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Khadija Taboubi

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“La conjoncture économique mondiale pour l’année 2018 est favorable pour la consolidation de la reprise de la croissance économique en Tunisie. L’année 2018 semble être un pic de croissance pour nos partenaires. Cependant des éléments de vulnérabilités – qui sont en fait des menaces immédiates – persistent.

Les finances publiques sont le talon d’Achille de la croissance future de l’économie tunisienne.”, indique l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites) dans une note de conjoncture récente. Les corrections budgétaires devraient être axées sur l’optimisation (la réduction ou du moins la limitation) des dépenses improductives. L’expérience internationale suggère que la réduction des dépenses de 1% du PIB entraîne un recul d’environ un demi-point de pourcentage par rapport à la croissance moyenne d’un pays. En revanche, les corrections budgétaires axées sur la hausse des impôts de 1% du PIB s’accompagnent d’un recul du PIB de 2%. Cet effet de récession a tendance à durer plusieurs années. La réduction des dépenses est de ce point de vue la solution de moindre mal. Il est également souhaitable d’examiner la composition des recettes fiscales et d’orienter les taxes vers les segments les moins nocifs pour la croissance (taxes récurrentes et sur la propriété).

L’inflation devrait être corrigée par des politiques structuralistes (et non monétaristes comme le fait actuellement la BCT). Ces politiques consistent à corriger les imperfections du marché. Une identification précise, après étude, des goulots d’étranglement est donc nécessaire. Le traitement de l’inflation devrait donc se faire, dans l’immédiat, selon une approche sectorielle et non globale.

Au niveau sectoriel, les actions urgentes concernent le marché des biens et services, les secteurs du bâtiment et le phosphate.
Le faible niveau de l’investissement (national et étranger) nécessite l’amélioration du climat des affaires. Le décret gouvernemental n° 2018- 417 relatifs aux mesures d’amélioration du climat des affaires devrait, théoriquement impacter positivement notre classement. Un regain de confiance de la part des investisseurs étrangers est donc envisageable, mais en particulier d’attirer de nouveaux investisseurs.
Les déficits jumeaux (déficit budgétaire et déficit commercial) entraînent la dépréciation du Dinar et l’épuisement des réserves de change. Notre déficit commercial prononcé (28%) par rapport à la Chine et la Turquie (15%) s’explique essentiellement par la dépréciation compétitive des monnaies nationales de ces pays. L’amélioration de la compétitivité nationale pour résorber les déficits jumeaux passe inévitablement par l’amélioration de la productivité du travail et du capital.

Le rythme de croissance des crédits aux particuliers (crédits consommation et logement) a continué leur décélération amorcée depuis 2017. Il est passé de 5% en 2014 à 1% en 2018. Cette décélération s’explique d’une part par le renchérissement du coût de financement (en raison des relèvements successifs du taux directeurs de la BCT) et des dispositions fiscales qui ont freiné la demande notamment pour le financement des logements et de l’acquisition des voitures. Cette décélération pourrait se traduire par une contraction de la consommation et se répercuter in fine sur la croissance.

Par ailleurs, les crédits aux professionnels ont continué à augmenter à un rythme soutenu depuis 2016 (entre 14% et 15% en 2018), notamment dans le secteur de l’industrie et des professionnels. Cette tendance s’explique essentiellement par l’accroissement des besoins de financement (investissement et exploitation) tirés par les effets de la dépréciation du dinar tunisien. Quant aux secteurs des professionnels, nous pensons que cette évolution traduit un repositionnement stratégique de la majorité des banques de la place vers ce segment en raison de la contraction de la demande du segment des particuliers.

En effet, au sujet du financement de l’économie, la note de l’Ites précise que le rythme de croissance des crédits aux particuliers (crédits consommation et logement) a continué leur décélération amorcée depuis 2017. Il est passé de 5% en 2014 à 1% en 2018. Cette décélération s’explique d’une part par le renchérissement du coût de financement (en raison des relèvements successifs du taux directeurs de la BCT) et des dispositions fiscales qui ont freiné la demande notamment pour le financement des logements et de l’acquisition des voitures. Cette décélération pourrait se traduire par une contraction de la consommation et se répercuter in fine sur la croissance.

Par ailleurs, les crédits aux professionnels ont continué à augmenter à un rythme soutenu depuis 2016 (entre 14% et 15% en 2018), notamment dans le secteur de l’industrie et des professionnels. Cette tendance s’explique essentiellement par l’accroissement des besoins de financement (investissement et exploitation) tirés par les effets de la dépréciation du dinar tunisien. Quant aux secteurs des professionnels, nous pensons que cette évolution traduit un repositionnement stratégique de la majorité des banques de la place vers ce segment en raison de la contraction de la demande du segment des particuliers.

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La commission du développement relevant de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a rendu public, lors d’une séance plénière tenue ce jeudi 19 juillet 2018, son rapport sur le développement régional dans les gouvernorats du Sud-ouest à savoir; Gafsa, Kébili et Tozeur. Un rapport dont il recense l’ensemble des handicaps et des difficultés : pauvreté, chômage, détérioration des services de la santé, du transport et absence de projets de développement. Des problèmes qui remontent à plusieurs années sans que le gouvernement bouge. Ledit rapport a mobilisé 12 ministres à savoir ceux de l’Équipement et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Sala Arfaoui, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Zied Laâdahri, du Tourisme, Salma Elloumi, des Finances, Ridha Chalghoum, de l’Agriculture, Samir Bettaieb, de l’Environnement, Ridha Mouakher, de la Santé, Imed Hammami et de l’Industrie, Slim Feriani.

Le député Adnène Hajji a dénoncé l’absence de développement dans le gouvernorat de Gafsa et les rapports et l’ensemble des diagnostics qui ont été fait sur les régions de l’intérieur sans aboutir à des résultats ou résoudre la crise qui ne cesse de s’y aggraver depuis des années.
Il a dans ce même cadre assuré qu’il n y aura pas de développement sans transport, sans eau ou encore sans police. ” Les régions de Redayef et Mdhilla sans sans sécurité depuis une années. ” C’est une politique adoptée par tous les gouvernements qui ont succédé à la Révolution “, a indiqué le député, soulignant que l’État pratique une forme de sanction envers le citoyen.” Chaque fois qu’il il y a une manifestation, la police se retire”, a-t-il précisé.

Dans le même ordre d’idées, Hajji a indiqué qu’il a été appelé à ouvrir les postes de police qui sont depuis plusieurs mois fermées,mais en vain, les responsables expliquent ces fermetures par l’absence des conditions de sécurité qui y règne.

Outre la sécurité, le député a soulevé le problème d’approvisionnement en eau des habitants de Gafsa et les coupures qui interviennent chaque jour dans différentes délégations. ” Le problème de l’eau s’est aggravé davantage à Gafsa alors qu’aucun diagnostic n’a été fait fait en la matière”, a assuré le député, avant de s’interroger : ” Où est le problème? Quelle en est la cause? Est-ce en relation avec la rareté des ressources en eau dans ce gouvernorat ou cela est dû à des pannes techniques.

Adnène El Hajji a en revanche indiqué que des experts en la matière se rendront bientôt à Gafsa pour examiner le problème de l’eau dans ce gouvernorat, et s’employer à lui trouver les bonnes solutions.
L’élu de l’ARP a également déploré l’absence de transport et de développement dans ce gouvernorat, faisant remarquer que l’urgence aujourd’hui est la relance de l’investissement et la création de l’emploi, selon ses dires.

Assma Abou El Hana, pour sa part, a contesté les rapports sur le développement plaçant le gouvernorat de Gafsa en tête soulignant à l’adresse des ministres présents, que l’indice de développement relatif à l’année 2015 dans la région d’El Metlaoui par exemple est de 0,20%, Redayef (0,19%), Sidi Aich ( 0,14%), Om Laârayess (0,14%), El Mdhila (0,11%°, El Kssar (0,04%).

La députée a également mis en doute les s taux de chômage communiqués par les responsables, faisant remarquer que le taux de chômage à Gafsa est de 27,3% dont 60,4% dans les rangs des diplômés de l’enseignement supérieur. De même, le taux de pauvreté s’élève à 30,9%, selon ses dires.
La députée a dans un autre contexte indiqué que le gouvernorat de Gafsa souffre d’un grand problème suite aux coupures répétitives de l’eau et s’étalant parfois sur 10 jours : ” Nous ne pouvons pas garder le silence devant ces coupures (…) Il faut réagir rapidement et faire le nécessaire (…) ça devient insupportable (…) Gafsa est un gouvernorat agricole”, a-t-elle dit.

Quant à lui, le député Zouhaier Maghzaoui a reproché à la commission de ne pas publier les résultats des anciens rapports faits en la matière, cela renforcera la crédibilité des rapports et diagnostics ainsi que les travaux de l’ARP, selon ses dires.

Enfin, le député Sofiène Toubel a indiqué que le gouvernorat de Gafsa est semblable aujourd’hui à l’Éthiopie et ce en dépit de l’ensemble des mesures et des projets annoncés au profit de ce gouvernorat : ” Ils nous ont laisséaux rêver de voir Gafsa comme New York…mais malheureusement ce gouvernorat ressemble aux plus misérables contrées d’Afrique”, a-t-il dit.

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Le député Machrouû Tounes, Hassouna Nasfi a affirmé, dans une déclaration ce lundi 16 juillet 2018 à Africanmanager, que l’interview du président de la République, Béji Caïd Essebsi, , dimanche soir, a été un échec et a aggravé davantage la crise politique qui sévit dans le pays depuis des mois.

Et de préciser dans le même contexte qu’ à travers cette interview, le chef de l’État a voulu imputer la responsabilité de la détérioration de la situation politique dans le pays au Chef du gouvernement, Youssef Chahed, ce qui a créé une crise entre l’un et l’autre, à savoir le chef de l’État et celui du du gouvernement.

Il a en outre indiqué que BCE a fait comprendre aux Tunisiens que l’objectif essentiel de cette interview est de régler des comptes à Youssef Chahed et de lui faire assumer la responsabilité non seulement de la crise actuelle dans le pays, mais aussi de ce qui se passe au sein du parti de Nidaa Tounes, du limogeage de l’ancien ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem, des changements qui ont eu lieu à la tête de certains départements, notamment celui de l’Intérieur et de l’attaque terroriste perpétrée voici quelques jours à Ain Soltane dans le gouvernorat de Jendouba.

Le député a d’autre part indiqué qui s’attendait à une nouvelle vision et une réaction d’un homme politique, plus est chef de l’Etat, loin des tiraillements politiques, expliquant que la solution n’est pas le limogeage ou la démission du chef du gouvernement.

Il a reproché au président de la République de ne pas mentionner la prérogative que lui reconnaît l’article 99 de la Constitution de demander lui-même à l’ARP un vote de confiance pour le maintien ou non du gouvernement, faisant remarquer que le pays ne supporte pas d’autre crises surtout que le Tunisien a perdu toute sa confiance dans les politiciens.

Autres réactions. Les partis Afek Tounes, Machrou Tounes et la coalition du Front populaire (FP) devront se réunir chacun ce lundi ou mardi pour discuter de la situation générale du pays et du contenu de l’interview du président Béji Caïd Essebsi diffusée dimanche soir sur la chaine privée Nessma TV, ont-ils indiqué dans des déclarations à l’agence TAP.

Le secrétaire général du mouvement Echaab et dirigeant du FP Zouheir Hamdi a annoncé une réunion du conseil central de la coalition ce lundi consacrée à l’examen de la situation générale du pays et certains points évoqués dans l’interview du président de la République concernant notamment le gouvernement. La réunion doit discuter également des alternatives envisageables pour la prochaine étape, a-t-il dit.

De son côté, la députée Afek Tounes Lilia Younes Ksibi a relevé que le comité exécutif du parti se réunira cet après-midi pour débattre du contenu de l’interview du président de la République et prendre position à ce sujet.

Pour la députée Afek Tounes, Rim Mahjoub la position du parti sera plus explicite à la lumière du contenu de la réunion de Carthage ce lundi avec les parties prenantes du Document de Carthage.

Souhail Alouini, député Machrou Tounes a relevé, quant à lui, que le mouvement se réunira aujourd’hui ou demain pour interagir avec le contenu de l’interview de Béji Caïd Essebsi.

Le président Béji Caïd Essebsi a déclaré, dans une interview télévisée, diffusée, dimanche soir, que la situation actuelle du pays est difficile et ne peut durer.

“Si la situation persiste (…) le chef du gouvernement doit soit démissionner, soit solliciter, de nouveau, le vote de confiance du parlement”, a-t-il dit.

