AccueilLa UNETabboubi serait-il revenu à la raison?

Tabboubi serait-il revenu à la raison?

Le 3 janvier chez le ministre des Affaires sociales, Malek Ezzahi, le SG de l’UGTT, Noureddine Tabboubi, parlait de la situation économique et sociale du pays. Tout sourire (chose rare chez ce syndicaliste d’habitude ronchon et guerroyeur) devant ce ministre très proche, nous dit-on, du chef de tout l’Etat Kais Saïed, le dirigeant de l’omnipotent syndicat ouvrier qui disait en octobre dernier refuser de donner un blanc-seing au chef de tout l’Etat dont il disait ignorer les choix et qu’il marche dans l’inconnu et le noir, exprimait « son soutien absolu à la correction du cap et son soutien aux décisions prises le 25 juillet 2021 ». Une position, désormais claire et nette d’un « pro-Saïed », qui jurerait  avec le flou d’une Organisation aux allures de chevalier servant de la démocratie (qui lui permet entre autres de rester le syndicat unique malgré l’existence de deux autres syndicats ouvriers au moins), et des droits de l’homme (excepté les chômeurs d’entre eux, lorsqu’il s’agit d’augmenter à l’infini la masse salariale aux dépens  de l’investissement), et des syndicalistes surtout.

  • Qu’est-il arrivé à Tabboubi, le ronchon guerroyeur ?

Noureddine Tabboubi, qui se disait en décembre dernier prêt à la confrontation avec le gouvernement et dont l’un des seconds couteaux disait que la grève sera désormais l’outil de négociation, soulignait même, le 3 janvier, l’importance d’une « action conjointe entre l’UGTT et le gouvernement pendant cette étape historique où le pays va surmonter toutes les difficultés économiques et sociales », assurant que l’UGTT « sera un élément positif pour soutenir les efforts du gouvernement pour surmonter tous les problèmes qui se posent ».

Manifestement donc, quelque chose a changé à la place Mohamed Ali (siège historique de l’UGTT). Et à moins d’un nouveau retournement de situation dans les relations UGTT/Exécutif, en dents de scie, ce serait un nouveau Tabboubi qui serait né en 2022.

Du jour au lendemain, on retrouve un Tabboubi qui remet les pieds sur terre et reconnaît, comme l’avaient  fait beaucoup d’institutions internationales et d’analystes, locaux et étrangers, que « l’Etat traverse une conjoncture difficile et ne peut pas honorer ses engagements, ni ceux concernant les accords signés avec l’organisation ouvrière (…) ». Un Etat qui dépense plus de salaires (45% du budget, 55,9 % des ressources de l’Etat, 15,6 % du PIB) que ne créent ses employés de valeur ajoutée (PIB de 0,3 % en GA après une année 2020, toute en récession).

  • Mue salutaire pour l’économie, ou simple syndicaliste ?

On ne sait pas si Tabboubi ne faisait que répéter un slogan, lorsque le patron de l’UGTT en dit « une force pour le bien », mais on sentirait que quelque chose a bougé, lorsqu’il dit notamment que son Organisation est « prête à toutes les étapes et à toutes les difficultés et qui s’acquittera de sa mission nationale en toute responsabilité ».

D’autant que  le danger le plus urgent qui guetterait le mandat de Kais Saïed est l’échec de la reprise économique, alors que son gouvernement entame un agressif programme de réforme que les syndicats pourraient faire échouer, et que le chef de tout l’Etat fait face à des pressions internes et externes.  

L’UGTT a-t-elle décidé d’enterrer la hache de guerre avec l’Exécutif, et de se ranger définitivement du côté de l’économie pour préparer les conditions d’une reconstruction des richesses du pays, avant de penser à les partager, et préparer les conditions d’une meilleure augmentation des salaires qui soit productive de plus grande richesse pour une entreprise qui investit plus et crée plus de postes d’emploi ?

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1 COMMENTAIRE

  1. Des syndicats, des maladroits bébés politiciens, des affairistes magouilleurs et des corrompus à toutes les échelles, ont mis notre pauvre pays au K.O. Ils ont monté en grades, se sont remplis les comptes et ont laissé derrière eux un peuple qui souffre et en esclavage financier. Il est temps de revenir à la raison et de réaliser les objectifs par étapes mais à pas surs. Notre économie s’étouffe, notre jeunesse s’impatiente et le vrai décollage se fait attendre. Il nous faut donc plus de sagesse, plus de sacrifices à partager avec plus de justice. Il nous faut un mental en fer et une bonne volonté commune pour réclamer notre plein droit à la dignité. Le cumul des erreurs dans nos relations entre nous et avec les étrangers ne peuvent pas être réglés en si peu de temps. Les erreurs politiques, stratégiques et économiques ont commencé à partir de l’indépendance de notre pays.
    Certes, nous sommes toujours colonisés et nos hauts responsables doivent revoir avec prudence tous les contrats liés à l’exploitation de nos richesses humaines, territoriales et souterraines. En effet pour réduire la pauvreté il faut créer les richesses en biens et services avec une plus grande efficacité dans l’usage de nos ressources énergétiques humaines et matérielles. Le mental de banditisme et de bras de fers pour marquer l’hégémonie des uns sur les autres doit laisser la place à la raison, à la sagesse et au sincère désir de sauver le pays et ses générations actuelles et futures.
    Un travail interne en profondeur basé sur la clairvoyance, sur le sérieux, et sur les compétences disponibles est inévitable afin d’être en mesure d’assurer la sécurité intégrale de notre cher pays visé par plusieurs prédateurs de l’extérieur et de l’intérieur.
    Une guerre intelligente et sans merci est à ouvrir contre le mental qui aide à l’instauration d’un climat social favorable au pessimisme, à la paresse, à l’attentisme, au banditisme, à l’anarchie et à l’insouciance.
    Bien que L’UGTT soit appelée à défendre les intérêts des travailleurs corporels et intellectuels et à avertir les gouvernements contre les déséquilibres causés par la mauvaise gérance du pays, elle a un rôle très important dans la création des emplois.
    L’UGTT doit considérer la création de nouveaux postes d’emplois comme un objectif créateur des richesses en biens et services pour une future jeunesse innovatrice, dynamique qui compte sur beaucoup sur elle-même pour la création des projets. Des pépinières d’innovateurs, des banquiers intelligents et de procédures faciles à appliquer ne font que nous faire sortir du gouffre.
    Rien ne se perd et rien ne se crée, tout se transforme (Mr. Lavoisier).

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