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Khadija Taboubi

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etournons à nos moutons. «Business as usual». Inscrit depuis août 2016 sur le réseau social Twitter, le chef du gouvernement tunisien n’est pas un grand actif. En trois ans, Youssef Chahed qui ne fait pas courir les foules des followers avec ses 51 mille abonnés, n’a fait que 135 tweets. On dirait presque que le chef du gouvernement «tweete en dehors de la volée يغرد خارج السرب». Petit conseil : Tweetez moins et agissez plus Monsieur le chef du gouvernement !

En effet, pour encourager le consommer tunisien, il fallait plus qu’un Tweet. Il aurait fallu un cri d’alarme et des décisions courageuses. Il aurait fallu, par exemple, arrêter d’accabler, chaque année plus, les charges des entreprises qui fabriquent le Made-in-Tunisia.

Des charges salariales chaque année augmentées sous la pression politique de syndicats débridés. Des charges de fabrication, en électricité, en gaz et autres intrants qui sont plombées par la valeur du Dinar qui aurait pu être quelque peu relevée par l’application de la loi dans le dossier du phosphate par exemple.

Plus d’autorité de l’Etat aussi, pour faire revenir le Tunisien au travail et défendre de toutes ses forces cette valeur essentielle, celle du travail, contre les valeurs «syndicalitionnistes» qui ne visent pas plus loin que les hausses salariales et les subventions de tous genres, y compris celle des cigarettes étrangères. Défendre cette valeur, par exemple, en attendant l’article 36 de la Constitution protégeant, seulement, le droit à la grève et abandonnant la liberté du travail.

  • Consommer tunisien, c’est défendre l’agriculture contre l’Aleca …

Encourager le consommer tunisien, c’est en plus du Tweet, protéger le made-in-Tunisia des coups de boutoir des produits similaires importés sans aucune limite. Le faire, c’est avoir le courage de rediscuter les conventions commerciales avec un certain nombre de pays “amis”, mais qui ne nous veulent pas que du bien. C’est aussi avoir le courage d’aller en discuter sérieusement avec l’OMC, mettre en sourdine pour quelque temps l’importation des biens de consommation qui ont un similaire produit localement, protéger le Sourcing de l’industrie transformatrice tunisienne, protéger l’agriculture tunisienne contre les accords de l’Aleca, protéger l’huile d’olive tunisienne contre le concurrent et client italien.

Encourager le consommer tunisien, c’est aussi donner les moyens à l’Institut national de la consommation, lui assurer la stabilité de gestion. C’est aussi renforcer les moyens de l’OSCE et lui fournir les moyens juridiques de se porter partie civile pour mieux défendre les consommateurs. C’est là, en quelques simples suggestions, Monsieur le Chef du gouvernement, de meilleurs moyens d’encourager le consommer tunisien. En tout cas mieux que de simples Tweets.

  • c’est aussi obliger les entreprises nationales à le faire. L’informatique en exemple

C’est aussi, Monsieur le Chef du gouvernement, par-delà les conseillers qui ne savent manifestement pas conseiller, obliger au moins les entreprises nationales à donner la priorité au produit tunisien. L’exemple des solutions logicielles, notamment pour les banques et les grosses entreprises nationales, est à ce titre plus qu’édifiant. On ne peut vouloir encourager le Made-in-Tunisia et laisser l’instance de contrôle des marchés public agir par la simple loi primaire du prix le plus bas. La concurrence étrangère reste, pour cela, mieux outillée que les locaux.

On ne parlera pas du Small business Act qui n’a jamais vu le jour, ou encore de la loi sur l’urgence économique. L’urgence s’est depuis transformée en pronostic engagé et la loi n’a pas pour autant encore vu le jour.

  • Et c’est aussi batailler pour l’amnistie de change, comme pour les amendements

C’est encore et aussi, de vous battre avec l’ARP pour le projet de loi sur l’amnistie de change, comme vous l’aviez fait et avec la même aisance et autorité pour vos amendements de la loi électorale. Cela aurait contribué à relever le cours du Dinar, allégé les charges du producteur tunisien, préservé sa capacité concurrentielle et aurait certainement donné plus de chances qu’avec les amendements, de remporter, ainsi que votre parti, les législatives et même plus. Non “Si” Youssef. Un Tweet, ça ne suffit pas.

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A l’initiative de l’IHEC, un déjeuner-débat a été organisé jeudi 29 novembre 2018 au siège de l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) sur le thème “Exportations : Les conditions d’un redécollage réussi”. Le débat a porté sur plusieurs thématiques, à savoir les blocages réglementaires, la méconnaissance des marchés extérieurs, la chute du dinar et son impact sur les exportations, mais les réponses des experts qui ont pris part à cette rencontre ont été plus au moins à côté de la plaque.

Le PDG du Centre de promotion des exportations (CEPEX), Lassaad Laâbidi, a fait savoir que l’export est un des moteurs de la croissance de l’économie, en plus de la consommation et de l’investissement; c’est un indicateur largement suivi du fait de son effet sur les revenus des industriels fournisseurs de services et producteurs agricoles, sur les équilibres macro économiques, à savoir balance commerciale, balance des paiements, le développement économique en l’occurrence l’industrialisation du pays, la croissance et l’emploi ainsi que sur les autres variables économiques (taux de change, compétitivité des entreprises…) et l’augmentation de la prise en charge en faveur des exportateurs tunisiens voulant faire des affaires en Afrique.

Sur la situation de l’exportation en Tunisie, le PDG du Cepex a indiqué que durant les 10 premiers mois de l’année en cours, les exportations ont évolué à dinars courants de 20,2%  contre 18,2% durant la même période de l’année précédente. Les importations sont passées à 20,5% contre 19,6% durant la même période de l’année 2017. Suite à ces évolutions, le déficit commercial s’est creusé de 2,775 milliards de dinars pour se situer à 15,985 milliards de dinars.

Les différents secteurs exportateurs, mis à part les phosphates et dérivés qui ont enregistré une baisse de 5,7%  et de 7,1% durant les 10 premiers mois de 2017, ont contribué à cette progression, en l’occurrence le secteur de l’agriculture et des industries alimentaires qui a enregistré un accroissement important de près de 60%, boosté par les exportations d’huile d’olive, dattes, produits de la pêche. A prix constant, les exportations ont évolué de 4% et hors énergie elles ont enregistré une augmentation de 5,7%.
En guise d’action pour booster l’exportation,  il a annoncé l’augmentation de la prise en charge en faveur des exportateurs tunisiens voulant faire des affaires en Afrique. Dans une déclaration à Africanmanager, le PDG du Cepex a expliqué que cette mesure vise à encourager l’exportation vers le marché africain, faisant savoir que le Cepex prend en charge actuellement 50% de la valeur du billet et accorde aux exportateurs tunisiens une bourse quotidienne de l’ordre de 200 dinars.

Il a tenu par ailleurs à préciser que cette mesure est dans une phase de réflexion et qu’aucune décision officielle n’a été prise dans ce sens.

Quant à lui, Farhat Zouaghi, PDG de la STAM, a déclaré que la stratégie à court terme doit encourager l’utilisation efficace des infrastructures disponibles et limiter les coûts logistiques. L’objectif en fait est de mettre en œuvre simultanément des politiques actives permettant d’améliorer le transport de biens et services avec les infrastructures existantes. Ces actions sont liées à l’institution et à la gouvernance autour d’une politique de logistique intégrée. La stratégie est également focalisée sur la mise en place d’une offre de services de stockage modernes, tout en se basant sur l’efficacité des procédures douanières et de certification et l’intégration des technologies de l’information et de la communication pour la logistique.
Il s’agit également dans le cadre de cette stratégie d’optimiser la gestion des ressources humaines exerçant au port, d’assurer le contrôle des entrées-sorties au et du port et avoir une traçabilité en temps réel des conteneurs et des unités roulantes.
Pour sa part, Rim Haouet, chef du bureau des entreprises totalement exportatrices relevant de la direction générale des Douanes, a indiqué que la Tunisie a depuis quelques années adhéré au statut d’exportateur économique agréé qui a été mis en place par les États-Unis suite aux événements du 11 septembre, selon ses dires.

Elle a précisé que le travail a commencé avec les entreprises totalement exportatrices et cela va encore démarrer avec les sociétés commerciales voulant également avoir le statut en question.

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Comme à l’accoutumée, le gouvernorat de Sousse accueillera les 7 et 8 décembre 2018 la 33ème édition des Journées de l’Entreprise, un rendez-vous très attendu par les hommes d’affaires pour discuter et échanger autour des défis et enjeux de l’entreprise et du monde des affaires en général. C’est autour d’un thème soigneusement choisi par l’IACE, “L’Entreprise et les Réformes de Rupture”, que les entrepreneurs se réuniront.

Lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi 30 novembre 2018 à l’IACE, le président de l’IACE, Taieb Bayahi, a expliqué que le choix du thème n’est pas arbitraire, mais qu’il partira de la conviction que l’année 2019 pourrait être celle de la rupture, voire du commencement de l’expérience des réformes, selon ses dires.

Quant à lui, Slim Zeghal, coordinateur de la 33éme édition des journées de l’Entreprise, il a tenu à préciser que le dinar tunisien s’est déprécié significativement lors des dernières années, avec des réserves de change à leurs plus faibles niveaux, mettant ainsi les entreprises tunisiennes travaillant à l’échelle internationale dans plusieurs difficultés. A cela s’ajoute la pression fiscale qui a atteint aujourd’hui des niveaux historiques, mettant aussi en danger la compétitivité des entreprises qui elles-mêmes souffrent déjà du marché parallèle et de l’évasion fiscale.

Les Journées de l’Entreprise, le rendez-vous annuel de l’IACE, verront la participation de plusieurs responsables tunisiens et d’autres de renommé internationale. Il y aura le chef du gouvernement, Youssef Chahed, Marouane El Abassi, Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Ridha Chalghoum, ministre des Finances, Noureddine Taboubi, Secrétaire Général de Union Générale Tunisienne du Travail, Samir Majoul, Président de l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat et Saida Ounissi, ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle.

La première séance portera sur la « Réglementation de change & la politique monétaire ». Le dinar tunisien s’est déprécié significativement lors des dernières années, nos réserves de change sont à leurs plus faibles niveaux. Les entreprises Tunisiennes trouvent de plus en plus de difficultés dans leurs opérations à l’international, d’où la menace d’une inflation grandissante qui a conduit la BCT à augmenter ses taux, ce qui ne manquera pas d’affecter l’investissement et la profitabilité des entreprises. L’internationalisation de nos entreprises, la convertibilité courante effective, la facilitation du financement des entreprises sont délaissés au profit d’une rigidité accrue dans l’application de la réglementation en vigueur et ce, dans un souci de soutenir les réserves de changes et contenir le déficit de la balance des paiements.