Il est à rappeler à ce propos que le président de la République, Béji Caïd Essebsi, a déclaré, dans une interview télévisée, dimanche soir, que le chef du gouvernement, Youssef Chahed devra démissionner ou aller solliciter la confiance de l’ARP, si la situation actuelle reste en l’état.
Il s’agit d’une situation qui va de mal en pis, atteignant le point de non retour, a-t-il dit, ajoutant que pour y remédier, il faudra impérativement remettre en selle la « ceinture politique » dont bénéficiait le gouvernement avant la suspension du « Document de Carthage » et de « Carthage 2 ».

BCE a en outre affirmé que la situation qui est actuellement celle du gouvernement ne peut plus durer, sans en dire davantage, ajoutant dans son interview télévisée dimanche soir.
que « celui qui lorgne une réussite aux prochaines élections présidentielles doit d’abord apporter la preuve qu’il a réussi en 2017 et 2018 ».

Il a révélé qu’il n’était pas d’accord avec le chef du gouvernement, Youssef Chahed sur l’opportunité de révoquer l’ex ministre de l’Intérieur Lotfi Brahem , ajoutant qu’il lui a demandé de temporiser et de différer à plus tard cette décision. S’exprimant dans une interview télévisée, il a souligné que Chahed, voulant aller vite en besogne, y opposé une fin de non recevoir, ce qui a été suivi par une vague massive de nominations au sein du ministère de l’Intérieur et de l’appareil de sécurité, impactant négativement ses missions, ce dont témoigne l’attentat d’Ain Soltane.

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La décentralisation, la nouvelle donne qui doit changer l’approche de gestion des affaires locales, pour passer de la mainmise du gouvernement sur les collectivités locales indépendantes ne cessent de faire débat et d’interpeller les experts en la matière. La décentralisation est-elle vraiment une priorité dans un régime démocratique? Pourrait-on faire mieux au niveau local avec l’affaiblissement au niveau central, ? Et pour le cas de la Tunisie ou en est-on actuellement? Ou on peut y aller avec ce processus de décentralisation?

Moez Labidi, professeur d’économie, membre du Conseil d’Analyse Économique, et président de l’Association DREAM (Dynamique de Réflexion Économique à Mahdia) a fait savoir dans une déclaration, ce jeudi 12 juillet 2018 à Africanmanager, que certes, la décentralisation est incontournable pour améliorer la qualité de vie des citoyens, mais cela suppose que la bonne gouvernance locale  cohabite avec une bonne gouvernance politique.

Selon lui, une décentralisation précipitée, mal ficelée, pourrait saper tout espoir de développement régional. “D’une part, elle pourrait alimenter le dégoût à l’égard de la classe politique, et du coup, plus d’abstentions lors des prochaines élections locales et même nationales. Et d’autre part, elle pourrait devenir  l’alibi du pouvoir central pour cacher l’échec de ses politiques économiques sectorielles (santé, éducation, ..)”

Quant à lui, Hedi Larbi, ancien ministre de l’Équipement et Conseiller du vice-président de la Banque Mondiale a indiqué, lors d’une rencontre récemment organisé à Mahdia à l’initiative de l’Association DREAM, que la décentralisation n’en est une que si trois composantes fonctionnent à savoir ; la décentralisation politique, administrative et fiscale. Pour la décentralisation politique, elle est fondamentale et les collectivités locales, à différents niveaux, doivent également avoir l’autonomie nécessaire pour prendre des décisions en matière administrative.: “Il ne faut pas non plus qu’il y ait des contraintes venant du régional ou du central car cela risquerait de limiter leur efficacité”, a-t-il précisé.

Il a en outre souligné la nécessité de la décentralisation fiscale qui est absolument nécessaire. ” Il faut une autonomie au niveau de la fiscalité. Les collectivités locales doivent avoir la possibilité de gérer leurs affaires financières”, a-t-il dit.

“Ni la démocratie, ni la décentralisation n’apporte seules le développement économique et social. Elles le soutiennent, l’aide et le facilite. Le développement économique et social dépend de la qualité des institutions. Il faut des institutions fonctionnelles, compétentes, qui font le nécessaire. De bonnes lois, de bonnes politiques et surtout une capacité de gestion de ces institutions”, a expliqué Larbi, avant de souligner que du côté de la décentralisation, il n’y a pas de recette valable pour toutes les économies étant donné que chaque économie a ses spécificités, a-t-il précisé.

Il a tenu par ailleurs à indiquer qu’avant d’engager le processus de décentralisation, il faut choisir le bon timing, car une réforme bâclée pourrait s’avérer contreproductive et bien former les acteurs de la décentralisation, pour s’assurer de la bonne gestion du quotidien des citoyens. Outre ces deux conditions, il a fait remarquer que le décideur doit être suffisamment crédible pour garantir l’adhésion de la population à ce processus, et suffisamment fort (une forte légitimité) pour réussir à imposer les bonnes pratiques de gouvernance locale.

Hedi Larbi a dans le même contexte indiqué que de manière générale, pour le cas de la Tunisie, il manque deux éléments à savoir un leadership politique est nécessaire car aujourd’hui, il y a un vide et une redynamisation de  la participation de la société civile. La société civile doit veiller sur le bon déroulement du processus de décentralisation.

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“Le résultat global de l’année 2017 de 69 des 81 sociétés cotées, s’est amélioré de 24,5% par rapport à l’année 2016, pour atteindre un montant de 1 748MD contre 1 404MD. Parmi ces 69 sociétés, 60 ont enregistré des résultats bénéficiaires. Les 20 sociétés qui composent le Tunindex20, ont accaparé 81% du résultat global, avec un montant de1 419 MD en croissance de 23,3% par rapport à l’année 2016 (1 151 MD)”, indique la bourse de Tunis dans une note publiée ce jeudi 12 juillet sur son site Web.

Dans le secteur financier, les 12 banques cotées ont réalisé un résultat global de 1 097MD, en progression de 23,7% par rapport à l’année 2016. Seule Wifack International BANK a dégagé un résultat déficitaire.

Les 7 sociétés de leasing cotées ont connu une évolution de 18,9% de leur résultat annuel global pour atteindre 59,6MD contre 50,1MD l’année précédente. La tendance est inversée pour les 4 compagnies d’assurances cotées qui ont affiché un résultat annuel global en régression de 19,5% pour se situer à 40,5MD contre 50,3MD durant l’année 2016.

Le secteur financier a connu durant l’année 2017 une évolution de 21% par rapport à l’année 2016, avec un résultat global de 1 217 MD contre 1 005MD en 2016. Ce résultat représente 69% du résultat global tous secteurs confondus.

Dans le secteur des Biens de Consommation, le résultat global de l’année 2017 a progressé de 26,9%.

Le résultat annuel global des 3 grands groupes opérant dans l’agroalimentaire (Poulina Group Holding, Delice Holding et SFBT) a progressé de 31,9% pour atteindre 349MD contre 265MD en 2016.

La progression du résultat global des sociétés du secteur des Services aux Consommateurs s’est établie à 5,2%. Les 2 enseignes de la grande distribution cotées en bourse (Monoprix et Magasin General) ont affiché un résultat annuel global de 9,2MD contre 7,7MD en 2016, soit une évolution de 20,5% expliquée essentiellement par la performance remarquable de Magasin général.

Le résultat annuel global des 3 concessionnaires automobiles cotés (le résultat UADH n’étant pas encore publié) a progressé de 6,1% pour se situer à 80MD contre 75,4MD durant l’exercice 2016.

Le secteur des industries, a réalisé un résultat global déficitaire de -31,1MD contre -34,3MD en 2016, porté essentiellement par la mauvaise performance de deux cimenteries, dans la même tendance, le sous-secteur « Bâtiment et matériaux de construction» a affiché pour la deuxième année de suite des résultats négatifs avec une perte de -87,2MD en 2017 et une perte de -70,8MD en 2016.

Au total, tous les secteurs ont dans l’ensemble enregistré une performance positive en 2017, ce qui explique la bonne tenue de la performance globale des sociétés cotées. Seuls 3 sous-secteurs ont affiché des performances négatives à savoir les assurances, les produits ménagers et de soins personnels et Bâtiment et matériaux de construction.

Après ICF qui a réalisé la plus forte croissance de résultat durant la période avec un résultat de 14,9MD contre 0,401 MD en 2016, les plus importantes hausses de résultat ont été réalisées par Telnet Holding (+479,8%), SOTETEL (+314,7%), ASSAD (+234,2%), STB (+192,2%), SIAME (95,8%), ADWYA (79,7%),
MAGASIN GENERAL (79,5%), SOTRAPIL (78,9%) , MPBS (74,4%) et SOTUVER (66,7%).Les plus fortes baisses de résultats ont touché SIMPAR (-70,1%), BTE (-65,6%), STAR (-54,5%), SAM (-39,5%), SAH (-25,9%), TUNIS RE (-22,8%), SANIMED (-19,6%), PLACEMENT TUNISIE SICAF (-8,3%), LAND’OR (-6,6%) et ENNAKL AUTOMOBILES (-5,9%).

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Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Marouane Abassi a déclaré, lors d’un point de presse tenu ce mercredi 11 juillet 2018 au siège de l’institut d’émission que les négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI) autour du décaissement de la dernière tranche de crédit, bien qu’elles aient été difficiles, ,’en étaient pas moins constructives et se sont déroulées dans les meilleures conditions : ” Nos discussions avec le FMI étaient très constructives et se sont focalisées sur les handicaps de la Tunisie et la manière de les surmonter”, a-t-il dit.

Saisissant cette rencontre avec les médias, Marouane El Abassi a démenti les informations selon lesquelles la BCT est soumise aux directives du FMI,soulignant que la Tunisie a besoin aujourd’hui et plus que jamais d’engager les réformes que ce soit au niveau du secteur financier ou économique pour enrayer les difficultés non seulement au niveau du déficit budgétaire mais aussi de la balance commerciale et de la balance de paiement dont le déficit ne cesse de se creuser depuis des années.

Abassi a expliqué que depuis 2015, La Tunisie a été impactée par plusieurs phénomènes, en particulier et nettement dans le secteur du tourisme qui peine à se redresser, citant le déficit de la balance des paiements, de la balance énergétique puisque qu’on n’exporte pas le phosphates et un déficit au niveau de la production industrielle. ” Il y a des déficits importants qui se sont accumulés entraînant des déséquilibres au niveau budgétaire et commercial et de la balance des paiements. Du coup, la Banque centrale s’est trouvée impactée au niveau du taux de change et des réserves de change selon ses dires. “Des baisses très importantes ont été également enregistrées au niveau des autres indicateurs monétaires”, a-t-il précisé.

Le gouverneur de la BCT a fait remarquer que depuis que la Tunisie a conclu son programme avec le FMI , elle s’est engagée à mettre en place un ensemble de mesures financières et budgétaires mais il s’est avéré que cela n’est pas facile à mettre en œuvre à cause de la situation économique difficile.

Il a par ailleurs indiqué que depuis l’année 2018, les réformes sont en train d’être faites de manière coordonnée et on a eu quand même l’accord du FMI pour débourser cette tranche de crédit alors que d’autres pays qui passent par des difficultés financières semblables aux nôtres n’ont pas pu le faire citant le cas de la Jordanie.

Si on a réussir à franchir cette étape, c’est grâce à la bonne coordination entre la BCT et les autre ministères des Finances et de la Coopération internationale et de l’investissement, rappelant du taux de croissance réalisée par la Tunisie durant le premier trimestre et qui s’élève à 2,5%, une croissance portée, selon lui, par les investissements dans le secteur industriel, agroalimentaire et même agricole. Cette croissance est également expliquée par un retour au niveau des services notamment en matière du tourisme, et des transferts des Tunisiens à l’étranger.

Marouane Abassi a dans le même contexte estimé qu’il s’agit d’une nette amélioration de la situation économique générale dans le pays et que cela est devenu remarquable au niveau de la BCT : “Nous accueillons quotidiennement les investisseurs et les choses commencent à s’améliorer..”, a-t-il assuré.

Sur la récente décision de la BCT d’augmenter son taux directeur, Abassi a fait remarquer que l’institut d’émission a été obligée de l’opérer à deux reprises. ” L’inflation est le mal le plus important qu’il faut combattre pour assurer la stabilité des prix”, a reconnu le patron de la BCT, soulignant qu’il n’y a pas eu ces augmentations, sinon on aurait pu se retrouver avec une inflation à deux chiffres. Selon lui, l’inflation a baissé grâce au relèvement du taux directeur de la BCT.: “Tout sauf l’inflation (…) c’est vrai que cela a un impact sur l’investissement et les crédits à la consommation et au logement, mais si on ne l’a pas fait on aurait du se retrouver avec des chiffres plus importants que cela au niveau de l’inflation”, a-t-il alerté.

