Après des longues tractations, le parti au pouvoir a accepté l’initiative de la centrale ouvrière prônant la formation d’un gouvernement apolitique. Cette acceptation marque une évolution par rapport aux déclarations faites par les dirigeants nahdhaouis, ces dernières semaines, affirmant leur refus de la mise en place d’un gouvernement de technocrates réclamé par l’opposition, et proposant à la place un cabinet d’union nationale regroupant tous les partis.
L’acception de l’initiative est un « point de départ »
La position d’Ennahdha a été bien accueillie par ses deux alliés de la troïka qui ont chaleureusement salué ce « pas positif ». Dans ce contexte, Mohamed Bannour porte-parole du parti Ettakatol, a jugé l’adhésion du mouvement islamiste à l’initiative de l’UGTT comme un point de départ pour sortir de l’ornière. D’après Ettakatol, c’est un vrai moment de réconciliation nationale.
Un avis partagé par le CPR qui estime qu’ « il n’y aurait aucun mal à ce que l’initiative de l’UGTT serve de point de départ pour un dialogue national et non de point d’arrivée ».
Imed Daïmi, secrétaire général du Congrès pour la République (CPR), a relevé que son parti défendra, au cours du dialogue national projeté, la formation d’un gouvernement d’union nationale doté d’une assise politique élargie, avec une participation symbolique du CPR à ce gouvernement, en soutien au processus en cours.
Dans les rangs de l’opposition, Al Joumhouri a réagi positivement à l’offre d’Ennahdha, le considérant comme un pas positif pour relancer le dialogue national dans les plus brefs délais de façon à trouver une solution à la crise.
Manœuvre politique
Toutefois, les opposants d’Ennahdha ont rejeté catégoriquement l’offre proposée par les islamistes. D’ailleurs, une vague de critiques a été soulevée par les députés retirés de l’ANC concernant les déclarations contradictoires des dirigeants d’Ennahdha, à la suite de l’acceptation de l’initiative de l’UGTT.
Pour eux, ceci n’est qu’une manœuvre politique pour gagner du temps et l’offre n’est pas à la hauteur de la gravité de la crise. « Ennahdha s’emploie encore à manœuvrer en vue de gagner du temps afin d’amortir la fureur du peuple », a dit Zied Lakhdher, leader au front de salut national, estimant que l’acceptation de l’initiative de l’UGTT devrait se traduire par l’annonce systématique de la démission du gouvernement d’Ali Laârayedh et, par conséquent, la mise en œuvre des procédures de formation d’un gouvernement de compétences nationales.
Un avis partagé par d’autres opposants, à l’instar de Hamma Hammami qui a qualifié de double langage la proposition du parti au pouvoir.
Au demeurant, les opposants restent encore attachés à la dissolution du gouvernement de la troïka et la mise en place d’un gouvernement apolitique ayant vocation à expédier les affaires. Une chose est sûre : la « semaine d’Errahil » démarrera à partir de samedi 24 août, dans plusieurs régions du pays, pour précipiter la fin de la troïka au pouvoir tout en réclamant l’annulation des nominations partisanes au sein de l’administration tunisienne. « Toute négociation sans une démission immédiate sera une perte du temps, selon Taieb Baccouche, à l’issue d’une rencontre avec des syndicalistes de l’UGTT.
Le dialogue national dans une nouvelle étape « typique »
Houcine Jaziri, dirigeant d’Ennahdha, s’est montré étonné quant aux réactions de quelques membres de l’opposition. Dans un entretien téléphonique avec Africanmanager, il a fait savoir que l’acception de l’initiative de l’UGTT intervient à un moment délicat précisant que le dialogue national est entré dans une nouvelle étape « typique ». L’important, aujourd’hui, selon Jaziri, est de trouver un compromis entre les différents partis concernant la nature du prochain gouvernement et la personnalité qui va le présider.
Wiem Thebti
Après des longues tractations"
title="Le rejet des propositions dEnnahdha envenime-t-il la situation ?"
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