La deuxième séance, sous le thème « la réforme fiscale : ressources et pression », sera l’occasion de synthétiser des propositions de solutions concertées dans une vision globale qui peut faire l’objet d’un pacte national de compétitivité, à l’instar de plusieurs pays.
En effet, depuis 2011, la pression fiscale a atteint des niveaux historiques en Tunisie et elle est considérée parmi les plus élevées au monde, touchant ainsi la compétitivité des entreprises transparentes. Cela limite leurs capacités de développement et favorise la prolifération du marché parallèle, de l’évasion fiscale et d’une économie sous-terraine grandissante.

La troisième et dernière séance abordera le thème de « la réforme du code de travail : productivité et fléxi-sécurité ». Un débat pour des propositions de réforme entre les partenaires sociaux capables de ramener à la fois des gains de productivité et le maintien de la stabilité sociale. L’observation de l’expérience des autres pays le montre : le retour de la croissance passe impérativement par des gains de productivité. La Tunisie est parmi les plus mauvais élèves en termes de compétitivité de son marché du travail, selon le classement du WEF. Réformer le marché de travail ne signifie pas une flexibilité tous azimuts ou une détérioration des droits des travailleurs. Bien au contraire, l’objectif est de relancer l’emploi et l’attractivité du site Tunisie.

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Bien que quelques mois les séparent des élections législatives et présidentielles, lesquelles à priori se tiendront en 2019 et signifient la fin de leurs mandats à l’ARP, nos chers élus multiplient les demandes et revendiquent plein de choses qui sont à leurs yeux plus que légitimes. Justement! Ce sont presque les demandes de tous les jours et de tous les Tunisiens, la différence est que le citoyen lambda le fait dans la rue alors que les élus le font sous la coupole de l’ARP. A vrai dire, les demandes sont principalement financières : augmentation de salaires, augmentation de la prime parlementaire, augmentation de la prime de voyage, paiement des heures supplémentaires et la liste est encore longue. Mis à part l’argent, les députés n’ont pas manqué de revendiquer l’indépendance financière et administrative de l’ARP, une télévision parlementaire et un bureau pour chaque député, des demandes qui devraient être satisfaites dans les plus brefs délais, comme promis par le président de l’ARP afin que les députés puissent poursuivre convenablement les missions qui leur ont été confiées.

Lors d’une séance plénière qui s’est tenue à l’ARP et portant sur l’examen des budgets des trois présidences dont celui du Parlement, le député et président de la Commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire, Zouhair Rejbi, a appelé à l’augmentation de la prime parlementaire et le paiement des heures supplémentaires. Le motif : certains députés passent entre 17 et 18 heures à l’ARP pour discuter de certains projets de loi au sein des commissions, argue-t-il.

Outre l’augmentation de la prime parlementaire et les heures supplémentaires, le député a appelé à doter les élus de bureaux au sein de l’ARP, faisant remarquer qu’ils accueillent leurs invités et discutent avec eux dans les couloirs de l’Assemblée.

Quant à elle, la députée du bloc national Leila Hamrouni a réclamé la création d’une mutuelle pour les élus, les agents et les cadres de l’ARP, à l’instar des autres institutions de l’Etat. “C’est une demande légitime (…) C’est notre droit (…) les députés ont besoin de cette mutuelle pour résoudre certains problèmes“, a-t-elle expliqué.

Elle a par ailleurs dénoncé les campagnes de dénigrement déclenchées à l’encontre des élus à chaque fois qu’ils formulent une demande financière : “Celui qui touche aux députés, touche à l’ARP, voire à une institution législative et in fine à la démocratie“.

Elle a fait savoir qu’elle espère voir l’ARP disposer de médias internes, chargés de défendre les députés et de montrer la réalité des choses, soulignant qu’une TV parlementaire qui rapportera le travail des commissions ne coûtera pas beaucoup.

Pour sa part,  le député de l’Union patriotique libre (UPL) Tarek Ftiti a appelé à transformer “Al Wataniya 2” en TV parlementaire, au motif que la 2ème chaine publique n’a pas de programmes intéressants, selon ses dires. L’objectif n’est pas de soigner l’image des députés, mais plutôt de montrer la réalité et de donner aux députés la possibilité de corriger les fausses informations, citant les bruits sur le prélèvement de 4 dinars des salaires des députés absents, un dossier très mal géré par les médias, d’après Ftiti.

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A l’appel de l’UGTT, les agents et les cadres de la fonction publique ont observé,  jeudi 22 novembre 2018, une grève générale sur tout le territoire de la République. Une grève qui a été vivement  critiquée et contestée par une bonne frange de la société. Une grève qui a mis le gouvernement entre l’enclume et le marteau. D’une part,  le FMI qui appelle à la réduction de la masse salariale et d’autre part,  l’UGTT qui menace d’escalade et de tout faire pour obtenir des augmentations. La réponse des experts a été plus ou moins nuancée.

Dans une déclaration accordée à Africanmanager, le conseiller fiscal Mohamed Salah Ayari a estimé qu’on veuille ou non,  la grève de la fonction publique a eu lieu et cela est très mauvais pour L’État et l’image de la Tunisie de façon générale.

Il a toutefois dénoncé la contradiction du gouvernement entre ce qui a été dit à l’UGTT et ce qui a été confirmé au FMI sur le gel des salaires de la fonction publique. D’après lui,  le gouvernement avait conclu, selon les documents qui ont été présentés hier par l’UGTT, un accord préalable avec le syndicat pour augmenter les salaires alors qu’à la date du 14 septembre dernier, le gouvernement avait confirmé au FMI qu’il n’y aura pas d’augmentations, qualifiant ce comportement de très mauvais pour l’image de la Tunisie. Et d’ajouter, dans le même ordre d’idées, qu’augmenter les salaires dans le secteur public et privé et ne pas suivre la même logique avec la fonction publique pèche par une criante inégalité, sachant que le taux d’inflation officiellement annoncé est aux alentours de 7,4% et 7,5% alors qu’en réalité, il a atteint un taux record qui avoisine les 8% , d’autant  que dans certains secteurs, le taux d’inflation atteint 10%.

Il a souligné que devant ce dilemme, l’UGTT “s’est trouvée obligée de défendre les intérêts des fonctionnaires de l’État qui eux- mêmes font partie de la population tunisienne et subissent comme tout le monde les effets de l’inflation galopante, afin d’améliorer leur niveau de vie et de pouvoir subvenir à leurs besoins nécessiteux”, selon ses dires.

Concernant le gouvernement et sa relation avec le FMI, l’expert fiscal a tenu à préciser que le gouvernement s’est retrouvé entre le marteau et l’enclume , soulignant que depuis la Révolution, les gouvernements successifs n’ont pas trouvé de solutions radicales pour améliorer les conditions économiques et sociales de l’entreprise.

Il a indiqué  que la masse salariale prévue par le budget de l’Etat pour 2019 est estimée à 16 500 millions de dinars alors que le FMI exige qu’elle ne doit pas excéder 14% du PIB dans une première étape pour être ramenée à 12 % en 2020, précisant que l’importance de la masse salariale ne provient pas réellement des salaires élevés dans la fonction publique mais beaucoup plus du nombre élevé des fonctionnaires, autour de 690 mille, ce qui confirme que le niveau des salaires demeure très bas.

Il a exprimé le souhait que  ce bras de fer entre le gouvernement et l’UGTT soit cesse au plus vite car en fin de compte, a-t-il expliqué,  c’est le pays qui sera le plus perdant. C’est ainsi qu’il a proposé de se retrouver de nouveau autour de la table de négociation, de chercher ensemble des solutions adéquates et intermédiaires pour éviter l’aggravation de la crise qui peut avoir des effets très néfastes sur la stabilité politique, économique et sociale, la paix sociale et la sécurité du pays, selon ses dires.

Le gouvernement ne ferme pas la porte de la négociation

Le 24 octobre dernier, la centrale syndicale avait menacé de décréter une grève générale dans le secteur public, mais cette grève n’a pas eu de suite après que le gouvernement et le syndicat se sont mis d’accord sur le montant de l’augmentation et les mécanismes de sa mise en œuvre.

Dans une déclaration à TAP, le ministre des Affaires sociales, Mohammed Trabelsi, a expliqué que l’augmentation des salaires dans le secteur public serait déduite des budgets des entreprises et ne serait pas directement dépensée par le budget de l’Etat, contrairement à l’augmentation de la fonction publique qui entraînera l’approbation de dépenses spéciales par le budget.

Cependant, cette augmentation contredit la lettre d’intention adressée par le gouvernement tunisien le 14 septembre 2018 à la directrice du Fonds monétaire international (FMI) confirmant son engagement à ne pas augmenter les salaires et son intention de contrôler le ratio masse salaire /produit intérieur brut.

Alors que le ministre des Affaires sociales affirme que la porte des négociations n’a pas été fermée sur la question des augmentations des salaires, l’UGTT insiste sur le fait que le gouvernement a fermé et même bloqué toutes les portes des négociations et que la grève générale observée jeudi dont le taux de réussite selon les syndicats a atteint 95% n’est qu’un premier mouvement d’escalade afin de faire bénéficier près de 670 000 fonctionnaires d’une augmentation des salaires.

Il est à signaler par ailleurs que plus de 8 000 manifestants ont répondu à l’appel de la centrale syndicale pour porter leurs revendications devant le palais du Bardo, rapporte jeune Afrique, citant des sources proches des forces de l’ordre. Sur l’ensemble du territoire national, ils auraient été dix fois plus nombreux à exiger du gouvernement des augmentations de salaireS pour les agents de l’État. Cette mobilisation, précise la même source,  est la plus importante depuis le lancement en 2013 du dialogue national, une initiative menée par l’UGTT, le patronat et la société civile pour assurer la stabilité du pays..

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Les travaux du forum d’affaires “DiafrikInvest” ont démarré, ce vendredi 16 novembre 2018 à Tunis. Il s’articule autour de quatre principales thématiques qui concernent essentiellement le développement des rapports entretenus entre l’Etat et sa diaspora.

Ouvrant les travaux de cette rencontre, le ministre de la Coopération internationale, Zied Laâdhari, a tenu à préciser que 12% de la population tunisienne vit à l’étranger et sa contribution dans l’économie du pays demeure modeste, contrairement à d’autres pays comme le Maroc où la participation du diaspora dans l’économie s’élève à 700 millions de dollars annuellement, soit 2000 Millions de dinars.

