AccueilLa UNECrise céréalière en Tunisie: La BERD appelée à la rescousse

Crise céréalière en Tunisie: La BERD appelée à la rescousse

La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) n’a pas décaissé un crédit de 150 millions d’euros en faveur de l’Office des Céréales, mais « la Tunisie a, déjà, déposé une demande de financement dans le cadre d’un projet cohérent pour la réforme de la filière céréalière, a affirmé, la cheffe du cabinet du ministre de l’Agriculture, Faten Khammassi.

D’après le site de la BERD, la banque étudie, d’ici 20 juillet, une demande présentée par la Tunisie à travers l’Office des céréales, pour bénéficier d’un crédit de 150 millions d’euros (environ 486,9 millions de dinars) pour renforcer ses achats des céréales.

Khammassi a fait savoir, à l’agence TAP, que des négociations avancées sont en cours concernant ce financement destiné à la restructuration de la filière céréalière et au renforcement des achats de la Tunisie en la matière, à la lumière de la flambée des prix sur le marché international, en raison de la guerre russo-ukrainienne.

Le stock de blé dur suffit pour 7 à 8 mois

La Tunisie dispose un stock de blé dur couvrant ses besoins de consommation pour une période allant de 7 à 8 mois et a préparé un programme qui s’étend jusqu’à janvier 2023, pour importer de quoi couvrir ses besoins en blé tendre, produit très prisé localement, tout en œuvrant à fournir les financements nécessaires à ces achats effectués périodiquement.

Pour la saison céréalière actuelle, la cheffe du cabinet affirme que les prix proposés par l’Office des céréales aux agriculteurs pour l’achat de ces denrées, sont irréversibles et que toute information sur la baisse des prix  relève de la rumeur.

Khammassi a souligné la portée de l’étape de la collecte dans la chaîne de la production céréalière, laquelle témoignera du patriotisme de l’agriculteur, appelé à tourner le dos aux intermédiaires et à vendre sa récolte à l’Office des Céréales, ce qui permettra de mobiliser les quantités requises pour réaliser l’autosuffisance dans ce domaine.

La BERD a fait observer que le crédit demandé par l’Office des Céréales, une structure étatique, responsable des achats de l’Etat en céréales et des opérations du stockage, de vente et de distribution, financera les besoins en capital de l’office.

Pour la Banque européenne, à la lumière de la guerre  entre la Russie et l’Ukraine et ses répercussions sur l’approvisionnement mondial en céréales ainsi que l’envolée sans précédent des prix, il s’agit d’apporter un appui à la Tunisie à travers un crédit susceptible d’assurer la liquidité pour les achats internationaux des céréales et partant de contribuer à préserver la sécurité alimentaire du pays.

C’est aussi une affaire de gouvernance !

Parallèlement à ce financement, la Banque œuvrera à mobiliser la coopération technique à l’effet de renforcer la compétence de l’Office des Céréales, et l’adoption par cette structure des meilleurs standards en matière d’affaires et de gouvernance outre la révision de la chaîne de valeur des céréales tunisiennes.

La balance commerciale alimentaire de la Tunisie a enregistré à fin avril 2022, un déficit de 823,2 MD contre un déficit de 574,4 MD durant la même période de l’année précédente, enregistrant ainsi un taux de couverture de 73% en 2022 contre 75,3% en 2021, selon l’ONAGRI.

En termes de valeur, les exportations alimentaires ont enregistré une hausse de 26,9% alors que les importations ont augmenté de 30,9%.

Le déficit enregistré est essentiellement le résultat de l’accroissement du rythme des importations des céréales (+25,1%), du sucre (+234,8%) et des huiles végétales (+67,5%) et ceci malgré la hausse des exportations de l’huile d’olive (+42,9%).

Le prix du blé dur a évolué de 93,4% par rapport à l’année dernière. Les prix des autres produits céréaliers (blé tendre, orge et maïs) ont connu une hausse variant entre 27% et 58%, principalement liée aux répercussions de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

La Tunisie  importe en général environ 50% de ses besoins en céréales et ce taux devrait atteindre 75% en raison de la dégradation des conditions climatiques, d’après l’ONAGRI.

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