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Béji Caied Essebssi

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«Je suis élu par le peuple, dans le respect de la constitution, ce qui me confère une autorité originelle (…). Il est de mon devoir d’imposer le respect de la constitution et je n’ai pas, à ce titre, à recevoir de leçon de personne (…). Le document de Carthage est en fait une ceinture politique pour le gouvernement. Nous considérons que c’est la voie idéale. Les élections de 2014 restent la source. Mais vu le besoin du gouvernement pour un appui politique, nous considérons que c’est une chance d’avoir les organisations nationales de notre côté pour appuyer le gouvernement et nous essayons de trouver les points communs entre ces organisations qui fassent que chacun de sa position appuie le gouvernement». Ainsi s’exprimait le chef de l’Etat tunisien, Béji Caïed Essebssi (BCE) à l’ouverture de l’avant-dernière réunion des signataires du document de Carthage. Des propos qui appellent pourtant quelques réflexions :

  • BCE est-il le chef de l’Etat qu’il se dit ?

En matière de gestion des affaires de l’Etat, le chef de l’Etat a peu de prérogatives. «Il lui appartient de déterminer les politiques générales dans les domaines de la défense, des relations étrangères et de la sécurité nationale relative à la protection de l’État et du territoire national des menaces intérieures et extérieures, et ce, après consultation du Chef du Gouvernement». Dixit l’article 77 de la constitution dont BCE dit imposer le respect et assure qu’il n’a pas de leçon à recevoir à ce propos. Pour le chef du gouvernement, l’article 91 de la même constitution précise que «sous réserve des dispositions de l’article 77, le Chef du Gouvernement détermine la politique générale de l’État et veille à sa mise en œuvre». Que fait alors cette assemblée dite «Document de Carthage» ?

La réponse n’est un secret pour personne. Elle est en train, pour la seconde fois depuis 2014, de définir la politique générale de l’Etat, presque dans tous les domaines et met au point ce qui est toujours publiquement présenté comme étant la feuille de route du gouvernement, sans que Chahed ait l’opportunité même d’y être simple observateur. Le «Document de Carthage » est en fait en train de jouer le rôle de chef de gouvernement et Youssef Chahed celui de chef bis. Qui gouverne donc en réalité ?

Est-ce BCE et Youssef Chahed ou sont-ce réellement lesdits signataires dudit document de Carthage ? Où est dans tout cela le respect de la Constitution ? Comment dans ce cas, le gouvernement quel qu’il soit, peut-il être responsable d’un programme d’action qui n’est pas le sien ? Nous sommes en fait dans un mode de gouvernance où BCE est le président du conseil d’administration de l’Etat, les signataires du document de Carthage membres du conseil et Youssef Chahed simple DG qui applique ce qu’on lui dit. Président et conseil d’administration ne sont pourtant pas les redevables devant l’ARP. Seul le DG Chahed l’est et en subit toutes les tares et en essuie toutes les insultes. Est-ce le schéma de gouvernance inscrit dans la Constitution ? La réponse est non, Monsieur le Président. Nous disons cela, nous ne disons rien et surtout ne pas donner des leçons au troisième plus vieux chef d’Etat au monde après Mahathir Mohamad de Malaisie et la reine Elisabeth !

  • Ceinture de soutien ou ceinture explosive ?

BCE assurait, vendredi dernier, que ledit document de Carthage est une ceinture de soutien au gouvernement. Décryptons alors sa composition et les positions de chacun par rapport à ce gouvernement.

Il y a d’abord, la centrale syndicale ouvrière et l’organisation syndicale des patrons. Deux organisations aux intérêts diamétralement opposés. Grosso modo, la seconde investit et crée des emplois et la première fait des grèves pour l’obliger à servir toujours plus de salaires. Et si l’Utica n’arrive pas à avoir une position constante par rapport au gouvernement qui l’assomme de mesures fiscales et entend toujours parfois ses revendications et aurait dernièrement demandé le départ de Chahed, l’UGTT ne cache plus sa revendication de changer tout le gouvernement et menace même de quitter le document de Carthage si Chahed est maintenu. L’un comme l’autre ne sont pas ce qu’on pourrait appeler un soutien au gouvernement. Dans l’actuelle conjoncture économique et financière et les réformes qu’elle impose, ce sont même ses adversaires.

Il y a ensuite, les deux organisations, des agriculteurs et des femmes. Deux organisations de peu de poids sur l’échiquier politique tunisien, bien que l’Utap soit pour le maintien de Chahed.

  • Nidaa et Ennahdha, de véritables bombes humaines du gouvernement

Il reste l’essentiel. D’abord le parti Nidaa Tounes dont est issu le chef du gouvernement et celui au nom duquel, constitutionnellement, il gouverne. Or, Nidaa n’a presque jamais été content du chef du gouvernement, l’a même officieusement dénigré, a très peu applaudi à ses actions et vient récemment, à travers le fils du chef de l’Etat et dirigeant de son parti, officiellement de demander son départ. Nidaa Tounes est donc loin, très loin, d’être considéré comme un soutien politique au gouvernement de Youssef Chahed.

Reste Ennahdha. Ce parti, dont le chef est antérieurement signataire du pacte obscur de Paris avec BCE, contrôle déjà de l’intérieur toute l’action gouvernementale. D’abord, à travers ledit document de Carthage. Ensuite, à partir des couloirs même de La Kasbah où il a placé différents conseillers dans des ministères qu’il détient. Mais aussi à travers l’ARP où les deux chefs des deux groupes parlementaires, Soufiene Toubal et Noureddine Bhiri, s’entendent toujours sur toutes les lois à passer au sein de la commission des compromis, avant leur passage au vote et après y avoir introduit les changements qui arrangent les uns et les autres. Et contrairement à Nidaa, Ennahdha s’oppose au départ de Youssef Chahed, à la condition qu’il ne soit pas candidat aux prochaines présidentielles de 2019. Ennahdha pourrait être décrite comme soutien à Youssef Chahed, mais un soutien politiquement louche au vu de la mauvaise image sociétale d’Ennahdha.

La ceinture de soutien politique au gouvernement est ainsi trop hétérogène pour constituer une véritable ceinture de sécurité. Elle a même déjà fait exploser son gouvernement, en délogeant plus d’un ministre qui ne convenaient pas, soit à l’UGTT, soit à Ennahdha, soit même à Nidaa Tounes. Ce n’est plus donc une ceinture de soutien, mais une ceinture explosive et que chacun des trois éléments subversifs essentiels (UGTT, Nidaa et Ennahdha) est capable d’enclencher à tout moment le détonateur !

Khaled Boumiza

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Le secteur tunisien du phosphate est, de nouveau et pour la énième fois à l’arrêt, pour une querelle sur la liste des admis dans un concours de recrutement. A chaque publication de listes des admis au concours de recrutement, ce sont les recalés qui s’insurgent et finissent toujours par imposer un nouveau concours qui est, à son tour et à chaque fois, contesté. Et c’est, de nouveau, tout un pan de l’économie tunisienne qui, plus est, était fort pourvoyeur en devises à travers ses exportations, est paralysé par des mouvements sociaux, devant lesquels tous les gouvernements le sont tout autant. Le 10 mai 2017 pourtant, le chef de l’Etat tunisien, Béji Caïed Essebssi avait promis de ne plus tolérer le blocage des sites névralgiques. Impuissant, comme le reste du gouvernement, le ministre de l’Energie, pourtant ancien syndicaliste et fils de syndicaliste, ne peut que se rendre à cette triste évidence.

  • 500 emplois fictifs dans les sociétés de l’environnement

«Cela dure depuis sept ans et ça ne va pas s’arrêter», dit Khaled Kaddour à Africanmanager, cela surtout que tant la CPG que le Groupe Chimique ont atteint la limite de leurs capacités de recrutement. «Dans l’industrie phosphatière tunisienne, le nombre de ceux qui perçoivent rémunération a triplé. Je ne veux pas parler de salariés, tant est important le nombre de ceux qui perçoivent salaire et ne travaillent guère pour atteindre désormais 13.500 personnes», nous a indiqué le ministre tunisien de l’Energie et des mines. Et d’ajouter, certainement sans trop y croire, que «cela ne peut plus continuer». Le ministre indique que «cette démarche de recruter des gens dans les sociétés de l’environnement [Ndlr : Par ailleurs des sociétés fictives, offrant de l’emploi fictif] ne peut plus continuer. Cela a créé plusieurs problèmes et désormais, tous veulent travailler dans l’environnement, car ils sont payés sans travailler».

Lorsqu’on lui rappelle que c’est un ancien syndicaliste, fils de syndicaliste, qui parle, il rétorque que «le syndicat est contre ça. L’Union régionale de l’UGTT de Gafsa dit qu’il n’est pas raisonnable de payer des gens qui ne travaillent pas». Et lorsqu’on lui rappelle, aussi, qu’on n’a pas encore vu de communiqué de l’UGTT condamnant cette pratique, Khaled Kaddour corrige que «ce que demande l’Union régionale, c’est de rendre effectives les sociétés de l’environnement» au titre desquelles ces employés sont payés et de leur trouver un emploi réel, ce qui s’est révélé, force est de le constater, impossible à faire.