Il a par ailleurs indiqué que les réflexions tournent aujourd’hui sur les moyens permettant à la diaspora tunisienne installée à l’étranger d’investir en Tunisie, soulignant l’importance de mettre en place le cadre juridique et législatif adéquat. “Nous allons accorder des avantages aux Tunisiens à l’étranger souhaitant investir en Tunisie sachant qu’il s’agit de la quatrième source de devise pour la Tunisie“, a assuré le ministre, avant d’ajouter que la diaspora tunisienne a besoin de mécanismes d’investissement spéciaux, à l’instar des étrangers voulant faire des affaires en Tunisie.

Fraichement réélu à la tête de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), Tarek Cherif, a fait remarquer que lorsqu’elle avait été créée en 2011, la Conect a discuté dans sa première réunion de la diaspora. “Nous croyons fort qu’il y a beaucoup de choses à faire dans ce domaine et à exploiter comme le transfert de la devise ou encore l’investissement, des choses qui n’ont pas de prix”, selon ses dires.

Il a dans le même contexte indiqué que les Tunisiens qui travaillent à l’étranger sont à fort potentiel d’investissement et une capacité entrepreneuriale intéressante. “Du coup“, a-t-il soutenu, si le transfert a lieu en Tunisie, cela va aider énormément l’économie tunisienne. “Notre objectif est de faciliter les contacts entre la diaspora et les strat-ups implantées en Tunisie (…) Les Tunisiens résidents à l’étranger doivent réfléchir à la Tunisie en termes d’investissement“, a-t-il martelé.

Le président de la Conect a ajouté que son organisation a déjà des programmes en la matière avec la GIZ, l’UE, Expertise France ou encore ANIMA, facilitant le contact entre la diaspora tunisienne à l’étranger et les strat-up tunisiennes. “Notre objectif est d’aider la Tunisie à travers l’investissement mais tout en mettant sur la table les garanties nécessaires” a dit Cherif.

Dans une déclaration aux médias en marge de cette rencontre, Douja Gharbi , coordinatrice du projet “DiafrikInvest”, a indiqué que la Conect travaille depuis des années en collaboration avec la GIZ, Expertise France ou encore “Anima Investment Network” sur une initiative financée par l’Union européenne et visant à trouver les moyens permettant aux Tunisiens résidant à l’étranger de soutenir des Start-up tunisiennes. “L’objectif est de profiter de notre diaspora à l’étranger pour qu’elle puisse aider les petits projets en Tunisie, en les aidant par exemple à s’implanter dans le pays et pénétrer de nouveaux marchés là où ils résident (…). Nous voulons construire un pont pour garantir plus d’échanges entre les start-ups tunisiennes implantées en Tunisie et les Tunisiens qui vivent à l’étranger (….) Nous voulons exploiter et profiter des compétences tunisiennes qui existent à l’étranger“, a-t-elle soutenu.

En effet, plus de 1,2 million de Tunisiens ne cessent d’exprimer leur profond désir de contribuer à la transition socio-économique, à la consolidation de l’image et du positionnement de la Tunisie sur les marchés internationaux. C’est un outil efficace aux mains de l’Etat tunisien pour assurer le réseautage, l’innovation, le transfert technologique, la mobilisation des fonds et la promotion des industries.

Depuis l’année 2016, le montant des transferts relatifs à ces activités a atteint 3,5 milliards de dinars (environ 1,6 milliard d’euros), soit près de 4,6 % du PIB tunisien. Les études démontrent que ces fonds sont principalement dédiés à la consommation courante et l’épargne.

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Le président de la Chambre syndicale nationale des promoteurs immobiliers (CSNPI), Fahmi Chaâbane, a affirmé, lors d’une séance d’écoute tenue ce jeudi 15 novembre 2018, au sein de la Commission des finances à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), que le secteur de l’immobilier est sinistré. Selon lui cela ne résulte pas seulement de la TVA instaurée au titre des années 2018, 2019 et 2020, mais aussi de difficultés structurelles datant de plusieurs années. Ajoutons à cela la dépréciation du dinar, la hausse des prix des matériaux de construction et la dégradation du pouvoir d’achat du Tunisien qui se trouve aujourd’hui dans l’incapacité d’acheter un bien immobilier, selon ses dires.

Évoquant le programme “Premier logement”, il a indiqué que la chambre a déjà proposé d’augmenter le plafond du revenu brut des familles bénéficiaires, de 10 à 15 fois le Smig, intégrer les célibataires dans le programme et augmenter le plafond de la valeur du logement en question de 200 à 300 mille dinars, mais en vain. Rien n’a été fait. En effet, sur la proposition d’augmenter le plafond de la valeur du logement, Chaâbane a fait remarquer que le ministère des Finances n’a pas voulu que le plafond atteigne 300 Mille dinars et l’a fixé à seulement 240 Mille dinars et ce, en dépit de la pléthore de réunions qui ont eu lieu avec les parties concernées dont les ministères de l’Equipement, des Finances et la présidence du gouvernement.

Il a par ailleurs précisé que le programme “Premier logement” n’a pas marché parce que les propositions de la Chambre des promoteurs immobiliers n’ont pas été prises en compte, et les chiffres de la Banque centrale arrêtés au 12 octobre 2018 témoignent de l’échec de ce dispositif. A ce propos, Chaâbane a indiqué que la ligne de crédit de 200 MDT, mise à la disposition de la classe moyenne, depuis 2017, pour pouvoir financer l’apport en autofinancement, n’a pas été dépensée et seuls 19 MDT ont été consommés. Le reste, soit 181 MDT, végète toujours. S’agissant des ventes, seuls 722 logements ont été écoulés, un chiffre qu’il a qualifié de très minime.
Dans le même ordre d’idées, Fahmi Chaâbane a assuré que les conditions exigées dans le cadre du programme du “Premier logement” sont infernales et ont été définies sciemment pour éviter que les gens se bousculent et pour faire en sorte que le nombre d’acheteurs ne dépasse pas les prévisions.

Ce n’est pas la première fois que le président de la Chambre des promoteurs immobiliers monte au front. Dans une déclaration récente à Africanmanager, il a recommandé à ce propos de réduire la TVA imposée au promoteur immobilier et qui devrait se situer à 13% en 2019 et 19% à partir de l’année 2020, des taux qu’il qualifie de très élevés eu égard aux difficultés financières du secteur. Selon ses déclarations, plusieurs sociétés immobilières ont déclaré faillite et ont été contraintes de mettre la clé sous la porte. En effet, les dettes des promoteurs immobiliers auprès des banques s’élèvent actuellement à près de 5200 Millions de dinars et une grande majorité se trouve dans l’incapacité de payer les sommes dues, a encore expliqué le président de la CSNPI.

Chaâbane a par ailleurs rappelé que la chambre avait déposé en mai dernier un recours auprès de la chambre des promoteurs immobiliers pour réduire la TVA, mais le tribunal n’a pas encore rendu son jugement, une des raisons pour lesquelles la chambre s’est réunié aujourd’hui pour de nouveau appeler le chef du gouvernement à intervenir afin de sauver le secteur, en changeant certaines lois qu’il qualifie de handicapantes.

A noter que le projet de la loi de finances 2019 prévoit de réduire l’impôt sur le secteur de l’immobilier. Comme le stipule la loi de finances 2018, les logements commercialisés par les promoteurs immobiliers sont soumis en 2018 et 2019 à une TVA de 13% et de 19% en 2020. Outre la réduction de la TVA, Chaâbane a appelé à prolonger la période de remboursement des crédits pour passer à 30 ans au lieu de 20 ans actuellement, à rééchelonner les crédits des promoteurs immobiliers, à tenir un Conseil ministériel consacré au secteur du bâtiment et de la promotion immobilière et à alléger l’autofinancement jusqu’à 20% contre 30% présentement

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Malgré un contexte économique encore fragile, et un fort resserrement des liquidités sur le marché, l’encours des dépôts cumulé du secteur s’est élevé à 58,2 Milliards de dinars au 30-09-2018, en hausse de 4% par rapport à fin Décembre 2017 suite à l’intensification des efforts commerciaux des banques. Grâce à son réseau d’agences étendu (207 agences à fin 2017), la croissance la plus importante et la plus significative a été affichée par Attijari bank que ça soit en absolu (+797 MDT) ou bien en relatif (+13,3%) se détachant ainsi du reste de ses consœurs“. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par l’intermédiaire en bourse Mac Sa sur le secteur bancaire, en se basant sur les chiffres arrêtés au 30 septembre 2018.

Deux autres banques ont aussi réussi à dépasser la croissance sectorielle moyenne de l’encours des dépôts, à savoir la BT avec 9,4% et l’UIB avec 9,1%. En termes de parts de marché des dépôts, la BIAT occupe toujours la première place avec une part de 18,6%, suivie de loin par la BNA avec une part de marché de 12,9% et Attijari bank avec 11,7%.

En termes de structure, les dépôts à vue ont progressé de 3,9% et leur part dans l’ensemble de l’encours des dépôts est restée quasi inchangée par rapport à la fin de l’exercice 2017. Individuellement, on trouve que Attijari Bank a réalisé le plus important effort de collecte de dépôts à vue, soit 366,3 MDT (+13,6%) ce qui représente tout de même 43% de l’effort de collecte du secteur. La BIAT, la BT et la BNA ont été les autres principaux contributeurs à la hausse des dépôts à vue du secteur avec respectivement 151 MDT , 145,6MDT et 145,3 MDT alors que l’ATB, la BH et AB ont vu leur DAV baisser de 101,2 MDT, 4,.4 MDT et 2,1 MDT respectivement.

Les dépôts d’épargne ont par contre connu une progression plus importante, soit 7,4% favorisés par le relèvement du taux de rémunération de l’épargne par la BCT. Ainsi, les dépôts d’épargne ont gagné 100 points de base dans la composition des dépôts du secteur alors que les dépôts à termes et autres, qui sont onéreux pour les banques, ont augmenté d’à peine 0,8%. Ce trend a été hétérogène, puisque des banques comme l’ATB, la BIAT et surtout la BNA ont réduit leur encours de dépôts à terme, d’autres à l’instar de l’AB, Attijari Bank, la BH et l’UIB ont intensifié leur recours à ce mode de financement onéreux.

