné par les lois civiles.

58% des Tunisiens soutiennent la redevabilité du gouvernement alors que seulement 41% approuvent le pluralisme politique.
Evoquant les trois premiers problèmes auxquels est confronté le pays, les personnes interviewées ont cité en premier lieu la gestion de l’économie, à 58%, le chômage en second lieu à 37% et la corruption en troisième lieu avec 22%.

Sur la question de l’économie, 79% des Tunisiens estiment que le pays est sur la mauvaise voie et 72% qualifient la situation économique de mauvaise ou de très mauvaise.

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La direction de la société ChocoTom a décidé, ce jeudi 30 août 2018, de nouveau, de fermer ses portes et de mettre au chômage près de 900 salariés, et ce malgré sa promesse de reprendre ses activités depuis le 15 août dernier.
Elle a expliqué, dans un préavis de lock-out dont une copie est parvenue à Africanmanager, qu’il a été impossible de reprendre ses activités devant la grève observée par un certain nombre d’employés.

Contacté par Africanmanager, Sami Ayed, PDG de la société ChocoTom, a dénoncé les actes de vandalisme et de banditisme de la part de certains salariés de la société, expliquant que la boîte fait partie d’une grosse société appartenant à un investisseur étranger installé en Tunisie et employant près de 1500 personnes dans le pays.

Cet investisseur a décaissé cette année près de 100 Millions de dinars et il est considéré parmi les plus gros exportateurs d’huile d’olive tunisienne, a-t-il dit ; il compte lancer un autre projet d’investissement dont la valeur est estimée à 70 Millions de dinars, des investissements qui pourraient malheureusement tomber à l’eau suite au lock-out décidé par l’entreprise.

Selon ses déclarations, l’investisseur en question comptait également lancer un projet dans l’huile d’olive dans le gouvernorat de Zaghouan avec un coût estimé à 30 Millions de dinars. La production devait être destinée à l’exportation.

Il a toutefois indiqué que les actes de vandalisme et de violence exercés à l’encontre des agents de la sécurité, les cadres de la société vont amener la société à annuler ses investissements prévus en Tunisie. “Les gens ne veulent pas appliquer la loi“, a assuré Ben Ayed, avant d’ajouter que la liberté de travailler est aussi un droit constitutionnel tout comme la grève. “Empêcher les gens de travailler impactera négativement la société, surtout qu’une bonne partie de sa production est destinée à l’exportation“, a-t-il ajouté.

Sami Ayad a, dans le même cadre, indiqué que la société a convoqué 8 salariés, auteurs des actes de vandalisme, devant le conseil de discipline suite à la grève du 17 juillet dernier et qui s’est soldée par des actes de violence contre les agents de la sécurité, les cadres de la société et certains syndicalistes. Une décision qui a été prise en accord avec la partie syndicale, selon ses dires.

Quant à lui, un chef de projet à la société ChocoTom, Amine Jdir, a indiqué qu’une vingtaine d’employés ont refusé de regagner leurs postes et ont posé d’autres demandes qui n’ont aucun lien avec le droit syndical. lls ont également empêché leurs collègues de rejoindre leurs postes.

Au début le conflit a opposé les dirigeants de la société et le syndicat, la direction a décidé le 17 juillet dernier d’entamer un lock-out d’un mois à partir du 31 juillet 2018, pour exiger le respect des droits de l’employeur et garantir la non-ingérence de la partie syndicale.

Nous rappelons également à ce propos que la centrale patronale a annoncé dans un communiqué paru le 14 août dernier qu’une réunion de négociation a eu lieu le même jour, au siège de l’UTICA, à propos du dossier de la société ChocoTom et qu’elle avait abouti à la résolution du conflit. Cette réunion s’est tenue en présence du président de l’UTICA, Samir Majoul, du secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, du ministre de l’Industrie et des PME, Slim Feriani et du PDG de la société ChocoTom, Sami Ayed.

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Le Conseil du Marché Financier vient de présenter au président de la République son vingt-deuxième rapport annuel relatif à l’année 2017. Ledit rapport a mis en exergue les principales réalisations ayant eu lieu dans le cadre du marché financier tunisien au cours de l’année écoulée.

Il est à noter que les résultats globalement positifs réalisés au cours de l’année 2017 par le marché financier tunisien, nonobstant la situation délicate de la conjoncture économique nationale et internationale, témoignent de la confiance dont jouit le marché financier auprès des investisseurs et des sociétés notamment au vu de la poursuite de l’enrichissement de la cote de la bourse via l’introduction de nouvelles sociétés ainsi que l’amélioration des indicateurs du secteur du capital risque. Ces aspects constituent en effet un signal fort du développement du rôle du marché financier dans le financement de l’investissement privé en plus du financement bancaire classique.

L’année 2017 a vu ainsi la poursuite des efforts tendant à enrichir la cote de la bourse des valeurs mobilières de Tunis et ce, à travers l’introduction de deux nouvelles sociétés : la première sur le marché principal et la seconde sur le marché alternatif de la bourse, ce qui a permis de générer une capitalisation supplémentaire de 78,5 millions de dinars. Le nombre de sociétés introduites en bourse a ainsi atteint 81 à la fin de l’année 2017 dont 13 sont listées sur le marché alternatif.

Par ailleurs, l’année 2017 a également connu une forte amélioration du taux de participation du marché financier dans le financement de l’investissement privé, lequel a atteint 13,2% contre 9% en 2016. Cela est dû notamment à la progression du volume des capitaux levés par les sociétés faisant appel public à l’épargne au titre des émissions sur le marché financier qui ont atteint 1265,1 millions de dinars contre 817,2 millions de dinars en 2016.

Au niveau du marché secondaire de la bourse, l’indice Tunindex a clôturé l’année 2017 avec 6281,83 points enregistrant une progression annuelle notable de 14,45% par rapport à l’année 2016 au cours de laquelle il a connu une amélioration de 8,86%. Les cours boursiers des sociétés introduites se sont globalement appréciés, ainsi 39 sociétés ont vu leurs cours progresser contre 24 régressions. De même, le volume global des échanges en bourse sur les titres de capital s’est développé en 2017 de 36,59%, atteignant 2472,4 millions de dinars.