“Il faut être capable de le comprendre (…) On ne s’est jamais retrouvé avec une inflation très élevée comme aujourd’hui”, a estimé Abassi, exprimant l’espoir de voir l’inflation baisser en 2019. Cette baisse demeure toutefois, selon ses dires, tributaire de plusieurs facteurs dont une économie réelle qui fonctionne . “L’économie doit être consolidée et les réformes sont fondamentales”,a -t-il précisé.

“On est dans une logique économique difficile mais par rapport à ces mois, les choses ont évolué de manière positive (…) Il faut continuer à faire les réformes. sinon on va se retrouver face à un budget insoutenable.

Le gouverneur de la BCT a expliqué les contraintes par lesquelles passe le pays par plusieurs réformes dont l’absence de décisions politiques notamment en ce qui concerne la masse salariale qui représente de 15% du PIB.” On ne peut pas continuer comme ça (…) Nous devons reprendre et rétablir une économie réelle où on produit plus, on investit beaucoup tout en essayant d’ajuster les dépenses afin d’atteindre des taux soutenables”, a-t-il souligné.

Outre la masse salariale, Abassi a appelé à défendre le dinar avec l’augmentation de la production et l’amélioration des services notamment dans le secteur de la santé. ” C’est un des déséquilibres qui empêchent le bon déroulement de la politique monétaire. “Vous n’imaginz pas les difficultés qu’on gère quotidiennement à la Banque Centrale (…) C’est très difficile et compliqué”, a-t-il reconnu.

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Un accord de financement d’une valeur de à 100 millions d’euros, soit l’équivalent de 300 millions de dinars a été signé aujourd’hui, mercredi 11 juillet 2018 entre la République tunisienne et la banque allemande de développement (KFW). La signature s’est déroulée en présence de Zied Ladhari, ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Helmut Gauges membre du conseil d’administration de la banque allemande de développement (KFW) en charge du Moyen-orient et de l’Afrique du Nord et Daniela Beckmann, directrice chargée du secteur financier dans ladite banque.

Il s’agit d’un appui au budget de l’État visant prioritairement à soutenir les réformes dans les secteurs financier et bancaire. Ce prêt sera remboursable sur 15 ans avec 5 années de grâce et à un taux d’intérêt de 2,3%.

Ladhari s’est félicité la signature de cette convention qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative “partenariat pour l’investissement” et concrétise l’engagement de l’Allemagne d’accompagner la Tunisie dans ses réformes. Et de préciser dans le même contexte  qu’il s’agit d’un appui allemand aux réformes que la Tunisie s’engage à mener comme l’inclusion financière, le développement des régions, la lutte contre la corruption et la stimulation de l’investissement. Le ministre a en outre indiqué que de telles conventions sont  de nature à rendre les relations beaucoup plus étroites entre les deux pays.

L’Ambassadeur de l’Allemagne à Tunis  a souligné que les avancées de la Tunisie au niveau de la démocratie sont très remarquables et vont dans la bonne direction, indiquant  que ce type d’accord est nouveau en Tunisie puisqu’il sort des projets concrets, selon ses dires. il a recensé 6 réformes majeures dont la lutte contre la corruption. “Nous sommes tous convaincu que la Tunisie a fait de belles choses et qu’elle a réussi dans sa transition démocratique”, a-t-il soutenu.

Quant à lui, le membre du conseil d’administration de la KFW  a déclaré qu’après la Révolution, la Tunisie est devenue un pays très important pour la KFW et cela s’est traduit par l’augmentation des engagements pris par le gouvernement fédéral allemand se déclinant dans une hausse significative des montants alloués par la KFW. Avec un montant d’allocation supérieur à 300 millions d’euros en 2017, la Tunisie s’est classée, selon lui, à la 4ème place mondiale des pays bénéficiaires des engagements de la KFW derrière la Chine, l’Inde, l’Indonésie et de loin à la première place en Afrique.

Il a rappelé que cet appui budgétaire se focalisera sur 11 réformes qui permettront d’améliorer le cadre réglementaire pour le secteur, de réduire les contraintes aux financements pour les institutions financières et de faciliter l’accès au crédit pour les très petites et moyennes entreprises (TPME). Et d’ajouter que l’objectif actuellement est de décaisser la première tranche avant la fin de cette année après la réalisation des jalons contenus dans la matrice.

Cet accord de financement s’inscrit dans le cadre de l’activation de l’initiative “Le partenariat pour l’investissement” entre la Tunisie et l’Allemagne qui a été lancée à l’occasion de la conclusion de l’accord sur les intentions communes entre les deux pays le 12 juin 2017. Il s’inscrit également dans le cadre des engagements de l’Allemagne d’accorder à la Tunisie, un prêt préférentiel sous forme d’un appui au budget de l’État et visant principalement la stimulation des réformes dans les secteurs banquier et financier  et dont le montant  alloué s’élève à 300 millions d’euros répartis sur trois ans sur la base d’un ensemble de réformes à mettre en œuvre durant la période de 2018 à 2020.

Parmi les réformes à engager, il y a lieu de citer  l’approbation de la loi organique de gestion du budget selon les objectifs.Les réformes concernent également la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion dans les finances publiques, l’appui à  l’investissement et à l’intégration financière et la réforme du secteur bancaire et de la politique monétaire.

Hormis cette ligne de crédit, un don de 10 Millions d’euros destiné à faciliter la mise en exécution des réformes convenues sera prochainement débloquée par ladite banque.

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Dans une déclaration faite aux médias en marge de sa rencontre, ce lundi 9 juillet 2018, avec le président de l’ARP, le ministre de la Défense, Abdelkerim Zbidi n’a pas assez rassuré sur les opérations terroristes . ” Bien que la situation sécuritaire dans le pays soit, depuis des mois, sous contrôle, les opérations terroristes isolées ne sont pas toujours exclues et pourraient se produire”, a indiqué le ministre, faisant remarquer que la bataille contre le terrorisme n’est pas encore finie et que les attaques terroristes isolées ne sont pas un phénomène propre à la Tunisie, mais plutôt à tous les pays du monde à l’instar de l’Europe, selon ses dires.

Interrogé sur l’ensemble des mesures mises en place ou à entreprendre au cours de la période à venir, le ministre a tenu à préciser que ce qui s’est passé hier à Ain Soltane du gouvernorat de Jendouba s’inscrit dans le cadre des opérations terroristes isolées et qu’il n’y a pas de mesures particulières à prendre dans ce sens.

Il a par ailleurs souligné que les institutions militaire et sécuritaire travaillent quotidiennement pour protéger les institutions de l’État de toute menace terroriste, rappelant les efforts fournis par l’institution militaire pour sécuriser différentes étapes comme les élections municipales, le pèlerinage de la Ghriba ou encore les examens nationaux et s’apprêtent,aussi à sécuriser la rentrée scolaire et universitaire, selon ses déclarations.

Le ministre a tenu dans le même cadre à préciser que l’institution militaire coordonne toujours avec le ministère de l’Intérieur pour sécuriser le pays et le protéger de toute menace terroriste, réaffirmant les efforts fournis par les deux institutions en cette matière.

Outre la coordination, le ministre a indiqué qu’une réunion de coordination a eu lieu vendredi dernier entre les ministres de la Défense et de l’intérieur par intérim, Ghazi Jeribi ainsi que tous les cadres sécuritaires et militaires, et ce pour examiner et discuter les mesures permettant de sécuriser la prochaine saison touristique. Une autre réunion est programmée au cours de cette semaine avec différents ministères à savoir ceux de la Défense, de l’Intérieur, de la Culture, du Tourisme, ainsi que l’Utica et les représentants des agences de voyages pour étudier des questions en relation avec la réussite de la saison touristique.

Il a appelé l’ensemble des Tunisiens à la vigilance et à l’unité face au fléau de terrorisme : “La lutte contre le terrorisme n’est pas seulement la responsabilité de la Défense ou de l’Intérieur mais de tous les Tunisiens, lesquels sont appelés, selon lui, à protéger leurs pays : “La guerre contre le terrorisme implique une union totale autour de l’institution sécuritaire et pas seulement les ministères de la Défense et de l’Intérieur”, a-t-il assuré.

Relatif aux 6 gardes nationaux tombés en martyrs dimanche lors de l’embuscade de Ain Soltane, Zbidi a dit : ” Nous sommes habitués aux sacrifices (…) c’est notre destin (…) on n’a pas de choix”, a indiqué le ministre, affichant sa confiance en la période prochaine : “Il n y a de pas de place au terrorisme en Tunisie (…) Nous allons vaincre tout ce qui peux menacer la sécurité du pays ou le mettre en danger.

Il a dans le même contexte indiqué que l’opération de Ain Soltane ne veut pas dire que nos institutions sécuritaire et milliaire ne sont pas prêtes en matière de lutte contre le terrorisme, mais cela s’inscrit dans le cadre des opérations terroristes isolées à l’instar de ce qui s’est passé dans plusieurs pays du monde.

ll est à rappeler à ce propos qu’une patrouille de la Garde-frontière, à Ain Soltane (gouvernorat de Jendouba), est tombée dans une embuscade, dimanche vers 11h45, sur la bande frontalière avec l’Algérie. Une mine a explosé lors du passage de la patrouille faisant 6 morts parmi les gardes nationaux.

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Walid Ben Salah, expert comptable, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont l’augmentation et à plusieurs reprises du taux directeur de la Banque centrale de Tunisie, la baisse de la production de phosphate et l’augmentation récente des prix du carburant. Interview:

Quel impact aura la dernière augmentation des prix du carburant sur l’économie?

L’énergie d’une manière générale constitue un élément de coût direct de plusieurs produits. Elle constitue également un élément de coût très important du transport des biens et des personnes. De ce fait, l’augmentation des prix des carburants aurait un effet double sur l’augmentation des coûts directs et indirects (production et transport) de la plupart des produits et services et constitue donc un facteur d’inflation significatif. Il en est de même de l’électricité et du gaz dont les tarifs seront révisés à la hausse dans les prochains jours. Cette situation a un impact négatif direct sur le pouvoir d’achat du citoyen qui est un consommateur d’énergie, d’une part, et qui va subir, en outre, une inflation de plus en plus élevée en raison de l’augmentation des prix de la plupart des produits et services par les entreprises à même de faire face au surplus de coût qu’elles vont supporter, d’autre part.

Il convient de rappeler à ce titre que le prix de l’essence sans plomb par exemple, a fait l’objet de 4 augmentations successives en l’espace d’un an (depuis juillet 2017) et qui totalisent 275 millimes, soit 17%. Il en est de même des tarifs de l’électricité qui sont en augmentation annuelle quasi-systématique de l’ordre de 7%. Le taux d’inflation du mois de mai 2018 a atteint un record historique de 7,7% jamais atteint depuis des décennies et l’inflation ressentie serait beaucoup plus élevée que cette proportion moyenne publiée par l’INS. Il convient de rappeler également que les taux d’inflation les plus élevés ont été enregistrés dans les produits de première nécessité, notamment les produits agricoles et agroalimentaires (9,3%) et le transport (9,6%), outre le logement, l’habillement, la santé et l’enseignement (considérés également comme produits de première nécessité).

L’augmentation des prix de l’énergie (carburant, électricité et gaz) aura également un impact néfaste sur la rentabilité et la compétitivité des entreprises (exportatrices ou non), surtout celles qui auraient conclu des marchés moyennant des prix fermes et non révisables (IME, textile, hôtellerie, par exemple). L’impact des dernières augmentations sera de plus en plus ressenti au cours des prochains mois et il serait alourdi davantage par de nouvelles augmentations selon nos prévisions et ce, compte tenu de la tendance haussière continue des cours du pétrole à l’échelle internationale, de la situation très difficile des finances publiques et du budget limité de compensation déterminé sur la base d’une hypothèse non plausible du cours du baril de 54$, alors qu’il a atteint une moyenne de 75$ au cours des dernières semaines et qu’il cotait déjà à plus de 60$ durant la période de discussion de la loi de finances 2018 et qu’en outre, les pays de l’OPEP ont déjà décidé, lors de la réunion du 30 novembre 2017, de prolonger leur accord de réduction de leur production en 2018 et ce, en vue de soutenir davantage le cours du baril.

  Il y a lieu également d’évoquer la perte de valeur continue de notre monnaie nationale, notamment face à l’Euro (3,137 dinars) et le dollar (2,638 dinars), contre des prévisions budgétaires pour la fin de l’année 2018 de 3,050 dinars pour l’Euro et 2,650 dinars pour le dollar. Ces écarts de change intervenus dès le premier semestre de l’année alourdissent davantage la facture d’importation d’énergie de 2018 et favorisent de nouvelles augmentations de prix.

Est-ce qu’on peut aussi parler des pressions du FMI ?