Malgré une économie sous pression, les banques ont continué à accroitre leur encours de crédits qui s’est élevé à 62,86 Milliards de dinars au 30-09-2019 contre 59,16 Milliards de dinars au 31/12/2017, marquant une progression de 6,2%. Quasiment toutes les banques ont enregistré une évolution positive des crédits, à l’exception de l’Amen Bank qui semble ralentir la cadence pour mieux assainir son portefeuille (même si le repli reste peu important). Alors que la STB et la BH ont enregistré des croissances à deux chiffres de leurs encours des crédits, soit 10,5% et 10,4% respectivement, les autres banques ont affiché des croissances moins accélérées. En troisième position, vient la BNA avec un taux de croissance des crédits de 8,2%, talonnée par Attijari Bank qui se place en quatrième position, avec une évolution des crédits de 6,7%.

En valeurs, ce sont les trois banques publiques qui ont le plus contribué à l’accroissement de l’encours des crédits avec respectivement 801 MDT pour la BH, 712 MDT pour la BNA et 641 MDT pour la STB. En quatrième position, on trouve la BIAT avec une contribution de 602 MDT.

La cadence de croissance des crédits supérieure à celle des dépôts s’est faite sentir sur le ratio Crédits/dépôts. Ce ratio indique la capacité des banques à financer elles-mêmes les prêts accordés. En-dessous de 100%, elles le peuvent intégralement, au-dessus, elles doivent trouver des financements extérieurs. A fin septembre 2018, la majorité des banques présente un ratio Crédits/dépôts au-dessus de 100%. Cet état des lieux pourrait entrainer le recours à des ressources financières plus coûteuses et par conséquent à une diminution des niveaux de rentabilité des banques de la place. D’ailleurs, les nouvelles règlementations des banques (ratio de liquidité en particulier) vont contraindre les banques à avoir un ratio crédits/dépôts de moins de 120%. La BCT vient d’émettre une nouvelle circulaire relative au nouveau ratio Crédits/Dépôts portant le numéro 2018-10 en date du premier novembre 2018. Les dispositions de la nouvelle circulaire entrent en vigueur à partir du dernier trimestre de 2018 par référence au ratio «Crédits/Dépôts» de fin septembre 2018.

Les banques sont tenues de respecter un ratio Crédits/Dépôts qui se situe à un niveau inférieur à 120% à la fin de chaque trimestre. La réduction à appliquer en cas de ratio supérieur ou égal à 122% à la fin d’un semestre donné sera de 2%. En cas de dépassement, les banques seront passibles d’une amende calculée sur la base du montant des créances en dépassement par rapport au ratio cible du trimestre. A priori, et sur la base des chiffres au 30/06/2018, 5 banques respectent ce ratio et notamment la BIAT et Attijari Bank qui disposent d’une structure de dépôts assez avantageuse, d’une capacité de mobilisation des ressources extérieures (notamment en devises) assez forte qui peuvent ainsi maintenir une politique de crédits plus expansionniste que leurs consœurs.

Pour les banques publiques, si on exclut les dépôts en devises, tel que requis par la circulaire de la BCT, les ratios de transformation Crédits/Dépôts seront plus importants que nos estimations.

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Le président de l’Instance tunisienne de l’investissement, Khalil Laâbidi, a fait savoir dans une interview accordée à Africanmanager que comme déjà annoncé en 2017, une reprise a été constatée durant cette année au niveau de l’investissement étranger, mais elle demeure assez timide pour le moment. Toutefois l’intérêt des investisseurs étrangers pour la Tunisie est manifeste, à travers les visites qu’ils effectuent en Tunisie.

Outre la multiplication des visites, Laâbidi a évoqué l’émergence de nouveaux investisseurs en provenance par exemple de l’Asie et de l’Europe de l’Ouest et qui souhaitent s’installer en Tunisie. Il y a aussi, selon ses dires, des entreprises européennes qui aujourd’hui ont de grandes difficultés pour écouler leurs marchandises aux Etats-Unis, et sont en train de chercher de nouveaux sites de production, et la Tunisie se positionne bien dans ce domaine, selon ses dires.

Au niveau interne, le responsable a affirmé que la situation de l’investissement est en quasi amélioration et les gens se sont habitués à travailler malgré l’instabilité politique : “La situation politique n’a jamais nui aux intérêts des investisseurs tunisiens ou étrangers“, a assuré Laâbidi, affichant son espoir d’atteindre le chiffre de 3 Milliards de dinars au niveau de l’investissement étranger contre 2 Milliards en 2017. “Jusqu’au mois d’août dernier, les chiffres sont positifs et en amélioration et c’est à partir de cette date qu’on peut dire que la reprise a été amorcée“, a-t-il soutenu.

Dans le même ordre d’idées, le président de l’Instance tunisienne de l’investissement a tenu à préciser que de grandes marques veulent s’implanter en Tunisie, citant à titre d’exemple deux grands investisseurs japonais dans le domaine du câblage dont l’un avec une capacité d’emploi de 5 mille personnes.

Mis à part ces deux investisseurs, Laâbidi a cité un investisseur actif dans le domaine du câblage qui a quitté la Tunisie mais envisage un retour après un passage à vide d’une année et demi. Deux autres constructeurs automobiles souhaitent aussi s’installer en Tunisie, l’un est chinois et il est en train de débarquer tout en faisant des investissements avec un taux d’intégration dépassant les 40%. L’autre est un investisseur qui vise l’exportation à partir de la Tunisie. A cela s’ajoute un début de reprise dans le secteur du textile, de l’agroalimentaire et de la pharmaceutique.

Interrogé sur le PLF 2019, Laâbidi a qualifié ce projet de “positif” : “Il y a de très bonnes mesures dans la loi de finances 2019. La première est de rassurer l’investisseur sur le fait qu’il n’y aura pas d’augmentation de la pression fiscale. La deuxième est qu’au niveau des entreprises totalement exportatrices où il y aura, à partir de 2021, un rapprochement du régime on-shore et offshore qui se rencontreront au taux de 13%. Du coup, les sociétés qui travaillent dans l’on-shore auront une baisse de l’imposition de 25 à 13,5% et celles totalement exportatrices verront le taux augmenter de 10 à 13,5%. Ajoutons à cela les mesures qui encouragent à investir dans le secteur hospitalier et la baisse de la TVA appliquée sur certaines activités“.

Le responsable de l’Instance tunisienne de l’investissement a évoqué le virage de la Tunisie vers l’économie du savoir et les nouvelles technologies : “Aujourd’hui je propose de prendre quelques mesures sur la voiture électrique, sur le câblage et les composantes automobiles, sachant que tout le secteur de l’automobile est en train de migrer vers la voiture électrique. Il faut soutenir cette industrie notamment au niveau des droits de douane et leur donner plus d’avantages”.

Sur le projet de la banque des régions,  il a expliqué qu’il s’agit là d’une des solutions qui pourraient donner des résultats, soulignant toutefois qu’on aurait pu travailler autrement à travers les banques qui existent déjà en mettant à leur disposition des fonds publics qu’elles gèrent pour le compte de l’Etat avec des conditions bien déterminées, selon ses dires.

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Selon les prévisions de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sur les évolutions économiques et monétaires jusqu’au mois d’octobre dernier, sur l’ensemble des neuf premiers mois de 2018, les exportations de biens ont totalisé 29,5 milliards de dinars, alors que les dépenses d’importation (CAF) se sont élevées à 43,7 milliards, ce qui a engendré un déficit commercial record de 14,2 milliards de dinars, contre 11,5 milliards durant la même période de 2017.

Au niveau des exportations de biens, l’amélioration des recettes, sur les neuf premiers mois de 2018 (19,8%, après 17,4% au cours de la même période de l’année précédente) porte la marque, essentiellement, d’un effet prix (15,9 % contre 11,9% une année auparavant), généré par la dépréciation du taux de change du dinar, et à moindre degré d’une hausse en volume, de 3,3% (produits agricoles, industries mécaniques, THC) contre 4,8% un an auparavant.

Quant aux importations, elles se sont fortement ressenties de l’alourdissement du fardeau de la facture énergétique, en relation avec la hausse du prix du pétrole. Elles se sont, en effet, accrues de 21% au cours de la période sous revue, après 19,2% une année auparavant. En volume, les importations ont progressé modérément (2% après 2,9% à fin septembre 2017), tirées par la hausse de celles des produits énergétiques et des matières premières. Le déficit énergétique, qui s’est élevé à 4684 MDT (contre 2700 MDT un an auparavant), explique 33% du déficit de la balance commerciale tandis que le déficit de la balance des matières premières (5647 MDT contre 4448 MDT au terme des neuf premiers mois de 2017) a accaparé 40% du déficit commercial.

Ainsi, au niveau de la balance des services, la bonne tenue de l’activité touristique, durant la saison estivale, a induit une hausse notable des recettes touristiques de 441 millions d’euros au cours des mois de juillet et août, soit le niveau le plus haut enregistré depuis 2010. Sur l’ensemble des neuf premiers mois, les recettes touristiques ont cumulé 1030 millions d’euros contre seulement 807,4 millions une année auparavant, tout en restant en-dessous des performances de 2014 (1225 millions d’euros). De leur côté, les revenus du travail (en espèces) ont totalisé 1025 millions d’euros, à fin septembre 2018, contre 997 millions un an auparavant.

L’amélioration de la balance des services et des revenus des facteurs n’a que partiellement résorbé l’impact du creusement du déficit commercial sur les paiements courants. Le déficit courant s’est établi à 8702 MDT (ou 8,2% du PIB) en septembre 2018 contre 7502 MDT (ou 7,8% du PIB), à fin septembre 2017.

Le solde de la balance générale des paiements s’est établi à -708 MDT à fin septembre 2018, contre 149 MDT une année auparavant (cf. Graph 19). Cette détérioration porte la marque du faible rythme de mobilisation de ressources extérieures, notamment sous forme d’investissements directs étrangers (IDE). La détérioration des paiements extérieurs continue d’affaiblir le niveau des réserves en devises, qui, malgré la mobilisation de 500 millions d’euros sur le marché financier international, se sont établies, au 31 octobre 2018, à 4,6 milliards de dollars, soit l’équivalent de 83 jours d’importations contre 93 jours à fin 2017. La persistance des déséquilibres extérieurs et l’érosion des réserves de change continuent de mettre la pression sur le taux de change du dinar (cf. Graph 21). Ce dernier, et en dépit de l’intervention de la Banque centrale sur le marché de changes pour répondre aux demandes des différents opérateurs économiques, a poursuivi sa dépréciation vis-à-vis des principales devises. Comparativement à son niveau de toute l’année 2017, le dinar s’est déprécié, au cours des dix premiers mois de 2018, de 6,5% et de 11,6% en moyenne face au dollar des Etats-Unis et de l’euro respectivement.

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L’expert en économie et ancien ministre des Finances Houcine Dimasi a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont le remaniement ministériel, la dernière sortie de la Tunisie sur le marché international et le projet de la loi de finances relatif à l’exercice 2019.