Quant à la capitalisation boursière globale elle a enregistré durant l’année 2017 une hausse de 13,22% par rapport à 2016 pour atteindre 22 millions de dinars. Cette progression s’explique par l’appréciation des cours des sociétés représentées dans l’indice phare de la bourse de Tunis ainsi que par les opérations d’augmentation de capital réalisées par plusieurs sociétés introduites via l’émission de nouvelles actions.

Hausse de 26% de l’intermédiation boursière

S’agissant du secteur de l’intermédiation boursière, il a enregistré une croissance de 26% du volume global des opérations réalisées par les intermédiaires en bourse, lequel a atteint 3480 millions de dinars contre 2764 millions de dinars en 2016. Le volume des échanges sur la cote de la bourse s’est également nettement développé passant de 1740 millions de dinars en 2016 à 2472 millions de dinars au cours de l’année 2017.

Pour ce qui est du secteur de l’intermédiation boursière, qui contribue grandement à l’animation du marché, il a enregistré une croissance de 26% du volume global des opérations réalisées par les intermédiaires en bourse, lequel a atteint 3480 millions de dinars contre 2764 millions de dinars en 2016. Le volume des échanges sur la cote de la bourse s’est également nettement développé passant de 1740 millions de dinars en 2016 à 2472 millions de dinars au cours de l’année 2017.

Quant au nombre des organismes du secteur du capital risque en activité, il s’est élevé au cours de l’année 2017 à 111, répartis entre 60 sociétés d’investissement à capital risque, 43 fonds de placement à capital risque et 8 fonds d’amorçage. Le nombre de projets réalisés en 2017 a atteint 136 projets avec une contribution du secteur du capital risque d’une valeur globale de 485,8 millions de dinars. Ces projets ont permis de créer 7500 postes d’emploi directs et 27,3% d’entre eux ont concerné des sociétés employant moins de 50 agents. Cela révèle l’importance du secteur du capital risque en matière de renfoncement des fonds propres des petites et moyennes entreprises.

Sur le plan de la régulation et du contrôle du marché, le rapport du CMF a détaillé les mesures entreprises en la matière pour renforcer l’intégrité et la sécurité de la place de Tunis. Ces efforts ont permis notamment d’accroître le nombre des sociétés cotées en bourse ayant respecté le délai légal de communication de leurs états financiers. En effet, le pourcentage des sociétés ayant communiqué leurs états financiers durant les quatre mois suivant la clôture de l’exercice comptable a progressé pour atteindre 94% des sociétés cotées. De même, le taux de respect par les sociétés cotées des délais de publication des états financiers semestriels s’est inscrit à la hausse passant de 66% en 2016 à 68% en 2017.

De même, le Conseil a focalisé son attention au cours de l’année écoulée sur les informations financières publiées via internet au vu de l’importance acquise par ce nouveau moyen de diffusion auprès de l’ensemble des investisseurs ce qui nécessite d’accentuer les contrôles en la matière afin de garantir la véracité et la fiabilité des informations publiées.

Ouverture de 7 enquêtes

On note également l’ouverture par le CMF au cours de l’année 2017 de quatre enquêtes et la prise de décisions au sujet de trois autres enquêtes ouvertes en 2016. Le collège du Conseil du Marché Financier a ainsi prononcé des sanctions pécuniaires pour non respect du principe de transparence concernant l’obligation de divulgation d’informations financières conformément à la loi et l’utilisation d’une information privilégiée dans le cadre d’opérations de négociation en bourse. De même le collège du CMF a retiré l’agrément d’une société de gestion et d’un fonds commun de placement et ce, pour non respect des dispositions légales et réglementaires en vigueur régissant l’activité de capital investissement. Ces procédures disciplinaires ont pour finalité la préservation de l’intégrité du marché et la garantie de la sécurité des transactions.

Sur le plan réglementaire l’année 2017 a également été marquée par la participation du CMF à l’élaboration du projet de code des organismes d’investissement collectif et ce, au vu de l’importance du secteur du capital risque dans la création des emplois notamment à l’échelle régionale et dans l’encouragement de l’innovation et des nouvelles technologies. Le CMF a également pris soin d’élaborer au cours de l’année 2017 deux guides pédagogiques : le premier relatif aux mesures pratiques pour la répression du blanchiment d’argent et la lutte contre le financement du terrorisme, et le second concernant la lutte contre les manquements sur le marché. Ces guides ont pour finalité de simplifier les procédures d’application des règlements du Conseil du Marché Financier relatifs à ces sujets, ce qui est de nature à permettre aux professionnels et aux intervenants du marché de respecter leurs obligations légales et contribuera à renforcer l’intégrité et la sécurité du marché financier tunisien.

Enfin, le rapport 2017 du régulateur du marché, fait part des activités du CMF en matière de coopération internationale et régionale principalement avec l’organisation internationale des commissions de valeurs (OICV) et les instances de régulation analogues. Dans ce cadre, le CMF a organisé au cours de l’année 2017 la onzième réunion annuelle de l’Union Arabe des Autorités de Valeurs Mobilières à laquelle ont pris part les autorités de régulation financière de quinze pays membres de l’Union. Au cours de ladite réunion la présidence de cette prestigieuse organisation régionale a été attribuée au Président du Conseil du Marché Financier ce qui constitue une reconnaissance des avancées réalisées sur le marché financier tunisien au cours des dernières années notamment au niveau du renforcement du cadre légal en vigueur et de l’accélération du rythme des introductions en bourse. Cette distinction a permis également de mieux faire connaître les opportunités d’investissement sur le marché financier tunisien à travers l’attraction des capitaux arabes et notamment ceux des pays du Golfe.

En résumé et en dépit d’une conjoncture économique difficile, le marché financier tunisien est parvenu, grâce à la conjugaison des efforts de tous les intervenants, à préserver sa stabilité. Il n’en demeure pas moins que les problématiques auxquelles fait face ce marché requièrent la poursuite et la consolidation des réformes déjà entreprises et ce, pour exploiter au mieux toutes les pistes de croissance, renforcer la compétitivité de l’économie nationale et permettre au marché financier de jouer pleinement son rôle en matière de financement de l’investissement et d’impulsion du rythme des créations d’emplois.

