AccueilLa UNEBCT: Une Note, hors conjoncture, et un document périmé!

BCT: Une Note, hors conjoncture, et un document périmé!

On avait l’habitude de voir le ministère tunisien des Finances nous refiler sans broncher des chiffres dépassés par le temps, dans son rapport mensuel sur l’exécution du budget. Le dernier en date, est d’ailleurs relatif au mois … d’avril, alors que nous sommes déjà en juillet.

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Mais voici que ce ministère, pourtant théoriquement bardé d’outils informatiques, tout aussi théoriquement interconnectés avec les différentes directions et établissements sous sa tutelle, est suivi par une, normalement, plus illustre institution financière, indépendante et toute aussi bardée d’outils informatiques et de hautes compétences financières, parfois capable de produire des chiffres avant même l’INS, faisant ainsi la force de ses analyses anticipatives, la BCT (Banque Centrale de Tunisie).

–          Une Note, déjà périmée avant publication !

Le dernier rapport de conjoncture, qui devait théoriquement résumer la réunion de son conseil d’administration, a été rendu public le 7 juillet 2021, alors que la réunion du CA datait déjà d’au moins 15 jours. Mais cela est la moindre des remarques à faire sur ledit rapport de conjoncture. En effet, une très grande analyse de la conjoncture nationale sur « les derniers chiffres communiqués par l’INS ». Va alors pour le taux de croissance, déjà lui-même vieux de plus de trois mois. Un retard, qui poussait, de fait, la BCT à anticiper, peut-être faussement, et en tout cas après terme, que « l’activité économique s’est légèrement améliorée au T1-2021, en évoluant de +0,3% en V.T, aux prix constants de 2010, après -0,3% au T4-2020. En glissement annuel, la croissance demeure en territoire négatif pour le cinquième trimestre consécutif (-3,0% après -6,0% un trimestre auparavant). Aux prix de l’année précédente, la croissance s’est établie à +0,1% en V.T et à -3,0% en G.A (Glissement Annuel) ». La Banque Mondiale avait certes prévu une croissance de 4 % pour l’année. Or, depuis, la reprise économique escomptée s’était complètement effritée suite à la nouvelle vague de Covid-19 qui aura au moins détruit le tourisme qui compte pour 14 % du PIB. Et cela, la BM ne l’avait pas prévu. Suivront ensuite des chiffres, pas nouveaux car déjà publiés par l’INS, sur l’analyse sectorielle de cette croissance.

–          Le nom du champ pétrolier que Ghannouchi ne va pas aimer !

On apprendra tout de même, une des rares nouvelles choses dans ce rapport, que la Tunisie a un gisement pétrolier, nommé … « Abir », et qui a même participé à la « bonne performance de la branche « Extraction de pétrole et de gaz », qui a contribué à raison de +0,7pp à la croissance globale, soit une hausse de +29,6%, en variation trimestrielle, tirant profit, d’une part, du fort rebond de la production nationale de pétrole brut, suite à l’entrée en production des gisements pétroliers de « Halk el Menzel » en janvier 2021 et de « Bochra » et « Abir » en février 2021 et, d’autre part, de la hausse de la production nationale de gaz naturel grâce à l’apport du champ Nawara, après une reprise effective de la production ». Une information, tout de même, qu’on ne trouve nulle part.

Mettre en exergue cependant, en juillet, « l’accroissement de l’activité au niveau de la branche des « hôtels, cafés et restaurants » (+0,2pp) et celle du transport (+0,1pp) de l’ordre de +10,1% et +1,0%, respectivement, au T1-2021 ». Une information, distillée dans ce rapport de la BCT, qui ferait rire les professionnels d’un secteur qui va d’un confinement à l’autre et pâtit gravement de leurs restrictions !

Suit dans la foulée, une longue diatribe analytique sur l’inflation, à partir des chiffres de … mai 2021, et rendue publique en … juillet 2021. C’est ainsi que, en raison d’un  mauvais timing de publication, la BCT se retrouve à affirmer que « sur un an, l’inflation s’est stabilisée ». C’est qu’en juin, « le taux d’inflation passait à 5,7% après une stabilité à 5,0 % durant les deux derniers mois. Cette importante hausse est due à l’accélération du rythme des augmentations des prix des produits alimentaires (7,2% contre 6,0% en mai), du transport (3,4% contre 1,5%) et du groupe restaurants, cafés et hôtels (7,0% contre 5,8%) », selon l’INS.

Le même raisonnement, celui d’une note de conjoncture officielle, basée sur des chiffres en retard de 3 mois, pourrait être appliqué pour le reste du document de la BCT, dont l’erreur est d’avoir rendu public un document périmé !

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