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vendredi 25 septembre 2020
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Conflit libyen : La Tunisie et l’Algérie sur les marges de la diplomatie régionale !

Le Parlement égyptien s’est, par voie de vote, prononcé à l’unanimité le 20 juillet pour un déploiement de l’armée nationale en dehors des frontières du pays, ce qui pourrait l’amener à entrer en conflit avec l’armée turque à l’intérieur de la Libye. L’issue de cette bataille, si elle a lieu, est incertaine. Cependant, tout déploiement de troupes égyptiennes en Libye pour soutenir les forces de Khalifa Hafter sonne comme un nouveau glas dans une lutte plus longue – celle pour l’hégémonie diplomatique au sein du Maghreb, plaçant l’Algérie fermement en retrait.
Pour la Tunisie comme pour l’Algérie, le conflit en Libye est proche de l’existentiel. Tous deux partagent de longues frontières avec l’État nord-africain fracturé et tous deux en ont pâti, estime le site Al-Monitor. La Tunisie, déjà ébranlée par la perte d’un partenaire commercial clé, continue de se débattre avec des fermetures de frontières qui interrompent le flux d’argent, licite ou non, en provenance de son voisin. L’Algérie, pour sa part, doit consacrer une part croissante de ses caisses allant au financement des dizaines de milliers de militaires stationnés le long de sa frontière de quelque 600 miles avec la Libye ravagée par la guerre.
À la mi-juillet, les deux pays se sont rencontrés pour s’engager à intensifier leur dialogue avec les deux parties au conflit, tout en appelant à un cessez-le-feu immédiat. Il n’est pas clair si l‘appel a été entendu par le gouvernement d’entente nationale reconnu par les Nations unies ou les forces de l’armée nationale libyenne de Hafter.
« Une grande part de la diplomatie algérienne a, au fil des décennies, indirectement reposé sur une Pax Americana dans la région », a déclaré Jalel Harchaoui, un analyste de la Libye à l’Institut néerlandais Clingendael. « C’est-à-dire que l’Algérie a dû se débrouiller seule au fil des ans, mais en même temps, elle a longtemps bénéficié d’une forme de soutien américain », ajoute-t-il.
Aujourd’hui, avec le recul de l’influence américaine dans une grande partie de la région, l’Algérie semble vulnérable, tandis que ses propres rivalités régionales avec le Maroc sur l’avenir du Sahara occidental et avec l’Égypte, dont les troupes pourraient bientôt camper en Libye, pour le leadership politique du Maghreb, ont laissé le pays dans l’incertitude face à une escalade internationale écrasante à sa frontière.
La vérité est que la diplomatie algérienne n’a jamais vraiment été mise à l’épreuve d’une crise géopolitique aussi complexe ou aussi internationalisée que celle de l’actuelle Libye », a encore noté. Harchaoui. « Alger a connu par le passé des situations dangereuses comme au Mali, mais pas un imbroglio avec autant d’États impliqués dans des camps opposés. La crédibilité de l’Algérie dans le domaine diplomatique est à juste titre solide – mais il n’est pas du tout certain qu’elle puisse opérer une brèche dans le désordre actuel de la Libye ».
Le coronavirus est passé par là !
La pandémie mondiale a exacerbé les difficultés de la Tunisie et de l’Algérie à projeter leur influence. « Les finances des deux pays ont beaucoup souffert de COVID-19 », a fait observer l’analyste. Pour l’Algérie, cela s’est traduit, dans une période de baisse des prix de l’énergie, par une réduction drastique des dépenses afin de tenter de contenir la pandémie. Pour la Tunisie, dont l’économie est malmenée et qui attend désespérément l’arrivée des dollars du tourisme qui ne viendront pas cette année, la pandémie de coronavirus signifie plus de difficultés et une plus grande instabilité dans son Sud limitrophe de la Libye.
Selon Tarek Megerisi du Conseil européen des relations extérieures, cité par Al-Monitor, « alors que les efforts de la Tunisie et de l’Algérie concernant la Libye peuvent être discrets, cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas de rôle à jouer. L’Union Africaine, bien que son image en Libye soit quelque peu ternie après avoir été essentiellement financée par Kadhafi, est toujours présente et est en mesure de faire la différence ».
« Elle doit d’abord décider de la nature de ce rôle », a ajouté Megerisi. « Elle a essayé de jouer le rôle des Nations unies, ce qu’elle ne peut manifestement pas faire. Mais elle peut être inestimable sur des questions essentielles comme la justice transitionnelle et la réconciliation nationale. En utilisant les expériences de ses États membres pour aider à conduire les Libyens vers une sorte de stabilité ».
Cependant, pour l’instant, il semble que l’Algérie et la Tunisie n’aient pas d’autre choix que de regarder Ankara et Moscou se préparer à faire du marchandage sur l’avenir de la Libye et – à l’alarme d’Alger – l’Egypte se préparer à entrer dans la mêlée. Après des années de neutralité régionale féroce et d’innombrables proclamations politiques, peu de choses ont été réalisées pour aider à stopper la descente aux enfers de la Libye, conclut Al-Monitor.

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