A première vue, une inflation qui baisse est une bonne nouvelle, surtout dans un pays où l’on se plaint sans discontinuer de la flambée des prix, comme c’est le cas de la Tunisie. Mais à la réflexion, c’est bien autre chose ! L’Institut national de la Statistique, vient en effet de livrer les derniers chiffres relatifs à l’indice de consommation des ménages pour le mois de février et à celui de l’inflation. Cette dernière a été ramenée à 3,3% contre 3,5% en janvier 2016 et 4,1% fin 2015. Un trend baissier qui avait commencé dès le mois de juillet de l’année dernière pour se poursuivre sans répit jusqu’à ce jour. Le gouvernement en a fait un point d’honneur en présentant ce repli comme le résultat de sa politique de maîtrise des prix. Or, ce n’est nullement le cas, puisque les prix continuaient de grimper, alors que, dans le même temps, l’inflation reculait.
Conjuguée à la récession officiellement reconnue aussi bien par la Banque centrale que par le ministère des Finances, cette régression progressive de l’inflation est en fait due à la faiblesse de la demande, pour se transformer, à terme, à une déflation rampante.
A la vérité, et les experts économiques le disent et le répètent, la déflation a mauvaise réputation parce qu’elle est la conséquence de longues périodes de récession ou de non-croissance. Lorsque le chômage augmente goutte à goutte de manière inexorable, les salaires cessent d’augmenter. La consommation stagne, ou baisse. Face à un marché atone, les entreprises réduisent leurs dépenses d’équipements, n’embauchent plus ou même débauchent, ce qui renforce le climat récessionniste et, encouragées par des coûts du travail en déclin, commencent à casser les prix. Les prix des matières premières suivent la même logique. La spirale déflationniste se met en place.
Surtout, la déflation provoque des réactions attentistes de la part des agents économiques qui se révèlent particulièrement néfastes pour l’économie. C’est que la baisse régulière des prix incite les ménages à reporter leurs décisions d’achats dans l’attente de nouvelles chutes de prix. Ce comportement conduit à baisser la consommation globale et à gonfler les stocks des entreprises qui n’arrivent plus à écouler leurs productions. En réaction, celles-ci réduisent leur production et leurs investissements. Les salaires baissent, les embauches se raréfient et le chômage progresse, ce qui finit par affecter le revenu des ménages. Il s’ensuit une nouvelle baisse de la consommation qui génère la formation d’un cercle vicieux car auto-entretenu. La Grèce connait ainsi une période prolongée de déflation depuis mars 2013.
D’autre part, la déflation provoque une dégradation de la situation financière des particuliers et institutionnels qui ont recours à l’emprunt. En effet, le coût réel de la dette (c’est à dire une fois l’inflation prise en compte) augmente avec la baisse de l’indice général des prix car les remboursements des emprunts ne sont généralement pas indexés sur l’inflation. Il en résulte une moindre capacité à investir pour les entreprises et une moindre capacité à consommer pour les ménages endettés.
C’est à peu près ce qu’avait soutenu le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Chedly Ayari, à Africanmanager en octobre dernier, voyant dans la baisse de l’inflation « l’indicateur d’une demande moribonde et d’une croissance atone », souhaitant, au demeurant, que « l’inflation soit plus forte, si elle est conjuguée à une demande qui bouge et à une croissance à l’avenant ».
Les anticipations allaient, du reste, leur train de voir les producteurs réajuster leurs offres aux nouveaux besoins du marché en même temps qu’un trend haussier de l’inflation se faire jour depuis le mois de novembre 2015. Mais, comme on le constate aujourd’hui, il n’en est rien, et la déflation semble bien installée en Tunisie.
Autant dire que la balle est désormais dans le camp des autorités monétaires, nommément la BCT. Généralement, une solution principale s’offre à l’institut d’émission. Il s’agit de faciliter la reprise de l’activité par une politique monétaire « accommodante », en abaissant son principal taux d’intérêt directeur. Il fixe pour les banques commerciales le coût des refinancements. La Banque Centrale intervient sur le marché interbancaire où les banques s’approvisionnent en liquidités. Une baisse du refinancement est ensuite normalement répercutée sur les taux des emprunts courts de l’ensemble des agents, en l’occurrence les entreprises et les ménages.









C’est ridicule de parler de déflation quand l’inflation est a 3;3%. De plus on peux pas parler de récession qui se définit par une croissance négative durant 2 trimestres successifs. Or chez nous la croissance est de 0,5% et elle tend a augmenter. Y on a marre de ces pseudo experts (j’allais dire à la Joudi) qui par pessissisme excessif sont en train de nous dire que le pays est en faillite alors que le déficit de l’état ne représente que 52% du PIB alors que ce dernier est de 100% aux USA ou de 95% en France ou de 70% en Allemagne. Ces pseudo experts nous sortent toujours le chiffon de la Grèce qui elle a un déficit de 250% de PIB. La situation est certes critique mais quand on voit la crise dont la Tunisie est passée c’est tout à fait normal et banal.