3000 MDT que TOUTE la Tunisie a perdus en quelques jours.

3000 MDT que TOUTE la Tunisie a perdus en quelques jours.

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On est fort tenté de dire que la liberté et la révolution qui a réussi à renverser le régime de Ben Ali et de la famille Trabelsi, n’a pas de prix et que le prix des pertes et du mal que se sont infligés les Tunisiens de leurs propres mains, vaudrait bien un avenir meilleur pour lequel se sont sacrifiés les 75 morts de cette révolution du Jasmin et le cortège des 94 blessés, simples citoyens et agents de l’ordre.

 Il est cependant plus réaliste et plus nationaliste même [sans aucune intention de notre part de remettre en cause le nationalisme de quiconque et encore moins de ceux qui se sont volontairement donnés en sacrifice sur l’autel de la liberté], la Tunisie ne pouvait pas se permettre, ne devait pas se permettre cet énorme montant de pertes économiques. Dans le bilan détaillé par le ministre de l’intérieur Ahmed Friaa, au cours de sa conférence de presse, lundi, on relève en effet des pertes économiques et commerciales de l’ordre de 3 mille millions de Dinars tunisiens, dont mille millions DT rien que pour l’export, en ces quelques semaines de mouvements sociaux, dans leur volet excessif et de dépassements, en pillages et en destruction, par le feu notamment.

 En quelques jours, 43 agences bancaires ont été détruites et saccagées et qu’il faudra reconstruire et remettre en place, 66 espaces commerciaux ont été saccagés et leurs employés seront, au meilleur des cas, mis en chômage technique, des milliers de familles pour qui le simple retard d’un salaire pourrait presque pousser au pire. Le ministre de l’Intérieur a fait état de la destruction de pas moins de 11 unités industrielles, et cela aussi représentera la mise en panne sèche de milliers d’emplois, alors que tout ce mouvement social et toute cette révolte dite du Jasmin, avaient débuté sur un fond de revendications sociales et d’emploi pour les jeûnes diplômés tunisiens.

 Tout ce mal [même s’il est pris pour un bien], les Tunisiens se le sont faits tous seuls, et ce sont eux tous in fine qui vont payer ces dégâts, d’une manière ou d’une autre. Imaginons bien que ce seul montant de 3000 millions DT est l’équivalent de celui de toutes les créances accrochées dues par les entreprises tunisiennes au secteur bancaire tunisien et que ces entreprises peinent encore à payer.

 On devra ajouter à ce sinistre bilan la destruction de 33 sièges de Délégations, de 13 municipalités, la destruction de 46 postes de la Garde Nationale et de 85 postes de police. Toute une infrastructure, en fait, qui rendait d’éminents services, administratifs et autres, aux citoyens, leur facilitant ainsi l’accès à leurs droits et les aidant à satisfaire leurs besoins économiques, financiers et sociaux. Autant de droits et services qui seront désormais en panne et qui demanderont un important effort d’investissement de la part de l’Etat et qui aurait pu et du être mobilisé pour créer de l’emploi à ces jeunes qui ont subi les affres de l’ancien régime et qui sont tombés sous ses balles.

 Qui va donc payer cette facture ? Qui devra la payer ? Comment faire pour la faire payer ? Les Tunisiens, y compris ces propres casseurs, seraient-il prêts à accepter une diminution de leurs salaires ou même simplement à retarder de quelques années ou même de quelques mois, le paiement des augmentations salariales, acquis des dernières négociations sociales ? L’économie tunisienne et ses entreprises, toujours plus confrontées à la concurrence internationale même sur le marché national, seront-elles capables de résister à une augmentation de la pression fiscale qui irait financer tous ces investissements à faire ? L’heure des bilans, c’est aussi l’heure des comptes pour tout le monde, car le développement de la Tunisie et la réussite de l’après révolte sont l’affaire de TOUS et parce que ceux qui ont encensé la révolte du Jasmin, attendent et observent la manière dont cette même Tunisie et ce même peuple tunisien objet de tous les éloges, négocieront la sortie de crise !

 Que tous les casseurs pensent maintenant à tout cela et se préparent à payer, d’une manière ou d’une autre, car on sera tous à le faire !

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