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Entre la Tunisie et la Francophonie, c’est une histoire très compliquée, et même chaotique à certains moments. Pourtant depuis les rapports heurtés sous la colonisation française, du chemin a été parcouru, notamment sous la houlette du fondateur de la première République tunisienne, Habib Bourguiba, un amoureux de cette langue, au même titre que son ami Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal. Sous Ben Ali, le successeur de Bourguiba, le pays a difficilement résisté aux sirènes de la langue arabe, aidée dans sa percée en terre tunisienne par les pétrodollars. Cela a provoqué des tiraillements entre l’arabe et le français, une situation qui a complètement déboussolé la trajectoire du pays et brouillé les esprits, et cela se sent jusque dans le système de l’enseignement. Les deux langues y ont d’ailleurs laissé des plumes avec une baisse généralisée du niveau chez les élèves, laquelle a profité aux matières scientifiques. Après la Révolution, les appels à l’arabisation à outrance de l’Education ont fusé de plus belle. Mais quand la Tunisie a accusé le coup, économiquement parlant, c’est surtout l’Europe qui est arrivée à la rescousse. Et qui dit l’Europe dit la France, forcément. A la faveur de cette donne, le français est revenu dans les bagages des bailleurs de fonds et des partenaires . Car qui dit partenariat dit économie certes mais aussi influence culturelle, et la langue, on le sait, est au coeur de la culture.

Par ailleurs avec les ambitions réaffirmées de la Tunisie dans le continent africain, pour rattraper son retard sur le Maroc par exemple, le français a une place capitale. En effet la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale sont francophones, donc un retour de la Tunisie au bercail ne peut être qu’un facilitateur dans cette nouvelle orientation dont dépend aussi l’avenir économique du pays, l’Afrique étant, après l’Asie, le moteur de la croissance mondiale.

En prélude au sommet mondial de la francophonie qu’elle accueillera en 2020, la Tunisie vient de prendre part les 22 et 23 juillet pour la première fois à la conférence ministérielle de la francophonie sur la culture qui s’est tenue dans sa quatrième session dans la capitale ivoirienne, Abidjan. La Tunisie a été représentée par le ministre des Affaires culturelles, Mohamed Zine el Abidine, qui a présidé la séance de la journée de clôture de la Conférence couronnée par la proclamation de la Déclaration d’Abidjan.

En présence de la secrétaire générale de l’OIF (organisation internationale de la francophonie), Michaëlle Jean et des ministres de la culture des pays francophones, le ministre tunisien des Affaires culturelles a, dans son allocution, tenu à signaler que le concept de la francophonie est un concept en perpétuelle mutation et de ce fait il demeure important de revoir notre approche sur la diversité culturelle, à la lumière du changement de la donne géostratégique et face à une conjoncture marquée par la prolifération des fléaux de l’extrémisme et de l’obscurantisme.
Il a par ailleurs indiqué que la Tunisie, qui accorde une grande importance à la culture, considère que la francophonie est un concept qui dépasse les considérations linguistiques et idéologiques. Le ministre a, dans ce sens, affirmé que la Tunisie est convaincue que la francophonie est un espace de coexistence pacifique entre les différentes cultures de différents pays qui partagent des mêmes valeurs humaines, quelles que soient leurs positions géographiques et leurs relations historiques avec la langue française, selon ses dires.

Les travaux de la Conférence qui ont porté essentiellement sur “le rôle des instances de régulation internationales face aux nouveaux enjeux culturels”, “la culture et le développement durable”, “l’économie de la culture” et “la coopération internationale” se sont clôturés par la proclamation de la Déclaration d’Abidjan sur la diversité culturelle. La déclaration porte notamment sur le rôle de la culture dans le développement durable et le rôle de la révolution numérique et la société civile dans le renforcement de la diversité culturelle et la promotion des politiques culturelles publiques.
La société civile, indique le texte du document, joue un rôle central dans l’action culturelle dès lors que les organisations professionnelles, les associations locales et nationales et les festivals ont un rôle primordial que les pouvoirs publics doivent soutenir en les considérant comme un partenaire efficient.
La déclaration mentionne également que l’instauration de politiques publiques permet de réaliser un développement culturel cohérent dans la mesure où le financement public de la culture est l’un des facteurs qui contribuent à sa promotion.

Les congressistes ont, dans cette déclaration, indiqué que la dynamisation des conventions internationales dans le secteur de la culture est devenu nécessaire notamment en ce qui concerne les droits de la propriété littéraire et artistique et la convention de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, soulignant que le renfoncement de la coopération et de la solidarité internationales est susceptible de réaliser l’équilibre en matière d’échange culturel au sein de l’espace francophone.

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Le ministre des Finances par intérim a annoncé, jeudi, le lancement de l’opération de désengagement de l’Etat tunisien de la Banque de Tunisie et des Emirats. La BTE est détenue égalitairement entre l’Etat tunisien et Abou Dhabi Investment Authority à hauteur de 38,89% chacun. La BTE a dégagé un bénéfice net de 938 mille dinars contre 1,6 MTND en 2015, soit une baisse de 43,6%.
Cette déclaration a été faite à l’ouverture du Forum qui s’est tenu au siège de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sous le thème “Modernisation du secteur bancaire: Enjeux de la réussite pour la Tunisie”.

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La profession de concessionnaire automobile est désormais courue par tous les grands groupes de Tunisie. Le dernier en date, en course pour une concession, est le groupe Badr de la famille d’Abdessalem Ben Ayed. Tous ceux qui avaient été brimés par l’ancien chef d’Etat, Zine El Abidine Ben Ali qui régentait tout le secteur, avaient fini par prendre leur revanche, soit en reprenant les concessions confisquées auprès des familles de l’ancien clan, soit en décrochant de nouvelles cartes. Ils se sont ainsi rabattus sur les Chinoises qui font leur entrée, sans pour autant arriver à s’affirmer sur le marché.

