AccueilLa UNEEntre piques et répliques, la crise se corse

Entre piques et répliques, la crise se corse

La tentative des ambassadeurs, européens et américain, d’entreprendre une  médiation entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement tunisien semble avoir échoué. L’internationalisation de la crise entre les deux têtes de l’Exécutif ne semble en effet pas avoir à changer les positions de l’un ou de l’autre. L’affaire dure depuis le remaniement ministériel du 16 janvier 2021, lorsque le chef de l’Etat refuse de recevoir 11 ministres  dont la confiance a été votée par le parlement, pour la cérémonie de prestation de serment.

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Et depuis bientôt deux mois, c’est un gouvernement, avec presque la moitié de ses membres qui est obligé d’être au four et au moulin, à gérer temporairement des départements qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre. Des ministres, dont ne résiste que celui de la santé, à exercer toujours, bien qu’ayant été déjà remercié par l’ARP. Plus de cinquante jours, sous une crise qui se corse jour après jour, au gré des piques, des répliques et des mots assassins, des uns pour les autres, entre Kais Saïed et Rached Ghannouchi d’une part, et entre Saïed et Mechichi de l’autre.

–        Mechichi, nœud gordien de la crise que tient Saïed entre les mains et serre avec Tabboubi

Vendredi dernier, Noureddine Tabboubi, l’un des trois pompiers-pyromanes, déclarait que « la présidence n’a pas interagi positivement avec l’initiative du syndicat d’organiser un dialogue national et a conditionné cela par la démission de Hichem Mechichi pour le début du dialogue ».

Ce deuxième « Dialogue national » après celui d’octobre 2013, devrait être d’essence politique et avoir en tête des points de son ordre du jour, comme le premier, la démission du gouvernement. Un 2ème dialogue, qui reste improbable, le chef de l’Etat ayant déjà refusé d’y laisser participer des partis, qu’il juge sans les nommer, des symboles de la corruption. Une corruption, dont la simple accusation et en déni du principe de la présomption d’innocence, devient un instrument politique de gouvernance. En face, Mechichi voudrait un dialogue national, purement économique et social, qui lui fixerait par consensus, la feuille de route des réformes demandées par les bailleurs de fonds.

Dans la même déclaration de vendredi dernier, Tabboubi a expliqué que « le début du dialogue national est devenu lié, selon les indications que je reçois, à la démission du chef du gouvernement. Que Mechichi démissionne, et nous procédons directement au dialogue. Mais nous, en tant que syndicat, et partant de notre conviction du rôle dans la création d’un équilibre entre les différentes parties, nous ne pouvons demander au chef du gouvernement de démissionner ». Il est ainsi clair que la personne de l’actuel chef de gouvernement devient le nœud gordien de la crise. Un nœud que tient le chef de l’Etat entre les mains, soutenu par l’UGTT, qui a pris l’habitude de changer tout chef de gouvernement qui ne lui plairait pas.

–        Réponse du berger à la bergère

« J’ai déjà déclaré que la démission n’est pas à l’ordre pour moi. Notre pays a besoin de stabilité, à un gouvernement qui réponde aux aspiration de son peuple. Je ne démissionnerai pas, car j’ai des responsabilités envers ce pays et ses institutions démocratiques. Pour l’instant, nous travaillons sur un programme de réforme économique, des préparatifs à des rencontres avec les bailleurs de fonds et les partenaires économiques de la Tunisie, et une rencontre avec les partenaires sociaux sur la conduite de ces réformes. Nos mains restent tendues, pour un dialogue, économique et social, c’est ce qui nous intéresse et intéresse le Tunisien. Le reste est perte de temps, et je n’ai rien à voir avec les batailles contre les moulins à vent, et ne m’intéressent pas ». Cette nouvelle déclaration de Mechichi est venue en réponse à ce qui avait été déclaré  par le secrétaire général de l’UGTT.

Cela, bien qu’on ne manque pas de déceler  presque dans cette dernière déclaration de Tabboubi une petite nuance, lorsqu’il dit que « nous ne pouvons demander au chef du gouvernement de démissionner ». Il est vrai que Mechichi a jusque-là signé tout ce que lui demande l’UGTT, quitte à ne pas encore disposer de l’argent nécessaire ! Déjà fort du soutien d’Ennahdha,  Mechichi, un soutien concrétisé par la « démonstration de force » du 27 février dernier, aurait-il réussi à tempérer la position de l’UGTT à son égard ?

–        En attendant, l’économie tunisienne brûle !

En attendant, Hichem Mechichi continue de prendre des décisions  à impact financier certain sur les dépenses de l’Etat. Dernier exemple, l’ouverture de 2400 postes de recrutement sur trois ans pour les professeurs universitaires et les chercheurs, et 600 autres dans la fonction publique pour les doctorants au titre de chercheurs. De son côté, le chef de l’Etat s’évertue à se confectionner des occasions pour attaquer tout le monde, au titre de sa croisade verbale contre la corruption. Dernier exemple, onze minutes passées à régler des comptes personnels devant 3 vieux parents éplorés  par la mort de leurs enfants en martyrs de la révolution, et fatigués d’attendre des aides qui ne viennent pas. Et d’expliquer à ces incrédules, dans un langage littéraire châtié et dans un discours professoral et plus que politisé, que la cause de tous leurs problèmes sont les autres. Et de nouveau à leur faire croire que la Tunisie n’est pas en situation de banqueroute, et que d’autres dilapident l’argent, avant de s’en remettre à Dieu pour les punir.

Aux dernières nouvelles, un jeune entrepreneur tunisien parti s’installer aux USA, tentait d’importer des marchandises de son pays natal. Ses conseillers financiers américains le lui ont cependant déconseillé. « C’est un pays financièrement risqué, et où il n’est pas facile de se faire rendre justice », lui ont-il dit !

2 Commentaires

  1. La conclusion :
    Pour que les affaires des Tunisiens s’améliorent, il faut que le pays soit doté d’une justice, non influencée par des pressions exogènes. Une justice compétente, courageuse, juste et crédible aux yeux de tous. Une justice capable d’éjecter les coupables de la décadence de notre pays hors nuisances quelques soient leur grade social. On constate ainsi que depuis 2011, la Tunisie fonctionne sans régulateur autonome, hors portée des hégémonistes politiciens et financiers.
    C’est d’abord une affaire de mental collectif à restaurer et de discipline sociale à éduquer à tous les Tunisiens, quelque soit l’âge et la position sociale et financière.
    La gérance de notre pays a coûté trop cher, car le Tunisien, qui était soumis à ce qu’ils ont appelé dictature, a été induit en erreur par les images qui lui ont été façonnées. Presque tout le monde a confondu entre démocratie et anarchie. Ainsi, personne ou presque ne sait comment ou par qui est géré notre pays surendetté à cause de la course vers les chaises et le vouloir de l’hégémonie d’un groupe influent sur un autre. Ils ont massacré des générations et ont dilapidé les richesses humaines et financières du pays. Nous avons besoins d’une véritable justice qui nous rende justice de ces malfaisants

  2. YA mechichi, tu as échoué dans la gestion des affaires du pays et tu as enfoncé le pays dans l’inconnu avec tes recrutements injustifiés, le pays est en faillite par ton laxisme et ta politique économique nulle comme toi. En plus tu as trahis celui qui t’a nommé. Tu t’es mis dans les bras des terroristes islamistes, parti des assassins et des criminels ainsi que des partis corrompus. Les tunsiiens ne veulent pas de toi, tu dois démissionner et jugé par un tribunal militaire pour la mauvaise gestion du pays. Le dialogue se fera san toi.

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