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Dans une déclaration faite aux médias, le président du conseil d’administration de la société Tunisie Valeurs, Fadhel Abdelkefi a annoncé avoir déposé une demande auprès de la Banque centrale de Tunisie (BCT) pour devenir la deuxième banque d’affaires dans le pays après celle dirigée par Habib Karaouli, CAP Bank (ex BAT). La société attend actuellement l’agrément de l’Institut d’émission pour se transformer en une banque d’affaires, agrément qui  devrait lui parvenir dans quelques mois, selon ses dires :  “C’est une étape très importante pour nous et elle va nous permettre de mieux nous positionner à l’international en matière d’exportation de ses services financiers”, a ajouté Abdelkefi.

“Accroître sa notoriété à l’échelle nationale et internationale, garantir la liquidité du titre, pérenniser la société et bénéficier de l’avantage fiscal en ouvrant plus de 30% du capital”, tels sont les principaux objectifs de la société Tunisie Valeurs qui vient d’annoncer, lors d’une rencontre tenue, ce mercredi 29 août 2018 à la bourse de Tunis, et assistée par un bon nombre d’intermédiaires en bourse, d’analystes financiers et de journalistes, annoncé son introduction officielle en bourse à travers une offre à prix ferme portant sur 30,23% du capital.

Adossée à un réseau de 10 agences et à une équipe de plus de 100 personnes, TUNISIE VALEURS se classe aujourd’hui parmi les opérateurs les plus actifs de la place, gérant 878 MDT. Au 31 décembre 2017, son chiffre d’affaires a enregistré une évolution de 11,8% par rapport à 2016 passant de 13817mDT en 2016 à 15 453 mDT en 2017. Son résultat net a atteint 3 472 mDT contre 127 mDT au 31/12/2016 et ses fonds propres s’élèvent à 23 216 mDT. Elle a eu l’accord du CMF deux mois après.

Au cours de la même période, l’EBITDA (revenu avant soustraction des intérêts, impôts (taxes), dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations), s’est bonifié de 20,2% par rapport à fin 2016 pour se situer à 5 607 MD et représente une proportion du chiffre d’affaires de 36,3%.
Au 30 juin 2018, le volume traité par TUNISIE VALEURS a atteint les 912 561 MD, en décalage de 4%, par rapport à 2017, en raison de la baisse du volume des opérations d’enregistrement en Bourse.

Quant aux produits financiers, ils ont progressé de 20% à 542 554 D et les charges financières ont baissé de 36% pour atteindre 14 847 D.

S’agissant du business plan, Walid saibi, DG de Tunisie valeurs a tenu à préciser que les perspectives de la société ne sont pas très optimistes vu les difficultés du secteur. Il s’agit plutôt, selon lui, de maintenir le positionnement de la société et sa part de marché et préserver ses acquis notamment en matière d’intermédiation.

Il a par ailleurs indiqué que le chiffre d’affaires de la société a connu une amélioration durant l’année 2017 contrairement à l’année 2016 où le résultat a été pénalisé par une perte exceptionnelle de 2,9MDT. Jusqu’au 13 juillet 2018, ses chiffres s’annoncent aussi bons grâce à une importante opération d’intermédiation réalisée par la société.

Avec 800 MDT d’OPCVM gérés aujourd’hui, Tunisie Valeurs est le premier gestionnaire de la place avec 17,8% de part de marché. En 1997, la société a mis en place un bureau d’études en vue de proposer aux investisseurs de la recherche fondamentale sur les sociétés cotées. Cet élément a été déterminant pour attirer les capitaux étrangers sur la place de Tunis. Agréée en 1999 en tant que Spécialiste en Valeurs du Trésor (SVT) par le ministère des Finances, Tunisie Valeurs demeure l’unique SVT non bancaire du pays.

En 2000, Tunisie Valeurs a lancé l’activité de gestion individuelle pour le compte de tiers. Aujourd’hui, elle gère 400 comptes pour un montant global de 78 MD. Et c’est en mars 2018 que la société a décidé d’entamer le processus d’introduction en Bourse.

Modalités de l’offre

-Offre à Prix Ferme (OPF) de 604 572 actions au public, représentant 30,23% du capital social de la société.

-Placement Privé de 100 000 actions, représentant 5% du capital social de la société. Ce placement privé sera réalisé aux mêmes conditions de prix que l’OPF.

Caractéristiques de l’offre

Catégorie A : Institutionnels tunisiens et/ou étrangers y compris les OPCVM sollicitant au minimum 1001 actions et au maximum 100 000 actions. Cette catégorie portant sur 170 000 actions sera répartie au prorata des souscriptions.

Catégorie B : Personnes physiques et/ou morales, tunisiennes et/ou étrangères hors institutionnels sollicitant au minimum 1001 actions et au maximum 10 000 actions. Cette catégorie portant sur 350 000 actions sera répartie au prorata des souscriptions.

Catégorie C : Personnes physiques et/ou morales, tunisiennes et/ou étrangères hors institutionnels sollicitant au minimum 100 actions et au maximum 1 000 actions. Cette catégorie portant sur 84 572 actions sera répartie de manière égalitaire entre les différents souscripteurs.

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Lors d’une conférence-débat tenue ce mardi 28 août 2018 à l’IHEC de Carthage à l’initiative de l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites), l’économiste Abdeljelil Bedoui a appelé à mettre en place une loi d’urgence économique pour accélérer la croissance et sauver l’économie tunisienne qui est en route vers la détérioration, selon ses dires. Cette loi d’urgence économique doit permettre au gouvernement de confisquer tous les fonds du marché parallèle et de l’évasion fiscale.

Un plan de sauvetage économique s’avère plus qu’une nécessité (…) Nous avons besoin de mesures exceptionnelles… On n’a plus le temps pour le bricolage“, a-t-il dit.

El Bedoui a également proposé, pour sauver le pays de la crise, de changer la monnaie ou les billets de banques, de mettre en place un programme de contrôle pour certains produits importés et de réviser les conventions économiques conclues.

Outre ces recommandations, il a appelé à se concentrer sur le secteur de l’agriculture et des bâtiments comme facteurs de croissance et de richesse pour le pays : “Ce sont eux seulement qui vont faire bouger les choses“, a-t-il assuré.

Dans cet ordre d’idées, il a accusé la classe politique de vouloir accentuer cette détérioration par la transition démocratique et de s’accrocher à la moindre amélioration au niveau des indices économiques pour convaincre les gens que les choses sont en train de s’améliorer, alors que la croissance enregistrée est tributaire ou bien de facteurs naturels comme le cas de l’agriculture ou de facteurs externes provenant de l’amélioration de la croissance chez nos partenaires étrangers, a-t-il expliqué. “La crise est profonde et tous les indices économiques virent au rouge et aucune démarche radicale n’a été entamée malgré l’échec de toutes les politiques de relance économique mises en place par les gouvernements qui se sont succédé à la Révolution“, a encore dit El Bedoui.

