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Des candidats, la tête dans les étoiles et les pieds dans la gadoue !

Longtemps, le chef du gouvernement, candidat malheureux des dernières présidentielles anticipées et même pour les recours en justice, Youssef Chahed avait répété que la Tunisie n’est plus sous menace de banqueroute. Il semble pourtant que ceux qui l’ont battu et abattu, s’en vont encore une fois le contredire et démontrer que tout ce qu’il avait dit et fait pendant des années, si peu soit-il, n’est pas vrai, aussi positif pour le pays soit-il.

Voici en effet, bientôt deux mois, que toute l’économie du pays est à l’arrêt. En juillet 2019 déjà, l’indice de production industrielle enregistrait une baisse de 3 %. Un mois après, en août dernier, les exportations reculaient de 4 % et les importations de 8%. De leur côté, les déficits de la balance commerciale et l’inflation augmentent. Entretemps, il est vrai, les réserves en devises s’améliorent et dépassent les conventionnels 90 jours d’importation, le taux de change s’améliore aussi, quoique de peu aussi, et la liquidité également. On aura beau évoquer, de façon optimiste et positive, toutes ces petites améliorations de certains ratios financiers, les fondamentaux de l’économie du pays n’en restent pas moins fragiles.

Il est connu que toute amélioration dans n’importe quelle activité, reste tributaire de maintenance pour devenir pérenne. La maintenance, c’est un travail, ardu et continu d’amélioration des ratios en question, tant en amont par le maintien d’une politique financière qui aille dans ce sens, qu’en aval par le retour au travail et à la production, notamment dans les secteurs pourvoyeurs de devises (engrais, pétrole et tourisme), la hausse des exportations, et la rationalisation de l’importation. Le tout n’étant possible que par un minimum de stabilité politique. Une condition sine qua non, estime l’agence de notation Fitch Ratings dans une récente note sur la conjoncture, notamment politique de la Tunisie.

Or, il se trouve que personne parmi tous ceux qui font la course aux obstacles pour les présidentielles, comme pour les législatives, ne semble attacher de l’importance ou même parler de cette essentielle condition de la stabilité politique pour la Tunisie, afin de se retrouver toujours en condition de relever les défis de la prochaine quinquennie.

  • Des candidats qui font des promesses, destructrices pour l’économie, les finances et l’emploi

Le FMI, par exemple, attend la fin des élections pour savoir avec qui il va négocier la poursuite de l’aide financière dont la dernière tranche n’a pas encore été versée. Faute de quoi, le prochain gouvernement, dont le budget est déjà dit à la hausse de presque 7 milliards DT, pourrait être en difficulté, si ce n’est pas en défaut, pour les trouver.

L’Union européenne, dont la France, avec laquelle le candidat Kais Saïed et son quarteron de partis révolutionnaires veulent réviser toutes les conventions, risque aussi, au moins de ralentir la cadence de ses aides et ses projets sur la Tunisie. Derrière elle, ce ne sont certainement pas les pays du Golfe qui vont mettre promptement la main dans la poche pour créer de l’emploi aux Tunisiens qui l’attendent. Les entreprises dont le même candidat et sa même escouade de partis les soutenant, proposent la nationalisation pure et simple, s’embourberont encore plus dans le déficit. Il faudra, là aussi, trouver de l’argent pour y pomper du jus en salaires et subventions. Et ce ne seront pas les Etats occidentaux, ni même orientaux, qui viendront financer une révolution.

Ce ne seront pas, non plus, les IDE qui resteraient, ou encore moins viendraient dans un pays où l’Etat nationalise, ni même dans un pays qui planifie la destruction de tout son appareil administratif de gouvernance, qui accepteront d’aller, à chaque projet, négocier avec l’autorité du coin, dans un pays qui ressemblera plus à la Libye de Kadhafi qu’à la Tunisie de Bourguiba  !

Tous ces candidats aux présidentielles comme aux législatives, n’en ont cure ni pensé à faire tourner leurs langues dans leurs bouches, sept fois, avant de lancer des propositions telles que celles de Saïed ou de Makhlouf, qui déblatère contre la France et voudrait renvoyer son ambassadeur tout en affichant ses photos de vacances à «Paghi».

Tous semblent avoir la tête dans les nuages de leurs promesses et des rêves de Carthage ou de la Kasbah, et les pieds dans «le fumier » des difficultés, du budget et du citoyen. Un fumier, comme un sable mouvant, dans lequel ils s’enfoncent sans se rendre compte de la difficulté à réellement réaliser leurs rêves et ceux de leurs concitoyens, avec les aberrations, politiques et économiques, qu’ils profèrent quotidiennement !

Tous, ou presque, se tirent dans les pattes à coup de fusils [politiques] à canons sciés, lors des meetings populaires, construisent pour leurs électeurs des châteaux en Espagne et évitent de parler de l’impact, financier et social, de leurs propositions, ni de la manière de trouver l’argent pour construire ces châteaux !

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