Oui, justement, les pressions de plus en plus importantes du FMI invitent le gouvernement, lors de chaque revue, à maîtriser et limiter davantage les dépenses de compensation des carburants. Mais, il ne faut pas se limiter uniquement à ces facteurs. Il y a lieu également d’évoquer d’autres facteurs qui sont plutôt endogènes. Il s’agit notamment de la baisse considérable de l’ordre de 50% de la production nationale de pétrole en raison du vieillissement des champs, de l’absence d’octroi de nouveaux permis de recherche et de développement depuis plusieurs années, des arrêts répétitifs de la production suite aux grèves et aux sit-in, etc. Il s’agit également du retard important de plus de deux ans depuis la publication des textes pour l’octroi des permis d’exploitation des énergies renouvelables, un retard dû notamment à certaines insuffisances relevées dans les textes adoptés et la résistance de certaines parties au développement de ce secteur. Sans oublier la baisse considérable de la productivité dans la quasi-totalité des entreprises publiques, notamment celles opérant dans le secteur de l’énergie, ce qui affecte directement la balance énergétique et le budget de compensation.

Parmi les facteurs endogènes, on notera également le gaspillage d’énergie à tous les niveaux (carburants, électricité et gaz) notamment dans le secteur public. A cela s’ajoutent les encours de créances impayées de plusieurs centaines de millions de dinars détenues par plusieurs entreprises publiques du secteur (STEG, SNDP, etc) qui aggravent d’une manière significative leurs difficultés financières surtout en l’absence de stratégies de recouvrement claires et efficaces (application rigoureuse des procédures réglementaires, déclenchement et suivi rigoureux du processus judiciaire et contentieux, conclusion d’arrangements, rééchelonnements, cession de créances, etc).

La baisse considérable des réserves en devises à 71 jours d’importation et le resserrement de la politique de change par la BCT (sur recommandation du FMI) constituent également un facteur de difficulté majeur. Pour preuve, la STEG (dont l’encours des créances impayées avoisine un milliard de dinars) a récemment rencontré beaucoup de difficultés pour payer sa facture d’importation de gaz en raison de l’assèchement des devises sur le marché des changes ; le montant du financement demandé a dû être réparti entre plusieurs banques de la place.

Et l’impact de la baisse de la production de phosphate…

A l’instar de la situation du secteur de l’énergie, la baisse de la production des phosphates constitue un facteur majeur d’aggravation de la balance commerciale et du déficit courant, ce qui affecte directement les réserves en devises. En effet, les exportations des phosphates et produits dérivés au cours des 5 premiers mois de 2018 ont baissé de 14% aux prix courants et de 17,5% au prix constant (baisse des volumes exportés). La Tunisie n’a pas pu profiter de la hausse des cours de vente à l’échelle internationale, due notamment aux fluctuations des prix et du change.
La situation du secteur est très difficile et elle est due à plusieurs facteurs, notamment la baisse considérable de la production versus l’augmentation vertigineuse de l’effectif et des différents facteurs de coûts de la production, du transport et des autres services.

Comme premier facteur, je cite les grèves répétitives, les sit-in et les arrêts de production. La production des phosphates a été de 4 millions de tonnes environ en 2017, soit 50% uniquement de la capacité nominale qui est de l’ordre de 8 millions de tonnes. L’objectif fixé par le gouvernement est d’atteindre 6,5 millions de tonnes en 2018, un objectif devenu très ambitieux et difficilement réalisable compte tenu des arrêts répétitifs de la production survenus au cours des premiers mois de l’année.

Comme deuxième facteur, je note le sureffectif direct et indirect (notamment l’emploi de 11.000 personnes à travers les sociétés filiales de jardinage pour un coût annuel de l’ordre de 134 millions de dinars, vraisemblablement sans aucun rendement ou rentabilité prouvés). Les salaires servis à ce titre s’apparentent beaucoup plus à des indemnités de chômage déguisées. Outre les augmentations de salaires quasi-systématiques sans contrepartie effective en termes de croissance et sans lien direct avec la productivité dont la baisse considérable constitue à son tour un facteur majeur de dégradation. A noter également la baisse significative du taux d’encadrement dans l’ensemble des entreprises relevant du secteur, ce qui aggrave le manque de compétitivité.

Le manque de productivité et de compétitivité des différentes entités du Groupe chimique est dû également à l’utilisation de matériel et de technologies de production devenus obsolètes. Il en est de même pour le transport dont le coût et les problèmes d’arrêt, aussi bien par voie ferrée que par voie terrestre, ne cessent de s’aggraver. Certains investissements programmés depuis des années n’ont pas été réalisés quand bien même les financements seraient obtenus et les charges d’intérêts déjà courues, ce qui aggrave davantage les difficultés financières du Groupe en l’absence de contrepartie effective directe en termes de rentabilité et de cash flow. A titre de comparaison, parmi les actions de restructuration mises en place par l’OCP au Maroc, figure le changement du processus de production à travers l’emploi de nouvelles technologies et l’automatisation du transport du phosphate qui est désormais acheminé par pipeline d’une longueur de 235 Km.

Par ailleurs, il y a lieu de noter les difficultés d’ordre commercial du Groupe en raison de la perte de plusieurs marchés à l’international. L’exécution même des marchés en cours connaît des difficultés importantes au risque d’être perdus et ce, en raison des arrêts de production répétitifs et pourraient se traduire par des coûts supplémentaires (au lieu de procurer un rendement positif) suite à l’application des pénalités de retard mentionnées dans les conventions et/ou au recours à l’importation de la production nécessaire au respect des engagements contractuels et qui serait désormais payée en devises et selon les cours de vente sur le marché international (impact négatif double).

L’ensemble de ces facteurs et obstacles et bien d’autres menacent sérieusement la pérennité même des entreprises du secteur, notamment le Groupe Chimique Tunisien (GCT) et la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) qui ont essuyé des pertes de l’ordre de 482 millions de dinars en 2017 alors qu’en 2010 elles ont rapporté un milliard de dinars de recettes à l’Etat !
Bien entendu, les difficultés de l’ensemble des entités relevant du secteur s’étendent à d’autres qui lui sont directement et indirectement liés, tel que le secteur de l’agriculture (baisse de l’offre des engrais chimiques et autres produits dérivés, recours massif à l’importation à des prix plus élevés, etc). Il en est de même pour certains opérateurs économiques, tel que les BTP, qui ont subi de plein fouet les fortes tensions de trésorerie de la plupart des entreprises publiques et notamment celles du secteur des phosphates, remettant ainsi en cause l’image de l’Etat qui est relégué au rang de mauvais payeur et serait à l’origine de difficultés financières de plusieurs entreprises du secteur privé et par là même d’accumulation d’impayés dans le secteur bancaire et financier.

Qu’est-ce que vous pensez de la dernière hausse du taux directeur de la BCT ?

A vrai dire, il s’agit d’une augmentation de taux prévisible. En effet, parmi les missions principales de l’institution d’émission qui jouit du statut d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics depuis 2016, figure la maîtrise de l’inflation. Toutefois, elle ne dispose pas de suffisamment de marge de manœuvre pour le faire. L’instrument de politique monétaire usuellement utilisé en cas de tensions inflationnistes consiste à augmenter le taux d’intérêt directeur en vue de maîtriser la consommation et de réduire l’écart avec l’inflation. Or, l’inflation galopante ayant atteint un niveau record de 7,7% à fin mai 2018 n’est pas d’origine monétaire, de quoi remettre en question une telle décision, ayant suscité, par ailleurs, l’accord des équipes du FMI !

En effet, au niveau de sa note explicative publiée le 14 juin 2018, la BCT elle-même reconnaît, à juste titre d’ailleurs, que l’envolée de l’inflation trouve son origine principalement dans l’envolée des prix internationaux de l’énergie et de la plupart des produits de base, la remontée de l’inflation chez nos principaux partenaires, la hausse des salaires sans amélioration de la productivité, la persistance du déficit commercial à un niveau non soutenable et l’accélération de la demande intérieure de consommation qui proviendrait du secteur touristique. Donc, autant de facteurs qui ne sont guère liés à la politique monétaire. Il s’agit pour la plupart de facteurs exogènes qui alimentent l’inflation importée. Et auxquels j’ajouterais les augmentations d’impôts et taxes sur l’ensemble des produits et services locaux et importés ainsi que le glissement continu et sans précédent de la valeur du dinar à cause d’une flexibilité de change voulue en application des recommandations du FMI, mais qui n’est pas suffisamment explicite et surtout loin d’être maîtrisée. Cette situation affecte d’une manière directe le coût non seulement les produits et services destinés à la consommation, mais également les différents facteurs de production locale, tels que les investissements, les matières premières, les produits semi-finis, etc.

Quelle est la conséquence de l’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les importations ?

L’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les importations, notamment des produits à la consommation non nécessaires et/ou ayant des similaires fabriqués localement constitue également un facteur majeur de déficit de la balance commerciale et d’inflation. L’élaboration par la BCT d’une liste de produits, fortement contestée (en l’absence de critères de choix rationnels publiés), dont l’importation doit être effectuée sur les fonds propres des agents économiques n’a vraisemblablement pas fait preuve d’efficacité pour baisser les importations puisqu’elle est fondamentalement de portée limitée, d’une part, et elle est facilement contournable par les agents économiques et le système bancaire, d’autre part. A contrario, elle a contribué à favoriser la position commerciale et concurrentielle dominante (voir même monopolistique) de certains importateurs disposant de suffisamment de moyens et d’appui financiers au détriment des autres opérateurs économiques.

En outre, peut-on prétendre maîtriser l’inflation par l’augmentation du taux directeur alors que plusieurs facteurs économiques échappent à tout contrôle et là, je vise une économie informelle et souterraine de plus de 1/3 du PIB qui constitue un refuge pour la plupart des consommateurs et leur permet de maintenir une élasticité de crédit à un niveau plus ou moins soutenable jusqu’à présent. Je dois également noter, à ce même titre, l’absence de mesures efficaces permettant de maîtriser les circuits de distribution, notamment des produits de première nécessité (agricoles, agroalimentaires, etc), de régulation des prix, de lutte contre la concurrence déloyale ainsi que les situations monopolistiques et d’intermédiation fragmentée favorisant des marges exagérées, souvent sans contrepartie réelle, non déclarées et qui échappent à tout contrôle.

Il ressort de ce qui précède que l’augmentation de l’inflation n’est pas d’origine monétaire. Elle est due plutôt à des facteurs économiques et sociaux (augmentation des salaires sans contre- partie effective en termes de production et de productivité), dont la résolution relève principalement de la responsabilité du gouvernement moyennant une parfaite coordination avec la BCT. Parmi ces facteurs, figure l’importation directe et indirecte qui constitue une composante prépondérante : importation directe, en ce qui concerne les produits de consommation ; et indirecte pour les biens produits localement, mais dont les composantes et autres facteurs de production (équipements, matières premières et semi-finies, énergie, etc) sont majoritairement importés, ce qui est le cas pour la quasi-totalité de nos produits, tous secteurs confondus. De quoi se poser la question sur la valeur ajoutée réelle de notre production nationale ?!
D’ailleurs, bien que la BCT ait élevé son taux directeur à 4 reprises en un an seulement, l’inflation a continué d’augmenter à un rythme de plus en plus soutenu passant de 4,8% en Mai 2017 à 7,7% en Mai 2018 ; ce qui confirme notre analyse et nos conclusions précédentes.

D’un autre côté, les augmentations successives du taux directeur qui est passé de 4,25% en Mai 2017 à 6,75% en juin 2018, soit une majoration de taux de 250 points de base ou 59% pourraient avoir un effet contraire et constituer elles-mêmes un facteur d’inflation. Avec un corridor de 100 points de base, le TMM serait de plus de 7,5% au cours de la prochaine période. Toutes choses étant égales par ailleurs, cette situation se traduit par une augmentation au niveau des échéances d’intérêt de l’ordre de 30% aussi bien pour les entreprises que les ménages, et risque d’affecter leur capacité de remboursement (dette insoutenable) et par là même d’augmenter l’encours des impayés et des créances classées dans le secteur bancaire et financier. Par ailleurs, il convient de noter qu’à fin 2016, 72% de l’encours des crédits accordés par les banques sont destinés aux entreprises et 28% aux particuliers, (dont plus de la moitié sous forme de crédits immobiliers). L’augmentation significative du coût de l’investissement et des charges financières des entreprises, dont le besoin de financement du fonds de roulement et des déficits de trésorerie ne cesse de s’accentuer, serait répercutée sur les prix de vente des différents produits et services et, de ce fait, alimenterait davantage l’inflation.

Et quel effet sur le service de la dette ?