Il a en outre indiqué que de nos jours le concept de réforme est dévoyé et le Tunisien a peur des réformes puisque ces dernières portent atteinte aujourd’hui ou bien à l’État, à sa souveraineté, aux libertés ou aux acquis sociaux.

De plus, a ajouté l’économiste, le discours politique a renoncé à l’idée de revoir le modèle de développement économique actuel alors qu’elle a été fortement défendue dans les programmes de tous les partis politiques.

Il a dans le même contexte indiqué que les politiques de relance économique entreprises par les différents gouvernements manquent de programmes de développement futurs et tout ce qui a été fait est un ensemble de mesurettes visant la gestion quotidienne de la réalité économique, dénonçant ainsi la politique visant à marginaliser les cadres et les compétences tunisiennes pour suivre des agendas partisans. “Toutes les politiques entreprises ont été inscrites dans le cadre du même modèle de développement économique qui a déjà montré ses limites depuis plusieurs années“, a-t-il soutenu.

Abdeljelil Bedoui a d’autre part assuré que l’économie tunisienne a perdu toutes ses bases : déficit énergétique, déficit budgétaire, déficit commercial, déficit institutionnel, fuite des cerveaux et enfin fuite des capitaux, laquelle fait perdre à l’État près de 60 Milliards de dollars, selon ses dires.

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Wissem Heni, chef de projet à l’Institut de gouvernance des ressources naturelles (RGI) a appelé, dans une déclaration à Africanmanager, à accélérer la révision du code minier tout en se basant sur les résultats de la version 2017 du RGI, laquelle mesure la qualité de la gouvernance des ressources naturelles dans 81 pays et accorde un score faible au secteur minier en Tunisie avec 46/100, un score nettement inférieur à celui du secteur pétrolier tunisien (56/100).

Selon ses déclarations, le secteur des Mines demeure marginalisé et souffre depuis toujours de plusieurs insuffisances, faisant remarquer dans le même contexte que contrairement au secteur des hydrocarbures (pétrole et gaz) qui a connu depuis l’année 2014 une amélioration, le secteur des mines reste au ras des pâquerettes, et personne n’en parle, ni les autorités ni les médias, selon ses dires.

Il a imputé la mauvaise gestion et le manque de transparence dans le secteur des mines à l’absence de stratégie et de vision claire pour les prochaines années.

Le responsable a par ailleurs expliqué que dans le secteur des hydrocarbures les choses se sont améliorées suite à la publication des contrats pétroliers et le lancement d’un site web en la matière.

En effet, selon une étude récente réalisée par l’Institut en question, la différence entre la gouvernance des deux secteurs devient plus nette lorsqu’on voit leur classement ; le secteur miner était à la 48ème position sur un total de 89 tandis que le secteur des hydrocarbures était logé au 26ème rang sur 89. Les écarts de gouvernance entre les deux secteurs pour les différents éléments du RGI résident aussi bien dans toutes les composantes de la réalisation de la valeur (procédures d’attribution des titres, imposition, impact local et entreprises publiques) que pour celles liées à la gestion des revenus.

Ainsi, la réforme du système actuel prévue par le Code minier de manière prioritaire est la condition nécessaire à l’amélioration de la gouvernance dans le secteur minier tunisien. Le RGI a montré l’existence de certaines défaillances en matière de transparence et de redevabilité dans les aspects juridique et institutionnel du secteur minier, et il peut donc être une référence importante dans le processus de réforme du Code minier.  À titre d’exemple, le RGI a accordé un score de 43/100 à la procédure d’octroi des titres miniers et, avec un tel score, la procédure est considérée comme médiocre en termes de gouvernance selon l’indice.

Le manque de transparence dans l’octroi des titres et des contrats miniers est un déficit majeur de gouvernance dans le secteur, comme identifié par le RGI.

Ainsi, le secteur minier tunisien est classé parmi les pires au monde en matière de transparence des règles d’octroi des titres miniers avec un score de 25/100.

Pour renforcer la transparence du secteur minier et du Code minier, l’étude souligne que le processus même d’amendement de ce code devrait aussi être un processus transparent, ouvert et inclusif. Il est important d’opter pour une approche participative dans la révision du Code à travers l’implication de la société civile et de soumettre le projet d’amendement à la consultation publique. Le NRGI entend participer au processus relatif à cet amendement à travers cette étude, laquelle met l’accent sur les volets de la transparence et de la gouvernance. Ces deux volets peuvent certainement contribuer à apaiser les tensions entre les parties prenantes, ce qui encouragera l’investissement dans le secteur minier, avec un climat propice et attractif basé sur des règles clairement définies.

Toujours selon l’étude, le système actuel d’octroi des permis comporte certaines insuffisances en matière de transparence. Ces lacunes proviennent de la complexité de la procédure, l’absence de règles claires d’interprétation, la consécration timide de la concurrence et l’opacité qui règne tout au long du processus.
L’étude a également évoqué la complexité de la procédure : étant donné que les procédures d’octroi des permis sont réparties entre plusieurs textes et qu’elles ne sont pas suffisamment détaillées, leur application et leur interprétation se basent sur la pratique habituelle.

Pour garantir l’instauration d’un contrôle parlementaire efficace, le NRGI appelle à faire référence à la nouvelle Constitution et notamment à l’article 13 dans l’article premier du Code minier, à modifier l’article 2 qui définit les titres miniers pour consacrer l’option choisie parmi celles susmentionnées relativement à l’interprétation de l’article 13 de la Constitution concernant les cahiers des charges.

S’agissant des recommandations, l’étude propose d’inclure dans le Code des mines des dispositions exigeant la publication des cahiers de charges et (le cas échéant) des contrats/conventions dans le journal officiel et sur le site Web du ministère. Ces dispositions serviront de base juridique des publications des contrats, dont le processus a été déjà initié par le ministère mais qui reste tributaire de la volonté politique des décideurs et non pas une obligation légale.

L’institut propose aussi d’ajouter dans l’article 12 la nécessité d’avoir l’avis conforme du CCM pour les conventions particulières ou contrats d’investissements, avant leur soumission au Parlement pour avis ou approbation.