Cette même profession, qui travaille depuis quelques années dans une absence totale de visibilité d’un ministre du Commerce qui ne sait plus où donner de la tête, entre une profession qui représente un lourd chiffre d’affaires, un très grand nombre d’emplois et une masse tout aussi importante de fiscalité, directe et indirecte, et l’obligation budgétaire de colmater les brèches de la balance commerciale. Entre promesses données et décisions de son chef de gouvernement, Zied Laadhari est certainement à plaindre, mais pas plus que les concessionnaires qui ne connaissent jusqu’ici pas le volume de leurs quotas respectifs, ni quand l’administration pourrait arrêter leurs importations, laissant leurs bateaux en rade, comme cela est déjà arrivé pour plusieurs d’entre eux.

En attendant, le secteur continue de tourner et les ventes de véhicules ne cessent d’augmenter. Chez les VP (Voitures particulières), c’est Renault dont le concessionnaire a été exfiltré du nouveau bureau de la Chambre syndicale, qui augmente ses ventes de 12,1 % et occupe la tête du peloton des meilleures ventes. Il est suivi par Hyundai dont les ventes ont bondi de 43 %. Volkswagen arrive en 3ème place.

Pour les véhicules utilitaires, c’est Isuzu qui chapeaute le peloton des meilleures ventes, avec 3.500 véhicules immatriculés, un nombre en baisse de 16 %. Derrière, c’est Citroën qui gagne 1,7 % en ventes, Fiat qui garde une PDM de 7,1 % et Tata, du même groupe Mabrouk, qui monte à la 4ème place des meilleures ventes.

Un classement par concessionnaire laisse voir une remontée spectaculaire de la société Afrique Auto (Isuzu, Opel et Chevrolet) de la famille Atrous, qui s’adjuge une PDM de 15,5 % de tout le marché automobile tunisien. Elle est suivie par Artes (Renault et Dacia), la concession du groupe de Moncef Mzabi, écarté du nouveau bureau de la chambre syndicale des concessionnaires et constructeurs automobiles. Ennakl (Volkswagen, Audi, Seat, Skoda et Porsche) qui préside désormais cette structure patronale, occupe la 3ème place des ventes malgré son portefeuille de 5 marques. Avec sa seule marque aux chevrons, Aures occupe la 4ème place des meilleures ventes.

Au total, il s’est vendu en Tunisie, en 1ère immatriculation jusqu’au mois de juin 2017, quelque 33.157 véhicules contre 29.924 en pareille période de 2016, soit une hausse de 10,8 %, malgré toute la polémique nationale autour des voitures et leur poids dans le commerce extérieur tunisien et leur effet, dit néfaste, sur le déficit de la balance commerciale tunisienne.

Il n’en demeure pas moins vrai que, grâce à la relative liberté d’importation par les concessionnaires et l’ouverture de plus en plus de concessions automobiles, le marché parallèle recule. Rien que pour les 6 mois de l’exercice 2017, les re-immatriculations (importation en dehors du circuit organisé des concessionnaires et en dehors des charges fiscales et douanières, pour changement d’immatriculation) ont baissé de 30,9 %.

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Doubler la valeur des échanges économiques entre la Tunisie et la France et intensifier les relations économiques bilatérales selon une feuille de route claire qui sera élaborée de concert entre les deux parties durant les quelques mois à venir, telle est l’ambition de la rencontre ayant réuni, samedi, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Zied Ladhari et le secrétaire d’Etat français auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, en présence de l’ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre d’Arvor et du secrétaire d’Etat au Commerce Abdellatif Hmam.

” Nous avons évoqué toutes les pistes de développement de la coopération entre les deux pays et nous avons senti de la part de nos partenaires français un grand enthousiasme, une grande volonté et le même engagement à continuer à développer nos relations privilégiées, a indiqué Ladhari, dans une déclaration aux médias, à l’issue d’une réunion à huit clos.
” Nous sommes tous conscients de l’importance de nous donner des échéances et des objectifs très clairs dès le début et c’est pour cela que nous nous sommes donnés pour objectif de doubler la valeur de nos échanges et de nos relations économiques et commerciales “, a-t-il encore fait savoir.
Et de poursuivre : ” nous allons travailler de concert avec l’ensemble des ministères concernés pour préparer une feuille de route qui sera discutée lors du conseil de coopération qui se tiendra début octobre 2017, mais également pour préparer la visite du Chef du gouvernement français en Tunisie prévue avant la fin de cette année “.
Ladhari a également estimé nécessaire de ” focaliser davantage la coopération sur certains secteurs porteurs, tels que l’aéronautique, l’automobile, l’industrie pharmaceutique, le textile, l’électrique et le mécanique, le tourisme, les tics, la recherche scientifique… “.

Lemoyne a, par ailleurs, évoqué les rencontres ” AFRICA 2017 “, qui se tiendront en octobre prochain estimant ” qu’il s’agit d’un moment clé où les acteurs économiques des deux pays seront en première ligne et où les autorités au plus haut niveau donneront une tonalité particulière à cet évènement, très important pour la Tunisie qui souhaite rayonner davantage sur le monde entier “.

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Le sujet des bourses d’études a été mis sur la table lors de la visite du ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, au Sénégal, en compagnie d’une vingtaine hommes d’affaires, dans le cadre du Forum tuniso-sénégalais, les 13 et 14 juillet 2017. Jhinaoui a fait savoir, au terme de son entretien avec le chef de la diplomatie sénégalaise, Mankeur Ndiaye, que la Tunisie va mettre plus de bourses à la disposition des étudiants sénégalais, a rapporté Le Soleil hier vendredi.