Que pensez-vous du dernier remaniement ministériel ?

 Le dernier remaniement du gouvernement Youssef Chahed constitue le énième chambardement de ce gouvernement. Ces changements successifs de ministres par d’autres, subis par ce gouvernement, ne font que refléter parfaitement l’échec cuisant de Chahed. Démuni de stratégie et de politique, voire même de simple programme,  incompétent dans le choix d’hommes d’état à la hauteur de la crise multidimensionnelle  que traverse le pays, et dispensé de tout soutien politique réel et consistant, Chahed s’est enfoncé dans les coalitions éphémères et fallacieuses ainsi que dans le populisme et la démagogie. De ce fait il a contribué avec les autres gouvernements post-révolte à aiguiser les cafouillages économiques et sociaux dont souffre ce pauvre pays, et à ternir encore plus l’image de ce dernier au niveau international. En agissant ainsi, Chahed ajoute de l’eau au total chaos menaçant le pays ; chaos qui ne peut profiter qu’aux sectes politico-religieuses genre Ennahdha.

L’année 2019 serait extrêmement dure et pénible pour le pays. Les déséquilibres socio-économiques atteindront leur summum. Les chacals politiques de tout genre, guettant le pouvoir, tenteront de se neutraliser mutuellement sans pitié. Ainsi notre cher pays serait un bateau dans la bourrasque sans réel capitaine. Seuls les pirates seront là pour le récupérer aisément.

Qu’est-ce que vous pensez de la dernière sortie de la Tunisie sur le marché international ? Certains experts considèrent cette sortie comme un échec le pays, votre avis ?

La dernière sortie sur le marché financier international a révélé la perte de notre pays  d’une bonne partie de sa fiabilité en matière de transactions extérieures. En effet, cherchant à mobiliser sur ce marché un emprunt de plus de 800 millions d’euros, le gouvernement n’a pu obtenir que 500 millions. L’excellente image d’antan de notre pays sur la scène mondiale s’est obscurcie puisque les bailleurs de fonds n’ont plus tout à fait confiance.
Par ailleurs le coût de cet emprunt serait très lourd puisque ses conditions ont été fort contraignantes : plus de 6,75% comme taux d’intérêt et seulement 5 ans comme durée de remboursement. L’on s’écrase réellement sous le fardeau de l’endettement d’autant plus que ce dernier sert de plus en plus non pas à consolider nos infrastructures de base et nos équipements collectifs mais à consommer, voire à gaspiller, inutilement.

La dernière sortie stérile et manquée sur le marché financier international n’est pas un phénomène fortuit et passager. Il représente l’un des signes de l’état économique et  financier fiévreux de structure que traverse depuis longtemps notre pays. Pour preuve le recours fréquent depuis la révolte aux budgets complémentaires. L’on concocte à la hâte un projet de budget bourré de fausses promesses et l’on replâtre par la suite par budget complémentaire dans des conditions dures et difficiles. Ainsi, les budgets complémentaires sont devenus une manie fréquente et régulière alors qu’ils étaient l’exception avant la révolte.

Pour preuve aussi ce recours régulier aux emprunts sur le marché financier international. Avant la révolte ce recours visant surtout à financer les dépenses improductives du budget était aussi exceptionnel. Avant la révolte, l’Etat tunisien faisait appel à des organismes internationaux (BIRD, BAD, BEI,…) pour l’obtention d’emprunts souvent affectés à des projets d’infrastructure ou d’équipements collectifs. Cette rationnelle politique d’avant la révolte s’est éteinte. Désormais on empreinte à des conditions ruineuses pour satisfaire des promesses illusoires.

Quels sont les points forts et les points faibles du PLF 2019 ? S’agit-il d’une loi de relance ?

Le PLF n’a ni des points forts ni des points faibles. Cette manière de s’interroger ainsi n’a aucun sens car dans une telle dynamique dialectique l’on ne peut séparer les points forts des points faibles. En fait, dans sa globalité, le PLF 2019 est une simple continuité des lois de finances antérieures : s’enliser dans de stériles dépenses budgétaires dépassant de trop loin les ressources propres de l’Etat. D’où un enfoncement jusqu’au cou dans l’endettement à des conditions de plus en plus coûteuses et pénibles.

Je le répète encore une fois : Le PLF 2019 ne fait pas exception par rapport aux précédents post-révolte ; en comparaison avec le PLF 2018, les dépenses additionnelles prévues par le PLF 2019 s’élèvent à environ 4,7 milliards de dinars (ce qui est plus qu’énorme), affectées à raison de 37% à l’augmentation des salaires (1 740 millions de DT), 28% pour le remboursement des dettes antérieures (1 320 millions de DT) et 15% pour les dépenses de compensation (700 millions de DT). A contrario, le budget de  l’équipement ne bénéficiera que de 5% de ces dépenses additionnelles du budget, soit le ridicule montant d’à peine 235 millions de dinars.

Le PLF 2019 montre clairement que depuis la sacrée révolte l’on s’est installé dans un joli bourbier du point de vue budgétaire : dépenser plus pour consommer ou gaspiller en se basant non sur l’amélioration de ses propres ressources mais plutôt sur le dangereux endettement et/ou sur le lynchage fiscal.

Peut–on parler d’une reprise en 2019 ?

De quelle relance parle-t-on alors que les trois moteurs impulsant la croissance économique sont en panne : l’investissement, les exportations et la consommation des ménages.
L’investissement privé piétine depuis longtemps pour différentes raisons dont notamment l’instabilité politique et sociale, la lourdeur bureaucratique, le délabrement de l’infrastructure de base, et l’absence de visibilité en matière de politique économique et financière. Ajoutons à cela l’irrationalité budgétaire citée plus haut, freinant lamentablement l’investissement public. Ajoutons aussi la grave crise qui secoue durement le secteur du bâtiment, représentant habituellement l’un des facteurs clés en matière d’investissement.

Nos exportations souffrent de plus en plus de la convergence de deux tendances pénalisantes : la hausse sans fin du coût et par là du prix de nos produits (montée galopante à la fois des salaires, des cotisations sociales, des impôts, des taux d’intérêt et dépréciation continue du dinar), d’une part, et la régression de notre productivité, d’autre part. Cette convergence devient encore plus contraignante lorsque l’on prend en considération l’énorme écart entre notre pays et l’Union européenne en termes d’inflation : 7 à 8% contre à peine 1%. C’est dire que désormais nos exportations ne bougent un peu que grâce à la pluie et non à l’effort et la performance des travailleurs. En un mot, depuis la révolte, notre capacité compétitive s’est sensiblement envolée à cause du populisme et de l’irrationalité des gouvernements qui se sont succédé.

Enfin, la consommation des ménages ne répond plus, malgré les augmentations continues des salaires. L’inflation, à des taux inquiétants proches de 8%, grignote sans cesse le pouvoir d’achat de la quasi-totalité de ces ménages. Trois facteurs, pouvant accentuer encore plus l’inflation, sont en perspective : les énormes augmentations des salaires aussi bien dans le privé que dans le public, la dépréciation continue du dinar, et l’augmentation des prix d’une bonne partie des et services compensés et surtout le transport et les carburants.
La relance de notre économie ne dépend pas d’un piètre vœu mais plutôt d’une réforme structurelle radicale de toutes nos politiques économiques, sociales et financières. Ce qui nécessite beaucoup de clairvoyance, de force et surtout d’audace.

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Dans une interview accordée à Africanmanager, le conseiller fiscal Mohamed Salah Ayari a déclaré que la dernière sortie de la Tunisie sur le marché international pour obtenir un crédit de l’ordre de 500 millions d’euros, soit l’équivalent de 1650 millions de dinars (MD, confirme le besoin urgent de financement du Budget de l’Etat. “Ce crédit ne fait qu’aggraver la dépendance de la Tunisie vis-à-vis des établissements financiers étrangers, surtout que les conditions d’emprunt sont plus draconiennes que celles obtenues auprès du FMI ou de la Banque Mondiale, du fait que le taux d’intérêt a été fixé à 6,75%“, a-t-il affirmé.

Mohamed Salah Ayari a dans le même contexte indiqué que la Tunisie n’a plus le choix, elle doit impérativement limiter les dégâts et accélérer les réformes structurelles envisagées depuis belle lurette, qui concernent essentiellement la réforme fiscale dans le but de lutter contre la fraude dont le taux est estimé à 50%, la caisse de compensation pour arrêter l’hémorragie de la subvention et l’orienter vers les familles nécessiteuses, le secteur informel qui constitue un frein pour le développement économique et la restructuration de certaines entreprises publiques afin de prendre une option claire concernant leur assainissement ou leur cession définitivement.

Dans le cadre du financement du budget de l’Etat pour 2018 à hauteur de 500 millions d’euros, la Tunisie a en effet réussi à mobiliser le montant en question avec un délai de remboursement de 5 ans et un taux d’intérêt de 6,75%. Le montant global proposé par 120 entreprises financières s’est élevé à 1250 millions d’euros.

Sur le projet de la loi de finances pour l’année 2019, actuellement dans les mains de l’ARP, le conseiller fiscal a assuré que ce texte ne peut pas être considéré comme une loi de relance. Il explique cela par le fait que le document ne comprend pas des mesures se rapportant notamment à l’encouragement de l’investissement, à l’exception de quelques avantages limités dans le temps, l’institution des conditions permettant l’amélioration de l’épargne et la lutte contre le secteur informel qui aggrave la concurrence déloyale par rapport au secteur organisé.

Ce projet de loi ne contient pas également des mesures portant sur l’arrêt de l’hémorragie du déficit commercial, qui n’a cessé de s’amplifier au fil des années pour atteindre le montant 16.000 MD et l’atténuation de l’aggravation de l’endettement extérieur qui tourne autour de 71% du PIB, a encore expliqué le conseiller fiscal.

Rappelons à ce propos que le projet de la loi de finances pour l’exercice 2019, adopté le 10 octobre 2018 par le Conseil des ministres et soumis à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), s’inscrit dans le cadre de la révision du taux d’imposition sur les sociétés pour poursuivre l’appui à la compétitivité des entreprises opérant dans le pays et préserver le site Tunisie en tant que destination attractive pour les investisseurs.
Il s’agit, également, d’accorder la priorité aux secteurs à forte valeur ajoutée en réduisant le taux d’imposition sur les sociétés pour se situer à 13,5%.