  • 113 plaintes, non jugées, pour obstruction au travail

De tout cela, Khaled Kaddour est conscient, comme il est conscient que tous ces salaires sont payés, alors que la production de phosphate ne cesse de diminuer. Selon l’INS, la valeur ajoutée du secteur des mines a enregistré une régression de 15,9 % durant 2017. En janvier 2018, le volume d’exportation du même secteur a baissé de 20,8 % par rapport à janvier 2017, mois pendant lequel les exportations phosphatières ont régressé de 25,4 % par rapport au mois de janvier 2016. Une prise de conscience qui a poussé «la CPG à introduire 113 plaintes auprès de la justice en 2017, pour motif d’obstruction au travail». Aucune de ces 113 plaintes n’a été jugée. Une situation face à laquelle le ministre de l’Energie et des mines ne peut qu’être désolé et de répéter à qui voudrait bien l’entendre que «cela ne peut plus continuer. Il n’est plus permis d’arrêter le travail, quelles qu’en soient les raisons». Et Khaled Kaddour d’essayer de raisonner les responsables, en leur demandant, en guise d’appel de détresse, «depuis 7 ans que vous arrêtez le travail et perturbez la production. Avez-vous pour autant trouvé à travailler ? Non. Et si vous continuez à le faire, vous n’allez pas non plus travailler [Ndlr : dans la compagnie]. Comment pourrions-nous attirer d’autres investissements, tant de l’Etat que des privés ? Dans cette conjoncture, nul n’investira».

  • Des projets préparés et financés par l’Etat, pour essayer de résoudre la crise, avec l’application de la loi en dernier ressort

Pour l’instant, la situation est dans une phase de discussion, dira le ministre, en constatant que l’arrêt de la production, plutôt que de permettre la création de nouveaux emplois, a fortement impacté les travailleurs de la compagnie, la région et l’économie nationale. «Ce que je pense, c’est qu’il nous faut changer le schéma de développement de la région, avec l’Etat qui est prêt à encourager l’investissement privé et l’initiative privée en matière de petits projets avec une prise en charge de l’autofinancement de ce genre de projets pour les jeunes de la région». Et après avoir constaté que les jeunes de la région ne se décident toujours pas à franchir le pas de l’initiative, le ministre tunisien de l’Energie et des mines, Khaled Kaddour, franchit lui-même un nouveau pas. Il offre un accompagnement ciblé, par Délégation et par quartier. «Il nous faut trouver des experts dans l’accompagnement de ces jeunes, qui les aident à identifier les projets, les y préparent, les accompagnent dans toutes les démarches de création de ces petits projets, et les financements sont garantis». Faute de solution pour mettre fin aux arrêts du travail dans le secteur des mines, Khaled Kaddour est ainsi en train de trouver des projets, ficelés et prêts à l’emploi, avec un financement garanti par l’Etat. Le ministre finira par nous indiquer qu’une «équipe ministérielle étudie actuellement les meilleurs moyens de faire, en définitive, respecter la loi. Nous devons y arriver. C’est inévitable, car il faut appliquer la loi pour tous ceux qui bafouent l’invulnérabilité l’entreprise et les décisions seront prises, après avis du chef du gouvernement», dit le ministre de l’Energie et des mines à Africanmanager, dans un sursaut de sévérité, à l’égard des fauteurs de troubles.

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Le 10 janvier 2018 dans la ville d’El Battan, le chef du gouvernement tunisien qui prenait connaissance des dégâts des manifestations pacifiques contre la loi de finances avec moult saccages des biens publics et privés, mettait un peu trop vite les pieds dans le plat et déclarait, en public et en pleine rue, que «ces manifestations rendaient service à certains politiciens irresponsables». Et de préciser en réponse à une question que «il s’agit du Front Populaire». Il avait, certes parlé des contrebandiers et autres parties qui tirent parti de ces manifestations dévastatrices pour les institutions de l’Etat. Mais c’est l’accusation, directe et bien ciblée, portée au parti de Gauche le Front Populaire, que tous les médias retiendront.

  • Le vieux leader recadre le jeune chef de gouvernement

L’accusation était directe, presque politiquement incorrecte pour un chef de gouvernement et que le chef de l’Etat tunisien Béji Caïed Essebssi critiquera indirectement trois jours plus tard. «Il y a effectivement de l’incitation et des appels à la mobilisation en faveur des manifestations qu’il faut juger de manière rationnelle. Il y a d’autres conjectures, mais je ne crois pas qu’elles relèvent des partis politiques (…). Les médias étrangers ont fait du tort à la Tunisie. Et je le dis, s’ils l’ont fait c’est qu’il y avait en Tunisie des parties qui les encouragent». Et BCE de s’emporter ensuite en tapant du poignet sur le pupitre, en disant que «je les connais, mais je ne le dirais pas en public dans la rue». La réponse, en allusion à la rue, à la déclaration du chef du gouvernement le 10 janvier, jumelée au recadrage de Youssef Chahed par BCE est on ne peut plus claire !

Il est vrai qu’il logeait dans l’attitude du parti de Hamma Hammami et de Mongi Rahoui, avant et après l’adoption des mesures contestées par la loi de finances 2018, de quoi accréditer le fait que ce parti politique tunisien était, pour le moins, soupçonné d’être, au moins en partie, derrière cette explosion des protestations. Mais aussi sa programmation pour la 1ère semaine du mois de janvier, fortement chargée des relents de la révolution contre le régime de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali.

  • Les importantes Lapalissades des observateurs étrangers, qu’il faut pourtant retenir

La jonction entre manifestants politiques et casseurs et même l’alternance entre ces deux forces ne sont pas nouvelles. Elles ont émaillé le mois de janvier 2011 et en ont même été sa caractéristique. Elles ne sont certes pas l’apanage de la Tunisie. Mais c’est peut-être la programmation des manifestations pacifiques pendant cette période, critique de chaque mois de janvier en Tunisie, qui ont expliqué la réaction, un peu trop directement accusatrice au FP, de Youssef Chahed. Une réaction qui a fait oublier qu’il avait aussi pointé du doigt «des casseurs manipulés par des réseaux de corruption que nous avions mis aux arrêts et qu’ils essaient de sortir de prison en semant la zizanie dans le pays». Suivez son regard !

C’est pourtant cette théorie, loin d’être farfelue, qu’on retrouve dans certains médias français, autres que ceux dénoncés par BCE, le 13 janvier devant les signataires du pacte de Carthage. Le 11 janvier 2018 sur franceinfo, la chercheuse associée à l’IRIS Sophie Bessis, versait en effet dans la même explication. «Il y a évidemment une désespérance de la population (…). Cependant, les émeutes auxquelles on assiste aujourd’hui ont un “côté manipulé” dont il faut tenir compte. Incontestablement, certains aspects de cette loi de finances dérangent les intérêts de certains lobbies qui importent beaucoup. En Tunisie, une grande partie de l’économie est une économie parallèle. Dans un certain nombre de régions, les directeurs de cette économie parallèle ont tout intérêt que l’on proteste contre des taxes qui leurs portent préjudice». C’est peut-être de ceux-là que le ministre Mabrouk Korchid parlait le 8 janvier à Kasserine, lorsqu’il s’étonnait que «les augmentations de taxes touchent les riches et que ce sont les pauvres qui protestent». Plus tard, Taoufik Rajhi en apportera la démonstration chiffrée.

Une journée après, le 12 janvier 2018 sur la radio française Europe1, Vincent Hervouet, journaliste et chef du service «Étranger» de LCI, la chaîne d’information du groupe TF1, traitait de la situation en Tunisie. «En fait, la réforme frappe l’économie informelle, la contrebande, les trabendistes. Ils mettent de l’huile sur le feu. Les autorités accusent des élus d’extrême gauche d’avoir distribué de l’argent aux émeutiers. Mais on peut servir les intérêts des corrompus et les manigances des partis tunisiens qui préparent les premières élections locales depuis la révolution, qui auront lieu au printemps».

Cette analyse de certains journalistes français relève certes de la Lapalissade. Mais c’est aussi une évidence que les Tunisiens ont un peu tendance à oublier et qu’il nous semble bon de rappeler.

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Sous le titre «Tunisie : L’héritier», Jeune Afrique commence son dernier article panégyrique en affirmant de manière péremptoire que «trente ans après la destitution de Bourguiba, la manière dont Béji Caïed Essebssi exerce le pouvoir rappelle de plus en plus celle de son mentor».

Parler de Bourguiba, dans la Tunisie actuelle, n’est pas facile, tant la personnalité du «Combattant Suprême» suscite à la fois admiration et inimitié. Cela, sans parler de l’appropriation à des fins politiques. Dans les deux cas, le risque est grand de se faire taper, au moins, sur les doigts, tant par ses admirateurs, que par ses détracteurs.

Affirmer pourtant que Béji Caïed Essebssi (BCE) est l’héritier du Combattant Suprême, le président Habib Bourguiba, serait nous semble-t-il, aller un peu trop vite en besogne. Explication :

⦁ Deux personnalités, similaires et dépareillées

 A 84 ans, Bourguiba a été renversé par Zine El Abidine Ben Ali, l’un de ceux qui s’étaient, pendant de longues années avant 1987, disputés l’héritage jusqu’à épuiser tout un pays. A 91 ans, Béji Caïed Essebssi (BCE) est toujours au pouvoir et ne dédaignerait pas reprendre de plus belle.

Le premier avait apporté l’indépendance et érigé l’éducation nationale en priorité absolue, jusqu’à lui consacrer une très grande part du budget (c’est aussi le cas présentement, mais avec un budget de 4,9 Milliards DT dont 4,58 Milliards DT qui vont aux salaires et 0,09 Milliards DT qui vont aux dépenses des moyens de services dont l’entretien des bâtiments, des écoles et uniquement 0,210 Milliards DT à l’investissement).

Avec le second, la Tunisie vit la dépendance, des 209 partis politiques et des députés de l’ARP, du bon-vouloir des créanciers et des bailleurs de fonds, ainsi que l’humeur du jour des dirigeants de la Libye. Sans parler de l’état actuel de l’école publique, qu’il laisse partir à la dérive, désertant le terrain que vient occuper, il faut le reconnaitre, l’UGTT, dans l’éducation nationale aussi.

Bourguiba n’a jamais accepté un partage des pouvoirs. Il est l’Etat et l’Etat c’est lui, disait-il en paraphrasant Louis XIV. BCE n’a presque pas de pouvoirs, sauf ceux et ils sont très peu que lui a donné la Constitution de 2014. Il est même un parmi trois président dans la Tunisie de la Révolution.