Outre ces deux propositions, l’Institut indique également que pour assurer le développement durable et équitable du secteur, exiger un contrôle général sur le secteur et non pas seulement sur les contrats miniers, l’Assemblée nationale devra suivre les activités du secteur au-delà du processus d’octroi des concessions ou contrats. Cela pourrait se concrétiser par des audiences, l’envoi régulier de rapports tels que ceux susmentionnés, notamment sur l’avancement des projets, le statut des opérations en cours d’exploration et de production, et les problèmes de santé, de sécurité ou d’environnement.

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En se référant au «Guide de Bonne Gouvernance de l’ETAP, nous avons constaté une amélioration en ce qui concerne la transparence au sein de l’ETAP grâce à l’application de certaines recommandations qui ont été prises au sérieux“. C’est ce qui ressort d’une étude récente réalisée par l’IACE (Institut Arabe des Chefs d’Entreprises) sous le thème “Perception de la Transparence dans le Secteur des Hydrocarbures”. Toutefois le document fait remarquer que les gens attendent encore que l’ETAP (Entreprise Tunisienne d’Activités Pétrolières) commence réellement à appliquer la transparence et adopter une stratégie de communication cohérente d’une part, et d’autre part renforcer le rôle du conseil d’administration en précédant à la nomination des représentants de la société civile et des experts relevant du secteur privé tel que mentionné dans le «guide de bonne gouvernance», selon ladite étude.

L’étude de l’IACE a toutefois signalé la nécessité de mettre fin aux abus des entreprises privées partenaires de l’ETAP concernant le contrôle de la mise en œuvre d’un plan d’action de la responsabilité sociétale des entreprises.

Revenant à la plateforme OPEN DATA 10 créée en 2015 pour mettre l’information et tous les mouvements du secteur pétrolier en Tunisie à jour, l’IACE a précisé que ce site n’est pas à jour et la dernière activité pétrolière a été publiée depuis plus d’un an, ce qui démontre la négligence de l’Etat dans l’engagement à préserver la transparence dans ce secteur.

L’IACE a en outre indiqué que le cadre constitutionnel, les engagements internationaux de la Tunisie ainsi que le droit interne de l’environnement et de la santé nécessitent un véritable engagement de la part de l’ETAP, et pourquoi pas «reconsidérer le rôle et le statut de l’ETAP» et collaborer avec les différents acteurs de la société civile afin de trouver des solutions et mettre fin aux soucis environnementaux qui menacent les ressources naturelles et les droits des générations futures.

En comparant les demandes et les interrogations des acteurs de la société civile tunisienne avec les réponses des dirigeants de l’ETAP, l’IACE a aussi constaté une sorte de confusion entre, d’une part l’information plus profondément, car cette dernière est disponible mais il faudrait être expert et spécialiste pour arriver à déchiffrer les détails et comprendre certains contenus scientifiques. D’autre part, l’ETAP devrait assumer sa part de responsabilité dans la décroissance des résultats financiers en 2016 par rapport à ceux de 2015. “Un contrôle parlementaire devrait être assuré puisque l’ETAP ne publie pas au JORT son bilan et les résultats relatifs à son exercice avant le 31 Août de chaque année conformément à la loi“, a proposé l’IACE.

Nous pourrons toutefois interpréter le mécontentement et les critiques de la société civile à l’égard de l’ETAP par certaines attitudes passives de l’administration publique en réagissant sur les demandes des chercheurs de l’information, ainsi nous concluons une véritable mauvaise communication entre ces deux parties“, ajoute l’étude.

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Il semble que la crise du secteur de la santé soit beaucoup plus profonde qu’on ne le croit et que la pénurie de médicaments n’est qu’un point parmi d’autres. Parce qu’il fait partie des domaines d’activité d’importance vitale, ce qui passe dans le secteur de la santé inquiète les Tunisiennes et Tunisiens : Corruption, endettement, sous-équipement, perturbation de la distribution de certains  médicaments, pénurie, fuite de compétences… Et la liste est encore longue.

Malgré l’annonce d’une légère reprise, la pénurie de médicaments n’est pas encore derrière nous. Dans une déclaration, ce mardi 14 août 2018, à Africanmanager, le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT), Chedly Fendri, a fait état d’une légère amélioration de l’approvisionnement en médicaments suite à l’annonce du décaissement prochainement de 250 millions de dinars, une première tranche du montant global estimé à 500 millions de dinars, dans les caisses de la Pharmacie Centrale. Cette reprise concerne 50 types de médicaments, selon ses dires.
C’est l’effet de l’annonce de l’injection de 250 Millions de dinars dans la pharmacie centrale qui a débloqué la situation et faire revenir la confiance chez nos fournisseurs”, a expliqué le responsable, avant de signaler le retour des fournisseurs qui avaient arrêté d’approvisionner la Tunisie en médicaments :  “On a senti une légère amélioration chez les fournisseurs qui ont lâché un peu“, a-t-il assuré.

Il a par ailleurs indiqué qu’une réunion se tiendra jeudi prochain avec des responsables du ministère de la Santé, de la Banque centrale, de la Pharmacie centrale, du CNOPT et du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) pour évaluer la situation et discuter les solutions.
Il a toutefois tenu à préciser que le rôle de la cellule de crise est d’évaluer et de suivre la situation, notamment en ce qui concerne la restructuration des caisses de retraite, la réforme des hôpitaux en instaurant la bonne gouvernance et la bonne gestion, et la révision du modèle de financement des hôpitaux.

Le secrétaire général du Conseil national de l’ordre des médecins, Nazih Zghala, a indiqué, lors de son passage, ce mardi 14 août 2018, sur les ondes d’Express Fm, que durant la période allant de 1987 à 2007, le nombre des médecins-femmes a été multiplié par huit, appelant ainsi à tirer la sonnette d’alarme à propos des départs, de plus en plus massifs, de nos compétences médicales à l’étranger dont une bonne partie sont des jeunes.
«D’ailleurs, à ce rythme là, nous allons, connaître un manque de médecins d’ici les 7 ou 10 prochaines années», a-t-il affirmé en substance, avant d’enchaîner sur le fait que le déficit en nombre de médecins est plus marqué chez les spécialistes des établissements hospitaliers publics qui souffrent, en plus, d’un manque flagrant d’équipements et de logistique, selon ses dires.

