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mardi 22 septembre 2020
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Gaz algérien : Comment la Steg a pu gagner 350 MDT par an ?

Comme elle l’avait déjà annoncé, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) bénéficiera de la réduction de 10% sur l’ancien prix contractuel d’achat du gaz algérien après l’approbation par l’Algérie du renouvellement du contrat d’achat du gaz algérien au terme des des négociations entre les deux parties.

Ces nouveaux prix contractuels sont appliqués à partir de juin 2020. Ceci devrait réduire le coût de la facture d’achat du gaz algérien de 350 MDT par an, et prolonger également le délai de paiement de 15 jours à 30 jours. Le tout, en maintenant les quantités contractuelles, actuellement, estimées à 2 milliards et 500 millions m3 par an pour la période 2020-2025, et en augmentant les quantités contractuelles à 3 milliards m3 pour la période 2026-2029.
Comment la STEG, qui avait entamé des négociations, depuis avril 2018 jusqu’au mois de juin 2020, y est-elle arrivée ? La réponse se trouve dans la note confidentielle sur la stratégie de négociation, envoyée alors par le ministre chargé des Réformes majeures, Taoufik Rajhi, au Chef du gouvernement et transférée au ministère de l’Energie et à la Steg, qu’Africanmanager a pu consulter, et qui a servi de base pour l’équipe des négociateurs.
On y lisait que la recommandation finale est d’obtenir une réduction de prix d’au moins 10 %. La note est technique et argumentée, et fixait pour l’équipe tunisienne de négociation, l’objectif d’assurer deux éléments essentiels.

D’abord, de pouvoir être approvisionnée en quantités suffisantes pour les besoins exprimés. Ensuite de négocier une baisse du prix de vente appliqué à la Tunisie, et se rapprochant des prix appliqués à l’Europe. Ce souci est motivé par le constat que le prix du gaz algérien acheté par la Tunisie est 20% plus cher que celui appliqué pour l’Europe. Plus spécifiquement, et pour les dernières années 2017, 2018 et 2019, le gaz algérien par rapport à celui du prix de la redevance s’établit comme suit :

2017 : le prix appliqué à la Tunisie est de 21 % plus cher que celui appliqué à nos voisins européens.
2018 : le prix appliqué à la Tunisie est de 30% plus cher que celui appliqué à nos voisins européens.
2019 : le prix appliqué à la Tunisie est de 28% plus cher que celui appliqué à nos voisins européens. D’où la nécessité de renégocier les termes du contrat.

La note critiquait l’ancien système de fixation des prix du contrat signé en 1997, et qui prévoyait deux formules qui peuvent être appliquées à la Tunisie, dépendant d’un cours pivot égal à 27,3 $/baril, comme suit :

Pour B < 27,30 $/baril : Formule 1 : P=0,0456 B +0,0037 G +0,0026 BTS+0,0037 HTS – 0,0950 Pour B >= 27,30 $/baril :
Formule 2 : P=0,0555 B +0,0037 G +0,0026 BTS+0,0037 HTS – 0,3654
Sachant que :

B : valeur trimestrielle de la moyenne semestrielle, des mois précédant le mois d’application, des prix moyens mensuels en $/baril des pétroles bruts (Kuwait, Arab Light, Iranian Light, (Kirkuk Gulf-0,45), Murban, Zueitina, Brass River, Saharan Blend).
G : moyenne de 9 mois des prix en $/TM du Gasoil 0,2 (CIF) précédant le mois d’application.
BTS : moyenne de 9 mois des prix BTS (CIF) précédant le mois d’application en $/TM du Fuel Basse Teneur en Soufre (1%).

HTS : moyenne de 9 mois des prix HTS (CIF) précédant le mois d’application en $/TM du Fuel Haute Teneur en Soufre (3,5%).

Ce pivot de 27,30 était fixé lorsque le baril affichait une moyenne de 19,1 USD en 1997. Par analogie, et en tenant compte de la moyenne du baril en 2019, qui était de 64,3 USD, le pivot devrait être au moins égal à 90 USD. Ceci implique d’utiliser la première formule et non la deuxième. En appliquant la 1ère formule, le baril nous coûterait 4% moins cher par rapport à la seconde formule, toutes choses étant égales par ailleurs.

Le graphique suivant donne l’historique du prix du gaz algérien importé et du prix du gaz fiscal hors redevance ( Sotugat ) :

Depuis la mise en place du gazoduc, le prix facturé pour la Tunisie et celui facturé pour les Européens est sensiblement le même jusqu’à 2004. A partir de 2005, il y a eu un décrochage entre les deux prix, dans la mesure où la Tunisie payait plus cher le gaz importé entre 6 et 8%. Depuis 2011, le gap s’est fortement creusé et l’écart tourne, désormais, autour de 20% avec un maximum de +45% en 2013. Pour 2018, le gap était de 30% et pour 2019, il était de 28%1. L’objectif est de réduire ce gap. Sans aller jusqu’à éliminer le gap et revenir à une équivalence de prix d’avant 2005, on pourrait demander de réduire les 28% de moitié (comme communément dit : il s’agit de couper la poire en deux). De ce fait, il faudrait arriver à réduire le gap de 14%.

Le graphique suivant donne l’historique de l’écart entre le prix du gaz algérien par rapport au prix moyen de la redevance (prix moyen appliqué aux Italiens):150%

Et la note de Rajhi de recommander ainsi que la stratégie de négociation s’articule autour les éléments suivants :

Le remplacement dans la formule du Gaz 02 par la publication de Gaz 012, pour des raisons écologiques et d’environnement, ce qui fera baisser le prix de 1,5 %.
L’augmentation du Pivot B, à la hausse pour un niveau de 90 USD, afin d’utiliser la formule 1 qui est moins chère de 4 %, comme développé plus haut.

La multiplication de la formule du prix par 91,5, pour permettre au prix facturé pour la Tunisie d’être inférieur de 14 % du prix de gaz vendu par les Algériens à l’Italie. Et par ailleurs, tenir compte du fait que les Européens paient la redevance, ce qui explique qu’il ne faut pas demander l’égalité des prix de vente, mais de réduire la différence de moitié (14%).

2 Le passage du G02 au G01 est obligé car même les statistiques du Gaz 02 est indisponible à partir de 2010

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