Il va sans dire que l’augmentation du taux directeur aurait également un effet négatif sur le service de la dette de l’Etat et sur le coût des ressources des établissements financiers et plus particulièrement les compagnies de leasing qui, de par la réglementation en vigueur, financent exclusivement l’investissement et ne collectent pas les dépôts, et dont les marges d’intérêt s’érodent et le coût du risque augmente.
Enfin et en prévision d’un taux d’inflation de 8% sur l’ensemble de l’année 2018, tel que présenté dans la note explicative de la BCT, d’une part, et en l’absence d’actions concrètes urgentes efficaces permettant de maîtriser les facteurs d’inflation réels précités, d’autre part, la BCT poursuivrait, conformément aux recommandations du FMI, sa même politique monétaire adoptée jusqu’à présent consistant à augmenter son taux directeur en vue de réduire l’écart avec le taux d’inflation qui serait, dans ce cas, de l’ordre de 125 points de base.

Dans une telle perspective, je ne serai pas d’avis que l’inflation soit maîtrisée dans un avenir prévisible ; au contraire, elle battrait, fort probablement, de nouveaux records. Par ailleurs, les conséquences seraient de plus en plus lourdes sur le coût des ressources, le financement de l’exploitation des entreprises et de l’investissement, la soutenabilité de la dette des professionnels et des particuliers, la rentabilité et la compétitivité économiques des entreprises, le pouvoir d’achat du citoyen, le service de la dette publique, etc.

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Les exportations du secteur industriel commercent à reprendre de la couleur. Par rapport aux mois derniers, l’évolution a été très importante et les exportations sont passées de 12 009,4 Millions de dinars (MD) durant les cinq premiers mois de 2017 à 15 230,1 MD durant la même période de l’année 2018, enregistrant ainsi une augmentation de 26,8%. Le secteur industriel a importé pour 18 870,4 MD durant les cinq premiers mois 2018 contre 16 030,9 MD durant la même période 2017, enregistrant ainsi une hausse de 17,7%. Ainsi donc le solde commercial du secteur industriel s’établit à -3640,3 MD contre -4021,5 MD au cours des cinq premiers 2017.

La hausse enregistrée au niveau des exportations est due essentiellement au secteur des industries agroalimentaires dont les exportations ont atteint 1909,8 MD, contre 899,6 MD pendant les cinq premiers mois 2017, soit une progression de 112,3%. Ont aussi augmenté les exportations du secteur des industries des matériaux de constructions de la céramique et du verre. De même, les exportations du secteur des industries mécaniques et électriques ont augmenté de 19,5%.

Le secteur des industries du textile et de l’habillement n’a pas été en reste avec des exportations de l’ordre 3052,7 MD contre 2496,4 MD durant les cinq premiers mois 2017, soit une augmentation de 22,3%. Il en est de même pour le secteur des industries du cuir et de la chaussure dont les exportations ont augmenté de 26,9% avec 643,7 MD contre 507,3 MD au cours des cinq premiers mois 2017.

Quant aux importations industrielles, elles ont connu des augmentations pour tous les secteurs. Ces augmentations varient entre 1,4% pour le secteur des industries agroalimentaires et 27% pour le secteur des industries diverses.

S’agissant des services, il en ressort que durant les cinq premiers mois 2018, l’investissement déclaré dans les activités de service a atteint le montant de 580,3 MD contre 998,9 MD lors des cinq premiers mois 2017, enregistrant ainsi une baisse de 41,9%. Le nombre de projets déclarés a atteint 5054 au cours des cinq premiers mois de 2018 contre 4148 lors des cinq premiers mois 2017, soit une augmentation de 21,8%. Ces projets permettront la création de 19 626 postes d’emplois, contre 17 901 postes d’emplois durant les cinq premiers mois 2017, soit une augmentation de 9,6%.

Les investissements déclarés dans les activités de services totalement exportateurs ont enregistré une augmentation de 98,2%, avec un montant de 44,6 MD, contre 22,5 MD durant les cinq premiers mois de 2017. Le nombre de ce type de projets a progressé de 26,1% passant de 690 pendant les cinq premiers mois de 2017 à 870 au cours de la même période 2018, le nombre des emplois à créer a augmenté de 29,7% passant de 2989 à 3878 durant la même période. Quant aux services orientés vers le marché local, les investissements ont été marqués par une baisse de 45,1% avec 535,7 MD contre 976,4 MD durant les cinq premiers mois de 2017.

Le nombre de projets y afférents a enregistré une hausse de 21% (4184 au cours des cinq premiers mois 2018 contre 3458 durant la même période de l’année 2017), les emplois à créer ont augmenté de 5,6% (15 748 contre 14 912 durant les cinq premiers mois de 2017).

La baisse des investissements durant les cinq premiers mois 2018 dans les activités de services résulte aussi bien de la diminution enregistrée dans les régions de l’Est où les investissements ont atteint 461,3 MD contre 865 MD au cours des cinq premiers mois 2017 (-46,7%), que de celle enregistrée dans les régions de l’Ouest où les investissements déclarés sont passés de 133,9 MD à 119 MD pendant les cinq premiers mois de 2018 (-11.2%). L’augmentation enregistrée au niveau des projets déclarés dans les activités de service résulte de la hausse marquée dans les régions de l’Est, dont le nombre de projets déclarés dans les activités de services est passé de 3458 à 4537 durant les cinq premiers mois de 2018 (+31.2%). En revanche, le nombre de projets dans la région de l’Ouest a connu une baisse de 25,1% (517 contre 690 projets déclarés pendant les cinq premiers mois 2017).

La hausse des emplois à créer résulte de la progression enregistrée dans les régions de l’Est où les emplois à créer ont atteint 17 480 durant les cinq premiers mois 2018 contre 15 567 durant la même période de l’année 2017 (+12.3%). Quant au nombre d’emplois déclarés dans les régions de l’Ouest, il est passé de 2334 à 2143 au cours des cinq premiers mois 2018, enregistrant ainsi une baisse de 8,2%.

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Dans une interview exclusive accordée à African Manager, le Président du Directoire d’Amen Bank et Président de l’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et des Etablissements Financiers (A.P.T.B.E.F.), Ahmed EL KARM, est revenu sur plusieurs points relatifs à l’économie. Il a souligné que la situation actuelle de la Tunisie paraît difficile : “Nous sommes dans une étape où on devrait prendre des réformes structurelles fortes pour relancer l’activité économique et assainir le climat des affaires (…) Plus grave encore, le Tunisien s’appauvrit jour après jour“, a indiqué EL KARM. Il a expliqué cette situation par deux facteurs essentiels, à savoir la chute du taux de change du dinar et l’envolée de l’inflation. “Depuis 2010, le pouvoir d’achat du Tunisien a diminué dans des proportions avoisinant les 25% suite à l’aggravation du déficit budgétaire qui a atteint 6% du PIB et du déficit courant qui s’est élevé à 10% du PIB”. Du coup, il est urgent, selon ses dires, “d’entreprendre les mesures urgentes de nature à normaliser ces deux déficits et réduire par conséquent la pression sur le taux de change du dinar et partant l’inflation“.

Au niveau du budget de l’état de 2019, Ahmed EL KARM a assuré qu’il n’est plus aujourd’hui possible d’augmenter les taxes et impôts comme ce fut le cas pour l’équilibrage du budget de l’année 2018. “Il reste à s’occuper convenablement des sources de gaspillage et des dépenses inutiles en réformant le système de compensation et faire en sorte que la subvention des prix profite réellement aux classes nécessiteuses (…). Beaucoup de pays l’ont fait grâce à une politique intelligente basée sur une technologie moderne et ils sont réussi à comprimer sensiblement les interventions des caisses de compensation“, a expliqué El KARM, faisant remarquer que cette action est d’autant plus urgente que l’on s’attend à une sensible augmentation du baril qui pourrait atteindre les 100 dollars avec les conséquences inévitables et désastreuses sur le niveau des subventions si on s’abstient d’engager des réformes, certes douloureuses, mais indispensables, selon ses déclarations.

Il s’agit également, selon ses dires, de rechercher de nouvelles sources de revenu alimentant les caisses de l’Etat et parvenir à faire face aux importantes dépenses de fonctionnement et de règlement du service de la dette et c’est pour cela, selon lui, qu’il est plus qu’une urgence aujourd’hui “de démystifier la question de la privatisation qui doit être abordée comme une simple solution économique à la situation d’un secteur d’entreprises publiques qui coûte cher à l’État en subventions et subsides de tout genre… Certes, cette privatisation doit être menée de manière intelligente tenant compte des intérêts des différentes parties concernées et au premier chef des quelles la force de travail“.

Il s’agit enfin“, a ajouté EL KARM, de mettre en exécution le programme de réforme des organismes de retraite et de sécurité sociale qui s’équilibrent actuellement grâce à des prélèvements de plus en pus importants opérés sur le budget de l’État. “Du coup, la question de l’augmentation de l’âge de la retraite parait évidente et naturelle et tout retard en la matière ne fera qu’aggraver la situation du déficit budgétaire et remettre en cause le service des pensions aux retraités“.

Ahmed El KARM a sous un autre angle indiqué que comme pour le déficit budgétaire, la donne énergétique constitue aujourd’hui un facteur important occasionnant l’aggravation du déficit courant. “Il devient urgent dans ce contexte de sécuriser les différentes entreprises internationales du secteur pétrolier pour que la Tunisie retrouve une cadence plus accélérée de recherche des énergies fossiles tout en engagent une réflexion sérieuse sur l’éventuel développement du pétrole et du gaz de schiste en étudiant de manière approfondie toute répercussion sur l’environnement”, a-t-il déclaré. Il est également urgent, selon lui, d’accélérer l’ambitieux programme du gouvernement afférent à l’efficacité énergétique et les investissements de production de l’électricité à partir des énergies solaires et éoliennes.

Dans le même ordre d’idées, le Président du Directoire d’Amen Bank estime que certains secteurs à forte capacité exportatrice méritaient un traitement privilégié pour leur effet immédiat sur le redressement de la balance courante, citant à titre d’exemple le textile, l’agroalimentaire ou les composants automobiles. Le curseur pourrait être aussi mis sur des nouveaux secteurs novateurs dans le domaine des services d’intelligence où la Tunisie a des avantages comparatifs et compétitifs indéniables. C’est le cas des services de santé à l’exportation, des métiers rattachés aux nouvelles technologies de l’information et de la filière de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle.

Le responsable a en outre indiqué que la Tunisie gagnera certes à renforcer ses relations historiques avec l’Europe, mais il ne faut pas oublier qu’il y a de nouveaux continents et pays qui pourraient offrir de nouvelles opportunités pour sceller des relations durables devant contribuer au redressement  de la balance courante  et à la promotion des investissements étrangers directs : C’est le cas de l’Afrique pour laquelle il y a lieu d’affiner la stratégie de conquête et de partenariat et de nommer un “Monsieur Afrique”  de haut niveau décisionnel pour prendre et  coordonner toutes les mesures nécessaires afin de renforcer une présence tunisienne dans un continent promoteur. C’est également le cas de la Chine, qui consciente de sa puissance économique, cherche à être reconnue comme une nation de premier ordre par tous les pays de la planète. «La diplomatie chinoise a développé un programme d’investissements durables très ambitieux dans plusieurs pays. Elle a fait de la nouvelle route de la soie un des instruments confortant sa présence économique dans le reste du monde. Cette stratégie de la nouvelle route de la soie s’articule autour d’investissements importants dans les secteurs de l’infrastructure, de la transformation des produits miniers et énergétiques, dans les industries manufacturières destinées à l’exportation et aux marchés locaux ainsi qu’une multitude de programme touchant divers domaines. En Grèce, la Chine a acheté le port grec de Pirée, faisant de lui une porte d’entrée sur l’Europe. En Éthiopie, elle a construit un chemin de fer reliant Addis Abeba à Djibouti et a développé une importante base de production de textile destiné à l’exportation sur l’Europe. À Djibouti, les Chinois ont bâti un port et un aéroport. Plus proche de nous, au Maroc, pas moins de 22 projets de grande envergure sont réalisés grâce à l’appui technique et financier de la Chine” a-t-il dit.

Il a dans le même contexte indiqué que la nouvelle route de la soie est une réalité qui se concrétise à travers des projets effectifs et ambitieux qui se multiplient jour après jour. Elle s’appuie sur un soutien financier déjà constitué s’élevant, dans une première étape à mille milliards de dollars. La Tunisie gagnerait à en tirer profit de cette dynamique et une visite de très haut niveau en Chine devrait être programmée très rapidement, selon El KARM.