A noter qu’une ministre tunisien n’avait pas foulé le sol sénégalais depuis 11 ans, ce qui en dit long sur la nécessité de donner un coup de fouet au partenariat entre les deux pays. Par ailleurs Jhinaoui a déclaré que le Sénégal est une destination de choix au Sud du Sahara pour les produits tunisiens et que plus d’une trentaine d’accords lient les deux pays, une dynamique qui sera prochainement renforcée par un vol quotidien entre Dakar et Tunis, a annoncé Mankeur Ndiaye…

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Le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, a annoncé hier vendredi, à l’ambassade de France où était célébré le 14 juillet, que le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, est attendu en Tunisie avant la fin de cette année. Ce sera la première visite officielle de Macron depuis son entrée en fonction….

Cette visite aura évidemment une autre tonalité que celle de novembre 2016. A l’époque Macron n’était même pas encore officiellement candidat à la présidentielle, et par conséquent n’avait pas eu droit à tous les égards réservés aux autorités suprêmes. Il s’était contenté d’un aparté avec le fils du président de la République, Hafedh Caïd Essebsi, ce qui n’est pas rien, tout de même. D’ailleurs son staff avait pris soin d’indiquer que Macron était très satisfait de son périple en Tunisie, des propos qui ont sans doute des relents de diplomatie pour ne fâcher l’exécutif local, mais qui ne sont pas dénués de fondement. Cette fois ce sera une toute autre musique. Le président français aura droit à tout le décorum qui sied à son rang…

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Les membres de la Commission des affaires étrangères du Sénat des Etats-Unis ont insisté sur la nécessité, pour l’administration américaine, d’apporter une aide financière au gouvernement tunisien afin de soutenir et “renforcer la transition de la Tunisie vers une démocratie stable et prospère”.
Dans une déclaration publiée, mardi, les membres de la Commission ont réaffirmé le soutien de leur pays à la Tunisie et “la volonté de fournir un niveau d’assistance suffisant afin de soutenir la transition en cours vers une démocratie plus inclusive, prospère et stable”.
Ils incitent le chef du gouvernement, Youssef Chahed, à accélérer les réformes économiques et les mesures de lutte contre la corruption, soulignant la nécessité de la mise en application de la Constitution de 2014, notamment au niveau des nouvelles protections des libertés civiles.
Dans cette déclaration, les sénateurs ont, également, exhorté les autorités tunisiennes à tout mettre en oeuvre pour “endiguer les départs de djihadistes tunisiens vers l’Irak et la Syrie”.
Le Sénat invite, dans ce sens, “les voisins de la Tunisie à collaborer avec le gouvernement Youssef Chahed afin de lutter contre la menace terroriste, sécuriser les frontières et soutenir la transition démocratique tunisienne”.
Cette résolution a été proposée par les sénateurs Ben Cardin et Marco Rubio à l’occasion de la visite de Youssef Chahed aux Etats-Unis.
Parmi les signataires de cette résolution figurent, notamment, les sénateurs Chris Coons, Ed Markey, Tim Kaine, Tammy Baldwin, Tom Cotton et John McCain.

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C’est le sénateur républicain de l’Arizona John McCain, un “ami” de la Tunisie, qui l’a dit : Le projet de loi américain de finances pour l’exercice 2018, dont une disposition prévoit une importante réduction de l’aide militaire et économique accordée au berceau du printemps arabe, ne sera pas avalisé par le Congrès américain. «Républicains et Démocrates au Congrès américain ne voteront pas une loi dans le sens d’une diminution de l’aide économique à la Tunisie», a-t-il martelé.

Le sénateur américain a tenu ces propos mardi 11 juillet 2017 en marge d’une rencontre-débat organisée à la «Heritage Foundation», avec comme thème «Partenariat stratégique entre les Etats-Unis et la Tunisie en tant qu’élément de la stabilité régionale». C’était en présence du chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed.

Nous appuierons la Tunisie. Le monde a besoin de voir cette nation réussir sa transition démocratique. Les jeunes Tunisiens sont un modèle, ils sont brillants et nous devons les encourager”, ajouté le républicain.

Pour rappel, l’administration Trump envisage de raboter l’aide accordée à la Tunisie, durant l’exercice financier 2018, pour ne verser que 54,6 millions de dollars (133,5 MDT), soit une baisse de 85,8 millions de dollars (209,8 MDT) par rapport à l’année 2017.

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Les résultats de l’enquête préliminaire menée par le ministère des Affaires étrangères suite au cambriolage au consulat tunisien à Lyon, en France, ont établi le vol d’un nombre important de passeports vierges. Ajoutons à cela un montant 4000 euros qui a été dérobé.

D’après un communiqué rendu public par ce département, les autorités françaises spécialisées ont été informées et les passeports ont été invalidés.

D’après la même source, les autorités se sont engagées à déterminer les circonstances de cet incident et l’identité des auteurs.

Le département a par ailleurs assuré que ce genre d’incident n’aura pas d’effet sur les services rendus aux Tunisiens résidant en France.

Le département a par ailleurs indiqué qu’une équipe de la direction centrale du ministère s’est rendu la nuit du 9 au 10 juillet 2017 en France afin de déterminer les circonstance du cambriolage.

Pour rappel, les faits se sont produits le samedi 8 juillet 2017…

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Des médias français ont rapporté une affaire rocambolesque de prime abord, mais dont les retombées sont potentiellement dangereuses. On a appris que le consulat général de Tunisie à Lyon, sis au 14, avenue Maréchal Foch (Lyon 6e), a été visité par des cambrioleurs, deux plus précisément, dans la nuit du 7 au 8 juillet 2017. Les deux individus seraient repartis avec 450 passeports vierges, un tampon officiel et 4000 euros.

