Du thé au Sahara des programmes. Et alors qu’il discute encore, la...

Du thé au Sahara des programmes. Et alors qu’il discute encore, la viande* est à 40 DT

par -

Habib Jemli fait le buzz. Mais pas parce qu’il aurait réussi l’impensable : former le gouvernement. Mais simplement par sa veste saumon et ses chaussettes blanches de nouveau locataire (Mais des goûts et des couleurs, on ne discute pas) en CDD, à Dar Dhiafa.

Autrement, Habib Jemli discute encore et patauge dans la palabre. Tous les partis qui comptent, ou presque, lui ont dit non. Le presque, c’est Ettayar de Mohamed Abbou. Sauf que ce n’est pas lui qui l’a convaincu, mais c’est Ennahdha qui l’a fait, en acceptant de lui donner les ministères de la Fonction publique et de la Justice. Abbou pourra ainsi enfin jouer du karcher, comme il le voulait en 2012, et dresser les potences comme il l’avait promis depuis 2011.

En attendant, aussi, Jemli reçoit tout et tous, ceux qui valent quelque chose et ceux qui ne valent pas grand-chose. Le CdG (Chef de Gouvernement) sous contrat CDD, discute pourtant toujours, jusqu’à donner l’impression de vouloir réveiller les morts, notamment lorsqu’il reçoit le Ben Jaafar d’un ancien «Ettakattol» qui a bu la tasse dans toutes les élections et qui n’arrive pourtant pas toujours à faire son deuil du pouvoir, comme Moncef Marzouki qui vient, enfin, de se retirer de la vie politique.

  • Un chef de gouvernement en CDD, et qui rêve d’un gouvernement

Pendant ce temps, l’économie tunisienne, si elle ne se détériore pas, stagne et «celui qui n’avance pas recule». La dernière note de conjoncture de la BCT pourrait donner l’illusion que les choses s’améliorent. «Stabilisation de l’inflation globale, en septembre 2019, au même niveau du mois précédent. Atténuation du déficit courant (6,4% à fin septembre 2019 contre 8% une année auparavant), à la faveur du resserrement de la politique monétaire qui s’est conjugué à la bonne tenue des recettes touristiques et des revenus du travail. Baisse sensible des besoins des banques en liquidité en septembre 2019 occasionnée, d’une part, par un retour important des billets de banque, et d’autre part, par la hausse des opérations de vente de devises par les banques à la BCT. Et relative détente du TMM, au mois de septembre 2019, en s’établissant à 7,82%, traduisant l’amélioration graduelle de la liquidité bancaire». On serait presque tenté de commenter par un «tout va très bien Madame La Marquise».

Il serait plus juste de dire que certains ratios s’améliorent, mais au prix d’un effort de politique monétaire, non consolidé par un effort semblable au niveau de la politique économique. On se demande aussi si le CdG sous contrat CDD le sait et s’il a un plan d’action pour appuyer et renforcer la politique monétaire, qui a , somme toute, ses limites, par un quelconque programme économique.

  • Jemli palabre autour d’un thé dans le Sahara !

A entendre presque tous ceux qu’il rencontre à la maison des hôtes (Dar Edhiafa), les discussions et les séances de palabre ont traité de tout sauf de l’économie. Et à entendre la déclaration de Mraihi à la sortie de l’une des séances de «thé au Sahara» des programmes économiques à Dar Edhiafa, on comprend que Habib Jemli est encore loin de son gouvernement. Et s’il le fait, il ne sera point fait de compétences et basé sur des programmes détaillés pour sortir la Tunisie de sa crise économique, chaque jour plus aiguë. La Tunisie qui le regarde chaque jour, tentée par le désespoir d’un choix qui se présente comme un échec, ne connaît même pas le profil de son gouvernement, puisqu’il ne parle toujours pas de noms avec ses invités au « Tea parties» de Dar Edhiafa.

Et Jemli palabre toujours, alors que Taboubi annonce une bonne surprise aux fonctionnaires dans quelques jours. Probablement une nouvelle augmentation salariale qui alourdira la masse salariale, diminuera le budget de développement et creusera l’inflation !

Selon l’INS, «en octobre 2019, les prix de l’alimentation augmentent de 6,6 % sur un an) 7,3% en septembre 2019(. Ce taux est expliqué par l’augmentation des prix des légumes 9,6%, des fromages et œufs de 7,4%, des viandes de 7,2%, des fruits de 6,4% et des boissons et jus de 6,3%». Dans les grands magasins, la viande deviendrait presqu’inaccessible, tout comme les simples légumes. Et Jemli palabre toujours autour d’un thé dans le Sahara !

 

*Il s’agit en fait, selon l’enseigne en question, et comme le montre la photo que nous avons vérifiée avec ladite enseigne, de deux morceaux de filet de bœuf, pièce jugée «noble», et conditionnée selon les normes d’hygiène, ce qui justifierait le prix de 40 DT/Kg. Pour le reste, chez la même enseigne, la viande serait à 29 DT, et nous dit-on, moins chère que chez d’autres enseignes.

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire