Environ 128 mille enfants ayant abandonné l’école sont aujourd’hui exposés à la radicalisation terroriste et à la délinquance. Cette information a été dévoilée ce lundi 1er février, par le président de la Chambre nationale des structures privées, Rached Chelly, estimant que le chiffre réel dépasse de loin celui présenté par le ministère de l’Education, c’est-à-dire 107 mille.
Il a tiré la sonnette d’alarme quant « au danger qui représente cette catégorie sociale d’autant plus qu’elle fait l’objet d’un futur projet des terroristes, se prêtant à la radicalisation et à la délinquance organisée ».
Dans une déclaration au quotidien « Assarih », Rached Chelly a, par ailleurs, critiqué la réticence de ces enfants vis-à-vis de la formation professionnelle. Chiffre à l’appui, 30% de ces enfants ne bénéficient d’aucune formation dans les centres de formation professionnelle publics ou privés.
Est-il facile d’enrôler un enfant ? Tout est possible, a relevé le quotidien « Achourouk » s’appuyant sur des enquêtes menées par les unités de la sécurité.
Ces dernières ont établi que près de 30 enfants dont 5 filles ont été exploités par des organisations terroristes dont 11 enfants âgés entre 13 et 17 ans sont détenus dans les prisons tunisiennes. Ces enfants ont été enrôlés par des organisations terroristes à l’effet de repérer et surveiller les mouvements des forces de l’ordre et aussi de fournir un soutien logistique aux terroristes retranchés dans les montagnes.
Ce mode d’opérer est confirmé par plusieurs experts en sécurité qui constatent que l’enrôlement des enfants est une tactique facile pratiquée par certaines organisations terroristes pour exécuter leurs plans. Comme justification, ils ont relevé que cette population n’éveille pas les soupçons et peut être ainsi facilement utilisée pour l’exécution des opérations terroristes.
Mobilisation sur différents plans
Face à ce constat, les acteurs intervenants comme le ministère de l’Education, se mobilisent sur différents plans afin de fournir un terrain favorable pour éradiquer la déscolarisation.
Ce département par la voix de son directeur de la planification Bouzid Nassri, a assuré qu’il est très conscient de ce phénomène qui continue de prendre de l’ampleur causant des pertes énormes estimées à 1400 millions de dinars, soit 36%. C’est pour cette raison que les efforts se poursuivent en coordination avec les différents partenaires afin de relever ce défi et réformer le système éducatif.
A ce titre, un plan a été mis en place dans le but de réinsérer les élèves décrocheurs. Il s’agit d’une vaste campagne baptisée « l’école reprend ses enfants » visant la réinsertion scolaire de près de 9 mille élèves âgés au moins de 16 ans.
Lancé en novembre dernier, cette campagne a permis jusqu’à la moitié du janvier 2016 la réinsertion de plus de 10 mille élèves décrocheurs, a précisé le responsable à Africanmanager qualifiant cette étape d’essentielle .
Vers la mise en place d’un enseignement compensatoire
Outre ce programme, Bouzid Nassri a noté que son département se penche actuellement sur la mise en place de nouveaux mécanismes de manière à réaliser cet objectif ambitieux.. Parmi ces mécanismes, il cite l’enseignement compensatoire. « Ce mécanisme revêt une importance particulière étant donné qu’il vise à réinsérer les enfants qui ont quitté volontairement les écoles », a-t-il précisé.
Il est à rappeler que 60% des élèves en décrochage scolaire abandonnent volontairement les études contre 40% renvoyés conformément à la loi.
De son côté, le ministère de la Femme, de la famille et de l’Enfance a annoncé la mise en place d’un projet de protection visant 5000 enfants notamment ceux des régions intérieures.
Ce programme vise à encourager les associations artistiques à créer des maisons de la culture dans ces régions, et ce, de manière à encadrer les enfants qui sont de plus en plus exposés aux dangers terroristes.