Quand on sait l’usage que des groupes mal intentionnés peuvent faire de tous ces documents, en ces temps de recrudescence du terrorisme, les autorités tunisiennes, et les citoyens, ont du souci à se faire tant qu’on n’a pas mis la main sur les coupables et les précieux objets qu’ils ont dérobés…

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Arrivé en Tunisie en mai dernier, le successeur de Matthieu Langeron à la Direction générale de Total Tunisie intrigue et fascine à la fois, par sa nationalité et par son jeune âge. Sur la longue liste de directeurs de nationalité française qui ont pris les rênes de la filiale tunisienne depuis son installation dans le pays il y a 69 ans, Mansur Zhakupov, de nationalité kazakhe et âgé de 36 ans fait figure d’exception.

Du Kazakhstan au siège de Total

Fort d’un cursus en mathématiques et mécanique appliquées suivi dans une école d’ingénieurs de Moscou, le rêve de Mansur Zhakupov était de construire des fusées et de rejoindre la base de lancement de Baïkonour. La découverte de l’énorme gisement de pétrole Kashagan dans le secteur kazakh de la mer Caspienne, en 2000, en décidera autrement.

Un concours de circonstances le fera venir en France en 2001 pour intégrer l’Ecole polytechnique. Il sera ensuite repéré par Total et pris en charge pour suivre un double master en géosciences et petroleum engineering de l’Institut Français du Pétrole et Texas A&M University. Bien que sollicité par de nombreuses compagnies pétrolières, Mansur Zhakupov, profondément marqué par ses rencontres avec des cadres de Total, privilégiera la major française. C’est en 2005 que débute l’aventure chez Total, au sein de la branche Exploration-Production, où il travaillera sur les méthodes de récupération améliorée pour les gisements d’huiles lourdes du Venezuela.

Voyages forment la jeunesse

En 2006, il entame un périple africain qui le mènera du Gabon au Nigéria où, en 2007, il prend la responsabilité de l’ingénierie de gisement sur le projet de développement d’Akpo, un gisement géant, en eaux très profondes.

En 2013, après trois années passées au Qatar, Mansur Zakhupov retrouve à nouveau le Siège et entame des débuts dans le business development, où il réalise des études économiques qui permettent de négocier des droits miniers sur des permis d’exploration ou de production avec les Etats, les sociétés pétrolières nationales et étrangères.

Après huit années d’engineering et deux années au business, nouveau changement de cap en 2015 avec cette fois, la lourde responsabilité de diriger un site de production offshore, une unité flottante de production (FPSO) située à 160 km des côtes angolaises.

Cette unité de dernière génération, totalement autonome, produit 200 000 barils d’huile par jour, soit quatre fois le débit de production actuel de l’ensemble des gisements tunisiens. Les mots d’ordre sont sécurité, analyse des risques et anticipation. La moindre panne pouvant coûter jusqu’à 10 millions de dollars par jour de manque à gagner. Avec une équipe de 150 personnes, l’expérience s’avère extraordinaire, sur le plan technique évidemment, mais aussi en termes de leadership.

Tunisie, une impression de chez soi    

Dans le cadre de l’ambition « One Total », impulsée en 2016 par Patrick Pouyanné, Président Directeur Général du groupe Total, et qui vise, entre autres, à davantage de synergies entre les branches du Groupe et de passerelles dans les parcours, on lui propose de rejoindre la branche Marketing & Services. Rare filiale à réunir tous les métiers de la distribution des produits pétroliers, Total Tunisie se présente comme un terrain de jeu complet pour appréhender ce nouvel univers. On y retrouve le réseau – maillage du territoire par des stations de service -, les activités de GPL – les bouteilles de gaz pour la consommation grand public -, l’avitaillement des avions et la distribution de lubrifiants. Qu’à cela ne tienne, il relève le challenge de cette nouvelle expérience.

Malgré les événements qui ont marqué le pays ces dernières années, la Tunisie parvient à tenir debout. Une solidité qui repose, entre autres,           sur le haut niveau d’éducation de la population et le rôle central joué par les femmes dans le maintien du tissu social et institutionnel du pays. Des similitudes que la Tunisie partage avec le Kazakhstan. C’est cela qui attirera l’attention de Mansur Zhakupov lorsque la proposition d’occuper le poste de Directeur général de la filiale lui sera faite.

Très marqué par les images des manifestations de l’Avenue Habib Bourguiba lors de la révolution, Mansur Zhakupov éprouve de fortes émotions le jour où il traverse pour la première fois cet endroit historique.

Ses projets pour Total Tunisie

La jeunesse et le dynamisme des équipes sont pour lui les atouts clés pour poursuivre l’œuvre de ses prédécesseurs et développer davantage la pérennité de l’entreprise. L’ambition : faire de Total Tunisie un fleuron de l’économie tunisienne, leader sur les créneaux de la mobilité et du transport, du confort également avec le GPL à usage domestique, de l’efficacité énergétique et des services à l’industrie.

Pour y parvenir, sa stratégie consiste à transformer les stations TOTAL en One Stop Shop, des lieux de vie au service de la mobilité et du transport, à développer la notoriété des lubrifiants des marques Total et Elf et à renforcer les partenariats avec les clients professionnels.

L’année 2017 verra l’ouverture de 5 nouvelles stations qui génèreront 20 à 30 emplois chacune. Dans les stations existantes, en reprenant le concept plébiscité de la station « Les Jardins du Lac » situé sur la GP9 en direction de la Marsa, l’équipe va continuer le déploiement des portiques de lavage TOTAL Wash, des baies d’entretien Speedy et bientôt Eurorepar et des cafés Alta.

Les lubrifiants des marques Total et Elf bénéficient d’efforts R&D très volontaristes et soutenus, rendus possibles par le savoir-faire et la puissance du groupe Total, et qui se traduit par l’amélioration continue des formulations et la croissance observée des parts de marché à l’échelle mondiale.

En Tunisie, les concessionnaires automobiles – qui représentent 70% des ventes – font confiance aux lubrifiants Total et Elf. A fin 2017, le réseau des centres Rapid Oil Change et Total Quartz Auto Care, spécialisés dans les services de vidange et entretien de proximité, en dehors des stations, comptera 44 emplacements.