Il a sur un autre volet indiqué que l’inflation est considérée comme mortelle pour toute économie surtout si elle est, comme c’est le cas de la Tunisie, fragilisée par des chroniques dysfonctionnements structurels, économiques, sociaux et politiques.  “La lutte contre l’inflation devrait être une priorité absolue fondamentale de l’action du gouvernement (…) Avec une inflation non contrôlée, la confiance dans l’économie ne peut que s’éroder et toute relance des investissements est appelée à être reportée. Les investisseurs ont besoin d’un environnement des affaires stable pour pouvoir entreprendre les anticipations positives leur permettant de faire des calculs économiques pouvant aboutir à une rentabilité attendue“, a-t-il indiqué.
L’inflation réduit par ailleurs le revenu réel du citoyen et rend inefficace toute augmentation de salaire dont les effets sur le pouvoir d’achat seront neutralisés par l’augmentation des prix. “La Tunisie, si elle ne combat pas efficacement l’inflation, pourrait entrer dans une spirale dangereuse pour son équilibre économique et social“, a-t-il averti.
Il a ajouté que bien que l’inflation ne soit pas exclusivement d’origine monétaire, la Banque centrale de Tunisie ne peut pas rester les bras croisés devant cette situation. Sa mission n’est-elle pas prioritairement de stabiliser les prix et il est normal qu’elle utilise pour cela les instruments monétaires à sa disposition dont notamment et principalement l’augmentation du taux d’intérêt. Parallèlement, le gouvernemental devrait s’atteler plus efficacement à la lutte contre les comportements spéculatifs, le marché parallèle, et surtout prendre les mesures nécessaires réglementaires et budgétaires pour relancer la croissance économique et par conséquent alimenter le marché par une meilleure offre des biens et services, a conclu le Président de l’A.P.T.B.E.F. .

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La Tunisie a toujours considéré l’ouverture commerciale comme un facteur de croissance économique. Les exportations des biens et des services constituent une source importante de financement extérieur pour une croissance durable. Malgré ce rôle moteur pour le développement, la Tunisie n’a pas pu tirer pleinement profit“. C’est ce qui ressort de la note de conjoncture de Mac Sa. Ayant pour thème “Comment intégrer la politique commerciale dans la stratégie nationale de développement”, l’étude a indiqué que la politique commerciale mise en œuvre par la Tunisie dans ce domaine est statique et ne fait pas l’objet de stratégie globale de développement. À l’inverse, plusieurs pays comme les nations asiatiques performantes ont exploité leur avantage comparatif par l’application des politiques commerciales dynamiques qui évoluent avec le temps et varient selon les secteurs en fonction des besoins de développement ou le dosage complexe d’ouverture et de restrictions sélectives, dans le cadre de stratégies globales de développement.

La Tunisie devrait développer une politique basée sur l’alternance et le dosage d’ouverture et de contrôle, dans le contexte d’une stratégie globale de développement. L’intégration de la politique commerciale devrait se concevoir dans un contexte plus large, notamment le cadre macroéconomique, les politiques budgétaires et monétaire et les reformes réglementaires et institutionnelles.

Toujours, selon l’étude, l’importation excessive des produits non contrôlés et qui ont affecté la santé humaine, animale et végétale nous amène à instaurer des mesures non tarifaires plus strictes. Selon les accords de l’OMC, l’utilisation de ces mesures non tarifaires (MNT) est autorisée dans certains cas. Ils comprennent, entre autres, l’Accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC) ou celui sur les mesures et phytosa-nitaires (SPS). Ces accords autorisent les pays à mettre en œuvre des politiques ayant un objectif légitime afin de protéger la vie humaine, animale, végétale, la faune et la flore, l’environnement, et la sécurité humaine. L’accord SPS traite l’état des produits alimentaires, de la santé et de la sécurité des animaux et des végétaux. L’accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC) vise à ce que les normes et les procédures d’essai et d’homologation des produits ne soient pas source d’obstacles au commerce. Les mesures SPS et OTC n’ont pas de dimension bilatérale. Elles sont appliquées unilatéralement par les pays importateurs et appliquées à l’ensemble des pays exportateurs.

Ces mesures ne sont pas nouvelles, elles sont appliquées par les pays développés. Aujourd’hui, la capacité d’accès des pays en développement aux marchés des pays développés est liée au respect d’un nombre croissant de mesures réglementaires qui visent des objectifs stratégiques non commerciaux.

L’importance grandissante de ces mesures dans la fixation des conditions d’accès aux marché  est expliquée par les deux facteurs : i) le besoin grandissant en matière de santé, sécurité et protection environnementale et ii) l’inefficacité des politiques commerciales traditionnelles du fait que les tarifs douaniers sont généralement bas suite à la multiplication des accords de libre échange et des accords commerciaux préférentiels régionaux et bilatéraux.

L’étude a en outre noté que les données statistiques sur les mesures non tarifaires sont rares et même si elles existent, elles ne permettent pas d’établir clairement la séparation entre ce qui relève de l’accès aux marchés, du traitement national  et de la réglementation intérieure. En outre, le champ des MNT est vaste et ses frontières sont floues. Les données sont collectées par de nombreuses institutions différentes pour traiter des problématiques différentes. Elles comportent des lacunes importantes pour certains pays et certaines périodes.

Malgré ces problèmes statistiques, les économistes ont pu tirer quelques conclusions préliminaires. Le nombre de mesures non tarifaires semble avoir augmenté à la fin des années 1990, mais entre 2000 et 2008, il s’est stabilisé. Il a repris sa hausse après la crise  financière. Les résultats des  enquêtes et les données statistiques disponibles montrent que la part des mesures OTC et SPS dans les  MNT est importante et que ces MNT sont utilisées plus souvent par les pays développés que par les pays en développement. Plusieurs économistes considèrent que les procédures administratives contraignantes, la lourdeur bureaucratique et la mauvaise gouvernance jouent le rôle des MNT puisqu’elles découragent les importateurs et le commerce“, note l’étude.

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Le sort des banques publiques, à savoir la Banque de l’Habitat (BH), la Société Tunisienne des Banques (STB) et la Banque Nationale Agricole (BNA) continue de préoccuper les esprits des responsables et des spécialistes du secteur. En effet, malgré les fonds injectés par le gouvernement au profit de ces banques pour leur restructuration, elles sont encore plombées par la mauvaise gestion et des défaillances. C’est peut-être une des raisons qui ont empêché le gouvernement de prendre la bonne décision : la fusion ou la privatisation. On attend déjà depuis plusieurs années les résultats de la restructuration, mais en vain ! Rien n’a encore bougé de façon notable. On ne sait même pas où on en est exactement. Lors d’un atelier de travail organisé ce vendredi 29 juin 2018 à l’initiative de la commission de la réforme administrative, de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption et du contrôle de gestion des biens publics sur le thème “Suivi des résultats du programme de restructuration des banques publiques”, les experts bancaires se contredisent sur plusieurs points.

Fadhila Gargouri, juge à la Cour des comptes, a relevé plusieurs défaillances lors de la mise en place de ce travail de restructuration, des lacunes qui s’affichent très clairement au niveau institutionnel et juridique. Des défaillances qui nécessitent une rectification et une révision du processus de restructuration des banques publiques, selon ses dires. Dans une déclaration aux médias en marge de cette rencontre, elle a indiqué que le cadre juridique doit être adapté à celui du secteur privé ou encore à l’échelle internationale, appelant ainsi à mettre en place un contrôle interne continu et un système informatique intégré et complet garantissant une information entière et précise : “Pour que le contrôle soit efficace il faut se conformer aux normes internationales afin de valoriser les résultats des rapports et les recommandations qui en découlent“, a-t-elle assuré.

De son coté, le président de la commission, Hassen Amari, a souligné l’importance de cette rencontre avec les experts en la matière du point de vue des fonds injectés par l’État dans les banques publiques pour leur restructuration. L’objectif, a-t-il dit, est d’approfondir le dialogue avec les experts du secteur afin d’éclairer l’opinion publique sur la question dans l’optique d’élaborer par la suite un rapport qui ferra l’objet d’une plénière. Il a en outre indiqué que des séances d’écoute seront organisées prochainement avec des responsables du ministère des Finances, de l’UGTT et de l’Utica, soulignant l’existence de grandes confusions et de défaillances, citant le processus de licenciement d’ouvriers de la BH dont le coût a largement dépassé les prévisions.

Quant à lui, le président de l’Association des Banques, Ahmed Karam, a salué les efforts fournis par les banques dans le cadre du programme de réforme des banques publiques. “Les choses commentent à bouger et s’améliorer chez les banques publiques (…) elles commencent à trouver leur équilibre à tous les niveaux et à des taux qui différent d’une banque à une autre, mais les résultats sont positifs“, a indiqué Karam, soulignant toutefois qu’en dépit de cette amélioration, il y a encore du travail à faire.

Il a par ailleurs renouvelé son appel à la privatisation des banques publiques, sachant que le Tunisien n’a pas besoin aujourd’hui de ces établissements, d’après lui. “Le gouvernement a une orientation intelligente à travers la création d’un bras ajustant le marché financier par le biais de la Caisse des dépôts et des consignations (CDC), la BFPME ou encore la Banque tunisienne de solidarité (BTS)“. Ces structures peuvent, selon lui,  promouvoir certains secteurs, financer certains projets, promouvoir le marché financier, créer de l’emploi dans les régions de l’intérieur et contribuer à l’économie, voire garantir l’existence de l’État.

Si la CDC, la BFMPE et la BTS garantissent l’existence de l’État alors quelle utilité pour les banques publiques“, s’est interrogé Karam, démentant ainsi le fait que la privatisation impactera l’intervention de l’État en matière de contribution à l’investissement et au financement des projets.”Pas de crainte… Il faut oser la privatisation, surtout que les banques publiques commencent à guérir“, a-t-il expliqué.

Ahmed Karam a expliqué la réticence de l’État par certaines craintes. “Une des raisons est qu’une fois les banques privatisées, l’État ne va pas trouver de structure pour financer son budget, alors que ce n’est pas vrai car la contribution des banques privées dépassent parfois celle des banques publiques“, a expliqué Karam.

Il a en outre indiqué que l’État compte sur les banques publiques pour financer les entreprises publiques qui passent par des difficultés financières, soulignant toutefois qu’une majorité est financée par le secteur privé. “Dans tous les cas l’État peut donner ses garanties aux banques privées pour financer les entreprises publiques“, suggère-t-il.

Il y a toujours des solutions radicales pour que les banques publiques contribuent au financement de l’économie et soient beaucoup plus rentables dans ce sens“, a-t-il conclu.

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Intervenu lors d’une rencontre tenue ce mercredi 27 juin 2018 à Gammarth, pour le lancement du 6ème rapport arabe sur l’emploi et le chômage dans les pays arabes, le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, a tiré à boulets rouges sur la coopération internationale en matière d’emploi et d’absorption du chômage, avant de s’interroger sur les résultats et les recommandations des anciens rapports  : “Où sont les recommandations des anciens rapports ? Qu’est-ce qu’on a fait ? Pour quelle utilité ?“, s’est interrogé le ministre.

Il a par ailleurs critiqué l’absence de dialogue arabe réel et continu capable d’analyser et diagnostiquer la réalité de l’emploi dans la région arabe, ce qui va, selon lui, impacter, voire faire échouer l’ensemble des politiques et stratégies arabes mises en place en la matière.

Trabelsi a pointé du doigt l’organisation arabe de l’emploi, laquelle est censée avoir un rôle très important en matière de promotion du dialogue : “On ne pourra plus accepter un rapport qui ne consacre pas une partie au dialogue social (…) C’est primordial (…) Il faut prendre cela en considération“, a-t-il précisé.

Outre le dialogue social, le ministre a souligné les insuffisances et les lacunes des conventions arabes en matière d’emploi, qui bien qu’elles aient fait l’objet de plusieurs ajustements demeurent encore inutiles.

Le ministre a sous un autre angle appelé à abandonner l’idée de parler de marché arabe de l’emploi, pour plancher plutôt sur plusieurs marchés arabes, critiquant ainsi l’absence de volonté commune pour activer les conventions arabes signées en la matière. Il a cité l’exemple de la convention collective de travail arabe qui bien qu’elle ait retouchée et améliorée, n’a pas encore abouti à des résultats. Idem pour la convention arabe sur le déplacement de la main-d’œuvre : “Chaque pays veut résoudre ses problèmes tout seul“, a-t-il dit.

Trabelsi n’a pas toutefois manqué d’afficher son espoir de voir ce rapport, contrairement à ses prédécesseurs, contribuer à la réduction du chômage et au renforcement de nos capacités en matière de lutte contre ce fléau.

De son côté, le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Faousi Abderrahmane, a évoqué les grandes pressions qui caractérisent le marché de l’emploi en Tunisie suite aux défaillances des politiques publiques depuis des décennies. “Les défaillances ne datent pas d’aujourd’hui, de deux ou de trois années…, elles remontent à des décennies“a-t-il précisé.

Il a par ailleurs indiqué qu’aujourd’hui, on ne peut pas recruter dans la fonction publique, mais en même temps cela ne veut pas dire que la porte du public est définitivement fermée. En attendant, le secteur privé est la nouvelle niche de l’emploi.

