La fusillade avait à peine commencé, hier mercredi 02 mars à Ben Guerdane, que l’un des vétérans du CPR, que désertait il y a quelques semaines son fondateur, critiquait le comportement et le rendement des forces de sécurité qui traitaient cette incursion de terroristes et sa prise d’otage. Invité par Borhane Bsaies pour un plateau sur Nessma TV, Abdelwaheb Maatar s’élevait en effet avec une telle véhémence contre ce qu’il décriait déjà comme une insuffisance dans la réaction des forces de l’ordre, en se demandant quand est-ce qu’arriveraient les renforts. L’animateur l’arrêta avec un sourire désolé.
Plus tard, on apprendra que la tentative d’intrusion terroriste, pourtant pas la première du genre, s’était terminée la nuit-même, a été traitée avec professionnalisme et a pu éviter le drame en parvenant à libérer les otages et exterminer les terroristes en un temps record, même comparé à d’autres attaques similaires ailleurs qu’en Tunisie.
Avec cette opération, qui intervient dans la conjoncture spéciale des bruits de botte qu’entendent les Tunisiens sur leurs frontières avec la Libye, les forces de l’ordre (polices et armées) confirment en fait qu’elles sont parfaitement prêtes pour défendre le territoire tunisien. Des forces qui ont été bien outillées en matériels, grâce notamment au fonds consacré à cet effet par le budget de l’Etat, mais aussi grâce à l’aide des partenaires européens et son adhésion à l’OTAN. Des choix longtemps critiqués par quelques égarés dans les dédales du nationalisme. Des choix qui démontrent maintenant leur bienfait. Désormais assez bien équipées et mieux préparées et entraînées, elles prouvent leurs capacités.
Longtemps, sous Bourguiba, l’armée avait été tenue à l’écart des affaires du pays, bien qu’elle n’en fut pas loin à travers son intégration dans les projets d’infrastructure des régions intérieures comme dans l’aide en conjoncture de catastrophe ou même dans l’action de développement, notamment agricole comme dans le Sud. Une armée qui avait toujours été le parent pauvre d’un budget où le choix de l’éducation raflait la mise.
Des forces de l’ordre, policiers et Gardes nationaux, longtemps sous Ben Ali, utilisés comme un éventail qui ferait peur à ses opposants et pour tenir sous contrôle toute la société civile. Des forces de l’ordre, dont le nombre était tellement petit mais tenu secret, que l’ancien régime se sentait l’obligation de gonfler pour faire peur et enterrer toute volonté de rébellion. Des forces enfin, toujours mal équipées et jamais mises à niveau et préparées aux menaces qu’elles vivent et auxquelles elles font aujourd’hui face.
Même si elles ne manquent aucune occasion pour affirmer leur soutien aux forces de l’ordre, défenseurs du pays, l’ancienne opposition, rentrée au pays après la révolution avec un projet politique loin de la construction, n’a jamais caché sa peur de cette force et sa crainte de la voire renforcée. La première de cette ancienne opposition, Ennahdha, l’avait clairement signifiée lors de la fameuse rencontre entre Rached Ghannouchi et les Salafistes.
La critique du CPRiste Maatar, hier mercredi sur le plateau de Nessma TV, entre aussi dans le cadre d’une démarche plutôt politicienne, qui chercherait à faire feu de tout bois, pour essayer de démontrer l’incapacité de l’actuel gouvernement à faire face aux défis sécuritaires.