Comme Bourguiba, BCE a le verbe facile, la réplique et le sens de la rhétorique sur le bout de la langue, mais avec moins de superbe que son mentor, surtout lorsqu’il sort de ses gonds, chose rare chez Bourguiba, et s’adresse aux journalistes.

Avec Bourguiba, l’Etat avait toute sa superbe et était craint. Avec BCE, l’Etat a tout perdu et aucun de ses symboles et représentants n’est plus craint. Cela fait sept ans que l’Etat court derrière son autorité pour la restaurer, il n’en reste presque plus rien.Bourguiba menait, certes dans le respect, ses ministres à la baguette. BCE ne peut qu’essayer chaque fois de placer quelques-uns de ses hommes, dans des gouvernements qui ne lui doivent aucune allégeance et où la solidarité gouvernementale est loin d’être le point fort.

Avec Bourguiba, la Tunisie avait même vécu pendant quelques mois avec un remaniement chaque lundi. Avec BCE, ce sont deux gouvernements, entiers et changeants, presque tous les ans. Le premier avait fait de la stabilité politique un argument. Avec le second, c’est l’instabilité au second plus haut sommet de l’Etat.

Bourguiba a libéré la femme tunisienne. Le second en a fait le fer de lance de sa campagne pour les présidentielles et lui a donné le droit de prendre mari de n’importe quelle religion. BCE voudrait aller plus loin que Bourguiba, en mettant sur la table l’égalité en héritage. Il oublie le loup qu’il a lui-même introduit dans la bergerie, son premier partenaire au pouvoir, qui refuse de pousser dans le même sens.

⦁ L’épreuve par le lien père & fils

Bourguiba ne craignait rien ni personne, ni grèves, ni UGTT dont il avait un jour mis en prison le vrai leader Habib Achour. BCE compose, avec des grèves incessantes et ne peut plus mettre personne en prison. Il est même plus risqué, pour un journal comme nous, de critiquer l’UGTT que de le faire pour BCE. Devant Ronald Reagan, Bourguiba s’était offusqué en public que le président américain oublie de parler des aides promises à la Tunisie. Devant le président français, BCE avait oublié qu’il était en présence de François Hollande et non de François Mitterrand.

Comme Bourguiba, Essebssi a un fils. Le premier l’a certes plusieurs fois nommé ministre et ambassadeur, mais n’a jamais pensé à lui léguer quelque chose. Le second lui a, de sa vie, donné le parti qui a emmené son père au pouvoir en héritage. Le premier ne connaissait presque pas la valeur de l’argent. Le second a reconduit le salaire de 30 mille DT de l’ancien président.

Comme Bourguiba avec les Beys, BCE a été à l’origine de la confiscation. Le second s’en est presque voulu et fait voter la loi sur la réconciliation, qui sera tellement déplumée qu’elle ne concernera plus que l’Administration. Contrairement à lui, Bourguiba n’a pourtant pas touché aux entrepreneurs de l’époque (qui sont par ailleurs, comme à toutes les époques, toujours proches du sérail) et qui a su mobiliser les hommes d’affaire du pays pour mettre sur pied une économie, forte pour l’époque. BCE n’arrive toujours pas à remobiliser les hommes d’affaires pour faire redémarrer une économie qui a perdu toute sa dynamique et n’est plus forte.

⦁ HB & BCE, unis dans le «dark-side»

Ce ne sont là que quelques réflexions, qui peuvent paraitre superficielles, sur les parcours et les performances des deux personnes. Des parcours différents et qui ont fortement impacté les actions de chacun des deux avocats. Mais des parcours qui ont fait de Bourguiba et de BCE des personnalités, tout aussi similaires que dépareillées, pour nous amener à dire que le second n’a pas su être le digne héritier du premier.

Loin de nous l’idée d’un quelconque déni de l’apport de la trentaine d’années d’un Bourguibisme qui a presque fait de nous ce que nous sommes devenus, pour écrire de telles remarques sur le «Zaïm». Loin de nous aussi le déni de ce que ces 3 années de «Bajboujisme» ont apporté à la Tunisie de l’après révolution où le vote utile n’aura pas été si inutile que cela, malgré les revirements de BCE sur la question des Islamistes. Mais s’il fallait en définitive leur trouver un point commun, ce serait plutôt leur enfermement sur eux-mêmes qui les empêche d’imaginer la Tunisie sans eux.En 1970, Bourguiba décidait d’amender la constitution et finissait par installer la présidence à vie. A défaut d’arracher un amendement de la Constitution en vue d’une re-présidentialisation du pouvoir, BCE est entrain de grignoter quelques bribes de pouvoir, aux dépends de ses deux derniers chefs de gouvernement. Il a fini par avoir la peau du premier. L’arrière-scène politique bruisse actuellement d’informations, prêtant à BCE l’intention de déboulonner le second.

Comme Bourguiba, et c’est là son plus grand tort et la meilleure illustration aussi de ce qui rapproche réellement BCE de Bourguiba dont on dit qu’il est son mentor, Essebssi n’arrive toujours pas à préparer la Tunisie pour la relève d’un homme plus âgé que Bourguiba lorsqu’il avait été démis. Chef de tout l’Etat et «père de la Nation», Bourguiba avait fini par faire table rase de tout ce qui pouvait un jour avoir la stature d’un héritier politique, opposition et alliés compris. Bien malgré lui, il s’est trouvé dans l’obligation de désigner lui-même celui qui lui succèdera. Successeur qui continuera dans la même voie bourguibienne et mène le pays droit vers un vide politique qui s’est à maintes élections vérifié depuis 2011. Ne pensant jamais à préparer sa succession et à bien y préparer le pays, Ben Ali met le pays entre les mains des Islamistes. Peut-on alors dire, après tout cela, que BCE est l’héritier de Bourguiba ?

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Commentant la visite qu’entame ce mercredi 4 octobre 2017 le président tunisien, Béji Caïed Essebssi, à Sousse sur une radio privée de la région le 3 octobre, le député Hafiz Zouari a déclaré : “les préparatifs et l’ornement nous rappellent les visites de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali», et formulé l’espoir que la visite ne soit pas «partisane».
Selon la même source, l’homme d’affaire, député du parti Afek pour la région de Sousse, a estimé que «cette visite devrait être suivie de résolutions pour résoudre les problèmes de la région, d’autant plus qu’elle a souffert de la marginalisation et de l’exclusion après la révolution“. Hafedh Zouari a aussi rappelé qu’un conseil ministériel devait se tenir pour examiner les problèmes que connait cette région, comme la question du port d’Enfidha qui ne voit pas encore le jour, ou encore les difficultés de la société de pneus Stip…

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Le chef de l’Etat tunisien, Béji Caïed Essebssi, a reçu ce matin au Palais de Carthage Mme Wided Bouchammaoui, présidente de la Centrale patronale Utica. Au menu des discussions, la situation générale du pays et ce que cela suppose en renforcement de l’action gouvernementale par les compétences qui soient capables d’aider à améliorer la situation économique. Bouchammaoui a indiqué à l’occasion qu’il y aura une réunion entre les signataires du Pacte de Carthage et le chef du gouvernement, Youssef Chahed, avant l’annonce des résultats du prochain remaniement ministériel.

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Rachid Ghannouchi n’était pas présent au discours présidentiel annonçant la volonté de Béji Caïed Essebssi de revoir la loi sur l’héritage et l’égalité Homme-Femme dans l’héritage. Il avait prétexté un autre RDV. Quelques jours plus tard, c’est son beau-fils, mari de sa fille Soumaya, qui s’exprime sur le sujet. Dans un statut fb, Rafik Abdessalem Bouchlaka se prononce contre la parité dans l’héritage. Il y affirme qu’il n’est pas du rôle de l’Etat d’interférer dans les choix et les modes de vie des gens. Il y dit aussi que l’interprétation des textes religieux est du seul ressort théologistes et des spécialistes et se prononce pour une séparation du religieux de la politique. Pour lui, les réformes n’ont plus lieu d’être.

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Le 21 décembre 2016, Béji Caïed Essebssi aura passé deux années jour pour jour à la tête de l’une des deux têtes de l’exécutif, la présidence de la République tunisienne. Le 31 décembre au soir, il profitait de l’allocution de souhaits pour la nouvelle année 2017 pour faire ce qu’on pourrait appeler son bilan. Il l’avouera lui-même dans ce bilan «doux-amer», la Tunisie n’aura «pas réussi à réaliser les résultats économiques attendus. Le chômage, la pauvreté et la marginalisation des régions intérieures demeurent».
C’est un fait, mais BCE préfère ne pas trop s’y attarder. «Nous avons aussi réalisé des choses importantes. En premier lieu, nous avons gagné une bataille contre le terrorisme, celle de Ben Guerdane grâce aux sacrifices des habitants de la région et le courage de nos forces de sécurité. A défaut, nous aurions maintenant un Emirat Salafiste à Ben Guerdane, sur nos terres», dit-il à juste titre, surtout en parlant de bataille et non de guerre.
Il mettra aussi dans «notre» crédit l’accord de Carthage et le GUN qui en est issu, sans oublier à son habitude d’écorcher les partis qui ne reconnaissent pas ce document, en les comparant à une pierre jetée dans la mer. Il mettra aussi dans la case des réussites, la tenue de «Tunisia 2020» et ses promesses de 34 Milliards DT, sans oublier d’écorcher cette fois la presse qui mettait en doute la réalisation de ces promesses, en annonçant que «la moitié [Ndlr : des 34 Milliards DT] sera réalisée (…) et ce n’est pas peu de chose». Attendons quand même de le voir, même si par cela, nous risquons d’être classés parmi «ceux qui hurlent en dehors de la meute», comme il n’a pas manqué de le dire !

⦁ La belle médaille et son revers moins reluisant !