Un point de croissance permettra, selon ses dires, la création de 16 mille postes ; la Tunisie devra décrocher au moins 3 points, sachant que 45 mille nouveaux demandeurs d’emploi, dont 33 mille parmi les diplômés de l’enseignement supérieur, s’ajoutent au marché de l’emploi.

Le ministre de l’Emploi a tenu dans ce cadre à préciser que la question de l’emploi est l’affaire du gouvernement et non plus celle de son département ou celui des Affaires sociales.

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Smart Leaders For Smart Cities“, tel est le thème d’une rencontre organisée par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) à Port El Kantaoui, à Sousse. Autour d’un débat riche, les nouveaux élus locaux, les entrepreneurs et les différentes parties prenantes ont échangé des idées, des démarches, des bonnes pratiques et les expériences sur le rôle des municipalités dans la nouvelle gouvernance locale décentralisée et le développement économique local, tout en se basant sur une certaine autonomie afin de mieux répondre aux défis et besoins de chaque région. L’objectif aussi du débat est de penser à l’émergence de villes intelligentes et instaurer un climat des affaires local qui encourage la dynamique entrepreneuriale.

“Les municipalités acteur de développement”

Dans une déclaration accordée à Africanmanager, Mejdi Hassen, conseiller exécutif de l’IACE a souligné l’importance d’organiser de tels événements en Tunisie destinés aux jeunes élus qui ont gagné les dernières élections municipales et dont l’âge est inférieur à 35 ans. “Nous avons constaté, lors des dernières éditions des journées de l’entreprise qui se tiennent à l’accoutumée à Sousse et qui se sont focalisées sur la transition digitale et d’après les expériences internationales, que l’amélioration du climat des affaires passe essentiellement par le passage d’une ville de gestion classique à une autre smart et à forte valeur technologique“, a-t-il expliqué.

Il a en outre souligné l’importance de passer à une région qui inclue les nouvelles technologies dans les prestations de services municipaux et administratives, dans la démocratie participative et dans la relation entre les citoyens et les acteurs des municipalités, principalement dans la gestion des infrastructures et du territoire.

Selon ses déclarations, le développement économique passe essentiellement par l’introduction de cette technologie dans notre démarche : “C’est pour cette raison déjà que le choix a porté sur cette population de jeunes“, a indiqué Hssaan, avant d’ajouter : “Nous avons choisi cette tranche d’âge parce que nous pensons que sont ceux qui peuvent apporter du nouveau en termes de transformation digitale de municipalités (…). Il faut être conscient de l’importance du rôle que peut jouer la municipalité dans le développement économique“, a-t-il assuré.

Mejdi Hssan a dans le même contexte indiqué que la construction de la chaîne de valeur, l’attractivité des régions et l’amélioration du climat des affaires passe essentiellement par le niveau local, soulignant l’importance du rôle que peuvent jouer les municipalités dans le développement économique et leur impact économique important, soit sur le climat des affaires, le développement économique et la chaîne des valeurs locaux. “Cela va être la base de tous les travaux et du développement de la Tunisie“, a précisé le conseiller exécutif de l’IACE, avant d’ajouter que les jeunes sont un axe stratégique pour le développement local en Tunisie.

“Des villes intelligentes”

De son côté, Anouar Romdhani, corporate Account Manager à Microsoft, a tenu à préciser que le concept de “Smart Cities” est un concept qui se développe aujourd’hui à l’international vu la condensation de la population autour des villes . “Du coup“, a-t-il dit, “il y a des challenges non seulement au niveau politique et individuel mais aussi social, économique et gouvernemental“, a t-il dit.

Selon ses déclarations, les citoyens cherchent aujourd’hui à avoir beaucoup plus de transparence, une utilisation de la technologie dans les projets futurs et un environnement convivial pour vivre au mieux. “Le concept de smart Cities a été développé, depuis les années 80, dans certains pays asiatiques comme Singapour ou la Corée du Sud, qui ont développé des villes intelligentes et un environnement confortable pour les citoyens avec plus de transparence et de accessibilité à l’information“, a-t-il indiqué.

Le responsable de Microsoft a dans le même contexte souligné l’importance de mettre les technologies de pointe au service des citoyens. “On a presque 3 billions de dollars d’investissement dans les smart cities et on voit une croissance de 3% des objets connectés à travers le monde“, a-t-il précisé.

Il a ajouté que la transition technologique se présente aujourd’hui comme un challenge au point qu’elle est devenue une source de développent durable pour certains pays. “Les chercheurs sont en train de développer pas mal d’axes dans le domaine de “Smatrt Cities (…) c’est une des solutions permettant de développer la Tunisie et donner aux leaders des municipalités la possibilité de créer de la transparence et de la valeur et d’instaurer un climat de confiance entre le citoyen et les services des municipalités”.

“La transformation, un passage obligé”

Quant à lui, Mongi Zidi, PDG de Archimed, a souligné l’existence d’une volonté forte chez les  jeunes qui veulent prendre le pari de la transformation digitale. “La transition digitale n’est pas une chose impossible parce qu’on a une génération habituée aux nouveaux outils de la communication (…) C’est un passage obligé devant une génération qui veut moderniser la transformation du système numérique“, a-t-il précisé.

Il a toutefois évoqué certains freins devant la transition digitale dont l’existence d’une génération de décideurs qui ne sont pas en quelque sorte accélérateurs de transformation. Ils veulent encore utiliser le papier. “Ces gens représentent heureusement une minorité devant des élus qui veulent s’intégrer au sein de la transformation digitale et à la gouvernance numérique“, a-t-il dit.

Il a appelé les décideurs politiques et les hauts cadres des ministères à donner l’exemple et à être plus actifs dans l’utilisation des nouvelles technologies : “En Europe et aux États-Unis, plus les leaders sont actifs plus leurs équipes le sont”, a-t-il précisé.

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La Banque Mondiale (BM) a publié ce mardi 26 juin 2018 une étude sur la valorisation du potentiel des régions en Tunisie, intitulée “Mise à profit des conclusions du projet sur les régions défavorisées”. Il en ressort, selon cette étude réalisée en collaboration avec le ministère de l’Investissement et de la Coopération Internationale, qu’il existe un continuum de projets de développement potentiels sur l’ensemble du territoire tunisien.

L’étude a également noté que bien que Tunis, Sousse et Sfax soient les mieux lotis en termes de facteurs agroclimatiques associés à la prospérité économique, plusieurs régions, à savoir le Nord-Ouest et le Centre-Ouest, paraissent avantagées à ce niveau. Des agglomérations d’activités existent par contre sur le littoral comme à l’intérieur du pays, notamment à Kairouan, Kasserine, Kef et Tatatouine.

Cependant, les grands indicateurs de développement humain font apparaître des écarts beaucoup plus marqués entre les régions, notamment le littoral et l’intérieur du pays. De plus le niveau d’accès aux services de base révèle également des disparités entre les régions. A l’origine de ces disparités, un ensemble de facteurs sont à analyser en vue d’apporter les réponses appropriées pour plusieurs éléments dont la Géographie naturelle, les Économies d’agglomération et les dépendances de trajectoire, le Système de planification centralisé, les Politiques de développement ne permettant pas de réduire les disparités régionales et les coûts logistiques élevés à l’intérieur du pays.

Afin d’enrichir les trames de lecture des disparités régionales, cette étude propose d’analyser les gouvernorats selon leur potentiel et performance économique. En utilisant les données disponibles sur les différents indicateurs, les 24 gouvernorats ont ainsi été catégorisés en 5 grandes familles selon leur potentiel et performance. Tous les gouvernorats leaders se situent sur la côte Est, avec des gouvernorats surperformants ou à potentiel non-exploité à l’intérieur.

L’étape d’après a consisté à visiter et zoomer sur quelques gouvernorats pour mieux comprendre les opportunités, freins et réfléchir aux recommandations. Cela a permis de synthétiser 4 pistes de recommandations, à adapter aux gouvernorats, afin d’améliorer la situation des populations du territoire : Profiter de la décentralisation pour améliorer la planification, le financement et la mise en œuvre du développement local, améliorer la formulation et la révision des politiques de développement, favoriser l’établissement de corridors de développement et soutenir des programmes de développement intégrés dans certains gouvernorats.

Eya Mahjoub, économiste à la Banque Mondiale (BM), a précisé que cette étude ne représente que la première étape d’un processus qui vise à mettre en œuvre des actions concrètes et préparer par conséquent des actions concrètes à appuyer après l’étude.

La première étape a consisté à cartographier le potentiel économique dans le pays. Il a été observé, dans le cadre de l’expérience internationale, que la convergence des revenus sur tout un territoire n’est pas réellement possible compte tenu des économies d’agglomération pour la plupart des pays. Par contre, un accès égal aux services de base et aux opportunités peut être atteint. Il a aussi été observé que les objectifs de convergence eux-mêmes varient en fonction du niveau de revenus d’un pays.

Pour le cas de la Tunisie, la responsable a indiqué que notre pays a réalisé des gains significatifs en comblant certaines écarts en termes d’accès aux services de base – la première étape – mais à mesure que les pays montent l’échelle des revenus, les objectifs de convergence deviennent plus ambitieux. La Tunisie est ainsi dans une phase où les écarts restant à combler sont relativement limités, mais dans laquelle l’objectif d’avoir un accès égal aux opportunités reste à accomplir.

Lors de son intervention au cours de ce séminaire, le ministre de la Coopération internationale, Zied Laâdhari, a déclaré qu’il a été constaté que les régions qui ont plus de potentiel sont les plus défavorisées, citant le cas de Siliana qui en dépit de ses richesses archéologiques est l’une des régions les moins dotées d’offres touristiques.

Le ministre a relevé l’existence de lacunes de développement dans les régions de l’intérieur parce qu’on a jugé qu’il n’y a pas de potentiel alors que cela doit faire partie d’une décision publique : “Ce sont les décideurs politiques qui doivent valoriser les régions (…). Aujourd’hui il faut s’affranchir en matière d’analyse des potentialités des régions“, a-t-il dit.

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Ibrahim Dabeche, le président de la Chambre Tuniso-Allemande d’Industrie et du Commerce (AHK Tunisie), a indiqué que les deux lois de finances 2017 et 2018 ont été lourdes de conséquences pour les entreprises, notamment exportatrices et que plusieurs entreprises allemandes installées en Tunisie sont choquées par certaines mesures et procédures inscrites au titre de la LF 2018. Il a cité la dernière circulaire de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et du ministère du Commerce qui exige le dépôt de documents d’exportation en anglais, en français ou en arabe : “Bien que l’Allemagne soit un partenaire stratégique, sa langue n’est pas reconnue par la douane tunisienne“, a indiqué le président de l’AHK Tunisie, avant de signaler que la Tunisie est en train de perdre ses chances par rapport à d’autres pays à causse de ces lois de finances .

Il en ressort, en effet, selon les résultats de l’enquête de l’AHK, révélés ce lundi 25 juin 2018, à Tunis, que la douane représente largement l’obstacle le plus contraignant pour les sociétés allemandes, même si le taux diffère selon le régime de la société (81% pour les sociétés non totalement exportatrices et 49% pour les exportateurs). En deuxième position, avec 26%, il y a les difficultés liées au transfert de devises et les opérations avec la BCT.

Pour résoudre ces problèmes, l’enquête a donné la parole aux entreprises allemandes afin de présenter au gouvernement tunisien des pistes pour améliorer les choses. En tête de ces suggestions, il y a la lutte contre la corruption, la stabilité sociale, l’implantation d’un port en eau profonde à Enfidha, l’amélioration des transports publics et l’infrastructure de base.

Outre ces difficultés qui sont pratiquement toutes liées à la façon dont le pays est administré, 56% des entreprises allemandes opérant en Tunisie pointent du doigt l’instabilité sociale, puis vient l’instabilité politique (54%). Par ailleurs, 48% des entreprises désignent la rigidité administrative comme étant un grand risque pour le développement de leurs affaires en 2018.

Brahim Dabeche a sous un autre angle indiqué que le nouveau code de l’investissement n’a pas été digéré et mis en place : “Il faut encore aller plus loin (…) il y a un manque de communication sur le code“, a-t-il précisé.

Interrogé sur l’Afrique, Dabeche a assuré que cela reste un peu compliqué, mais possible par le biais de la Tunisie qui a été retenue parmi les pays prioritaires et se présente, selon ses dires, comme une plate-forme de l’Allemagne vers l’Afrique Subsaharienne.

De son côté, Martin Henkelmann, le DG de l’AHK Tunisie, a tenu à préciser que le nouveau code de l’investissement contient de bons éléments mais le grand défi est de mettre cela en marche.

