AccueilLa UNEDans quel environnement économique mondial évoluera la Tunisie en 2021 ?

Dans quel environnement économique mondial évoluera la Tunisie en 2021 ?

Très rivée à son articulation avec l’économie mondiale, la Tunisie  fixe ses choix et détermine ses politiques  en fonction des ressorts auxquels renvoient les perspectives s’y rapportant. C’est  une constante dont on trouve régulièrement trace dans  les briefings mensuels du Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie et encore plus dans le rapport annuel de l’Institut d’émission. Sous ce rapport, l’opus  que vient de livrer la banque JP. Morgan  sur les perspectives  2021 vient à point nommé pour édifier sur la manière dont devra se construire l’approche économique et  financière durant l’exercice qui commence où les séquelles de la pandémie du coronavirus seront manifestes.

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JP.Morgan  constate que l’économie n’est pas encore totalement tirée d’affaire. Les gouvernements devront donc prendre de nouvelles mesures pour aider les entreprises touchées par les restrictions. Par conséquent, l’incertitude va perdurer. Même si elle suscite peut-être de l’anxiété concernant les investissements, la visibilité est meilleure dans certains domaines, ce qui est rassurant. Mais surtout, « nous pensons que le rétablissement de l’économie mondiale va se poursuivre ». En fait, vers la fin de l’été, l’économie mondiale semblait déjà en convalescence et certains secteurs tels que la technologie et l’immobilier se sont portés remarquablement bien dans le nouvel environnement. Partant de ce constat, la suite de cette convalescence dépendra probablement de Cinq grandes forces en 2021 : le coronavirus, les politiques budgétaire et monétaire, l’inflation, la valorisation des actions et le dollar.

Le la est donc donné  avec, en plus, rois grands risques pour les marchés (en plus du coronavirus) : un soutien de l’Etat insuffisant, une « guerre froide technologique » entre les Etats-Unis et la Chine et certains foyers de tensions géopolitiques. Mais il est certain que le  soutien des Etats a favorisé la reprise économique et, dans de nombreuses régions du monde, l’Etat restera au chevet de l’économie. Certains responsables politiques pourraient hésiter à en faire plus, invoquant l’envolée préoccupante de la dette publique. « Nous pensons que dans la plupart des pays, ils parviendront à la conclusion que les avantages à court terme d’un nouveau coup de pouce l’emportent sur les coûts potentiels à long terme », souligne la Banque.

Les investisseurs « nerveux »

JP.Morgan  fait remarquer que les  (nombreuses) incertitudes rendent les investisseurs nerveux. Pour calmer cette anxiété, elle dit avoir un plan articulé autour de trois thèmes : gérer la volatilité, trouver du rendement et saisir les opportunités créées par des tendances lourdes telles que la transformation numérique, l’innovation en matière de santé et le développement durable.

Pour composer avec la volatilité, il est estimé que les obligations « core » constituent la couverture la plus efficace contre la volatilité des actions, mais qu’il convient d’y associer d’autres classes d’actifs et véhicules de placement (comme les hedge funds). Sur le marché actions, certains types d’expositions peuvent s’avérer moins volatils que le marché dans son ensemble. Les entreprises présentant un bilan solide et un profil de croissance stable peuvent aider à protéger le capital dans un contexte de volatilité des marchés. L’avenir s’annonce sombre pour les investisseurs en quête de revenus. Il est possible que les trois principales banques centrales du monde ne relèvent pas leurs taux d’intérêt avant des années. Dans ces conditions, les investisseurs seront peut-être enclins à réduire leur allocation aux liquidités et à envisager d’autres moyens de maximiser le rendement de leurs réserves de liquidités stratégiques. Pour améliorer le rendement des obligations « core », nous pensons que les investisseurs doivent envisager d’augmenter légèrement la duration et de recourir à une gestion active pour les titres adossés à des créances hypothécaires, les obligations de collectivités locales et certains pans du marché des obligations d’entreprises « investment grade ».

2020 a été une année faste pour le développement et l’investissement durables ; l’indice S&P Global Clean Energy a vu son cours de bourse bondir de 100%. La transformation numérique a été la grande tendance du marché en 2020 car les entreprises et les ménages ont appris comment vivre dans un monde en ligne. Cependant, l’on commence à entrevoir dans quelle mesure la technologie va transformer les activités de production et de consommation (on pense  notamment à la 5G).

L’innovation en matière de santé (sa valeur et son importance) a été tragiquement mise en évidence par la pandémie de coronavirus. Néanmoins, la demande d’innovation en matière de soins ne date pas d’hier et est quasi omniprésente. Nous décelons une opportunité d’investissement majeure dans le domaine du dépistage et du diagnostic, pour le Covid-19 comme pour de nombreuses autres maladies. Avant même le début de la pandémie, le dépistage en laboratoire était l’activité médicale la plus répandue aux Etats-Unis, avec quelque 13 milliards d’analyses réalisées chaque année.

En outre, le développement durable est une tendance lourde qui s’amplifiera dans les années à venir. Nous prévoyons une avancée notable vers le développement d’une économie plus circulaire, notamment dans l’industrie agroalimentaire.

 A l’horizon 2030, l’économie circulaire pourrait générer 4.500 milliards de dollars de retombées économiques favorables au niveau mondial,  notamment en économisant 1,3 milliard de tonnes d’aliments gaspillés, 92 millions de tonnes de textile qui finissent dans les décharges et 170.000 milliards de litres d’eau consommés uniquement pour la production annuelle d’aliments.

Une meilleure visibilité –

La visibilité est meilleure dans certains domaines, ce qui est rassurant, se félicite JP.Morrgan, au motif que « es politiques monétaire et budgétaire resteront sans doute porteuses dans un avenir proche. Cela devrait encourager l’emprunt, l’investissement et la consommation et, au bout du compte, entretenir la reprise ». Au demeurant, 6 l’économie mondiale a déjà entamé sa convalescence, même si certains pays ont une longueur de retard.

Le vaccin ne sera pas la « panacée »

L’arrivée d’un vaccin contre le Covid-19 changera la donne, le moment venu. Mais ce ne sera sans doute pas la panacée en 2021. Heureusement, l’arrivée d’un vaccin ne constitue pas à nos yeux une condition préalable au retour de l’activité économique à son niveau antérieur à la pandémie dans certains secteurs et dans certaines zones géographiques (y compris aux Etats-Unis). Le coronavirus reste un risque important, mais nous pensons que son impact sur les portefeuilles d’investissement devrait s’atténuer en 2021, prévoit la Banque.

Concernant enfin le Dollar, la majeure question le concernant es de savoir  s’il va encore se déprécier ? Probablement, répond JP.Morgan mais guère plus par rapport aux niveaux actuels. Les capitaux qui ont trouvé refuge aux Etats-Unis devraient en sortir, en quête d’opportunités offrant un rendement plus élevé à mesure que la reprise de l’économie mondiale se poursuivra. Les investisseurs doivent faire attention à leur risque de change et réfléchir aux bénéficiaires d’une dépréciation du dollar, comme les devises émergentes. La dépréciation du dollar se traduit également par un assouplissement des conditions financières pour de nombreux pays émergents, ainsi que pour les entreprises qui réalisent leur chiffre d’affaires en monnaie locale mais dont la dette est libellée en dollars.

Cette dynamique serait également de nature à soutenir la reprise économique dans les pays émergents et nous rend plus optimistes à l’égard des actions émergentes, conclut la Banque.

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