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Les exportations du secteur industriel ne cessent d’enregistrer des bonds en avant par rapport à l’année dernière. Tous les chiffres du secteur clignotent au vert. Une reprise qui avait été observée depuis le début de cette année et qui s’est confirmée après, en témoignent les chiffres de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII). En effet, les derniers indices ont révélé que les exportations du secteur industriel sont passées de 22 076,3 millions de dinars (MD) durant les neuf premiers mois 2017 à 26 652,5 MD durant la même période de l’année 2018, enregistrant ainsi une augmentation de 20,7%. Le secteur industriel a importé pour 34 257,9 MD durant les neuf premiers mois de 2018 contre 29 234 MD durant la même période de 2017, enregistrant ainsi une hausse de 17,2%. Ainsi le solde commercial du secteur industriel s’établit à -7605,4 MD contre -7157,7 MD au cours des neuf premiers 2017.

La hausse enregistrée au niveau des exportations est due essentiellement au secteur des industries agroalimentaires dont les exportations ont atteint 2864,6 MD, contre 1605,2 MD pendant les neuf premiers mois de 2017, soit une progression de 78,5%. Ont aussi augmenté les exportations du secteur des industries des matériaux de construction de la céramique et du verre, passant de 359,3 MD à 466,1 MD au cours des neuf premiers mois de 2018 (+29,7%).

De même, les exportations du secteur des industries mécaniques et électriques ont augmenté de 14,7% passant de 11 405,6 MD à 13 079,2 MD durant les neuf premiers mois de 2018. Ont aussi augmenté de 4,6% les exportations du secteur des industries chimiques (1741,9 MD contre 1665,4 MD durant les neuf premiers mois de 2017).

Le secteur des industries du textile et de l’habillement n’a pas été en reste avec des exportations de l’ordre 5355,7 MD contre 4508,2 MD durant les neuf premiers mois de 2017, soit une augmentation de 18,8%. Il en est de même pour le secteur des industries du cuir et de la chaussure dont les exportations ont augmenté de 23% avec 1148,8 MD contre 933,6 MD au cours des neuf premiers mois de 2017.

Idem pour les exportations du secteur des industries diverses, elles ont progressé de 23,8% avec 1996,2 MD contre 1599 MD durant les neuf premiers mois de 2017. Les importations industrielles ont connu des augmentations pour tous les secteurs. Ces augmentations varient entre 2,9% pour le secteur des industries agroalimentaires et 25,3% pour le secteur des industries diverses.

De manière générale, les investissements déclarés, durant les neuf premiers mois de 2018, dans le secteur industriel ont atteint le montant de 2732,6 MD, contre 2662,3 MD au cours de la même période de 2017, enregistrant ainsi une augmentation de 2,6%. Le nombre de projets déclarés a atteint 2877 au cours des neuf premiers mois de 2018 contre 2746 lors des neuf premiers mois 2017, soit une augmentation de 4,8%. Ces projets permettront la création de 48 256 postes d’emplois, contre 43 835 postes d’emplois durant les neuf premiers mois de 2017, soit une augmentation de 10,1%.

Les investissements déclarés dans le cadre des projets de création sont passés de 1124 MD durant les neuf premiers mois de 2017 à 1317,5 MD durant la même période de l’année 2018, enregistrant ainsi une hausse de 17,2%. Le nombre de ce type de projets a augmenté de 21,5% en passant de 1745 à 2121 pendant les neuf premiers mois de 2018, et les emplois créés ont augmenté de 9,9% avec 27 428 postes contre 24 956 durant les neuf premiers mois de 2017.

Les investissements déclarés dans le cadre des projets autres que la création (extension, renouvellement de matériel…) ont atteint 1415,1 MD contre 1538,2 MD durant les neuf premiers mois de 2017, soit une diminution de 8%. Le nombre de ces projets a baissé de 24,5% passant de 1001 à 756 au cours des neuf premiers mois de 2018, et les emplois y afférents ont augmenté de 10,3% avec 20 828 postes contre 18 879 durant les neuf premiers mois de 2017.

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Lors d’un point de presse tenu ce mercredi 24 octobre 2018 à Tunis, l’Ambassadeur de l’Union Européenne en Tunisie, Patrice Bergamini, a annoncé que le président de la Commission européenne (CE), Jean-claude Juncker, effectuera à partir de demain une visite de deux jours à Tunis. Il y rencontrera le président de la République, Béji Caied Essebsi, le chef du gouvernement, Youssef Chahed et le président de l’Assemblée des Représentants du Peuple ( ARP), Mohamed Ennaceur. Il aura également des entretiens avec les présidents des blocs parlementaires et plusieurs ministres.

Lors de cette visite au Bardo, le président de la CE déposera une gerbe de fleurs à la mémoire des victimes de l’attentat du 18 mars 2018, sur les mêmes lieux et prononcera, à cette occasion, un discours en présence de hauts responsables tunisiens et de représentants des différents corps diplomatiques accrédités en Tunisie et organisations de la société civile.

Jean-claude Juncker prononcera lors de cette rencontre un seul discours et il annoncera la signature, au palais de Carthage, de quatre conventions de financement d’un montant global de 270 millions d’euros, en présence du chef de l’Etat. Il s’agit d’une convention sur la compétitivité des entreprises d’un montant de 90 millions, une relative à l’appui à la réforme de la justice d’un montant de 60 millions d’euros, une pour la transition énergétique d’un montant de 50 millions d’euros et une pour la réforme fiscale et l’économie sociale et solidaire d’un montant de 70 millions d’euros.

Ces conventions seront signées, côté tunisien, par le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Zied Laâdhari, et par le Commissaire européen en charge de la politique de voisinage.
La signature de ces conventions s’ajoute à l’aide annuelle de 300 millions d’euros accordée à la Tunisie. Patrice Bergamini a par ailleurs ajouté que la Tunisie pourra bénéficier de 300 millions d’euros supplémentaire en cas d’approbation d’une loi organique sur l’indépendance financière de la Cour des comptes. “Une fois le projet de loi organique relatif à ce budget adopté, une  nouvelle assistance macro-financière européenne de 300 millions d’euros supplémentaires sera accordée à la Tunisie“, a assuré l’Ambassadeur de l’UE.

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Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a rendu public, aujourd’hui mardi 23 octobre 2018, son rapport sur l’évaluation de ses opérations en Tunisie. Le document porte principalement sur 6 projets mis en oeuvre entre les années 2003 et 2018 pour un coût total de 248 millions de USD, dont 105 millions ont été décaissés par le FIDA. Des projets qui portent sur l’amélioration des conditions de vie et la réduction de la pauvreté en zones rurales grâce à des investissements substantiels dans la gestion des ressources naturelles et les infrastructures socio-économiques.

Il ressort en effet de ce rapport que le programme financé par le FIDA a obtenu des résultats “remarquables” en matière de gestion de l’environnement et des ressources naturelles. Par exemple, des projets ont permis de lutter contre la dégradation des sols sur 35 600 hectares et développé des infrastructures d’irrigation sur 3600 hectares de terres agricoles. De plus, environ 167 800 hectares de parcours ont été récupérés grâce à la mise en repos des parcours en accord avec les éleveurs et ayants droits des parcours. De telles interventions, tout en stimulant la productivité agricole et la diversification, contribuent également à augmenter les revenus dans les zones rurales.

En effet, depuis 1980, le FIDA travaille en partenariat avec le gouvernement tunisien pour améliorer les conditions de vie des populations rurales vulnérables grâce à des investissements socio-économiques et de gestion de ressources naturelles importants et le renforcement des organisations paysannes en soutien de l’agriculture et de l’élevage. Depuis le début de ces opérations en Tunisie, le FIDA a financé 13 projets avec un cout total estimé à 465 millions d’USD, et une contribution financière de l’ordre de 174 millions d’USD.

Le programme met toutefois en évidence certains domaines à améliorer. Il a eu par exemple un impact plutôt modeste sur l’autonomisation sociale et économique des femmes et des jeunes et la durabilité sociale et environnementale de certains investissements reste incertaine. Du coup, le programme n’a pas réussi à mettre en place des approches réellement innovantes permettant d’atteindre prioritairement les ménages ruraux les plus pauvres et vulnérables. Le ciblage géographique a permis en revanche de concentrer les interventions dans des zones particulièrement défavorisées.

C’est ainsi que le programme a reformulé un certain nombre de recommandations pour une future collaboration entre le FIDA et le gouvernement tunisien. L’un d’eux consiste à faire en sorte que les interventions touchent plus efficacement les plus pauvres et les plus vulnérables, en particulier les agriculteurs, les femmes et les jeunes pauvres. D’autres recommandations vont dans le sens de la minimisation de la vulnérabilité des chaines de valeur agropastorales face aux risques liés au climat et aux marchés, renforcer et mettre à échelle des interventions à caractère innovant en faveur de la réduction de la pauvreté rurale, renforcer les partenariats stratégiques et orienter les projets en fonction de la nature et des orientations des interventions futures du programme pays et dans le contexte de la décentralisation.

Le FIDA investit dans les populations rurales depuis 40 ans, en leur donnant les moyens de réduire la pauvreté, d’accroitre la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et de renforcer la résilience. Depuis 1978, le fonds a octroyé 20,2 milliards de dollars américaines en subventions et en prêts à faible taux d’intérêt à des projets ayant touché environ 476 Millions de personnes. Le FIDA est une institution financière internationale et une agence spécialisée des Nations Unies à Rome, la plaque tournante des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Le bureau indépendant de l’évaluation (IOE) procède à des diagnostics des politiques stratégiques et opérations financées par le FIDA afin de promouvoir la responsabilité et l’apprentissage. L’objectif principal est de contribuer à améliorer la performance du FIDA et de ses partenaires en matière de réduction de la pauvreté rurale dans les pays bénéficiaires.

Les évaluations indépendantes d’IOE étudient l’impact des activités financées par le FIDA et analysent les succès et les faiblesses et en identifiant les facteurs influant sur la performance. Sur la base des informations et des recommandations tirées des conclusions de l’évaluation, IOE partage également les connaissances et l’expérience du FIDA en matière de développement agricole et rural avec un public plus large.

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“Les mécanismes de transition de l’économie informelle à l’économie formelle en Tunisie”, tel a été le thème d’une rencontre organisée ce lundi 22 octobre 2018 à Tunis à l’initiative de l’Association Tunisienne de Droit Social et des Relations Professionnelles (ATDSRP), fondée par Mohamed Ennaceur, président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Ouvrant les travaux de cette rencontre, Ennaceur a indiqué que l’économie informelle amasse aujourd’hui une richesse qui n’est pas prise en compte dans le PIB du pays. D’autre part, elle emploie entre 800 000 et 1 million de travailleurs indépendants ou non salariés non affiliés à des caisses de sécurité sociale et qui échappent aux taxes et obligations légales.