Questionnées par rapport aux conditions d’implantation sur le site tunisien, tant sur le plan des atouts que des risques, les entreprises allemandes sondées ont évoqué plusieurs avantages majeurs, à l’instar de la proximité géographique par rapport à l’Europe avec un taux de 81,6%, les coûts de production compétitifs (51%) ainsi que l’évolution du taux de change qui favorise l’Euro par rapport au Dinar, avec un taux de 51%.

 L’enquête a en outre établi qu’à cause des nouvelles mesures fiscales prévues par les lois de finances 2017 et 2018, occasionnant notamment l’annulation des avantages fiscaux en faveur des investisseurs étrangers totalement exportateurs, l’atout fiscal ne figure plus dans le top 3 des avantages du site Tunisie. Seules 27,8% des entreprises totalement exportatrices sont en effet encore motivées par les avantages fiscaux en Tunisie. On note d’ailleurs que les coûts de production compétitifs et un bon niveau d’éducation devancent l’atout fiscal. Par ailleurs on remarque que l’évolution du taux de change a clairement plus d’impact positif sur les entreprises totalement exportatrices (62,5%), que sur les entreprises non totalement exportatrices (19,2%). Cet atout est évidement bien plus ressenti quand il s’agit de convertir le Dinar en Euro que l’inverse.

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Les investissements industriels déclarés dans le secteur industriel sont encore en peine de retrouver des couleurs et ce malgré les efforts consentis par les différents gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis la Révolution. Plusieurs blocages expliquent la non reprise des investissements industriels notamment dans les régions qui souffrent encore et davantage de la marginalisation et de l’absence de développement et même les initiatives de projets lancés par les différents gouvernements pour réduire l’écart et les inégalités n’ont pas abouti à de bons résultats. La grogne gagne encore les régions qui revendiquent encore leur droit au développement.

Les derniers chiffres rendus publics par l’agence de promotion de l’industrie et de l’Innovation (APII) confirme une tendance à la baisse des investissements déclarés dans le secteur industriel. Selon cette note de conjoncture publié, jeudi 21 juin 2018, durant les cinq premiers mois 2018, l’investissement déclaré dans le secteur industriel a atteint le montant de 1590.4 MD, contre 1823.5 MD lors des cinq premiers mois 2017, enregistrant ainsi une diminution de 12.8%. Le nombre de projets déclarés a atteint 1905 au cours des cinq premiers mois 2018 contre 1740 lors des cinq premiers mois 2017, soit une augmentation de 6.2%. Ces projets permettront la création de 27658 postes d’emplois, contre 28954 postes d’emplois durant les cinq premiers mois 2017, soit une diminution de 4.5%.

Les investissements déclarés dans les industries totalement exportatrices ont enregistré une augmentation de 11.1% passant de 366.6 MD à 407.4 MD durant les cinq premiers mois 2018. Les industries dont la production est orientée vers le marché local ont enregistré une diminution de 18.8% passant de 1456.9 MD à 1183.0 MD au cours des cinq premiers mois 2018.

Les investissements relatifs aux projets dont le coût est supérieur à 5 MD, ont enregistré une augmentation de 4.6% passant de 1006.9 MD au cours des cinq premiers mois 2017 à 1052.8 MD durant la même période de l’année 2018. Ces projets permettront la création de 6545 postes d’emplois, contre 8206 postes d’emplois durant les cinq premiers mois 2017, soit une baisse de 20.2%. Les projets de 5 MD et plus qui ne représentent que 4.6% du nombre des projets déclarés et 23.7% du nombre des emplois, totalisent 66.2% de l’ensemble des investissements déclarés.

Les investissements industriels 100% étrangers et en partenariat sont passés de 389.0 MD durant les cinq premiers mois 2017 à 317.3 MD en 2018, enregistrant ainsi une baisse de 18.4%. Ce recul est consécutif à la diminution enregistrée au niveau des projets en partenariat qui sont passés de 231.4 MD à 143.5 MD durant les cinq premiers mois 2018 (-38.0%). En revanche, les investissements déclarés dans le cadre des projets 100% étrangers ont enregistré une augmentation de 10.3% (173.8 MD durant les cinq premiers mois 2018 contre 157.6 MD durant la même période 2017).

Les cinq premiers mois de l’année 2018 ont été caractérisés par une augmentation au niveau de l’investissement déclaré dans les zones de développement régional de 19.3% avec 889.9 MD contre 746.0 MD durant les cinq premiers mois 2017. La part de ces zones dans l’ensemble des gouvernorats est passée de 40.9% à 56.0% au cours des cinq premiers mois 2018.

Les exportations du secteur industriel sont passées de 12009.4 MD durant les cinq premiers mois 2017 à 15230.1 MD durant la même période de l’année 2018 enregistrant ainsi une augmentation de 26.8%. Le secteur industriel a importé pour 18870.4 MD durant les cinq premiers mois 2018 contre 16030.9 MD durant la même période 2017, enregistrant ainsi une hausse de 17.7%. Ainsi donc le solde commercial du secteur industriel s’établit à -3640.3 MD contre -4021.5 MD au cours des cinq premiers 2017.

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Soutenue par un grand nombre de partenaires des deux côtés de la Méditerranée dont les pouvoirs publics, organismes, missions diplomatiques et associations, la “Saison Bleue”, une initiative visant à promouvoir le potentiel maritime de la Tunisie, a été officiellement lancée et se poursuivra jusqu’au 15 octobre 2018. La “Saison Bleue” propose, durant 4 mois, près de 150 manifestations, tout au long du littoral tunisien, de Tabarka à Zarzis, en passant par les ports, les marinas, les cités maritimes, les festivals, les plages et les îles de la Tunisie Bleue. C’est une initiative de l’Alliance française de Tunisie, en partenariat, entre autres, avec l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) et l’association Notre Grand Bleu (Monastir).

La “Saison Bleue” a choisi la fameuse éponge naturelle de Kerkennah comme emblème. Les concepteurs du projet y voient une marque de distinction et de reconnaissance qui porte la double ambition du programme.

Olivier Poivre d’Arvor, Ambassadeur de France à Tunis et président du Musée français de la marine, a indiqué, lors d’un point de presse, tenu dans la soirée du mercredi 20 juin 2018 à la Marsa, que l’économie bleue représente actuellement 12% du PIB de la Tunisie, ajoutant que “ce taux pourra passer à 20% s’il y a une vraie conscience de l’importance des ressources maritimes“. Selon ses déclarations, plus que 15% des échanges commerciaux passent par les océans.

Mise à part sa contribution dans le PIB, l’économie bleue pourrait, selon l’Ambassadeur, avoir d’importantes marges de croissance et créer de nouveaux types d’emploi, hautement qualifiés et pleinement intégrés dans une mondialisation soutenable.

ll s’agit, selon l’Ambassadeur, de rassembler, sous un même label, près de 150 manifestations (festivals, conférences scientifiques et culturelles et événements sportifs), tout au long des 1300 kilomètres de façade maritime tout en proposant un véritable agenda et circuit culturel, scientifique, économique, touristique et s’adressant directement à plusieurs centaines de milliers de participants, selon ses dires.

De son côté, Mourad Fradi, membre du comité d’organisation, a annoncé que la “Saison Bleue” trouvera son point d’orgue du 4 au 6 octobre 2018, avec la première édition du “Forum de la Mer, Bizerte 2018”, avec pour objectif la présentation des enjeux de la mer dans toutes ses composantes.

Ce forum permettra de rassembler, au cours des trois journées d’échanges et de rencontres avec le grand public, un ensemble d’experts et d’intervenants de haut niveau, de hautes personnalités politiques et des figures emblématiques dans le domaine de l’environnement.

L’appel de la “Saison Bleue” est aussi un événement pour préserver le littoral tunisien, sachant que la biosphère marine se trouve véritablement menacée par les atteintes constantes faites à l’environnement : pollution de l’air, rejet de matières toxiques (hydrocarbures, phosphogypses) et de plastiques dans les océans.

En effet, le maritime représente à l’échelle mondiale plus de revenus (1500 milliards d’euros) que les télécommunications et internet (800 Milliards) et l’aéronautique (620 Milliards) réunis. Alors qu’en 2018, 60% de la population mondiale vit à moins de 150 kilomètres d’une mer ou d’un océan et que 90% des marchandises transitent par les flots, la Tunisie, pays bien doté en la matière, ne saurait négliger cet extraordinaire eldorado bleu qui l’ouvre pourtant depuis l’antiquité au monde.

Événement majeur de l’été 2018, la “Saison Bleue” s’est entourée d’un ensemble de partenaires qui sont autant d’ambassadeurs représentent les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, de la restauration, du sport et plus largement de la culture.

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Le coup d’envoi du dialogue stratégique entre le ministère de la Coopération internationale et l’Agence française de développement (AFD) dans les domaines économique et de développement a été donné aujourd’hui mercredi 20 juin 2018 à “Dar El Hikma” à Carthage. Le lancement du dit projet a eu lieu en présence du ministre du Développement, de l’investissement et de la Coopération internationale, Zied Laâdhari et des représentants de l’AFD ainsi qu’un bon nombre d’acteurs et responsables locaux d’administrations. Ce programme est basé sur trois principaux axes, à savoir : La lutte contre les inégalités, la promotion de la transition énergétique et écologique et la stratégie d’internationalisation des entreprises tunisiennes sur le marché africain.

Dans une déclaration faite aux médias en marge de cette rencontre, Laâdhari a souligné l’importance de ce programme, lequel s’étale sur trois ans et vise en priorité à soutenir le gouvernement tunisien et l’accompagner en matière de développement à travers l’expertise et les compétences, selon ses dires.
Il a fait savoir que ce programme est basé sur trois principaux axes dont la réduction des inégalités sociales et régionales : “Nous avons constaté un grand écart entre les différentes catégories sociales et régionales, notamment en termes de revenu“, a indiqué Laâdhari, faisant remarquer qu’il s’agit là de l’un des défis rencontrés par les différents gouvernements qui  se sont succédé au pouvoir depuis la Révolution.

Outre les inégalités, le ministre a évoqué, comme deuxième axe de ce programme, la transition écologique, soulignant que le 1/3 du déficit commercial de la Tunisie provient de l’énergie  : “Les énergies renouvelables sont un autre défi qui s’ajoute à ceux de la Tunisie (…) Nous voulons migrer vers l’économie verte tel que c’est inscrit dans le plan stratégique de la Tunisie à l’horizon 2020“, a-t-il précisé.

Sur le troisième axe qui porte sur l’internationalisation des entreprises tunisiennes, Laâdhari a déclaré que l’AFD va aider les entreprises tunisiennes, à travers les implantations qu’il a dans 40 pays africain, à s’internationaliser dans ce continent.

Il a ajouté que la Tunisie a signé pour 1500 Millions d’euros au titre de subvention financière de la part de l’AFD, soulignant toutefois que cette coopération n’est pas seulement financière mais aussi technique et porte également sur les politiques publiques, appelant ainsi les compétences tunisiennes dans les administrations, la société civile mais aussi dans les organisations nationales à coopérer avec ce programme et travailler au sein des équipes avec les experts de l’AFD pour concevoir de nouvelles approches sur les principales problématiques de la Tunisie.

De son côté, Gilles Chausse, directeur de  l’AFD, a tenu à préciser que ce programme n’est pas comme à l’accoutumée : “Il s’agit d’un certain nombre d’accords que nous réservons exclusivement à des pays avec lesquels nous avons une proximité historique très importante et un volume de coopération très important“, a-t-il dit, avant d’ajouter : “Dans certains pays comme la Tunisie, nous souhaitons dépasser ce stade de partenariat technique et financier pour entrer dans un partenariat stratégique et travailler sur des problématiques à travers un certain nombre d’exercices et de travaux de recherches, d’études et de modélisation économiques tout en s’attaquant à des problématiques qui font des sujets d’actualité sur des questions de développement économiques et qui sont surtout des sujets qui intéressent les deux parties”, selon ses dires.

De nombre sujets de développement pourraient être retenus, mais on ne peut pas conduire des travaux tous azimuts (…) on va être assez sélectif et choisir les plus porteurs d’enjeux et d’impact et c’est autour de cette réflexion là qu’on va restructurer notre dialogue avec la Tunisie“, a-t-il assuré.

Le mémorandum a été signé le 1er février dernier entre le ministre de l’investissement, du Développement et de la Coopération internationale et le directeur général de l’AFD. Il a pour objectif de structurer dans la durée le dialogue stratégique entre le ministère en question et cette institution financière pour la formulation et la mise en oeuvre de politiques publiques visant à promouvoir le développement durable et inclusif de la Tunisie.
L’objectif aussi est de développer conjointement un programme de connaissance pour alimenter les politiques publiques dans les trois domaines prioritaires mentionnés.

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