BCE reste tout de même «optimiste, malgré les difficultés». Il en veut pour preuve «le retour à la production» et donne le secteur du phosphate en exemple. Il serait certainement le seul et les chiffres de l’INS sur l’indice de production le confirment. BCE donne aussi l’exemple du tourisme qui aurait repris, sans oublier de dire «et même en provenance d’Allemagne», comme s’il voulait répondre aux cassandres qui prédisent un reflux des touristes allemands en réponse à l’attentat de Berlin. Le chef de l’Etat se félicite enfin de l’aide divine apportée à la Tunisie, par des pluies dans toutes les régions. Dieu aurait-il, sans qu’on le sache, voté BCE ?

Toujours est-il que le bilan de ces deux années de présidence BCE, c’est aussi et d’abord un ancien candidat qui a trahi ses électeurs. Arrivé à Carthage par un «vote utile» sous l’enseigne du parti anti-Ennahdha et avant le «Pacte de Carthage», il débute son mandat par le «Pacte de Paris». Une rencontre avec le chef des Islamistes tunisiens qui marquera le début d’un règne à deux, alors que Nidaa devait être le parti gouvernant, comme il est d’usage dans les démocraties les plus anciennes.
Deux années à Carthage, c’est aussi deux gouvernements et une instabilité politique dont BCE était à l’origine, puisqu’il était le 1er à appeler à la démission du gouvernement Habib Essid. Une instabilité politique qui est certainement derrière le peu ou prou de résultats économiques et sociaux.
Deux années où BCE s’était senti à l’étroit dans ses habits d’un chef de l’Etat qui n’avait presque pas de prérogatives et qui n’avait de cesse d’essayer de se faire de se faire plus de place dans cette chaise à deux qu’est constitutionnellement l’exécutif tunisien.

⦁ BCE-Médias : «Je t’aime, moi non plus» !

Mais le bilan de 2 années BCE doit aussi être dressé sur le plan de la communication. En effet, les relations du chef de l’Etat avec la presse tunisienne n’ont jamais été au beau fixe, mais plutôt du genre «je t’aime … moi non plus», avec un zeste d’aversion, presque du dédain.
Déjà Premier ministre du second gouvernement de l’après révolution, il s’en prenait à une journaliste de la télévision qui lui faisait remarquer que «la séance de questions au gouvernement s’était transformée en un procès », en lui demandant, moqueur, sans en avoir l’air et sous le rire brouillant d’Iyadh Ben Achour, «quel âge as-tu» ?. Une remarque qui pouvait sembler désobligeante pour une Dame, qui ne manque pas de le lui faire élégamment remarquer. Et BCE de lui rétorquer avec un «Dieu te vienne en aide. Il faut que tu grandisses … et il serait mieux que tu changes de politique», en référence à la nature de sa question qui semble l’avoir fortement dérangé.

En novembre 2014, devenu président, c’est par une réaction qui rappellerait presque le fameux «Bonté divine» d’un certain Moncef Marzouki que BCE s’illustre. Dans une réaction de colère manifeste, devant une journaliste qui interrompait sa citation d’un verset du Coran en l’interpellant sur la nomination du chef du gouvernement, il se retourne avec un regard révolver et tonne en arabe dialectal «Rouh Rahhiz», un mot presqu’une insulte, qui pourrait signifier «va te faire …[Ndlr : Voir chez les Grecs]». Retrouvant ses esprits, il s’explique par un reproche. «De quel chef de gouvernement parles-tu. Tu ne vois pas que je récite le coran ? Tu n’as pas honte ?».
A un autre journaliste il rétorquait «Qui es-tu ? Un journaliste toi ?». Et de poursuivre, devant le journaliste qui déclinait son identité professionnelle, «qu’ils soient maudits s’ils sont comme toi» les journalistes.
Une autre fois, face à un journaliste de l’émission télévisée «Merci de votre présence », il lui jette carrément ses notes au visage, lorsque l’animateur lui dit que «Rached Ghannouchi dit que vous vous présentez souvent comme étant aux premières loges» du pouvoir.
La dernière sortie de ses gonds face aux journalistes, du chef de l’Etat tunisien, a eu lieu lorsque ce dernier rendait visite aux blessés de l’accident routier entre un train et un véhicule de transport. Et lorsque le journaliste d’Attassia (Chaîne TV La 9) lui demande quelles mesures comptait-il prendre, il réagit d’abord, en protégeant ses yeux des torches des caméras, en demandant «qui m’a posé une question ?». Et devant le journaliste qui déclinait le nom de sa chaîne, il lui répond dans un sarcasme colérique et sous les rires de Noureddine Bhiri : «Tu ne devrais pas être ici … ni 9ème, ni 8ème, ni 5ème ».

⦁ «Foutez-nous la paix quand même !»

Et lorsque un second journaliste insistant lui repose la question sur les décisions à prendre pour endiguer le fléau des accidents de la route, il répond tout aussi sarcastique «vous ne m’avez donc pas compris. Ou est-ce que vous êtes là pour que je vous le redise… si vous n’avez pas compris, ce n’est pas la peine [Ndlr : que je le dise]», avant de s’en prendre carrément à toute la presse en l’interpellant par un «Honte à vous. Dès que vous parlez, vous perturbez l’opinion publique».
Avant cela, c’est cet écart présidentiel devant un journaliste français qui tentait de s’approcher de François Hollande venu à Tunis en mars 2015 à l’occasion de l’attentat du Bardo. Remarquant le journaliste, BCE lui propose d’abord ironiquement : «Vous voulez venir avec nous ?», avant d’enchaîner avec un «Foutez-nous la paix quand même, merde», ce qui amusera le chef de l’Etat français et Bertrand Delanoë, présents à côté de lui
Manifestement, le chef de l’Etat qui n’arrive pas à être le président de tous les journalistes, n’aime pas trop la presse, ou n’en aimerait qu’un certain genre, et n’arrive pas encore à se faire au ton libéré de cette presse issue de l’après révolution et qu’il n’avait pas connue ainsi lorsqu’il n’était encore que ministre de Bourguiba. Dans son entourage en tout cas, ne pivote qu’un nombre, restreint et choisis, de journalistes et de médias.
Côté communication, l’ancien candidat de Nidaa Tounes pour les présidentielles ne semble plus aimer les meetings populaires et leurs discours enflammés. Mais peut-être n’y a-t-il plus rien qui l’enflamme lui-même après avoir pris la citadelle de Carthage. Devenu chef d’Etat, BCE se fait aussi rare sur les plateaux TV. Mais peut-être ne voudrait-il plus prendre le risque du direct pour éviter de se mettre en rogne, ou peut-être s’en prendre encore à la presse. BCE préfère désormais, au moins avec la presse locale, les interviews «arrangées» pour éviter ses coups de tête ou «montées» comme ce fut le cas de son allocution de fin d’année.
En deux ans à Carthage, BCE n’arrive toujours pas à endosser tout l’habit de son premier locataire, Habib Bourguiba, et à s’inspirer de son véritable don et art de la communication !

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Le président de la République, Beji Caied Essebssi, a reçu ce mardi 3 janvier l’ancien président de la LTDH, Abdessattar Ben Moussa et ce, suite à sa nomination en tant que médiateur administratif, lit-on dans un communiqué publié par la présidence. A l’issue de cette rencontre, Ben Moussa a affirmé que la mission que
lui a confiée le chef de l’Etat est une responsabilité alliant le dialogue et la défense des droits de l’Homme.
Il a dans ce cadre ajouté qu’il fournira des efforts pour servir la nation et les citoyens.

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Cela fera, dans quelques jours exactement, six ans que les Tunisiens vivent au rythme des polémiques. La dernière en date est celle du retour des Djihadistes. Une polémique, tellement actuelle, qu’elle trouve écho ailleurs, comme en France, qui évoque un risque de «somalisation» de la Tunisie et même au… Vietnam. Il s’agit du retour des Djihadistes tunisiens des zones de guerre où ils ont été chassés par les Russes, les Français et les Américains. Un éventuel retour qui fait une peur bleue, au moins à une partie de la Tunisie, celle qui est ciblée par les «musulmans en colère», tel que Rached Ghannouchi a parlé des Djihadistes tunisiens en Syrie et celle surtout qui a fait l’objet de menaces claires, via des vidéos, de la part de ces «musulmans en colère».
En dehors des atrocités qu’ils avaient promises aux Tunisiens et des images sanguinaires qu’ils essaimaient sur les réseaux sociaux, pourquoi les Tunisiens ont-ils peur du retour de ces «fous de Dieu», alors que tout indique une maitrise sécuritaire du danger terroriste en Tunisie ?

D’abord, parce que ceux qui ont encouragé et financé le départ de ces jeunes, vers la Syrie, vers la Libye, vers l’Irak et toutes les «guerres saintes», sont toujours là, soit inconnus par volonté politique manifeste des sept gouvernements successifs de ne pas enquêter et encore moins de punir. Aucune enquête, par exemple, n’a été faite sur les circonstances de l’exfiltration d’Abou Iyadh de la mosquée d’El Fath en plein centre de la capitale tunisienne. Aucune enquête, ni parlementaire, ni policière, ni judiciaire, n’a été non plus faite sur les réseaux de recrutement et de financement des départs vers la Libye et vers la Syrie notamment.
Sur les plateaux TV, tout le monde en accuse tout le monde, sans que personne ne donne les preuves de ses accusations et sans que le Parquet ne bouge. Une Omerta générale sévit, ou est savamment entretenue, et le trafic de la chair aux canons pour les forces étrangères en lutte contre le terrorisme, ou de la chair tout court pour les Djihadistes, continue.

