AccueilLa UNETunisie : Une bonne initiative, mais pas avec la bonne banque !

Tunisie : Une bonne initiative, mais pas avec la bonne banque !

Le Tunisian Africa Business Council, que Bassam Loukil a monté, presque de toutes pièces, mais avec des hommes qui croient en l’Afrique, comble  un grand vide dans la politique économique tunisienne. Pays d’Afrique, la Tunisie n’a presque rien en Afrique et a même liquidé sa dernière banque africaine au Sénégal au profit d’une banque marocaine qui lui a déjà acheté une des premières banques du pays, la Banque du Sud.

En effet, conscient de la nécessité impérieuse d’un accompagnement financier, au départ comme à l’arrivée, pour les entreprises tunisiennes qui voudraient exporter ou s’implanter en Afrique, le dirigeant du groupe Loukil déjà installé en Afrique se démène pour trouver la solution. C’est ainsi que le TABC signait vendredi dernier une «convention de partenariat exclusif » pour accompagner des entreprises tunisiennes en Afrique. On ne connaît pas les termes de cette convention et surtout les termes financiers de cet accompagnement, les deux parties ayant refusé d’en faire état aux journalistes présents à cette signature.

«Cette convention de partenariat s’inscrit dans une succession  d’actions et d’évènements organisés par la banque, dont le dernier est le Forum international Afrique Développement, qui a eu lieu les 25 et 26 février 2016 et qui a regroupé plus de 200 opérateurs économiques de 28 pays. Une délégation de 50 hommes d’affaires tunisiens y a participé et noué 250 contacts avec des opérateurs africains», signalait le communiqué de presse issu de cette convention avec Attijari Bank. L’initiative est bonne, très bonne même, pour booster les échanges commerciaux  avec l’Afrique, alors que,  par exemple, les banques tunisiennes restent frileuses sur le continent et que la BCT ne reconnaît toujours pas le Franc CFA, monnaie d’échange de toute l’Afrique subsaharienne internationalement reconnue. Il y a cependant un petit hic !

La convention a effet été signée avec une banque, certes de droit tunisien, mais dont presque 60 % (58,98 % selon le site de la BVMT à Tunis) du capital sont  étrangers. Cet actionnaire majoritaire est la «Adalucarthage Holding». Pour la petite histoire, cette dernière est «une société de droit marocain, détenue dans les mêmes proportions qu’AndaluMaghreb S.A (54,57% avec 2008) par le consortium composé d’Attijari Wafa Bank et Santander Central Hispano, soit respectivement 83,8% et 16,20%. Cette opération a été autorisée par le ministère des Finances en date du 5 novembre 2008 et bénéficie d’une dérogation de l’obligation de dépôt d’une offre publique d’achat et de la soumission à une procédure de maintien de cours à prix fixé visant le reste des actions composant le capital d’Attijari Bank », selon notre confrère Webmanagercenter. Dans son édition du 11 mars courant, Jeune Afrique précisait que «la part de la filiale tunisienne au RNPG (ndlr : Résultat net part du groupe) du groupe Attijariwafa Bank s’élève à 6,2 % (+18,6% par rapport à 2014)», indique  Mathieu Galtier dans cet article.

  • Pourquoi pas une banque tunisienne ?

Attijariwafa Bank, banque mère d’Attijari, reste certes une banque de référence en Afrique où elle est présente dans 15 pays. Elle reste, comme nous le démontrions plus haut, une banque d’obédience marocaine. Ses bénéfices vont au Maroc et les importantes sommes issues de ses conventions avec sa banque mère, vont aussi au Maroc.

Une question avait été posée, vendredi, par un journaliste qui n’est pas nôtre, de savoir s’il est bon pour des entreprises tunisiennes de dévoiler leurs affaires devant une banque qui, bien qu’étant de droit tunisien, n’en restait pas moins marocaine ? Le DG marocain de la banque qui aime à préciser qu’elle est tunisienne, lui opposa bien sûr l’obligation de réserve et le secret bancaire, par ailleurs, levé en Tunisie ! De plus, Tunisiens et Marocains dont les économies sont semblables, n’en restent pas moins concurrents sur toutes les opportunités d’affaires en Afrique !

Force est enfin de rappeler aux initiateurs du TABC, qu’une telle initiative, avec le poids des hommes qui la composent, aurait pu avoir l’idée de discuter du nécessaire appui bancaire tunisien aux opérateurs tunisiens sur l’Afrique, avec les plus hautes autorités financières tunisiennes pour y associer au moins une banque purement tunisienne. Avec le pouvoir de persuasion dont disposent les personnalités qui composent la direction du TABC, il aurait facilement pu trouver oreille attentive aux demandes des hommes d’affaires tunisiens et peut-être pousser une des banques nationale à prendre «le risque» de les accompagner et ouvrir ainsi une nouvelle ère pour le secteur bancaire tunisien dans l’Afrique que court tout le monde sauf quelques intelligents et perspicaces Tunisiens.

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1 COMMENTAIRE

  1. En lisant l’article, nous avons l’impression que ça vient d’une personne très soucieuse des intérêts du pays mais venant de khaled Boumaiza qui a défendu BEN ALI jusqu’au dernier jour à la télévision tunisienne, on se demande à quoi rime tout ça.

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