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Essid : Oui, les choses vont mal ! Oui les solutions existent ! Juste un peu de patience et d’optimisme

Vagues de protestation contre le chômage qui agitent depuis une semaine le pays, misère et exclusion sociale dans certaines régions, croissance en berne, secteur touristique tué et la situation économique n’a pas évolué depuis cinq ans. Le chef du gouvernement Habib Essid  s’est expliqué, dans une interview accordée samedi soir aux chaines Al Wataniya 1 et Nessma TV.

« Ces problèmes sont dus essentiellement à l’accumulation de plusieurs décennies de marginalisation », mais, dit-il, « les solutions existent, il faut un peu de patience et d’optimisme. « 

Le Chef du gouvernement s’est d’abord félicité de la maîtrise de la situation sécuritaire face à la violence et au vandalisme qui secouent actuellement le pays et du fait qu’aucune bavure n’a été commise ni par les forces sécuritaires ni par les forces militaires qui, dit-il, ont fait preuve d’une forte maitrise de soi et de discernement.

« La situation sécuritaire est sous contrôle, malgré la poursuite des mouvements protestataires dans différentes régions », et félicité les bravoures de la police et l’armée, affirmant que les mouvements protestataires ont eu lieu dans différentes régions parce que les jeunes veulent travailler.

Il a été reproché à Habib Essid que son gouvernement est sans vision, ni programme, ni leadership. « Vous n’avez qu’à regarder la Note d’Orientation du Plan stratégique de développement économique 2016 -2020, dont le programme de développement est destiné à ces régions et prévoit l’embauche des chômeurs en plusieurs étapes », s’est défendu le premier ministre en rappelant que parmi les priorités du programme gouvernemental, la relance des projets bloqués et gelés dont la valeur s’élève à plusieurs millions de dinars.

À cet égard, le chef du gouvernement a annoncé que 100% des fonds consacrés aux régions marginalisées ont été débloqués en indiquant que 5 300 millions de dinars ont été consacrés au développement régional.

Par ailleurs, le chef du gouvernement a indiqué que certains individus ont voulu profiter de la situation actuelle du pays pour s’adonner au pillage et au vol citant au passage certains partis politiques qui « sont contre le style de vie des Tunisiens et cherchent à déstabiliser le pays par tous les moyens ».

 Interrogé sur sa déclaration accordée à la chaine France 24, le chef du gouvernement a précisé que cette entrevue a été programmé bien avant son départ en Suisse et le plus important, tranche-t-il, ce n’est pas ma présence physique mais de communiquer avec le pays et de faire parvenir l’information.

 « Tous mes ministres et moi-même avions visité les citoyens dans les dix gouvernorats les plus défavorisés et j’ai même parlé avec beaucoup d’entre eux et pu ainsi prendre connaissance et constater la réalité de la situation », indiquant que le gouvernement a établi un programme clair et bien défini pour le développement de ces régions et notamment par la relance de nombreux projets qui étaient, jusque-là, à l’arrêt, s’est-il défendu.

 « Il ne s’agit pas de prendre et d’annoncer des décisions hâtives et irréalisables pour calmer les tensions surtout dans un contexte où notre pays a été frappé par le terrorisme qui a bloqué le processus du décollage de l’économie », fait-il constater, en persuadant que la corruption reste un phénomène bien réel qui revêt une importance cruciale pour le gouvernement. « Cela prendra du temps » a-t-il précisé.

Pour finir, le Premier ministre, Habib Essid, a rappelé que la situation actuelle du pays est difficile sur le plan sécuritaire et économique, sans, pour autant annoncer des mesures concrètes pour s’attaquer aux problèmes persistants du chômage et de la corruption, mais, conclut-il, « il y a de l’espoir et il faut rester optimiste. Des mesures sont engagées et d’autres le seront dans un proche avenir. Le problème de l’emploi est prioritaire et c’est notre objectif. »

« Il faut penser à encourager l’investissement et encourager les jeunes à lancer leurs propres projets et le gouvernement va tout faire dans ce sens, car, aujourd’hui, l’emploi dans l’administration tunisienne n’est plus possible sachant qu’elle emploie trois fois le nombre de fonctionnaires dont elle a besoin » a fait observer Habib Essid.

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