Les dernières déclarations de Rached Ghannouchi, leader du parti islamiste tunisien (comme celles des anciens membres d’Ennahdha partis au Djihad et qu’il n’a jamais dénoncés, comme il le demande actuellement aux familles tunisiennes qui auraient des enfants partis au Djihad, ou comme lorsqu’il parlait de la «viande avariée» en références aux fils égarés qu’il voudrait réintégrer dans la société), n’ont en rien contribué à l’apaisement suite aux remous soulevés par l’attentat de Berlin commis par un Tunisien. Comme Ghannouchi, le chef de l’Etat n’a pas su choisir ses mots pour parler du même problème, se retrouve acculé à la correction, mais le mal est fait et les veilles peurs et blessures réveillées.

Ensuite et surtout, par manque de confiance manifeste, dans la justice. On ne peut, en effet, que constater que nombre de ceux qui ont été arrêtés par la police locale, avec force annonces, communiqués et conférences de presse, ont été soit relaxés avant même le passage par la case tribunal, soit ont bénéficié de petites peines au regard des lourdes accusations dont ils avaient fait l’objet lors de l’arrestation. D’autres, arrêtés par des puissances étrangères, convaincus de terrorisme et remis aux autorités tunisiennes, mais de nouveaux mystérieusement envolés vers d’autres lieux de «guerre sainte».

Il y a aussi l’exemple algérien, toujours présent dans la mémoire collective des Tunisiens qui l’ont vécu dans leur chair. L’exemple de ces centaines d’Algériens de l’Afghanistan et qui avaient fini par plonger tout un pays dans la plus noire de ses périodes. Plus d’une dizaine d’années d’une Algérie, sœur et voisine, dominées par le GIA (Groupe Islamique Armé) créé par les radicaux du FIS (Front Islamique du Salut), dont elle garde jusqu’à maintenant des séquelles.
Les circonstances actuelles en Tunisie sont presque semblables à celles de l’Algérie du début des années 90. Les Tunisiens le savent. Ils savent aussi qu’Ennahdha n’a pas que des modérés et ont peur que les anciens de Daech fassent en Tunisie ce qu’avait fait le GIA en Algérie, et deviennent le bras armé d’un parti qui n’a pas encore fait son deuil d’un Etat islamique. Toute la Tunisie se rappelle encore de la vidéo fuitée de Ghannouchi avec les Salafistes, de celle de Mourou avec Ghanim, des barbus reçus au Palais de Carthage, d’Ansar Achariaa à Kairouan, de la conquête de l’horloge du centre-ville ou de l’ambassade américaine. Des images que n’effacera pas de sitôt la nouvelle image de parti modéré que s’est construite Ennahdha à coup de conseils médias.

Il y a, enfin, le silence du gouvernement à propos de ce dossier. C’est notre silence, ce silence qui ressemble à une politique de l’autruche, qui a nourri la polémique. Ceux qui en parlent jusque-là sont certes des personnalités d’influence, comme Rached Ghannouchi ou Béji Caïed Essebssi (BCE) ou encore les députés. Le gouvernement et à sa tête Youssef Chahed restent muets ou éludent la question, comme l’avait fait le ministre de l’Intérieur à l’occasion de la conférence de presse sur la mort de Mohamed Zouari. Et lorsqu’il en parle devant les députés, c’est pour donner le chiffre de 800 retours de zones de guerre, sans autre forme d’explication. Une mauvaise communication qui ne fera qu’ajouter de l’huile sur le feu. Youssef Chahed de son côté se tait, et on ne sait pas s’il fait réellement l’autruche ou s’il se cache simplement derrière «tonton» BCE (qui s’en prend à l’occasion aux médias et ce n’est pas une première), à le laisser «amuser la galerie» quitte à faire des bourdes, en attendant des jours meilleurs !

Il y a pourtant deux catégories de rapatriés dans ce dossier, que le débat émotionnel et dans l’hystérie collective, avec force cris et barilleries sur les plateaux TV et dans les VTR des différentes émissions télévisées, ne permet jusqu’à présent pas de différencier.
En premier lieu celle des anciens Djihadistes, recensés, connus et fichés par tous les services secrets du monde ou déjà arrêtés par les autorités des pays où ils avaient commis leurs forfaits et leurs crimes de guerre. Les premiers ne chercheront certainement pas à retourner par les ports ou les aéroports ou seront arrêtés par la France, l’Allemagne ou même les USA à la recherche de renseignements ou de preuves en lien avec les actes terroristes commis sur leurs terres. Il faudra alors intensifier la coopération sécuritaire avec ces pays pour bénéficier de leurs résultats, construire ou reconstruire un fichier national des terroristes les plus notoires et leurs connivences, et renforcer les capacités nationales de surveillance, de renseignement et d’anticipation. Et quand bien même seraient-ils rapatriés, l’unique demande doit être de leur appliquer sévèrement la loi, celle de la lutte anti-terroriste. Ce n’est qu’après qu’ils auront payé cher le prix de leurs crimes, qu’on pourrait éventuellement accepter, comme pour les Mafieux repentis en Italie, une quelconque réintégration.
Les autres seront certainement condamnés par l’Irak ou la Syrie. Ceux-là, il faudra les abandonner entre les mains de leurs véritables justiciers, ceux à qui ils ont fait du mal et ne jamais accepter une quelconque voix qui essaierait de culpabiliser l’Etat à leur égard.

En second lieu, il y a tous ceux qui ont traversé clandestinement les frontières, vers l’Italie, vers la France, l’Allemagne ou ailleurs. Des «Harragas» ou immigrés clandestins au lourd passé judiciaire ou simples petits délinquants que l’Europe n’a pas pu ou voulu accepter sur son sol. Pour ceux-là, la Tunisie ne pourra, au sens de plus d’une convention internationale, et ne devra pas dire non, même s’il faudra auparavant passer leurs listes au crible pour y déceler d’éventuels Djihadistes et leur appliquer sévèrement la loi. C’est là que le travail des ministères, de l’Intérieur et de la Justice, devra faire ses preuves, car on ne gagne pas la bataille contre le terrorisme par le déni, populaire, juridique et légal, et en refusant d’affronter les problèmes internes que crée et créera ce nouveau phénomène transnational.

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Les services de communication de la Présidence de la République tunisienne ont annoncé que le chef de l’Etat tunisien, Béji Caïed Essebssi (BCE), a reçu un appel téléphonique de la Chancelière allemande Angela Merkel. L’entrevue a passé en revue les «relations amicales et la coopération entre la Tunisie et l’Allemagne » et les moyens de les rehausser dans tous les domaines, ainsi que les «nouveautés de la conjoncture sur les plans régional et international ».

Ce n’est qu’après, que le communiqué de la Présidence évoquera le vrai objet de cet entretien téléphonique, sur demande de Merkel et qui est le cas Anis Amri, qui venait d’être abattu en Italie après avoir fui Berlin où il avait commis un grave acte de terrorisme et le différend tuniso-allemand à propos de son rapatriement en Tunisie, comme le précisera plus tard Angela Merkel elle-même dans une conférence de presse.

«L’entretien a évoqué l’acte terroriste (…), le chef de l’Etat a réitéré à cette occasion l’énergique condamnation et la vive indignation de la Tunisie après ce lâche acte terroriste, appelant les autorités des deux pays à coopérer et coordonner plus étroitement dans la lutte contre le fléau du terrorisme qui menace la sécurité et la stabilité de tous les Etats et toutes les sociétés », indique le communiqué de Carthage.

Quelques minutes après réception de ce communiqué par les rédactions des médias tunisiens, ces derniers entendent la Chancelière allemande parler de cet entretien téléphonique qui a eu lieu à son initiative. «J’ai téléphoné à mon homologue tunisien (…). Nous avons parlé de tous les aspects des relations entre nos deux pays  et nous avons décidé d’accélérer les mesures d’éloignement (ou rapatriement selon une traduction de l’Assiciated Press), surtout qu’il va y en avoir prochainement un grand nombre», a dit Angela Merkel en conférence de presse, ce vendredi 23 décembre 2016. Ces précisions n’existaient pas dans le communiqué du palais de Carthage. L’explication, dans ce communiqué officiel destiné à la consommation locale, pourrait être cherchée dans le caractère brûlant du dossier du rapatriement des anciens terroristes tunisiens, à propos duquel BCE s’était vu devoir rectifier des propos qui lui faisaient dire qu’il ne verrait pas d’un mauvais œil le retour des djihadistes des foyers de tension.

On comprend dès lors toute l’ampleur de la bévue tunisienne, qui a trainé les pieds avant d’accepter le rapatriement d’Anis Amri en Tunisie, où il faisait déjà l’objet de recherche. Et on imagine, sans qu’on ait la preuve d’un quelconque lien entre les deux sujets, que les relations économiques et de coopération entre les deux pays ont été évoquées en lien avec la coopération sécuritaire tuniso-allemande.

On rappelle que la Tunisie avait été officiellement accusée d’avoir retardé le rapatriement du terroriste, en refusant dans un premier temps de reconnaitre sa nationalité tunisienne et ne signifier son accord pour le rapatriement que le jour même de l’attentat, ce qui était déjà trop tard.

On ne sait pas qui l’aurait exigé et s’il y a un lien entre attentat et coopération, mais «le président tunisien et la Chancelière allemande ont convenu d’échanger les visites entre les hauts responsables en vue d’impulser la coopération entre les deux pays. A cet égard, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, effectuera une visite de travail à Berlin au début de l’année prochaine suivie par une visite que la chancelière effectuera en Tunisie au cours du premier trimestre 2017 », dira le communiqué de presse du palais de Carthage.

 

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«On le voit débarquer plutôt pimpant de la petite navette qui traverse ce lac de l’Ouest parisien pour le mener au restaurant insulaire qui l’attend. Beji Caïd Essebsi, 90 ans au compteur, dont déjà deux passés à la présidence de l’Etat tunisien, enchaîne, fringant, les rendez-vous internationaux avec une idée fixe : donner une image moderne de son pays ». Ainsi parlait le journal en ligne français «Opinion Internationale » de BCE (Béji Caïed Essebssi) qu’il a rencontré à Paris à l’occasion de la sortie de son livre « Tunisie, la démocratie en terre d’Islam ».

