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Ce que je crois : La dévastatrice renaissance de la 4ème République française en Tunisie

On aurait pu donner à ce papier plus d’un titre. «Stratégie du bord de l’abîme», «Fakhfakh solidaire de Solidar», les «quatre cavaliers de l’Apocalypse» tant la situation économique et financière se détériore de mois en mois en Tunisie, ou encore «Une 4ème République française Made in Tunisia», tant ce qui se passe, depuis 2011 en Tunisie, ressemble à ce qui s’était passé en France en 1958, et où le président du Conseil français Félix Gaillard avait signé l’acte de décès de la 4ème République de sinistre mémoire. Que nenni, elle est venue renaître de ses cendres en Tunisie.

Plus malin que Rached Ghannouchi, après Feu Béji Caïed Essebssi, on ne trouvera pas. Le chef des islamistes tunisiens fait, depuis 214, la pluie et le beau temps sur la scène politique du pays. Revenir sur l’ensemble de ses mensonges et manigances pour dominer toute la scène et y comploter pour accentuer sa mainmise sur la Tunisie, nécessiterait un livre qui détrônerait certainement «Le Prince» de Machiavel, enturbanné.

Profitant de la «tuerie législative» de presque tous les partis issus de ladite révolution en 2014, il prend la tête de l’ARP, participe aux gouvernements qu’il a tous pulvérisés par la suite, et survit aux législatives de 2019, dans une agora politicienne dispersée, même pas en puzzle, et dont les petits partis peinent à s’accommoder l’un de l’autre.

Ghannouchi y prend le perchoir du Législatif, encore aidé par Qalb Tounes, et organise tout pour pendre l’Exécutif. Il compose le gouvernement Jemli et le détruit devant l’ARP, en s’acoquinant toujours avec Qalb Tounes qu’il traitait auparavant de tous les noms. Il regarde ensuite se constituer le second gouvernement du président, dont la formation est confiée à Elyes Fakhfakh, et met au point les stratégies les plus ubuesques pour le contrôler. Marionnette malgré lui, Qalb Tounes se laisse à nouveau prendre à son jeu.

Ghannouchi qui insultait Qalb Tounes et l’exclurait presque de l’existence, en fera ensuite un casus belli pour casser les efforts de Fakhfakh et de Kais Saïed à mettre en place un gouvernement fait d’anciens d’Ettakattol dont il était pourtant partenaire à la Troïka, et d’une partie de la gauche radicale (Ettayar et Echaâb). Inlassablement, Rached Ghannouchi et son parti islamiste poussaient depuis 2014 le pays dans cercle vicieux qu’ils espèrent transformer, à force de tourmentes politiques et politiciens, en un cercle vertueux qui les remettrait sur l’orbite du pouvoir. Adliai Stevenson qui parlait d’une «stratégie du bord de l’abîme», n’aurait pas trouvé pire que Ghannouchi pour qualifier ce qui se passe en Tunisie, embourbée dans une «4ème République» à la tunisienne.

Il faut dire que Ghannouchi et son parti ont été beaucoup aidés dans leur œuvre de détricotage et de tentative de reconstruction de la scène politique selon leurs propres objectifs, par Elyes Fakhfakh lui-même. Adossé, volontairement et publiquement, à un chef d’Etat qui n’a de pouvoir qu’une légitimité électorale pour le poste d’un chef d’Etat sans réelles prérogatives, Fakhfakh entamait alors une partie de catch politique, avec des forces dont il ne voulait pas croire aux forces manipulatrices et de communication qui sont les leurs et où l’information change toutes les minutes, tout en étant présentée comme définitive et officielle. Et ce grâce aux excellentes stratégies et aux canaux de communication mis en place et relayés par une presse tunisienne qui haletait derrière l’information, jusqu’à tomber dans ses pièges.