Total Tunisie est à l’écoute de ses clients professionnels et innove dans les services et la proximité clients, en exploitant notamment les possibilités offertes par le digital. D’ailleurs, le responsable digital de la filiale vient d’être nommé correspondant digital pour toute la région allant du Maghreb à l’Océan Indien. Une reconnaissance pour la qualité des compétences présentes au sein de la filiale.

Enfin, au cœur des valeurs du Groupe, la Sécurité. La sécurité au poste de travail et la sécurité routière font partie des priorités RSE de Total Tunisie.

Sensible et respectueux de cette Tunisie à l’histoire millénaire, la filiale va également continuer d’investir dans la préservation du patrimoine culturel et environnemental.

Enfin, en ce qui concerne les jeunes, l’objectif est de poursuivre l’appui à leur insertion professionnelle, notamment dans les régions.

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La commission a été saisie d’une protestation présentée conjointement par la Confédération générale tunisienne du Travail (CGTT) et la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), concernant l’exclusion de représentants de ces deux organisations parmi les délégués, respectivement, des travailleurs et des employeurs, pour la septième année consécutive. Les organisations protestataires déclarent qu’elles n’ont pas été consultées respectivement pour la désignation d’un délégué des travailleurs et d’un délégué des employeurs à la Conférence, au mépris des dispositions de l’article 3 de la Constitution de l’OIT.

Se référant aux recommandations formulées par le Comité de la liberté syndicale dans le cas no 2994, dans son rapport présenté au Conseil d’administration à sa 327e session, les organisations protestataires déclarent qu’elles ont été exclues de toute participation à la Conférence et elles soulèvent également un certain nombre de problèmes, tels que leur exclusion de la négociation collective et du dialogue social, qui constituent des violations manifestes de la liberté syndicale et du pluralisme syndical. Elles ont également communiqué plusieurs extraits du Code du travail tunisien ainsi qu’une copie d’un jugement rendu par le Tribunal administratif de Tunisie en juin 2015 à propos du système de collecte des cotisations syndicales auprès des membres de la CGTT.

Dans une communication écrite adressée à la commission en réponse à sa demande, le gouvernement déclare que l’Union générale tunisienne du Travail (UGTT) et l’Union tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA) sont, d’après le nombre de leurs adhérents, les organisations les plus représentatives et qu’en conséquence ces deux organisations ont été consultées, conformément aux dispositions de l’article 3, paragraphe 5, de la Constitution de l’OIT. Le gouvernement fournit également des informations sur les mesures envisagées en vue d’établir des critères objectifs et vérifiables pour déterminer la représentativité des organisations, de même que sur l’instauration du pluralisme syndical dans le pays.

La commission prend note des déclarations du gouvernement selon lesquelles celui-ci a consulté en tant qu’organisation de travailleurs l’UGTT et en tant qu’organisation d’employeurs l’UTICA, ces organisations étant considérées comme plus représentatives, ce qui présuppose l’application d’un critère reposant sur le nombre de leurs membres. La commission observe qu’en affirmant que l’UGTT et l’UTICA, respectivement, ont le statut d’organisations les plus représentatives sans indiquer le nombre de leurs adhérents, le gouvernement ne lui facilite pas la tâche. De ce fait, elle n’est pas en mesure d’établir si des critères objectifs et vérifiables ont été utilisés pour déterminer quelles sont les organisations des partenaires sociaux les plus représentatives dans ce pays.

Tout en rappelant que, conformément aux dispositions de l’article 5, paragraphe 2 a), du Règlement de la Conférence, elle n’a compétence que pour connaître des protestations ayant trait aux pouvoirs des délégués et de leurs conseillers techniques, la commission souhaite faire référence aux recommandations de longue date adressées par le Comité de la liberté syndicale au gouvernement tendant à ce que celui-ci instaure, en concertation avec les partenaires sociaux, des critères de représentation clairs et préétablis. Elle observe également que, dans le même rapport, le comité a déclaré attendre «[…] que le gouvernement privilégie sur la question de la détermination des critères de la représentativité syndicale un dialogue social inclusif en s’efforçant d’élargir son champ de consultation à toutes les organisations concernées du paysage syndical et patronal tunisien afin de prendre en considération les divers points de vue. Le comité, espérant que le gouvernement continuera de bénéficier de l’appui du BIT, le prie de faire état de tout progrès à cet égard.» (voir: BIT: Comité de la liberté syndicale, 378e rapport, cas no 2994, paragraphe 774 b)). La commission encourage le gouvernement à poursuivre ses efforts en vue du développement de critères objectifs et vérifiables et espère que leur application, une fois établis, aidera à fournir des informations fiables pour déterminer la représentativité des organisations concernées.

La commission prie instamment le gouvernement d’instaurer des critères objectifs et vérifiables, qui donneront une vision exacte de la situation des organisations syndicales du pays, sur la base de chiffres vérifiables, de manière à pouvoir lever toute équivoque quant à la représentativité des délégués des travailleurs et des délégués des employeurs de Tunisie. En outre, elle s’attend à ce que le gouvernement recherche activement des accords entre les organisations des employeurs et entre les organisations des travailleurs, afin que la désignation des délégués de ces groupes à la prochaine session de la Conférence soit transparente et qu’elle soit le reflet d’un processus pleinement consultatif, conformément à l’article 3, paragraphe 5, de la Constitution de l’OIT.

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Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, entame ce dimanche une visite de travail et d’amitié de           trois jours à Washington. Outre sa dimension historique coïncidant avec la célébration du 220ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et les Etats-Unis d’Amérique, cette visite « essentiellement à caractère politique » comme le souligne la Primature, permettra de « relancer les concertations sur les moyens de consolider davantage la coopération et le partenariat Tunisie-USA ».