Parlant de ses relations avec le parti islamiste Ennahdha, Opinion dit que «Son [celui de BCE, Nida Tounes] parti gouverne aux côtés des islamistes d’Ennahdha ? ». Et BCE de corriger que «Non, il cohabite » avec ce mouvement qu’il préfère qualifier de « musulman » et dont il constate « l’évolution ». Parlant ensuite du discours de BCE à cette occasion où il a rencontré hommes de médias et politiciens français, le journaliste Noé Michalon estime que «Il y a quelque chose de quasi-hollandien dans le discours du « ça va mieux » que déroule le maître de Carthage » et explique que «Tout comme François Hollande (…) il insiste sur le nouveau visage de son pays, qui a « remis en place les entreprises et reprend du poids sur la scène internationale ». Personne ne lui a manifestement rappelé que beaucoup de chefs de ces entreprises croulent encore sous la menace d’affaires judiciaires et nombre d’entre eux reste, 6 années après la révolution, interdits de voyager !!

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Trop à gauche des positions, économiques et financières, d’un gouvernement qui joue plus au pompier qu’au constructeur planificateur, la Centrale syndicale ouvrière reste incomprise. Incomprise surtout pour sa position sur la proposition de report des augmentations salariales, au vu de la taille déjà plus que critique de la masse salariale dans le budget en l’absence de croissance, bien que plusieurs indices pointeraient vers un assouplissement probable de cette position et même une possible intervention médiatrice du chef de l’Etat, constitutionnellement garant de la sécurité économique du pays.

Béji Caïed Essebssi avait été le 1er à minimiser cette seconde place mondiale de la masse salariale (14 % du PIB) et de la justifier même par le «prix de la paix sociale», l’incluant même dans la stratégie de lutte contre le terrorisme. Et même si cela se discute, ce n’est pas, à notre sens, complètement faux. Anticipant, à tort ou à raison, une reprise de la croissance, l’ancien chef de gouvernement, Habib Essid, avait alors signé ce qui avait été appelé un pacte social, pour des augmentations salariales en contrepartie d’une paix sociale. La croissance ne sera pas au rendez-vous, ce qui mettra son successeur, Youssef Chahed, dans de sales draps et en fera le pompier qu’il est devenu, paliant au plus urgent et colmatant les brèches sur le dos des réformes structurelles, de la planification et de la reconstruction.

De l’autre côté, il semblerait que l’UGTT ait fini par lâcher du lest, de peser sur ses bases afin qu’elles lèvent un peu le pied côté grèves.

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Les derniers chiffres, officiels, dont nous disposons, l’indiquent. En effet, selon des statistiques de la DGITC (Direction générale de l’inspection du travail et de la conciliation), relatifs à la situation sociale en Tunisie pour le 1er semestre 2016, les grèves battent la retraite.

En effet, la DGITC a remarqué que le nombre des grèves, dans le secteur privé et les établissements publics à caractère commercial, ont diminué de 22 % par rapport à la même période de 2015 et même de 48 % par rapport au 1er semestre de l’année 2014. Le nombre d’entreprises concernées par les grèves a baissé de 19 % en 2016 et de 43 % par rapport à 2015. Le nombre des grévistes a chuté de 68 % à la fin de juin 2016 (de 62 % en 2015 à 50 % en 2016).

Toujours dans ce trend baissier, qui pourrait être salvateur pour la croissance dont le pilier est le travail, le nombre d’heures perdues a, lui aussi, chuté de 82 % au cours du 1er semestre 2016 en comparaison avec la même période de 2015. Les seuls premiers mois de 2015 avaient en effet vu la perte de 281.617 journées de travail. Elles n’étaient plus que 51.025 journées perdues à la fin juin 2016.

Dans le secteur privé, les grèves ont baissé de 15 %, le nombre d’entreprises concernées de 13 % et le nombre de journées de travail perdues de 76 % au 1er semestre 2016 par rapport à la même période 2015.

Une lecture par nationalité montre que les grèves ont surtout touché les entreprises tunisiennes (82) et concerné à moindre mesure les boites françaises (16 grèves), les italiennes (11 % des 122 grèves). Quant à l’objet de ces grèves, elles demandaient, à 43 %, le versement des salaires et des augmentations, à 34 % l’amélioration des conditions de travail et 15 % par solidarité corporative.

Dans la fonction publique, le premier semestre 2016 aurait connu 7 grèves (municipalités, la santé et l’éducation), un nombre en baisse de 56 %.

On ne sait pas encore si ce trend baissier va continuer et si la centrale syndicale, qui se prépare à un nouveau congrès électif, va pouvoir continuer à maitriser sa base pour donner le répit nécessaire au gouvernement. Pour l’instant, cela semble être le cas !

 

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Les deux  dirigeants du Front populaire Mongi_rahoui_et  zied_lakhdar ont reçu des menaces de mort et le ministère de l'Intérieur est au courant

Dans une interview exclusive accordée ce mercredi 13 juin à Africanmanager, le député du Front populaire Mongi Rahoui a déclaré que la résolution de la crise qui secoue le pays passe par la mise en place d’un gouvernement révolutionnaire qui prendrait en considération les objectifs de la révolution.

D’après lui, une personnalité de l’opposition sera le meilleur choix pour gagner ce challenge.

L’opposant a par ailleurs mis en garde contre la crise politique qui ne cesse de s’aggraver, surtout qu’elle est en train de jouer un rôle négatif sur le plan économique et social. Interview :

Avec l’intensification des concertations pour la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale, où va la Tunisie dans ce nouveau marathon politique ?

La situation a été presque examinée par plusieurs acteurs et observateurs. Une certaine responsabilité est partagée par l’ensemble des parties dans certains secteurs, mais cela n’empêche que la Tunisie fait face à une crise économique et sociale très grave. Cette dernière est due à des choix inefficaces, incapables d’assurer le développement et de réaliser les grands équilibres économiques.

Mais comment expliquer tout cela ?

C’est simple. On n’a pas une vision claire permettant de mettre en place les bases ou encore les mécanismes et les lois économiques de manière à booster l’investissement et par la suite la relance économique.

C’est le même constat pour le volet social. On souffre déjà de l’absence de programmes sociaux qui permettraient de résoudre les grands dossiers dont notamment la pauvreté et le chômage.

Sur le plan politique, on considère que le pays fait face à une crise politique et par la suite une crise du pouvoir. Cela s’explique également par l’incapacité du premier parti au pouvoir à soutenir le gouvernement en place ou encore à présenter des programmes adéquats pour résoudre la crise actuelle et répondre aux besoins du peuple. Ajoutons à cela le conflit qu’a vécu Nidaa Tounes, ce qui a provoqué un climat de méfiance entre ce parti et l’ensemble des Tunisiens.

Une telle situation a bien servi le parti islamiste, Ennahdha, qui demeure le parti qui dirige le pays. Ce dernier a bien profité de l’effondrement de Nidaa Tounes et on a par conséquent constaté le transfert du pouvoir du premier parti au deuxième, sans pour autant annoncer ça officiellement.

Outre cette crise, on se trouve aussi face à une crise au sein du pouvoir exécutif.

Cela veut dire quoi ?

On fait face à un conflit entre le président de la République, Beji Caied Essebssi et le chef du gouvernement, Habib Essid. Ce conflit continue de prendre de l’ampleur puisque le président de la République veut réaliser des mutations à la présidence du gouvernement alors qu’Ennahdha s’est dit attaché à Habib Essid.

D’ailleurs, l’initiative lancée par Beji Caied Essebssi afin de former un gouvernement d’union nationale vient prouver l’échec du gouvernement en place.

Quelles sont les répercussions d’un tel conflit sur la situation générale du pays ?

Avec tout cela, on se trouve face à un gouvernement de gestion des affaires courantes. Et par conséquent, l’équipe ministérielle d’Essid a perdu ses pouvoirs, ce qui a provoqué un certain blocage au niveau des services administratifs.

A mon avis, cette équipe demeure incapable de s’adapter aux mutations que connait le pays et la situation est de plus en plus en difficile, surtout dans cette phase marquée par la prolifération des tiraillements politiques entre les partis de la coalition.

On a bien voulu voir des partis travaillant en synergie et en harmonie pour sortir de l’ornière, mais voilà, la réalité est différente, surtout que chacun d’entre eux est en train de chercher la bonne occasion pour servir ses propres intérêts. Donc, on est au cœur d’une crise économique, sociale et politique très grave. Et la crise politique sera aggravée, surtout qu’elle est en train de jouer un rôle négatif au niveau économique et social.

Les craintes de l’opposition par rapport à cette situation ?

La situation est au bord de l’explosion. Tous les indicateurs viennent confirmer mon hypothèse, surtout avec la montée de la grogne sociale, la marginalisation des régions intérieures et l’exclusion régionale.

Quel regard portez-vous sur la prochaine étape ?

La prochaine étape exige une forte volonté politique, tout en se basant sur une vision claire pour pouvoir dépasser la crise. Cela reste tributaire de deux conditions essentielles. Il s’agit de la justice sociale et de l’égalité devant la loi.

L’initiative lancée par le président de la République sera-t-elle un nouveau départ pour entamer les réformes nécessaires ou bien un nouveau facteur pour le déclenchement d’une nouvelle crise politique ?

Cet avis est personnel. On pourrait sauver la Tunisie, s’il y a réellement une volonté de réaliser cet objectif. Mais, si on veut aussi généraliser l’échec à travers les concertations que les partis au pouvoir mènent actuellement, la situation sera catastrophique.

Faites attention, les ingrédients sont là pour un nouveau déclenchement populaire.

Quels sont les critères pour un gouvernement qui serait capable de diriger le pays dans pareille situation ?