Le secteur de la santé est gangrené non seulement par la pénurie de médicaments et la fuite des compétences mais aussi par la corruption. Rappelons la suspension, durant l’année 2017, de directeurs d’hôpitaux, médecins et pharmaciens pour soupçons de corruption ou encore le limogeage de l’ancien PDG de la Pharmacie centrale.

A souligner également l’ampleur de l’endettement des hôpitaux publics et de la Pharmacie centrale, précisant que cette dernière traîne une dette de 500 millions de dinars tandis que pour les hôpitaux le volume des créances s’élève à 266 millions de dinars.

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La crise du médicament qui sévit dans le pays préoccupe et même inquiète depuis plusieurs semaines les Tunisiennes et les Tunisiens. Est-ce une vraie crise ou un complot contre la Pharmacie centrale? Qui est derrière cette affaire ? Est-ce la faute à la contrebande et au marché noir, comme disent certains experts du secteur ? Est-ce la résultante de la crise financière qui frappe le pays depuis plus de 7 ans ou une collusion contre la nation en général ? C’est l’ensemble des interrogations débattues, ce mercredi 8 août 2018, lors d’une table ronde organisée à l’initiative de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES).

Interrogé sur l’affaire, le PDG de la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT), Ayman El Mekki, a fait savoir qu’une reprise progressive au niveau de l’approvisionnement du marché tunisien en médicaments a été constatée et que la Tunisie recevra prochainement une première commande. Et de préciser dans le même cadre que la PCT a trouvé un accord et a payé une première tranche de ses dettes auprès des fournisseurs étrangers.
Il a aussi indiqué que le stock de médicaments disponibles actuellement couvre 88 jours de consommation nationale et que l’insuline, le médicament qui a manqué le plus, est subventionné par la pharmacie centrale à hauteur de 90% et est disponible en stock pour 5 mois et 15 jours de consommation. Les deux autres types d’insuline qui ont manqué seront prochainement disponibles sur le marché, a-t-il ajouté, appelant ainsi à ne pas confondre “pénurie” et “produit manquant“.

Le responsable a tenu par ailleurs à expliquer que la crise du médicament en Tunisie est structurelle et ne date pas d’aujourd’hui, mais plutôt de l’année 2016 et c’est à partir de là que la sonnette d’alarme avait été tirée. “C’est une crise de cumul (…) C’est depuis des années que l’État intervient pour débloquer la situation et prendre à sa charge certaines engagements“, a-t-il dit.
“Si la pharmacie centrale n’était pas supportée par l’État, elle aurait explosé depuis l’année 2016 (…) Aucune société privée ne pourrait faire face à cette situation de crise et ce fardeau“, a assuré Al-Mekki, faisant remarquer que le volume de transactions de la pharmacie centrale atteint 1.300 millions de dinars par an, alors que ses dettes auprès des hôpitaux et les fonds sociaux sont estimées à 880 millions de dinars.

Il a en revanche assuré que la crise de la pharmacie centrale a été aggravée par plusieurs facteurs dont le glissement du dinar durant les trois dernières années, l’incapacité de la pharmacie centrale à payer ses dettes auprès des fournisseurs étrangers, la contrebande, le marché noir et la hausse de la consommation.

Pour dépasser cette situation de crise, El Mekki a appelé à garantir une liquidité mensuelle de 50 Millions de dinars par mois, à activer les mécanismes permettant d’ajuster les prix des médicaments, à lancer un programme pour la promotion du secteur des médicaments en Tunisie et réviser la réglementation régissant le secteur.
Le responsable de la pharmacie centrale a également appelé à examiner la possibilité de mettre en place un fonds national pour la promotion de l’industrie pharmaceutique, un fonds qui doit être géré par le ministère de la Santé, selon ses dires.

Le PDG de la pharmacie centrale a sous un autre angle indiqué que le conseil ministériel restreint, tenu lundi 11 juin 2018, sous la présidence du chef du gouvernement, n’a approuvé qu’une seule mesure proposée par la pharmacie centrale, portant sur l’injection dans la Pharmacie centrale 500 millions de dinars de liquidités, soit l’équivalent des dettes de la PCT auprès des fournisseurs étrangers, selon ses dires.

De son côté, le PDG de la CNAM, Bechir Armani, a indiqué que des prémisses de reprise ont été constatées au niveau de la caisse, faisant remarquer que le montant des achats effectués auprès de la pharmacie centrale s’élève à 700 millions de dinars par an dont 320 millions de dinars relatifs aux médicaments spécifiques. Du coup, les transactions de la CNAM auprès de la pharmacie centrale représentent 28% du chiffre d’affaires de la pharmacie centrale qui est aux alentours de 1300 Millions de dinars, selon ses dires.
Il par ailleurs indiqué que la CNAM a trouvé un accord avec la PCT pour régler ses dettes tout en lui versant régulièrement et mensuellement 23 millions de dinars. Et de préciser que les dettes de la CNAM s’élèvent jusqu’au mois de juillet courant à 388 MDT dont 276 sont des dettes antérieures, avant d’ajouter qu’à ce rythme la dette de la CNAM auprès de la Pharmacie centrale serait de seulement 45 MDT à la fin de cette année.

Quant à lui, le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens de Tunisie, Chedly Fendri, a pointé du doigt les fournisseurs étrangers. Selon lui, l’approvisionnement de la Tunisie en médicaments était un choix pour certains laboratoires étrangers, lesquels ont, stratégiquement, suspendu les médicaments qui n’ont pas d’alternatives en Tunisie pour pousser la pharmacie centrale à payer ses dettes.
Il a toutefois indiqué que la crise du médicament est sur le chemin d’être résolue et qu’entre 40 à 50 médicaments seront prochainement disponibles sur le marché.
Chedly Fendri a toutefois écarté le fait que la contrebande soit derrière la crise du médicament en Tunisie et que la principale raison de cette crise est la pénurie de liquidité à la pharmacie centrale.

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Malgré la crise économique qui l’a frappée de plein fouet après la révolution, la Tunisie reste une destination de choix pour les investissements. Contrairement à ce que disent certains, elle continue d’attirer de nouveaux investisseurs. De nouvelles sociétés et des marques de renommée internationale s’installent et font des affaires. Cette fois-ci c’est l’industrie automobile qui devrait en profiter. Le groupe de défense turc Nurol Makina, qui auparavant a manifesté son intérêt pour la Tunisie, pour y installer une usine de montage de véhicules blindés, vient d’obtenir une concession de 8 hectares en banlieue de Bizerte.

