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Tunisie-UGTT : Elle a vendu l’Amilcar et l’AMI et interdit toute privatisation à l’Etat

Elle, c’est une organisation syndicale dont les adhérents ne dépassent pas les 500 mille dans le secteur public et qui ambitionne 15 % des employés du secteur privé. Ses revenus dépassaient, en 2016, la somme de 14,6 MDT, avec une dette de 22,4 MDT ou presque deux fois ses revenus. C’est donc, elle aussi, une organisation endettée.

Elle est financée par des prélèvements sur salaires, opérés par le gouvernement qui les lui reverse, et à hauteur de 17 % via un fonds extrabudgétaire financé par le patronat, qui est son rival, et qui n’a jamais cherché à abroger cette loi bourguibienne de 1975.

C’est enfin une organisation syndicale unique dans le monde, car c’est la seule qui dirige tout un pays, nomme et licencie et s’oppose à toute tentative d’un redressement de l’économie dont elle tire pourtant sa subsistance à travers les adhésions des employés.

Promue parmi un quatuor «Prix Nobel de la paix», elle mène depuis le dernier changement à sa tête, une guerre sans merci contre le gouvernement d’union nationale qui avait été adoubé, à maintes fois lors d’au moins trois passages à l’ARP, par les députés de la Nation. Une guerre de la terre brûlée, comme lors du dernier discours de son SG à Bizerte en mars 2018, où il se lâchait contre presque tout le monde, y compris les députés.

  • Ne privatisez pas, car moi j’ai vendu l’Amilcar et l’AMI assurance

Dans cette guerre que Noureddine Taboubi qualifie de sociale, son cheval de bataille est l’entreprise publique. Un ensemble de 102 entreprises, dont le cumul des pertes dépassait le 1/6ème (6,5 milliards DT) de tout le budget de l’Etat (32 milliards DT) et où la masse salariale ne laissait pratiquement rien au bénéfice. Pire, les pertes de ces entreprises publiques sont chaque année couvertes par des subventions de chez le contribuable dont Feu Farhat Hached disait «Peuple je vous aime» !

L’UGTT, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, clame à cor et à cri qu’elle est contre la privatisation de ces entreprises publiques. L’organisation syndicale qui refuse toute concurrence de la part des syndicats en place comme l’UTT ou la CGT avec le soutien anti-démocratique et anticonstitutionnel (article 35 de la Constitution) du gouvernement, a pourtant vendu aux privés ses bijoux de famille. L’UGTT a privatisé ses propres biens et ne les a même pas restructurés pour en garder les emplois. C’était d’abord le cas d’un des fleurons du tourisme, l’hôtel Amilcar, dont les conditions de vente font partie d’une vaste enquête judiciaire. C’est ensuite son entreprise d’assurance AMI (Ancien Ittihad), où elle n’est désormais présente qu’à travers une petite portion du capital de 9,5 %. L’UGTT dit aussi croire en la jeunesse et appelle le gouvernement à en faire autant. Elle a pourtant placé un ancien SG à la retraite, Abdessalem Jrad. Elle devançait ce ministre qui placera un retraité à la tête de deux confisquées.

Le refus par l’UGTT de toute idée de cession ou même de restructuration des entreprises publiques dans sa guerre contre le gouvernement d’union nationale, va désormais jusqu’à vouloir interdire la vente, même les entreprises confisquées.

Le cas, croyons-nous savoir, aurait été évoqué par un de ses SG adjoints pour la banque Zitouna. Certains PDG d’entreprises confisquées à vendre se rangeraient même aux côtés des syndicats de leurs sociétés qui refusent la vente des confisquées.

  • Recrutez encore plus, car moi je serre la ceinture

L’UGTT tanne, toujours plus chaque année, le gouvernement, pour recruter toujours plus de fonctionnaires. Ce n’est pourtant pas elle qui pourrait donner l’exemple, même avec un budget de plus de 14 MDT.

«La direction administrative et financière a veillé, depuis le congrès de Tabarka 2011, à geler les recrutements et à bien gérer les situations de retraite, conventionnelle ou anticipée, et ce dans le but de maîtriser le coût élevé des agents et employés de l’Union», pouvait-on lire à la page 23 du document de son rapport financier pour les exercices de 2012 à 2016.

L’UGTT diminue même les effectifs de ses employés. En 5 ans, le nombre d’agents et employés a ainsi baissé de 73 personnes, à raison de 14 personnes par an. Et alors qu’elle se fiche de l’augmentation de la masse salariale de la fonction publique, entre 2012 et 2016, la masse salariale des agents et employés de l’UGTT n’a pas trop bougé. Elle est ainsi passée de 5,122 MDT en 2012, à 5.476 mille DT quatre années plus tard.

  • Je suis d’accord sur la privatisation, mais je suis contre !

La restructuration financière des EP (Entreprises Publiques) ne se fait pourtant pas ex nihilo. Elle fait partie d’un document officiel préparé par et avec toutes les parties concernées. «Ce livre blanc est le fruit d’un travail concerté et engagé depuis deux ans suite à une consultation générale avec les experts, partis politiques et parties prenantes, à savoir, l’UGTT [Ndlr : La seule à disposer du droit de représentativité parmi les quatre syndicats ouvriers de la place], l’UTICA [Ndlr : le patronat officiel], la Connect [patronat non reconnu de manière officielle], l’UTAP [Ndlr : Représentant les agriculteurs], notamment », pouvait-on lire en préface dudit livre blanc. «Ce dernier retrace les quatre axes stratégiques de la réforme des entreprises publiques qui sont la refonte du système de gouvernance globale des entreprises publiques, la réforme du système de gouvernance interne des entreprises publiques, la promotion du dialogue social, de la responsabilité sociétale et de la gestion des ressources humaines et la restructuration financière des entreprises publiques», dit encore le document, fait avec l’aide de l’UGTT.

«Il consacre aussi le principe général d’avoir des entreprises publiques compétitives et pérennes avec une situation financière saine qui préserve l’intérêt de l’Etat, l’entreprise et des employés. La démarche se base sur une approche du cas par cas avec une priorité pour les entreprises en difficulté dans un cadre consultatif avec les partenaires économiques et sociaux». Mieux encore, ce livre blanc qui a été fait avec le syndicat ouvrier, parle bien de privatisation (terme utilisé 5 fois dans le livre blanc) comme l’un des moyens de restructuration des EP (Pages, 13,18, 34 et 54 dudit livre blanc, qui n’est pas qu’en langue française, au cas où les «UGTTistes» ne comprendraient pas la langue de Molière !).

Le syndicat ouvriers et ses dirigeants se rueraient-ils dans le brancard et renieraient-ils la parole donnée et leur accord ? Serait-ce aussi juste un des outils de la guerre UGTT-GUN ? Ou est-ce aussi simple et bête qu’un «حلال علينا حرام عليكم» qui se traduirait par un «faites ce que je dis, pas ce que je fais », comme dirait un arabophone comme Taboubi.

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1 COMMENTAIRE

  1. La lutte en Tunisie est à ouvrir contre l’ignorance qui mène les décideurs pour le peuple à prendre les mauvaises décisions, la paresse qui représente la pesanteur qui fait tout tomber vers le bas et qui est à l’origine du sous développement durable, et le banditisme qui camoufle les deux aspects ci-dessus cités et crée des victimes obligées à se soumettre sous les menaces de destructions irresponsables.
    Soyons plus vigilants, plus responsables, plus coopératifs et désintéressés du pouvoir politique et financiers pour mieux servir notre pays et ses générations actuelles et futures avec un partage plus équitable des efforts et des résultats.

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