La résolution des problèmes rencontrés exige la désignation d’un gouvernement révolutionnaire qui prendra en considération les objectifs fixés par la révolution.

Bien évidemment, on parle de la lutte contre la corruption, l’absorption de l’épineux problème du chômage et la promotion des régions défavorisées.

Quel serait le meilleur profil pour accomplir cette mission ?

Sans citer un nom précis, une personnalité de l’opposition sera à mon avis le meilleur choix pour relever ce défi… L’opposition est la bonne partie capable de résoudre les problèmes du moment.

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Dans un article publié par le  magazine français « Le Point », Benoît Delmas traitait le chef de l’Etat tunisien Béji Caïed Essebssi de “crocodile”.

“Depuis le 2 juin, on attend la fumée blanche qui annoncera le nom du sixième chef de gouvernement que la démocratie tunisienne aura connu en cinq ans. Rached Ghannouchi demeure vague sur l’issue des négociations entre lui et le crocodile de Carthage”, dit le journaliste.

On avait ainsi le “Tartour” sobriquet par lequel une agence de presse française avait traité l’ancien président provisoire Moncef Marzouki. Désormais c’est le “crocodile” qui remplace le Tartour. Mais c’est toujours un organe de presse qui le dit, cette fois-ci et en l’occurrence le Point qui le formule en ces termes : «  Rached Ghannouchi demeure vague sur l’issue des négociations entre lui et le crocodile de Carthage ». « Le référentiel politique demeure celui des élections législatives de 2014 », dit-il, afin de montrer que son parti est respectueux du vote des Tunisiens. Ainsi le gouvernement sera dirigé par un membre de Nidaa Tounes, le parti arrivé en tête avec 86 députés. Entretemps, Nida Tounes a vu ce nombre baisser et être ramené à 61, certains députés ayant claqué la porte après une succession de coups de force.

Et le Point d’ajouter : « Hafedh Caïd Essebsi, fils du président, codirige Nidaa Tounes. Une équation dont Ghannouchi est partie prenante. Chaque semaine, il se rend au palais présidentiel pour échanger avec le chef de l’État. Rien de ce qui se passe dans les coulisses ne lui échappe. BCE estimait durant la campagne que « choisir Ennahda, c’était choisir le Moyen-Âge ». La tactique a pris le pas sur les propos de meetings. Quand à l’avenir proche du pays, le septuagénaire déplore « le manque d’espoir » de ses concitoyens, plaide pour « un nouveau contrat social » tout en déplorant « l’explosion des demandes de droits sans tenir compte des devoirs ». « Le futur Premier ministre devra savoir communiquer avec les Tunisiens ». Décidément, on ne peut pas faire plus sage que le Cheikh. Un hiérarque du parti, vaguement ironique, décrypte : « Nous ne sommes pas modernes, nous utilisons la modernité ». Nuance ».

 

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D’abord, cette anecdote, véridique et malheureuse, d’un attaché de presse d’un des ministres d’Ennahdha. Un chargé de communication, dont le ministre ne veut plus car il refuse de lui cirer les pompes en matière de communication, mais qu’il ne voulait pas non plus virer  pour ne pas entacher la nouvelle image de son parti qui se transforme en chaton après des années de chacal.

Cette anecdote rappelle, à plus d’un titre, ce qui se joue depuis quelques jours, entre le chef de l’Etat Béji Caïed Essebssi et le chef du gouvernement Habib Essid.

Le premier, en vieux renard de la politique, a jeté sa «proposition» de gouvernement d’union nationale, comme un appât. Il verrouille sa proposition, sans en donner nul  détail et tout en laissant une petite porte de sortie à son chef de gouvernement qu’il avait accusé sans le dénoncer.

Le second, un grand commis de l’Etat, qui connaît toutes les arcanes des jeux de pouvoir à l’intérieur de l’Administration. Sans renier le mérite du «père-fondateur» de la seconde République et sans oublier de faire l’apologie de la coopération des deux têtes de l’Etat, il comprenait le jeu de son maître et s’en jouait un peu quelques fois. Il s’avèrera être, en définitive, moins bête que ne le pensaient ceux qui l’avaient logé à La Kasbah sans pour autant lui en donner toutes les clés.

BCE comptait sur un Essid qu’il aurait blessé pour démissionner, sans qu’il ait besoin d’user de la première des deux cartouches auxquelles il avait droit selon l’article 99 de la Constitution. Essid n’est manifestement pas encore prêt à se sacrifier ni à se faire crucifier au nom d’un intérêt de l’Etat qu’il estime, plutôt bien servir, de la manière et au rythme dont il le fait. La partie n’est donc pas encore gagnée, ni pour lui, ni pour BCE. Le seul perdant dans cette nouvelle guerre froide des chefs, c’est le citoyen tunisien qui s’apprête à vivre une nouvelle phase de transition politique.

Hammadi Jbali a démissionné. Ali Larayedh aussi. Habib Essid refuse encore de le faire, au nom du même intérieur supérieur de l’Etat qu’invoque BCE pour essayer de le remplacer. S’il le fait ou si BCE réussit à l’écarter, c’est une nouvelle période d’instabilité politique, d’incertitude économique et de jeu du chat et de la souris social. Les crédits qui devraient être débloqués par le FMI et la BM (Banque Mondiale) seront suspendus dans l’attente de jours meilleurs. Les projets qui devaient repartir, profitant du semblant d’accalmie sociale gagnée par Essid contre 6,5 milliards DT d’augmentations salariales, entreront de nouveau en hibernation. Des dizaines de politicards se remettront à palabrer, à marchander les postes et les fauteuils. Retour donc à la case départ, même si c’est autrement fait.

A choisir donc, entre continuer avec un Essid et son gouvernement qui ont déjà engrangé l’expérience de 18 mois, de tensions sociales entre grandes déculottées et petites réussites, de tentatives de faire quelque chose pour le pays, même sans y arriver toujours et recommencer la même expérience avec de nouveaux inconnus qui ont plus faim que ceux qui les ont précédés, il est plus logique de choisir le statu quo de la continuité. Avec une Ennahdha qui devient plus forte et politiquement plus vorace, ne rien changer reste le meilleur choix.

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Le chef de l’Etat, Béji Caïed Essebssi (BCE), a fait jeudi son annonce. On ne sait pas s’il ruminait cela depuis un certain temps ou s’il l’a fait à l’insu de tout le monde, y compris et surtout de son chef de gouvernement. Ce qui est certain, c’est qu’il avait reçu une journée auparavant le président de l’ARP et dirigeant de Nida Tounes, Mohamed Ennaceur, ainsi que Rached Ghannouchi, leader d’Ennahdha, parti de la coalition gouvernementale. Ce qui est certain aussi, c’est que la réaction du chef du gouvernement, qui semblait être bien au courant de ce qu’allait dire BCE et que tout le monde était au courant depuis jeudi de son passage sur Express FM ce vendredi, ne s’est pas faite attendre. «Je ne démissionnerai pas, Je ne démissionnerai pas, Je ne démissionnerai pas», semblait vouloir dire Habib Essid à ceux qui avaient prédit son départ et ceux qui comprendraient que BCE le désavouerait lors de son interview à la Wataniya.

Sur le plateau d’Elyes Gharbi et dans le faste d’un endroit inconnu, BCE a bien argumenté avec force chiffres chocs qui dépeignent clairement le cul-de-sac, économique et social, dans lequel s’empêtre depuis plus d’un an la Tunisie. Et même s’il y était allé du dos de la cuiller, il n’a épargné aucun des responsables de cette situation, c’est-à-dire, l’opposition radicale du Front Populaire qui rame à contre-courant de tous les efforts de sortie de crise, l’UGTT qui n’a de souci que de défendre les droits du travailleur, jusqu’à multiplier par plus de 2 la masse salariale en cinq années (6 Milliards DT en 2010, contre 13 Milliards DT en 2015) et les salariés du secteur minier qui arrêtent depuis cinq ans la production, sans oublier le patronat local qui rechigne à reprendre l’investissement dans cette conjoncture et empêche ainsi de donner le signal fort de la reprise aux IDE.

La proposition de BCE de recours à un gouvernement d’union nationale est, tout à la fois, inquiétante, démobilisatrice, politiquement intelligente, politicienne et malicieuse. Elle est même nouvelle, originale et porteuse d’optimisme. Mais elle sonne aussi comme la dernière cartouche gouvernementale pour un pays devenu ingouvernable pour et par son élite.

Politiquement intelligente, car elle prend de court toutes les autres propositions et initiatives de la scène politique. Il donne ainsi l’impression qu’il est à l’écoute de tout le monde, qu’il ne reste pas les bras croisés et qu’il essaie de rassembler tout le monde. BCE reste ainsi le maître du jeu et se positionne comme la force de proposition pour une sortie de crise, malgré les limites constitutionnelles de sa fonction de chef d’Etat.

Sa proposition de gouvernement d’union nationale est ensuite une nouveauté originale, dans la mesure où elle propose une troisième voie de gouvernance pour un pays devenu ingouvernable. Un pays où nul n’est assez fort pour gouverner seul, un pays en «1ère année de démocratie» et qui choisit le régime parlementaire lequel nécessite une maturité politique que l’élite politique n’a pas, un pays où la liberté dans son sens le plus étendu est montée à la tête de tout le monde comme une moutarde. En ouvrant le gouvernement à tous ceux qui voudraient y participer, BCE casse aussi l’image de la bipolarité politique dont on l’accuse d’avoir enfermé la vie politique en Tunisie et casse même l’image d’une entente indélébile avec le parti que tout le monde déteste cordialement, qui est Ennahdha.

Quelques semaines après l’avoir encensé, BCE donne le change à ceux qui l’accuseraient de soutenir un «loser», en disant que «le prochain chef de gouvernement, peut être Habib Essid ou un autre». Le chef de l’Etat n’écarte pas ainsi l’idée du départ d’Essid, sans pour autant le désavouer.