Dans une déclaration-plaidoyer destinée visiblement à l‘establishment américain, reproduite par l’agence UPI, Youssef Chahed, a dressé un état des lieux de la situation en Tunisie qui servirait sans doute d’argumentaire pour convaincre les vis-à-vis américains de la nécessité de se tenir fermement aux côtés de «  la jeune démocratie tunisienne dont les avocats de la démocratie au Moyen-Orient et en Afrique du nord doivent tirer de nombreux enseignements utiles, encourageants et donnant à réfléchir ».

La démocratie tunisienne n’est pas dictée de l’étranger

L’enseignement encourageant, explique-t-il, c’est que l’expérience de la Tunisie apporte la démonstration que la démocratie est un objectif réalisable dans un pays arabe. Et dès lors qu’un petit pays comme la Tunisie, aux ressources naturelles limitées, peut la mener à bien, d’autres le peuvent aussi, a-t-il assuré, soulignant que la jeune démocratie tunisienne est fondée sur le propre héritage du pays avec des réformes et un pragmatisme datant du 19ème siècle. À bien des égards, la démocratie tunisienne s’accorde avec l’évolution naturelle de la société, et n’est pas dictée de l’étranger.

L’enseignement qui donne à réfléchir, c’est que les bâtisseurs de la démocratie doivent garder les pieds sur terre. « Lorsque j’ai été chargé de former un gouvernement d’union nationale il y a un an, je ne pouvais pas -et je m’y suis refusé- faire des promesses en l’air. Les défis de notre pays n’autorisent pas des solutions rapides et faciles. L’avenir de la démocratie, comme je l’ai noté, dépendait moins de nobles idéaux et de promesses impossibles à tenir que de la capacité de répondre à la panoplie de défis redoutables qui pourraient menacer de bouleverser le processus démocratique », a expliqué Youssef Chahed.

Et de préciser           que « la démocratie ne peut être construite sur le vide. Elle exige croissance économique, stabilité et sécurité. Elle requiert que l’on garde l’espoir et que l’on démontre sans relâche au peuple que la démocratie est la meilleure façon de répondre à ses attentes ».

« Je savais que la paix sociale resterait difficile à instaurer tant que le chômage demeurait chevillé à plus de 15%. Une situation qui a donné l’impression que les gouvernements précédents étaient sourds aux revendications légitimes de nos jeunes sans emploi qui ont dirigé la révolution de 2011. Mais il est un fait têtu que la création d’emplois dépend de la croissance économique; et pour les six dernières années, la croissance de la Tunisie n’a pas dépassé en moyenne le taux de 1% par an », a dit Chahed, affirmant que les dépenses publiques et les recrutements dans la fonction publique ne sont pas la solution. Le déficit budgétaire du pays, qui était à environ 6% du PNB, ne pouvait évidemment pas être maintenu.

Trop tôt pour crier victoire !

En plus de l’instabilité sociale, la démocratie en Tunisie a été menacée par l’insécurité due aux bouleversements régionaux – en particulier en Libye voisine – ainsi que par les menaces planétaires de terrorisme et de radicalisation. Les attaques djihadistes de 2015 ont mis en danger notre tourisme, un secteur économiquement vital, et nous ont forcés à allouer des ressources précieuses pour renforcer nos programmes de sécurité.

« A l’instar des défis auxquels nous sommes confrontés, nos efforts devaient être multidirectionnels. Nous avons dû ancrer notre jeune démocratie tout en œuvrant en vue de vaincre le terrorisme, réaliser le redressement économique et établir l’Etat de droit. Il est trop tôt, aujourd’hui, de crier victoire sur tous les fronts. Mais il n’est pas prématuré de prétendre que nous faisons de sérieux progrès.

« Nous avons repris l’initiative dans la lutte contre le terrorisme. Grâce à la vigilance et la détermination de nos forces de sécurité et leur collaboration plus étroite avec les partenaires internationaux de notre pays, dont les États-Unis, nos forces de sécurité ont gagné en efficacité, en anticipant et en déjouant des attaques majeures ».

« Nous commençons à déceler de meilleures perspectives de croissance économique. Le tourisme se rétablit, à l’égal d’un certain nombre d’autres secteurs. Pour accélérer le rythme de la croissance économique et créer davantage d’opportunités d’emploi, nous avons lancé une série de réformes visant à créer un climat des affaires plus favorable pour les investisseurs tunisiens et internationaux ».

La lutte contre la corruption sur la bonne voie

« Nous avons également lancé une lutte déterminée contre la corruption, qui est non seulement une condition préalable pour l’instauration de l’égalité des chances entre les citoyens, mais aussi essentielle pour maintenir la confiance dans nos institutions démocratiques et renforcer la confiance des entreprises et la croissance économique. Le puissant soutien populaire que nous avons reçu dans cette lutte nous a convaincus que nous sommes sur la bonne voie ».

« Tout en allant de l’avant dans son expérience démocratique, la Tunisie aspire à devenir une puissance économique et une force pour la paix et la stabilité en Méditerranée et en Afrique. Nous espérons pouvoir compter sur le soutien constant de nos partenaires stratégiques aux États-Unis. Nos deux pays étaient des alliés et partenaires pendant la guerre froide, quand la Tunisie s’est rangée avec fierté du côté du leader du monde libre. Aujourd’hui, la Tunisie en fait autant avec la démocratie. Pour l’Amérique et toutes les nations qui ont un intérêt à ce que l’expérience démocratique réussisse en Tunisie, parier sur la Tunisie, c’est prendre le parti de l’Histoire », a conclu le chef du gouvernement.

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Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a indiqué, vendredi, à Tunis, au terme de son entretien avec le chef du gouvernement, que la commission ministérielle mixte tuniso-palestinienne se réunira, prochainement, en Palestine.
Dans une déclaration de presse, à Dar Dhiafa à Carthage, il a ajouté que son entretien avec le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a porté sur les relations bilatérales, saluant la solidité de ses liens de coopération qui “progressent constamment”.
L’entretien a, aussi, porté sur les derniers développements politiques et la situation interne en Palestine, a-t-il dit, expliquant avoir informé le chef du gouvernement les derniers développements politiques et interne palestiniens.