Selon des informations rapportées par l’agence Ecofin qui cite la presse turque, l’armée et la police tunisienne sont déjà des clientes de Nurol Makina et disposent d’un parc de plusieurs dizaines de 4×4 blindés Edjer Yalcin. L’usine, dont la production sera essentiellement destinée à l’export, devrait employer au départ une cinquantaine de personnes avant d’atteindre à terme 500 emplois directs, a précise la même source.

Les dernières statistiques de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA) révèlent en effet que les investissements directs étrangers (IDE) en Tunisie ont enregistré une augmentation de 17,7% au premier semestre 2018 contre 23,3% en 2017 et une décroissance de 4,5% en 2016. Les flux des IDE ont atteint, fin juin 2018, 1,142 milliard de dinars contre 970,4 millions de dinars (MDT) au cours de la même période de 2017.

Les résultats du deuxième trimestre confirment aussi le rythme progressif des IDE en devises qui se sont élevés à 461,1 millions de dollars et de 380 millions d’euros. Le montant est composé d’investissements extérieurs à hauteur de 1,073 milliard de dinars et de 69,1 MDT en investissements de portefeuille. Au total, les IDE se sont inscrits sur une courbe ascendante réalisant une hausse de 16,8% par rapport à la même période durant l’année 2017.

L’inauguration, mercredi 25 juillet 2018, de l’unité industrielle de montage de pick-up Peugeot est un autre investissement non moins important accueilli par la Tunisie dans le secteur automobile. Elle sera installée dans la zone industrielle d’El Mghira (gouvernorat de Ben Arous). C’est la première du genre en Afrique du Nord, à l’initiative de la maison-mère pour un investissement de 32 MDT. Selon les premières estimations, ce projet générerait près de 400 emplois directs et indirects et vient répondre aux besoins des marchés local, interrégional et international.

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Les grèves successives et répétées observées dans les entreprises et qui n’épargnent aucun secteur continuent de fragiliser l’économie nationale. Bien que ces mouvements soit un droit garanti par la Constitution, ils ne cessent de ralentir l’activité de l’entreprise et bloquer la production. Après Léoni, Le Moulin et Petrofac, c’est au tour de “ChocoTom” de se retrouver dans une situation dont personne ne peut prévoir l’issue. Frappée par des mouvements sociaux, la société a réagi très fermement. Moncef Guezguez, secrétaire général adjoint de l’Union régionale du travail de la Manouba, a fait savoir ce jeudi 2 août 2018 à Africanmanager que la société “ChocoTom” a lancé un “lock-out” mettant au chômage près de 800 salariés pour une période d’un mois (août) et privant de salaire le personnel de ladite société.

Cette décision vient en réaction à une grève observée par les employés à la date du 27 juillet dernier pour revendiquer l’amélioration des conditions du travail et la réactivation d’un ensemble d’accords signés auparavant entre le syndicat et la direction de “ChocoTom”. Le responsable a toutefois indiqué que la grève est un droit constitutionnel, affichant son espoir de voir les salariés regagner leurs postes après ladite période.

Le responsable a par ailleurs dénoncé la réaction de la société vis-à-vis de cette grève, soulignant qu’une telle décision va à l’encontre du travail syndical. Il a également dénoncé la décision de la société de ne pas verser les salaires du personnel pour le mois d’août, évoquant la dégradation de la situation économique et financière dans le pays et la détérioration du pouvoir d’achat des ménages. “C’est une atteinte au travail syndical“, a-t-il dit.

Ce n’est pas la première fois que de tels faits se produisent en Tunisie, rappelons les remous au sein du groupe allemand “Leoni”, qui avait repris ses activités après une longue période de négociations et de cessation d’activité. Leoni, qui emploie plus de 2500 personnes dans la fabrication de câbles automobiles à Mateur (dans le gouvernorat de Bizerte), avait annoncé sa fermeture à cause des sit-in anarchiques et des menaces de grève qui perturbent l’activité et provoquent des retards de livraison.

Idem pour la confiserie Triki “Le Moulin” à Sfax, qui produit de la « chamia » depuis plusieurs décennies et compte quelques400 employés. La société avait également cessé ses activités pour une bonne période à cause de la grève des ouvriers mais elle avait par la suite repris la production après l’intervention du gouverneur de Sfax et d’autres parties et après qu’un accord a été trouvé entre le propriétaire et les travailleurs.

C’est la même chose pour la société pétrolière et de gaz Petrofac, à Kerkennah, qui avait également décidé de quitter la région à cause des grèves répétées et anarchiques observées et des blocages provoqués par le personnel de ladite société durant plusieurs mois. C’est la société qui avait connu les manifestations les plus mouvementées où des actions de désobéissance civile avaient été menées dans la région, accompagnés de la fermeture du siège de la Délégation, du bureau de la Recette des Finances et des établissements scolaires.

Nous rappelons à ce propos que le droit de grève est consacré par la nouvelle Constitution et encadré par le Code du travail dans le but de préserver les intérêts des employés et des employeurs.

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La fuite des cerveaux ne cesse de prendre de l’ampleur en Tunisie, l’enseignement et la médecine sont les secteurs les plus touchés, voire menacés par ce phénomène. En effet, malgré les multiples démentis, les chiffres sur la fuite des cerveaux squattent la place publique. Selon une étude réalisée par l’Union des professeurs universitaires chercheurs tunisiens (IJABA), 4000 enseignants universitaires ont, durant l’année 2018, quitté la Tunisie pour travailler à l’étranger, la plaçant ainsi en haut du classement des pays arabes “émetteurs de compétences“. Des chiffres qui nécessitent, tout de même, une réaction sérieuse de la part du gouvernement et des parties responsables, à travers au moins l’ouverture d’un dialogue sur la question et la mise en place d’une stratégie globale permettant de chercher des solutions et de remédier à la situation.

Il est à noter que les compétences tunisiennes sont les bienvenues à l’étranger et sont bien payées. Les Tunisiens aiment aussi travailler à l’étranger, ils se sentent mieux traités que dans leur propre pays et une écrasante majorité des diplômés de l’enseignement supérieur refusent même d’y retourner à cause notamment de la détérioration des conditions de vie. Bref, quitter la Tunisie pour travailler à l’étranger est considéré comme la vraie réussite pour la plupart des citoyens.