C’est aussi une initiative purement politicienne et malicieuse. Elle pousse, en effet, tout le monde dans la fosse aux lions et les embarque tous sur la même galère pourrie de la crise, politique, sociale et économique, qui a fait que ce pays devienne ingouvernable depuis plus d’une année après le fiasco de la Troïka. Qu’on y adhère ou qu’on la refuse, c’est tout le monde qui y gagnera ou qui y perdra, ensemble. Ou on arrive à tuer le lion pour sauver le pays et personne ne pourra et ne devra s’offusquer des méthodes et moyens pour le faire, ou on restera tous dans cette fosse aux lions et personne ne pourra en vouloir à personne.

Cette proposition de BCE ouvre certes une perspective, porteuse d’espoir, pour la sortie de crise. Elle donne pourtant un mauvais signal de démobilisation générale, d’abord par le fait d’avoir enfin dévoilé l’étendue de la crise économique et sociale et la profondeur de la crise politique. La démobilisation, administrative et économique, de tout un pays qui se met en attente de l’issue de cette proposition. Mais aussi les germes d’une possible mobilisation sociale pour parer à la démobilisation administrative et économique qui risquerait d’enfoncer encore plus le pays dans la crise.

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Connu pour ses interventions sur les plateaux télévisés et prompt à critiquer les décisions politiques prises par le gouvernement actuel

Le professeur en droit constitutionnel Kaies Saied a confié à Africanmanager ce jeudi 7 avril que l’actuel président de la République, Beji Caied Essebssi, est en train de chercher une légitimité perdue à travers son insistance pour réinstaller la statue équestre de Bourguiba à sa place initiale, à l’avenue du même nom.

Pour rappel, le retour de la statue équestre de Bourguiba a alimenté la polémique, surtout que des informations ont été relayées par plusieurs médias selon lesquelles ce projet est très couteux.
Ces informations ont été démenties par la suite par Essebssi, qui a indiqué lors de sa visite à Monastir pour la commémoration du 16ème anniversaire du décès de Habib Bourguiba hier mercredi 6 avril 2016 que la réinstallation de la statue ne va pas coûter 500 mille dinars.

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Pendant une cinquantaine d’années, la Tunisie a vécu sous un régime où le chef de l’Etat était l’Homme qui pouvait tout faire et qui faisait tout ce qu’il disait, aussi bien pour le simple citoyen qui l’arrêterait en pleine rue pour lui filer une plainte dans une enveloppe, que face aux Etats devant lesquels il représente le sien. Porté et protégé par son charisme de «Combattant suprême» et son aura de libérateur de la Tunisie du joug du colonialisme, Bourguiba aura été la meilleure incarnation du métier de chef de l’Etat. Après lui, Ben Ali a fini par transformer la démocratie en «Démocrature», mais aura quand même réussi à rester fidèle à l’image que se fait le Tunisien d’un chef d’Etat.

Pour l’actuel président, Béji Caïed Essebsi (BCE), il suffit juste de rappeler cette citation, écrite en 1829 dans «Le Bréviaire». «Qui ne sait gouverner sa famille, n’est pas propre à se mêler des affaires publiques». Sa famille étant le parti Nidaa Tounes qui aura été le «cheval de Troie» qui l’a amené à Carthage, il n’y a plus besoin de plus de détails pour faire l’accablant constat de l’amer échec de BCE. On rappellera juste qu’il a été élu sur la base d’un programme dont l’essence et presque le seul point était d’écarter Ennahdha de la gouvernance de la Tunisie de la 2ème République. Un programme qu’il  finira par jeter  à la poubelle, dès son entrée au palais de Carthage. Depuis, selon plus d’un observateur de la scène politique tunisienne, c’est un homme au statut de chef d’Etat, mais sans la stature. La dernière sortie médiatique du «vieux loup » de la politique, ce mercredi 30 mars 2016 sur les ondes de 9 radios publiques et de 2 radios privées, n’aura finalement été qu’une nouvelle démonstration de l’échec de BCE à être le chef de l’Etat, le PRESIDENT que la Tunisie de l’après Ben Ali attendait !

Pendant presque 80 minutes, c’est un habile homme politique qui palabrait et qui devisait, avec la manière  «Bajboujienne» qui est la sienne, avec trois journalistes. Eludant le vrai sens des questions qui lui étaient posées, esquivant, blaguant à sa manière et lançant des anecdotes du temps ancien, louvoyant, «noyant le poisson» comme le lui dira un des journalistes et tournant presqu’en rond autour des vrais réponses, il parviendra à faire de cette intervention, hyper-médiatisée, une vraie perte de temps, sans aucune décision ni mesures, claires et précises, qui annonceraient la fameuse «sortie de l’ornière».

On l’entendra, ainsi par exemple, répondre à la question, cruciale et primordiale pour un chef d’Etat, de l’autorité délabrée d’un Etat qui n’arrive même pas à faire respecter ses propres lois. Pour lui, en effet, «la question est un problème d’application. En ce qui me concerne et en vertu des prérogatives qui sont les miennes, j’ai parlé au peuple pour lui dire que l’autorité de l’Etat ne va pas. Le gouvernement, et il en est remercié, a affirmé qu’on doit aller dans ce sens». Il n’ira pas plus loin et ne donnera pas son avis, alors qu’il sait, comme tout le pays, que le gouvernement n’est pas allé dans le sens qu’il disait. Il aura tout de même avoué que ses prérogatives ne vont pas plus loin et c’est là tout le nœud gordien de la grande majorité de cette interview fleuve.

Il éludera par la suite le rappel du journaliste que «ce que vous appelez l’autorité de l’Etat, n’est pour d’autres que la déconfiture de l’Etat». Il dira que «nommer l’autorité déconfiture de l’Etat est une position politique» et se mettra, comme pour se déresponsabiliser, à rappeler le lourd héritage politique et financier et les réussites en matière de lutte contre le terrorisme !

En bon politicien, BCE oubliera que l’autorité de l’Etat s’impose, d’abord à l’intérieur, par la rigueur des décisions et l’application des lois. Il commettra même l’impair politique d’avouer, avec fierté, être intervenu auprès du chef du gouvernement pour permettre au Front Populaire de faire manifestation. C’était, pourtant, une décision en complète violation de  la loi sur l’état d’urgence. La question se pose donc, encore comme le rappelleront à juste titre les journalistes devant lui autour de la table du traité de l’occupation française avec le Bey et du traité de l’Indépendance, où est l’autorité de l’Etat, devant ce laxisme, du chef de l’Etat lui-même ?

Le journaliste reviendra à la charge, en disant à BCE que «vous êtes responsable de l’état dans lequel se trouve le pays» et qu’il a été élu pour faire appliquer les lois et restaurer l’autorité de l’Etat qui est à la base de toute action ou programme pour sortir le pays du «courant», ou «Corrinti» comme l’appelle le «Bajbouj» chef d’Etat. Il ne niera pas. Pourtant, lorsqu’il lui rappelle que c’est le gouvernement, proposé par le parti Nidaa dont il était le président, qui a échoué, il se rétracte et se remet à l’abri derrière le cocon de ses prérogatives de chef d’Etat qui ne lui permettent presque rien, faut-il le noter. «Je suis responsable dans les limites de mes prérogatives», rappelant encore une fois l’opposition à son initiative de réconciliation économique.

A quoi cela sert  au chef de l’Etat, sinon juste à palabrer, d’affirmer qu’il soutient Habib Essid et qu’il fait convenablement son travail, s’il affirme en même temps que ce n’est pas lui qui l’a désigné et qu’il est incapable de le destituer car il n’en a pas l’autorité constitutionnelle ?

A quoi cela sert-il au chef d’un Etat, sinon à parler juste pour parler, d’affirmer qu’il tient à Habib Essid, alors qu’il affirme à ses contradicteurs journalistes que «seul le résultat compte» et que, lorsqu’on lui demande quand viendra le temps des comptes, il sourit narquois pour dire «jusqu’à preuve du contraire». Il ajoute, avec le même malin sourire, au journaliste qui le tannait pour savoir quand, que «lorsque la lune sera au ciel» !

La Tunisie a-t-elle besoin d’un tel président ? Un président qui dit être responsable de tout, mais pas de la crise dans laquelle se noie le pays. Un président qui affirme être le chef d’un Etat et se dérobe derrière la Constitution pour ne rien faire pour changer les choses. Un chef de l’Etat qui dit n’avoir aucun poids sur la destinée de son chef de gouvernement et qui le soutient mordicus ?

Quelle est in fine la différence entre lui et ses prédécesseurs, sinon qu’il reste moins intempestif et un peu plus politiquement correct que Moncef Marzouki et beaucoup plus bavard que Foued Mbazaa ? A notre sens, BCE aura beau être élu, ce n’est plus le chef de l’Etat que mériterait son peuple !

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Le président de Nidaa Tounes

Le président de Nidaa Tounes, Béji Caied Essebssi serait le favori de la prochaine élection présidentielle, d’après un sondage de Sigma Conseil publié aujourd’hui jeudi 5 juin 2014, par le quotidien Al Maghreb. Essebssi arriverait ainsi en tête des intentions avec 23,3% et ce, après l’élimination de Mehdi Jomaa, actuel chef du gouvernement qui s’est engagé à ne pas se présenter aux prochaines élections.

Il est à rappeler que Jomaa s’est placé en tête de peloton des intentions de vote, avec 30,1% lors du dernier sondage. Le secrétaire général démissionnaire d’Ennahdha, Hamadi Jebali est le deuxième avec 12,8% des intentions de vote.

La surprise est la montée en flèche de Mohamed Abbou, secrétaire général du courant démocratique qui arrivait à la troisième position avec 8,8% des intentions de vote, suivi par Kamel Morjene, président du parti Al Moubadara.

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