Le directeur de l’économie numérique au ministère des Technologies de la communication, Wissam Malki, a qualifié d’action pionnière la promulgation de la loi dite « Startup Act » organisant le travail des startups en Tunisie, signalant que plus de 20 pays africains se sont dotés d’une législation analogue en s’inspirant profondément du modèle tunisien.
Dans un entretien exclusif avec African Manager, Wissam Malki a évoqué le lancement en avril 2019 du Programme Startup Tunisia qui vise à faire de la Tunisie un Hub dans le domaine des startups à très haute valeur ajoutée.
Il a indiqué qu’en l’espace de ces trois dernières années , d’avril 2019 à mai 2023, ce programme a permis d’attribuer le label de startup à 903 entreprises innovantes tunisiennes ayant contribué à la création de 4500 emplois de qualité.
Le directeur de l’économie numérique s’est inscrit en faux contre les déclarations liant la réussite des startups à leur internationalisation, affirmant que la loi tunisienne relative aux startups incite et encourage l’internationalisation et l’établissement de rapports de partenariats avec les entreprises étrangères, cependant il est complètement erroné de conditionner leur succès à l’installation à l’étranger , a-t-il dit ajoutant qu’une vingtaine de startups tunisiennes seulement ont tenté leurs chances à l’étranger. Il a insisté toutefois sur la nécessité d’améliorer les opportunités d’investissement et l’environnement socioéconomique des startups, en Tunisie, afin qu’elles puissent donner toute la mesure de leurs capacités dans leurs domaines d’activité, notamment en matière d’innovation technologie qui constitue leur principale mission.
Reste que, selon lui, le Programme Startup Tunisia a pu accomplir 40% seulement de ces objectifs, car le but fixé est de labelliser 1000 startups et créer au total 10 mille emplois, d’ici fin 2024, contre les 903 startups labellisés et 4500 emplois générés jusqu’à présent.
Le directeur de l’économie numérique s’est dit néanmoins satisfait du rythme mensuel actuel d’attribution du label de startup qu’il a jugé de respectable, assurant qu’un des objectifs des autorités est de créer des startups performantes, « les startups licornes », et la réalisation d’un chiffre d’affaires d’un milliard dinars, au vu de ce que peuvent faire ces entreprises innovantes. Il a rappelé à cet égard que plusieurs grandes sociétés actives sur la scène mondiale comme les sociétés facebook et google étaient à l’origine des startups.
Accès aux marchés
Wissam Malki a évoqué le rôle que doit jouer le Fonds des fonds dans le financement des startups signalant qu’il va consacrer dans une première étape 200 millions euros à ce volet, d’autant qu’outre le financement direct, ce Fonds des fonds est appelé à créer une nouvelle dynamique d’investissement en matière d’innovation.
Il a noté que la plateforme électronique relative à l’enregistrement des startups fonctionne de façon normale, à part quelques problèmes techniques qui surviennent de temps à autre.
Le Programme Starup Tunisie entre dans le cadre de la stratégie nationale visant à l’incitation et l’encouragement de l’économie numérique, l’innovation technologie à la lumière des dispositions de Startup Act qui a fait de la Tunisie le premier pays dans la région arabe et africaine à se doter d’une législation moderne en la matière, devenue une source d’inspiration pour les arabes et les africains.
Le directeur de l’économie numérique a passé en revue les avantages de Startup Act, signalant l’octroi au promoteur d’une startup, qu’il soit du secteur public ou du secteur privé, d’une prime consistant en un congé payé d’une année, parallèlement à d’autres avantages portant sur des exonérations fiscales et des prises en charge des cotisation sociales, outre la qualité de client agrée auprès de la douane tunisienne qui permet au directeur de la startup de bénéficier de facilités douanières diverses.
Le directeur de l’économie numérique a abordé, en outre, le projet du nouveau Code de changes et du projet de révision de la loi d’incitation à l’investissement de 2016 sur lesquels se penche actuellement le gouvernement. Il a confirmé qu’ils vont donner une nouvelle impulsion à l’investissement en général, en particulier dans le domaine de l’innovation technologique et les secteurs à haute valeur ajoutée.
200 millions d’euros
Notons que le fonds de fonds ANAVA a été lancé afin de permettre aux acteurs de l’écosystème de l’entrepreneuriat innovant d’accéder aux financements dont ils ont besoin pour se développer.
Le Fonds de Fonds a une taille cible de 200 millions d’euros et vise à investir dans plus de 13 fonds d’investissement dédiés aux startups à chaque stade de développement (Seed Stage, Early Stage et Late Stage).
De manière générale, ce Fonds de fonds s’inscrit dans le cadre d’un programme national, Startup Tunisia, dont la gestion est confiée à Smart Capital et qui repose sur 3 axes principaux, savoir l’axe relatif à Startup Act en tant que cadre juridique unique dédié aux Startups qui se lancent ou s’installent en Tunisie, l’axe relatif à Startup Invest en tant que cadre d’investissement dédié aux Startups construit autour du Fonds de Fonds d’une taille cible de 200 M€ et soutenu par un incubateur de GP (société de gestion) ainsi qu’un Fonds de Garantie des Startups, et enfin un troisième axe relatif à Startup Ecosystem en tant que cadre de soutien pour les organisations de soutien aux écosystèmes (OSE) et les Startup.
Sur le plan politique, le gouvernement a multiplié dernièrement les gestes de sollicitude envers l’économie numérique et les startups. La cheffe du gouvernement Nejla Bouden a reçu, en début de semaine, une élite de promoteurs de startups tunisiennes ayant réussi à s’affirmer à l’échelle internationale, disant apprécier hautement leur parcours, de véritables success stories propres à inspirer et guider positivement la jeunesse tunisienne, a-t-elle dit.
De son côté, le CEPEX a consacré, vendredi 23 juin, ses rencontres périodiques sur l’exportation à l’internationalisation des startups tunisiennes, signant à cet effet un programme de coopération avec l’ONG Tunisian Startups, fondée en 2016 pour fédérer les acteurs du domaine en Tunisie et défendre leurs causes.
Le CEPEX et Tunisian Startups ont notamment convenu de coopérer pour lever des fonds en vue de faciliter l’accès des Startups aux marchés internationaux.
L’accès aux marchés constitue le souci de tous les jeunes promoteurs de projets, sans distinction, en Tunisie.
S.B.H