Il a ajouté que la propagation rapide de l’économie informelle dans notre pays a créé de graves risques et frappe des gains sociaux importants. “Si ce secteur a réussi à absorber un grand nombre de chômeurs et de personnes socialement marginalisées, il ne leur fournit pas les éléments d’un travail décent, d’autant plus qu’une proportion importante de ces travailleurs sont des femmes et des enfants“, a-t-il précisé. Il a signalé que l’emploi dans le secteur informel ne se limite plus aux analphabètes et aux personnes mal formées, il inclut également un nombre important de diplômés de l’enseignement supérieur qui ont été entraînés par le chômage chronique sur un marché du travail fragile et temporaire, selon ses dires.

Il semble clair que depuis l’année 2011, les gouvernements et les organisations professionnelles successifs n’ont pas mis en place une stratégie efficace pour informer et intégrer le secteur informel. Le manque continu de reconnaissance ne l’a pas empêché de se développer et de devenir une réalité, fournissant un moyen de subsistance à un grand nombre de personnes marginalisées par la loi“, a-t-il ajouté.

Le président de l’ARP a dans le même contexte indiqué que le phénomène de l’économie informelle n’est pas nouveau et émergent, dans certains pays il représentait 80% de l’économie globale et employait 70% de la main-d’œuvre. Il est répandu dans le monde entier, “mais la rapidité de son développement et sa propagation dans notre pays au cours de la période récente ont fait de l’informel un phénomène très dangereux, surtout si on n’arrive pas à l’intégrer progressivement dans l’économie formelle“, a dit Ennaceur.

Il a par ailleurs mis en garde contre la montée en flèche durant ces dernières années de l’économie informelle qui emploie selon ses dires près de 1 million de personnes, pointant du doigt les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis la Révolution. “Toutes les politiques d’après-Révolution ont échoué“, a déclaré le président de l’ARP, citant le taux de chômage élevé qui a dépassé 35% dans certains gouvernorats à l’instar de Tataouine et Gafsa. De plus, a-t-il dit, avoir un travail stable devient plus qu’impossible dans certaines régions pour une grande frange de la société, ce qui explique que beaucoup de citoyens opèrent dans cette économie et ce, malgré le fardeau sur les caisses sociales.

De son coté, Samir Cheffi, secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a indiqué que l’économie informelle devient aujourd’hui une grande menace et un danger non seulement pour les droits de l’Homme mais aussi pour les entreprises qui travaillent dans le secteur formel. “Ça devient un cauchemar vu les dépenses de l’Etat et les déséquilibres financiers des caisses sociales”, a-t-il précisé, avant d’ajouter que les chiffres de l’économie informelle ne sont plus aujourd’hui tolérables et ont dépassé les 50%, ce qui empêche l’Etat de parvenir à une paix sociale.

Le secrétaire général adjoint de l’UGTT a ainsi appelé à faire face à ce phénomène qui ne cesse de peser sur l’Etat et ce, avec la participation des représentants de la société civile, des organisations nationales et les compétences pour éradiquer ce fléau. Il a rappelé la mise en place du projet de loi sur l’économie sociale et solidaire comme mécanisme pour intégrer les jeunes dans l’économie formelle et avoir un poste et un revenu stable, selon ses déclarations.

Le président de l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (UTAP), Abdelmajid Ezzar, a imputé la responsabilité de la propagation de l’économie informelle au gouvernement et à l’Etat en général lorsqu’il ne réagit pas et ne prend pas d’initiatives et des positions devant les acteurs du marché parallèle. “Des dizaines de conteneurs et de camions de contrebande franchisent quotidiennement les frontières sans que l’Etat ne bouge (…) Les produits de contrebande se vendent aujourd’hui dans le marché du gros“, a-t-il dit. Il a fait remarquer que l’Etat encourage aussi l’économie informelle à travers ses lois : “La lourdeur des procédures administratives, la complication des lois et la multiplication des démarches ont poussé les gens à basculer dans l’informel“, a-t-il dit.

Il a ajouté que les lois en vigueur pénalisent les producteurs qui opèrent sur le marché formel, puisqu’ils supportent un gros fardeau au niveau des taxes alors que d’autres ne payent rien : “Il y a une forte assise offerte au marché parallèle“, a-t-il encore précisé.

Il est rappeler à ce propos que selon des statistiques publiées par la Banque mondiale, le secteur informel en Tunisie est estimé à 54% de la main d’oeuvre. L’informel se concentre dans des micro-entreprises, soit 524.000 unités, représentant 35% du tissu entrepreneurial.

Une autre enquête menée par l’économiste Mohamed Haddar a révélé que les transferts de devises de la région de Ben Guerdane vers l’extérieur sont évalués entre 1 et 3 millions de dinars (MDT) par jour, soit l’équivalent de 750 MDT par an. Ce marché de devises, qui regroupe 5 principaux banquiers au noir et entre 250 et 300 agents de change, offre des prestations quotidiennes et au comptant et couvre toutes les devises.

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Le PDG de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), Bechir Irmani, a démenti, dans une déclaration accordée à Africanmanager, la suspension de la convention sectorielle signée entre la caisse et la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT), soulignant que cette convention reste toujours valable et que selon la loi elle prendra fin le 20 octobre prochain. “Nous ne voulons pas suspendre la convention (…) Nous sommes pour le renouvellement même après le 20 octobre“, a-t-il précisé.

Irmani a toutefois indiqué que ce sont les pharmaciens qui ont demandé la suspension de la convention et non pas la CNAM, assurant que la Caisse est toujours ouverte aux négociations malgré l’annonce, par la Pharmacie centrale, de la fin de la convention. “Nous sommes encore attachés à cette convention et les concertations sont en cours avec les parties prenantes pour trouver les solutions adéquates permettant de poursuivre le travail avec ladite convention“, a-t-il précisé.

Sur le même sujet, le PDG de la CNAM a expliqué que les pharmaciens voulaient suspendre ladite convention à cause du retard accusé par la CNAM pour rembourser ses dettes, évoquant les grosses pressions subies par la caisse en la matière.

Il a par ailleurs expliqué que les capacités financières de la caisse se sont réduites, chose qui a mis l’organisme dans des difficultés financières. Il a rappelé les efforts fournis auparavant par la caisse en matière de contribution dans le secteur privé : “On avait remboursé chaque semaine…On ne peut pas patienter! (…) Nous avons plus de 3300 millions de dinars d’impayés“, a-t-il assuré.

Bechir Irmani a dans le même contexte précisé que la caisse fait face à plusieurs problèmes de liquidité mais la situation est en train de se redresser. “Nous sommes en train de faire des efforts pour rembourser nos dettes, notamment envers les pharmaciens (…) C’est vrai que nous avons des dettes envers les pharmaciens mais pas grand chose, elles sont en train de diminuer“, a indiqué le PDG de la CNAM, avant de rappeler que la caisse a récemment payé 25 Millions de dinars à la Pharmacie centrale et doit verser son équivalent dans les prochains jours.

Il a fait savoir que la CNAM a fait quand même un effort pour réduire les délais de remboursement afin d’atteindre seulement 90 jours, une avancée qu’il a qualifiée d’exceptionnel.

Il convient de rappeler à ce propos que depuis le mois de novembre, la CNAM a commencé à appliquer les décisions prises par le Conseil ministériel restreint du 6 novembre 2017, en opérant un virement mensuel de l’ordre de 40 millions de dinars pour les hôpitaux et de 23 millions de dinars pour la Pharmacie centrale. C’est ce qu’a confié le PDG de la CNAM dans une interview récente accordée à Africanmanager. “Toutefois, un montant de 14 millions de dinars au titre de la part de la CNRPS dans l’effort de paiement de la PCT par la CNAM n’a pas été transféré jusqu’à ce jour, ce qui a empêché la CNAM de virer le montant de 33 millions de dinars décidé par le CMR et de se limiter à 23 millions de dinars“, a-t-il ajouté.

En effet, la CNAM a connu une accumulation exceptionnelle de dettes envers la Pharmacie centrale, de l’ordre de 150 millions de dinars en 2016 et de 127 millions de dinars en 2017, soit un total de 277 millions de dinars. Mais la situation a connu une nette amélioration en 2018 avec la montée progressive des recettes.

Les montants payés à la Pharmacie centrale sont de l’ordre de 189 millions de dinars durant la période janvier–août 2018 et seront de l’ordre de 290 millions de dinars à la fin de l’année 2018.

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Le projet de l’économie sociale et solidaire (ESS) qui devrait être prochainement examiné en Conseil ministériel, en tant que nouveau levier pour l’insertion et l’emploi, est au cœur des débats et des rencontres. Ce jeudi 18 octobre 2018, le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi a animé le débat à travers l’organisation sur deux journées d’un colloque international sur le thème ‘L’économie sociale et solidaire en Tunisie : Le temps de l’action”.

Ouvrant les travaux de cette rencontre qui ont commencé ce matin, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Faouzi Abderrahmane, a déclaré que le projet de l’économie sociale et solidaire (ESS) a nécessité un travail de deux ans lequel a donné lieu à plusieurs recommandations reformulées, en collaboration avec toutes les parties prenantes. Il a souligné toutefois que les citoyens n’ont pas attendu que ce projet de loi soit approuvé et lancent déjà des initiatives relevant de l’ESS qui leur ont permis de monter des projets.

Il a par ailleurs indiqué que le projet de l’ESS est venu répondre à un besoin extrêmement important exprimé par la société et qui correspond au climat des affaires en Tunisie. Le ministre a fait remarquer que l’ESS ne contribue au PIB du pays qu’à hauteur de 1% seulement et que l’objectif est d’atteindre 5% à l’horizon 2020. “C’est un objectif très ambitieux et c’est pour cette raison qu’on a besoin de voir des entreprises économiques et solidaires qui font des chiffres d’affaires encore plus importants“, a-t-il soutenu.

Il va falloir aussi qu’on réfléchisse également à des idées innovatrices et qu’on garantisse un climat d’affaires propice et adéquat“, a précisé le ministre, faisant remarquer que le succès de ce projet réside dans le support financier qui sera apporté. “On ne va pas trop avancer si on n’a pas mis l’environnement financier adéquat et préconisé une formation adéquate en la matière“, a-t-il dit.

Il a par ailleurs annoncé la transformation des centres de formation de la femme rurale et qui sont, selon ses dires, au nombre de 13, en centres de formation pour l’économie sociale et solidaire.

Quant à lui, Khelil Ghariani, membre du bureau exécutif de l’Utica, il a tenu à préciser que selon une enquête réalisée en 2016, l’économie sociale et solidaire contribue à hauteur de 1% dans le PIB du pays et emploie seulement 21 mille personnes dans la population active dont 60% dans les associations, un chiffre qu’il a qualifié de très minime, soit 0,6% de la population active.

Il a par ailleurs indiqué que les entreprises qui ont adhérè à l’ESS trouvent des difficultés énormes en matière de financement, plus que les PME : “Les banques ne les financent pas parce qu’elles les considèrent comme vulnérables“, a-t-il expliqué.

Quant à lui, le ministre de l’Agriculture, Samir Bettaieb, a souligné l’intérêt qu’accorde le gouvernement à l’économie sociale et solidaire tout en plaçant ce nouveau mode de gouvernance au coeur du plan du développement 2016/2020. Il a appelé ainsi à mettre en place le cadre juridique le plus adéquat et faire en sorte que ce secteur contribue efficacement à la croissance.

Bettaieb a rappelé à ce propos l’ensemble des mesures annoncées, hier, par le chef du gouvernement, Youssef Chahed et s’inscrivant dans le cadre de l’économie sociale et solidaire. En effet, lors de sa participation à un séminaire national sur la femme rurale organisé par le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la femme rurale, Chahed a ordonné l’augmentation du budget du Fonds de développement du secteur agricole en consacrant un montant de 3,2 millions de dinars sur une ligne de financement des structures professionnelles essentiellement féminines, outre la mise en place d’une ligne de garantie et de bonification des bénéficies pour les crédits destinés aux femmes en milieu rural et au financement des projets lancés dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.

Composé de 22 articles, le projet de loi relatif à l’ESS devrait être prochainement examiné en Conseil ministériel avant d’être soumis à l’ARP (Assemblée des représentants du peuple) avant la fin de cette année. Le projet de loi sur l’ESS a été mis en ligne pour une consultation publique, du 7 au 28 mai 2018, sur le portail national de l’information juridique et sur le site du ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi. Le document vise à parer à la dispersion des textes juridiques relatifs à cette question, à définir les principes et les objectifs de l’ESS et à la doter d’une structure représentative et fédératrice, avec au programme la création d’un Conseil supérieur de l’économie solidaire et un Observatoire national de l’ESS. Il prévoit, également, un mécanisme d’autofinancement et la création dans trois ans d’une banque mutuelle.

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D’ici 2019, au moins trois premières sociétés tunisiennes seront certifiées ISO 37001 (Systèmes de management anti-corruption). Il s’agit notamment de la Société Tunisienne de l’Electricité et du Gaz (STEG), la Pharmacie Centrale de Tunisie (PCT) et la Société Nationale de Distribution du Pétrole (SNDP)“, a indiqué Krimi Abdessattar, président de l’Association Tunisienne pour la Promotion du Management Global (ATPMG), mardi 16 octobre 2018, dans une déclaration à la presse en marge d’un séminaire international sur le thème “les entreprises tunisiennes et les défis de la bonne gouvernance et de la gestion de l’intégrité : Exigences locales et tendances internationales”.

Le responsable a par ailleurs souligné que ces sociétés ont exprimé leur volonté d’intégrer cette norme dans leurs systèmes de management, surtout qu’elle figurera, prochainement, parmi les critères exigés par les bailleurs de fonds, lors d’octroi de crédits aux entreprises locales.

De son côté, Jean Pierre Mean, expert membre du comité de rédaction de la norme ISO 37001, a déclaré que la faiblesse des institutions, le manque de transparence, l’inefficacité de la réglementation et la faiblesse des salaires figurent parmi les principales causes de la propagation de la corruption, dont les conséquences sont nuisibles pour la pérennité d’une entreprise économique. En fait, a-t-il noté, la corruption décourage l’investissement, engendre l’insécurité juridique (le cas où les tribunaux et les administrations publiques sont corrompues) et porte atteinte à la qualité des produits et services (vu que le choix des fournisseurs ne sera plus tributaire de la qualité). L’expert a estimé que la norme ISO 37001 stipule de mettre en place une politique anti-corruption efficace et de convaincre le personnel à s’engager dans cette démarche de transparence et de bonne gouvernance.

Ouvrant les travaux de cette rencontre, le ministre de l’Industrie et des PME, Slim Feriani, a déclaré que depuis 2011, la question de la gouvernance et de l’intégrité s’est imposée à toutes les stratégies à différents niveaux dans le cadre d’un dialogue social avec des défis internes et externes.
C’est ainsi qu’il a appelé à l’élaboration de la Stratégie nationale de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption avec la signature de sa Charte, le renforcement du cadre législatif et réglementaire par l’adoption de lois anti-corruption, contre l’enrichissement illicite, en faveur de la responsabilité sociétale des entreprises et l’élaboration d’un Plan stratégique de développement 2016–2020 dont le premier Axe concerne la «Bonne gouvernance».

Le ministre a également rappelé l’engagement de la Tunisie vis-à-vis du Programme de Développement Durable des Nations Unis à l’horizon 2030 et ses 17 Objectifs, dont notamment l’objectif 16 «Paix, Justice et institutions efficaces». Aussi, une Stratégie de développement des entreprises publiques et un Plan de modernisation de l’Administration ont été élaborés avec comme principale composante la bonne gouvernance, l’intégrité et l’instauration des modes de management modernes.

Feriani a dans le même contexte ajouté que sur le plan pratique, de nombreuses entreprises et organisations des secteurs public et privé manifestent un intérêt pour l’application de la norme ISO 26000 (responsabilité sociétale) et la norme ISO 37001, sujet du séminaire, citant le cas des entreprises des secteurs du Transport et de l’Energie qui ont renforcé ces dernières années leurs engagements en la matière. Leurs témoignages éclaireront l’opinion publique à ce sujet et serviront, espère le ministre, d’exemple.

Il a par ailleurs souligné l’engagement de l’INNORPI pour la mise en place d’un système de management anti-corruption SMAC en son sein selon la norme ISO 37001, tout en l’appelant à redoubler d’efforts pour réaliser les objectifs nationaux et assurer le respect des engagements internationaux. Feriani a réitéré l’engagement du gouvernement tunisien en faveur de la mise en place d’un nouveau mode de gouvernance équitable, transparente, intègre et responsable. Cela permettrait d’atteindre les objectifs légitimes tracés, et il compte sur la contribution positive de tous les acteurs publics, privés et de la société civile.

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L’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives (ITCEQ) a mené depuis l’année 2000 une enquête qualitative sur le climat des affaires et la compétitivité des entreprises. L’objectif étant d’évaluer le climat des affaires en vue d’identifier les principales contraintes auxquelles se heurtent les entreprises dans l’exercice de leurs activités, d’évaluer les performances qu’elles ont réalisées ainsi que les efforts qu’elles ont menés pour préserver, voire même, améliorer leur compétitivité dans un environnement de plus en plus concurrentiel et, enfin, de recueillir leurs anticipations en matière d’activité, d’emploi et d’investissement. Pour tenir compte de toutes les perceptions portées sur les domaines de l’environnement des affaires, qu’elles soient positives ou négatives, un indicateur synthétique de perception du climat des affaires (IPCA) est élaboré depuis 2007. Cet indicateur varie de 0 à 100: plus il se rapproche de 100, plus le climat des affaires est jugé favorable. Le suivi de l’évolution de l’IPCA permet de voir s’il y a ou non amélioration de la perception portée sur l’environnement des affaires.

L’indicateur de perception du climat des affaires continue de reculer, passant de 60.7 en 2015 à 58.7 en 2016 puis à 58.3, synonyme d’une moindre satisfaction des entreprises quant à l’environnement dans lequel elles œuvrent. Sur les 11 domaines couverts par l’enquête, 5 ont connu une tendance baissière de leur indicateur respectif. Il s’agit de l’infrastructure, du cadre macroéconomique et réglementaire, des ressources humaines, des pratiques dans le marché et de la corruption. Cependant, les autres domaines ont connu une amélioration relative en
2017. Notons, à ce titre, que l’indicateur de la «situation sécuritaire» a réussi à réaliser une avancée remarquable avec une valeur de 58,8 en 2017 contre 51,8 en 2016. Cette amélioration substantielle a permis, pour la première fois depuis 2012, au domaine de la «situation sécuritaire» de quitter la liste des volets les plus défavorablement perçus par les chefs d’entreprise, traduisant, ainsi, le succès des actions menées par l’appareil sécuritaire en matière de lutte contre le terrorisme.

Par ailleurs, l’examen des indicateurs partiels laisse dégager 6 principaux facteurs ayant tiré vers le bas la valeur de l’IPCA, entravant ainsi le bon déroulement des affaires en Tunisie. Il s’agit surtout de la situation sociale qui constitue le domaine le plus défavorablement perçu par les chefs d’entreprise. Viennent ensuite la situation politique et la corruption dont les répercussions négatives perdurent encore. Puis les pratiques dans le marché dont l’indicateur partiel a connu la plus importante baisse par rapport à l’année dernière. Après il y a le cadre macroéconomique et règlementaire classé en cinquième position comme facteur défavorablement perçu et enfin le financement bancaire qui présente une contrainte structurelle.

S’agissant du climat social, il ressort qu’en dépit d’une légère augmentation de l’indicateur partiel relatif au climat social (passant de 43.2 en 2016 à 43.7 en 2017), synonyme d’une relative amélioration de la perception portée sur ce volet, le climat social reste le domaine le plus défavorablement perçu avec 48% des entreprises le considérant comme contrainte majeure au bon déroulement de leur activité et à leur développement. A ce titre, ce facteur continue à constituer l’une des principales contraintes à l’investissement, dans la mesure où l’instabilité sociale serait la raison pour laquelle 20% des entreprises n’ont pas investi en 2017. Pire encore, il importe de révéler que les grèves continuent à générer des problèmes d’approvisionnement pour 8% des entreprises et ont même été derrière la suspension de l’activité au cours du premier semestre 2017 pour 2% des entreprises enquêtées.

En plus des grèves, les entreprises dénoncent l’absentéisme dont le taux continue d’augmenter Une augmentation du taux d’absentéisme a été relevée dans les entreprises, passant de 4.87% en 2014 à 5.41% en 2015 et 5.67% en 2016 (soit en moyenne 15 jours d’absence par employé).

Au sujet de la situation politique, l’enquête montre que 45% des entreprises considèrent le climat politique actuel comme instable et constitue une contrainte majeure pour le développement de leur activité et ce, indépendamment de leur taille et régime. Cette instabilité, qui perdure depuis des années, est l’une des principales raisons ayant dissuadé 22% des hommes d’affaires d’investir en 2017.

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