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La Tunisie et la principauté de Monaco ont tout à gagner à renforcer leur coopération en matière d’investissement et de partenariat dans le domaine de la création de projets mixtes et innovants, ont indiqué les participants au forum économique tuniso-monégasque tenu, vendredi à Tunis, à l’initiative de l’UTICA et l’Economic Board de Monaco (MEB), à l’occasion de la visite de Gilles Tonelli, ministre des Relations Extérieures et de la Coopération de la Principauté de Monaco.
Il s’agit d’encourager et de promouvoir les échanges d’expertises entre les entreprises tunisiennes et monégasques et la coopération en matière de développement des PME, opérant dans les secteurs stratégiques et à forte valeur ajoutée.

” Des secteurs comme l’environnement, les énergies renouvelables, les TIC, les services de santé, l’éducation, l’industrie des loisirs et le tourisme écologique, sont autant de créneaux qui peuvent encourager les secteurs privés monégasque et tunisien à investir dans notre pays”, a souligné Abdellatif Hamem, secrétaire d’Etat chargé du commerce, au cours de son intervention. Et d’ajouter qu’il est important pour la Tunisie, qui est en train de mettre en place les fondements d’un cadre politique démocratique et transparent, de se rapprocher des acteurs économiques monégasques et de transformer le capital d’amitié en opportunités de croisement d’intérêts et la proximité géographique en véritables atouts compétitifs favorisant la coproduction et la codistribution des biens et services.
” Vous manquez de territoire et nous avons le territoire “, a affirmé Hamem, estimant qu’avec le savoir faire et l’expertise des entreprises tunisiennes, les deux pays peuvent développer des créneaux porteurs, d’autant plus que le niveau des échanges entre les deux pays reste encore timide.
“Notre ambition est de renforcer non seulement le volume des échanges commerciaux mais aussi les investissements monégasques en Tunisie “, a-t-il encore fait savoir.

Michel Dotta, président du MEB qui conduit la délégation d’hommes d’affaires monégasques, a, pour sa part, mis en exergue l’évolution des échanges entre les deux pays. Il a rappelé, dans ce cadre, que Monaco est le 11ème partenaire de la Tunisie, la structure des échanges bilatéraux, concerne essentiellement les biens de consommation, les biens d’équipements professionnels, les semi-produits non métalliques et les composants automobiles.
” La coopération tuniso-monégasque enregistre, depuis quelques années, un développement remarquable dans tous les domaines “, a-t-il encore souligné, ajoutant que le marché monégasque s’intéresse à des secteurs tels que la Finance, l’Assurance, l’énergie, le tourisme haut de gamme et les nouvelles technologies.

En marge de cette manifestation, deux accords de coopération tuniso-monégasque ont été signés. Le premier Protocole concerne le partenariat entre l’UTICA et le MEB alors que le second est un Protocole d’amitié et d’échanges entre la Chambre Nationale des Femmes Chefs d’Entreprises -CNFCE et l’Association des Femmes Chefs d’Entreprises de Monaco-AFCEM.

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Le ministre tunisien de la Culture, Mohamed Zine El Abidine, possède trois doctorats de l’Université Panthéon-Sorbonne : en esthétique et géopolitique, en sociologie politique et culturelle et enfin en histoire et sciences musicales. Expert à l’Unesco et auteur de nombreuses publications scientifiques, il a dirigé les Instituts supérieurs de musique de Tunis et de Sousse, ainsi que l’édition 2016 du Festival international de Carthage. Bardé d’autant de diplômes, il aurait dû s’en tenir à ses instruments, car ce qu’a dernièrement signé Dr MO.Z.E.L sonnait faux dans la symphonie de la politique.

Voici en effet qu’un simple spectacle, qui plus est d’un humoriste tunisien dont les vidéos défendant l’expérience démocratique tunisienne et le tourisme tunisien avaient ému plus d’un Tunisien, se transforme en une vive polémique politicienne aux enchères nauséabondes et qui rappelle l’affaire d’El Abdellia en 2013, quand des salafistes avaient détruit des œuvres artistiques.

Après que l’organisation syndicale, dont l’humoriste tunisien a défendu sur les chaines TV de France et de Navarre le gagne-pain des adhérents, a franchi le pas de fourrer son nez dans la culture après la politique, voici le ministère de la Culture qui enfonce le clou de la politisation d’un simple fait culturel.

Réagissant à une polémique, sur la tenue ou l’annulation du spectacle de Michel Boujenah, le ministère des Affaires culturelles a considéré, on ne sait pour quelle raison, que l’affaire «a pris une dimension politique». L’appel à annuler le spectacle de Boujenah aurait pour raison des positions pro-israéliennes de l’humoriste juif tunisien. On se demanderait alors pourquoi toutes ces voix qui appellent à l’annulation de son spectacle ne s’étaient-elles pas élevées pour lui enjoindre de ne pas pleurer sa Tunisie de ses chaudes larmes en 2011. Pourquoi ne s’étaient-elles pas élevées pour lui demander de ne pas appeler les touristes français à revenir en Tunisie, comme il le fait dans cette vidéo de propagande pour la destination Tunisie ?

Pourquoi, au nom des mêmes positions pro-israéliennes, ne refuserait-on pas de recevoir en Tunisie tous les chefs d’Etats et tous les politiciens occidentaux, qui sont les décideurs de l’aide et du soutien à Israël dans sa guerre contre les Palestiniens ? La France, juste pour l’exemple, qui est le 1er partenaire économique de la Tunisie et qui l’inonde de ses aides financières, est-elle ou non un soutien de l’Etat d’Israël ?