Selon la même source, les compétences tunisiennes qui ont quitté le pays sont estimées, jusqu’à octobre dernier, à 8000 cadres et 1200 hommes d’affaires.

Dans le même contexte, le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, a assuré, lors du congrès syndical du secteur de la santé public, tenu mardi dernier à Hammamet, qu’au total 630 médecins ont quitté la Tunisie durant le premier semestre de cette année et que selon les dernières prévisions, 900 autres comptent prendre le large en 2019. Pire encore, 55% des étudiants tunisiens à l’étranger refusent de retourner au bercail.

Pourtant lors d’une séance d’écoute tenue récemment à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Slim Khalbous, avait minimisé l’ampleur du phénomène et avait démenti les chiffres communiqués sur le nombre des enseignants universitaires ayant quitté la Tunisie pour travailler à l’étranger. Selon lui, le nombre de ceux qui travaillent actuellement à l’étranger est de l’ordre de 1513 et une base de données a été créée dans ce sens. Et Khalbous d’ajouter qu’aucun enseignant universitaire ne peut sortir pour une planque à l’étranger sans l’aval du ministère et de l’ATCT. Par ailleurs un accord a été conclu avec les pays du Golfe afin de donner la priorité aux jeunes diplômés, et ce pour éviter la fuite des cerveaux, selon ses dires. “Du coup, le flux s’est inversé et la fuite des des enseignants universitaires devient quelque chose de positif“, a-t-il précisé.

Outre cet accord, Khalbous avait annoncé la mise en place, au sein de son ministère, d’une plate-forme numérique leur permettant d’être en contact et d’échanger avec les universitaires et les chercheurs tunisiens à l’étranger.

Voilà, le même dossier, des données différentes et deux sons de cloche diamétralement opposés entre IJABA et leur ministre. Qui croire ? Cette vague de départs est-elle une chance pour le pays ou une catastrophe ?

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Comme à l’accoutumée et après la réussite de sa première action, la fondation Hédi Bouchamaoui renouvelle l’expérience et célèbre, à sa façon, la journée du savoir. C’est lors d’une ambiance conviviale et chaleureuse tenue, vendredi 27 juillet 2018 au lycée “Abou Loubeba” du gouvernorat de Gabès que la fondation a remis leurs prix à 17 lauréats parmi ceux ayant excellé dans leurs études dans l’enseignement de base et de l’enseignement secondaire de tous les lycées et collèges relevant de ce gouvernorat. Ces derniers ont été honorés et des cadeaux dont des livrets d’épargne et des tablettes leur a été remis. Plusieurs personnalités ont pris part à cette cérémonie tels que le gouverneur dudit gouvernorat, le commissaire régional de l’éducation, khaled Bouchamaoui, le président de la Fondation et Ezzedine Ounis, coordinateur général de la Fondation. La bachelière qui a obtenu la meilleure moyenne, Roua Librini a obtenu un livret d’épargne de 1000 dinars, une tablette et un billet d’avion (Aller/Retour) en Allemagne.

Dans une déclaration faite aux médias en marge de cette cérémonie, khaled Bouchamaoui a souligné l’importance d’investir dans l’enseignement comme levier de croissance et de développement pour le pays. ” Nous avons choisi l’éducation parce que nous croyons fort dans le secteur”, a assuré Bouchamaoui, exprimant l’espoir de voir la fondation toucher d’autres secteurs vitaux comme celui de l’éducation.
Interrogé sur le choix de Gabès, le responsable nous indiqué que ce gouvernorat est classé comme marginalisé : ” Nous avons choisi Gabès parce que nous estimons que le nombre des fondations qui y sont installées et qui se chargent de la question de l’éducation est très minime pour ne pas dire inexistant”, a-t-il soutenu.
Il a en outre indiqué que le gouvernorat de Gabès a réellement besoin de subvention : ” On s’est dit qu’on doit réussir dans ce gouvernorat avant d’aller dans d’autres régions”, a expliqué le président de la Fondation sans pour autant cacher l’intérêt porté à toutes les régions du pays.
Un avis partagé par Ezzedine Ounais, lequel a affirmé dans une déclaration de presse que de telles actions sont élevées au rang de devoir : ” Le secteur privé est appelé aujourd’hui de plus en plus à appuyer les actions sociétales”, a-t-il indiqué avant de rappeler que, l’année dernière, la fondation s’est trouvée en face de quelques petits problèmes en rapport avec la nature de cette action et comment un entreprise privée appuie le secteur étatique, mais que ces difficultés ont toutes été surmontées lors de cette deuxième action, ce qui n’est pas le cas pour cette édition.
Il a dans le même contexte indiqué que la fondation apporte son soutien au secteur de l’éducation parce qu’elle considère que l’enseignement est la base de tout développement économique en Tunisie, sans écarter l’éventualité de toucher d’autres secteurs.
Quant à lui, le gouverneur a souligné l’importance de cette action menée par la fondation Hedi Bouchamaoui, appelant ainsi à accentuer, dès lors, les efforts pour faire réussir la prochaine saison scolaire.
Profitant de la cérémonie, le gouverneur n’a pas manqué de se féliciter des efforts fournis par les institutions sécuritaire et militaire tout en veillant à sécuriser les établissements scolaires et faire réussir les examens nationaux.
Le gouverneur a par ailleurs déploré les faibles et mauvais résultats obtenus lors des examens nationaux notamment de la 6ème et de la 9ème année, appelant ainsi à mettre en place une stratégie nationale permettant de développer des compétences et déboucher sur des résultats meilleurs, selon ses dires.
Il est à noter à ce propos que la Fondation Hedi Bouchamaoui a déjà entamé un programme d’amélioration des conditions d’apprentissage des enfants à Gabès, visant l’amélioration de la qualité de l’environnement scolaire et elle a aussi pris l’initiative de créer des clubs de langues dans un certain nombre de collèges .

Ainsi en collaboration avec des institutions de l’université de Gabès et des partenaires de la société civile, la Fondation a contribué à l’organisation du pré-forum citoyen de l’éducation portant sur le thème : ” La gouvernance de l’éducation…ici et maintenant” tenu le 12 mars dernier, au cours duquel de nouvelles approches autour de la modernisation du système éducatif ont été discutées.

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