Le parti qui avait proposé Fakhfakh à Kais Saïed, lui avait pourtant dit de ne point faire de conférences de presse et d’aller directement à la composition du gouvernement et sa présentation directement à l’ARP, et prendre ainsi tout le monde de court. Il n’écoutera point les conseils de ceux qui l’avaient pourtant exhumé du cimetière politique.

Embourbé, et phagocyté dans le marasme des consultations, il finit après plus de 20 jours de réunions, à Dar Dhiafa, à Carthage, au Bardo et même chez lui, par présenter un gouvernement fait d’une trentaine de personnes. Il en avait promis 25 ou 27 au plus. Il ne tiendra pas parole, mais passons.

Têtu, comme le connaissaient quelques-uns de ceux qui avaient travaillé avec lui, il prend encore le risque d’une conférence (pas de presse cette fois-ci), où il a présenté, nominativement, son gouvernement. Indécis ou essayant de passer en force, il finit par indiquer qu’en concertation avec son mentor Kais Saïed, ils ont décidé de profiter de ce qui restait des délais constitutionnels (20 février), pour discuter encore.

Pourquoi alors citer les noms, et mettre ceux qui ont été cités dans l’embarras, au cas où les discussions avec Ennahdha aboutiraient à un changement de l’équipe de Fakhfakh ? Pourquoi cacher certains noms sous l’étiquette d’indépendants, en citant la liste de ses futurs ministres, et omettre de préciser qu’il y avait au moins 3 anciens Ettakattol. Lobna Jribi qui dirigeait le Think Tank Solidar après son départ de l’ARP l’est. Nizar Yaïche, un ingénieur télécom aux Finances, est réputé très proche de Solidar de Jribi du parti Ettakattol disparu des radars depuis 2014, tout comme Salah Ben Youssef, neveu de l’ancien leader anti-Bourguiba, nominé prochain ministre de l’Industrie.

Pourquoi, aussi, avoir tenu à présenter la liste du gouvernement, alors qu’il savait déjà qu’Ennahdha avait déclaré les avoir retirés et ne pas avoir l’intention de lui voter sa confiance ? Voulait-il ainsi mettre Ennahdha devant le fait accompli ? Si cela est vrai, pourquoi alors déclarer qu’il s’en va, avec Kais Saïed, encore négocier avec elle ? Il savait pourtant que sans Ennahdha et Qalb Tounes, sa ceinture politique ne tiendra pas le pantalon gouvernemental qu’il s’était taillé!

Que feront donc Ennahdha, Qalb Tounes et Fakhfakh ? Qui se dépantalonnera le premier ? Ira-t-on vers la dissolution de l’ARP et de nouvelles législatives anticipées ? Si oui, l’économie tunisienne tiendra-t-elle le coup, sans gouvernement pour discuter avec les bailleurs de fonds, ou connaitra-telle un retentissant shutdown ? Peu s’en soucient, et aucun ne pourra répondre !

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1 COMMENTAIRE

  1. C’est un bon article, GHANNOUCHI, chef des islamistes en Tunisie a détruit notre beau pays, il a été aidé par BCE en 2014 puis par Nabil Karoui, l’opportuniste en 2019 lorsque son parti a voté pour lui à la présidence de l’Assemblée. Ajouté à ce malheur, une marionette est apparue en lapersonne de Fakhfakh qui n’a aucune dignité nationale. Il a joué le jeu avec son ancien partenaire Ennahdha qui
    a détroné son parti Ettakattol. Où sont -ils les vrais tunisiens ? Ceux qui mettent en avant la patrie, je ne pense pas qu’ils se trouvent dans l’assemblée à part Mme Abir Moussi qui égale à elle même et défend son pays. Tant que ces islamistes sont là, il ne faut pas s’attendre à un avenir meilleur. Bourguiba, Jamel Abdennaceur et ESSISSI ont bien compris leur stratégie, ils les ont combattus. Pour nous, il y a qu’une seule solution, tout le monde la connait, même si cela nous coûtera chère.

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