A bien des égards, l’attaque terroriste perpétrée ce lundi 7 mars 2016 dans la ville de Ben Guerdane a les contours d’un tournant dans tous les sens du terme, un tournant dans la lutte contre les terroristes dans la mesure où les forces de l’Armée et de la Sécurité, visiblement blanchies sous le harnais, sont plus outillées et mieux à même d’affronter avec succès les menées terroristes ; un tournant aussi dans la stratégie terroriste qui vire des actions sporadiques impliquant quelques éléments vers des opérations d’ampleur lancées par plusieurs dizaines d’assaillants réparties en plusieurs groupes opérant simultanément et en parfaite coordination.
Le fait est cependant que de quelle que nature qu’elles soient, ces attaques ont très peu de chances d’atteindre les objectifs qui leur sont assignés. Témoin, l’échec patent essuyé ce lundi par les légions de terroristes qui, dès les premiers commencements de leur sanglante et sinistre entreprise, ont certainement réalisé que la partie était perdue d’avance et sont aussitôt partis en débandade. 35 d’entre eux ont été abattus, d’autres ont été capturés et 5 ou 6 se sont rendus aux unités militaires et sécuritaires.
S’il en a été ainsi, c’est de toute évidence, parce que l’Armée et les forces de sécurité étaient sur le qui-vive et surtout dans les meilleures dispositions pour croiser le fer avec les terroristes et encore plus, les défaire sans autre forme de procès. C’est un acquis militaire et psychologique de taille qui va, à ne pas s’en douter, prendre rang d’atout capital pour réserver le même sort aux autres opérations que les terroristes , prévoient les analystes, pourraient perpétrer à l’avenir, soit par vengeance, soit par obstination.
Au demeurant, il est très important de souligner avec force le rôle des citoyens de Ben Guerdène qui ont apporté une éclatante démonstration de leur sens patriotique et de leur attachement sans faille à la défense de leur pays contre le terrorisme et leurs tenants. C’est la preuve que le terrorisme ne bénéficie d’aucune assise populaire parmi les citoyens de ce bastion du Sud, qualifié de « vrai bouclier de l’Etat et de la Nation » par le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Il faut y voir un gage d’invulnérabilité mais aussi un motif de découragement pour les terroristes qui misaient sur un concours de la population locale qu’ils avaient haranguée par mégaphone pour la rallier à leur « cause ». D’ailleurs, 7 civils ont pays leur tribut de sang dans cette équipée sinistre.
Un sursaut général
Cette réaction populaire, à ne pas s’y méprendre, sera désormais un élément décisif dans la lutte contre le terrorisme qui n’a plus de place en Tunisie, comme l’ont clamé en chœur aussi bien les autorités que les citoyens. Ce n’est plus une profession de foi comme on en entendait souvent, mais bien une réalité désormais solidement ancrée chez les Tunisiens à l’enseigne d’une « union sacrée » sans faille.
D’ailleurs, les scènes de liesse populaire diffusées ce soir sur le petit écran après la liquidation des deux derniers terroristes retranchés dans une maison de Ben Guerdène, sont là pour sceller la solidité de la cohésion entre les citoyens et les forces armées et de la sécurité exprimée par d’émouvantes scènes de fraternisation entre les citoyens et les forces de sécurité avec des agents de la sécurité portés sur les épaules par la foule.
Enfin, on doit à la vérité de dire que le gouvernement s’est signalé par une gestion des événements qui lui fait honneur, prenant à bras le corps l’attaque de Ben Guerdène en s’y attelant avec une maîtrise dont il n’était pas coutumier, surtout en dépêchant deux de ses membres, régaliens plus est, sur place à l’effet de superviser sur les lieux de l’attaque, les opérations menées par les unités de l’Armée nationale et les forces de sécurité. Dans le même temps, le président de la République en faisait autant à la caserne d’El Aouina, se mêlant aux officiers de la sécurité au lieu de se terrer dans son bureau au palais de Carthage. Bien mieux, son adresse aux Tunisiens, à partir de la salle des opérations de la caserne a été d’un effet éminemment positif sur l’opinion publique qui réalise ainsi que ses gouvernants sont sur la ligne du front et aux premières lignes de la guerre contre le terrorisme.