Pourquoi ne boycotterait-on pas alors l’Allemagne, les Etat-Unis ou d’autres pays occidentaux qui n’ont jamais manqué de soutien, moral et financier, à l’Etat hébreux ? Pourquoi faire une fixation sur un comédien qui n’a jamais caché sa fierté d’être tunisien ? Pourquoi ne fermerait-on pas simplement El Ghriba au motif que certains de ses visiteurs sont à coup sûr pro-israéliens ? Pourquoi ne regarde-t-on pas ce que fait le Maroc, qui plus est pays du Commandeur de tous les croyants, et exemple de tolérance et tout récemment financier du budget tunisien, avec cet autre artiste juif lui aussi, mais fièrement marocain, Gad El Maleh ?

N’avait-on pas fait plusieurs campagnes, mettant en exergue les valeurs de tolérance et de coexistence pacifique entre les religions sur nos terres ? Ces valeurs n’existent-elles pas aussi dans la même Constitution tunisienne que certains évoquent pour demander l’annulation du spectacle Boujenah ?

A peine sorti de la polémique de l’artiste «Maitre Gims», crucifié pour ne pas porter le drapeau tunisien, revoilà la même Tunisie, «tolérante, pacifique et en paix avec Dieu et tous ses hommes», qui dégouline de nouveau de haine envers tout ce qui ne lui ressemble pas et n’adopte pas ses propres idéaux, par ailleurs parfois plus tordus que ceux des autres.

Homme politique, car ministre dans un gouvernement où la diplomatie est une loi sacrée, le ministre de la Culture prête l’oreille aux fauteurs en eaux troubles politico-culturelles. Il se paie même le luxe d’affirmer qu’il «mènera des consultations avec la société civile et les personnes impliquées et ce dans le cadre de la concertation et la participation dans la prise de décisions afin de prendre la meilleure décision possible pour l’intérêt national».

De quoi se mêle la politique dans cette affaire qui n’a rien à voir avec la politique ? Pourquoi ce plusieurs fois docteur et normalement ouvert à l’autre n’avait-il pas tourné son stylo plusieurs fois entre ses doigts avant de se laisser glisser dans cette souricière politicienne et ce délire collectif qui n’honore pas la Tunisie ? Où est l’intérêt de la Nation dans le renvoi d’un des artistes les plus populaires et les plus aimés, en France et ailleurs ? Où est l’intérêt de la Nation lorsqu’on se déjuge, qu’on se met le doigt dans l’œil et qu’on défigure l’image d’un pays où tourisme rime avec tolérance et paix avec les autres ?

Manifestement, le ministre tunisien de la Culture a raté une occasion de se taire et se terrer dans son fauteuil, au lieu d’entacher ainsi sa qualité de «plusieurs fois Docteur» et de «yoyoter dans la cafetière». [Ndlr : Suivre le lien pour ceux qui ne connaitraient pas l’expression]

 

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Ce n’est plus un poncif de dire que Donald Trump se comporte comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, bousculant tout sur son passage, et d’abord les fondamentaux dont la diplomatie américaine tire depuis des lustres son essence. Il est en train de faire pire en sabrant à tour de bras le budget du Département d’Etat et des allocations budgétaires à l’aide étrangère, et dans le sujet qui nous occupe, celles destinées à la Tunisie au titre de l’exercice 2018.

Des coupes sombres massives qui éviscèrent ces dernières de plus des deux-tiers (70%), passant ainsi de 177 millions de dollars en 2016 à seulement 54,5 millions $, alors que l’enveloppe allouée à des pays dont le registre démocratique est sans commune mesure avec celui de la Tunisie, telles que l’Egypte et la Jordanie qui n’ont essuyé que quelques dérisoires réductions. La Tunisie, célébrée comme l’unique véritable démocratie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, se voit paradoxalement comme punie par le nouveau chef de l’Administration américaine, littéralement habité par l’obsession de la lutte contre le terrorisme et la sécurité plutôt que par les formes les plus douces de la diplomatie. Plus nocif encore, Donald Trump envisage de convertir les subventions et les dons accordés à la Tunisie en prêts, comme l’a affirmé Sarah Yerkes de Carnegie Endowment for International Peace, le 20 juin, devant le Capitole, ce qui, estime-t-elle, envenime davantage les relations entre les deux pays.

Le budget proposé par l’Administration Trump prévoit en outre une réduction de 62% du budget de l’Initiative de partenariat entre les États-Unis et le Moyen-Orient, qui raboterait une panoplie de programmes d’échanges pour les jeunes en Tunisie, destinés spécifiquement à former des étudiants tunisiens et des jeunes adultes en matière de leadership, voués à devenir les futurs acteurs clés de la Tunisie.

Ahmed Mediene, ancien participant à un programme d’échange, a déclaré au site Al-Monitor que «  ces programmes servent de facteur de nivellement pour les étudiants des pays en développement afin qu’ils puissent rêver grand et voyager sans restrictions». Il se désole que «  pour les jeunes tunisiens intéressés par des études aux États-Unis grâce à des programmes d’échange, ces coupures semblent inévitables ». Au demeurant, et s’agissant des programmes nationaux, il trouve «  surprenante cette translation d’axe vers le contre-terrorisme car de nombreux programmes financés par les États-Unis déjà mis en place en Tunisie visent à s’attaquer aux causes profondes de l’exclusion dont sont frappés les jeunes qui rejoignent des groupes extrémistes comme Daech ».

L’embarras de l’Ambassade US

Contactée par Al-Monitor, l’ambassade des États-Unis à Tunis n’a pas été en mesure de commenter spécifiquement le budget proposé par l’Administration Trump, ne dérogeant pas à sa position traditionnelle non partisane. Elle n’en a pas moins évoqué des sujets de discussion dont l’un se lit comme suit: «Ce changement d’approche budgétaire n’implique pas un changement dans la politique américaine à l’égard de la Tunisie ni un changement de concentration sur notre partenariat solide avec la Tunisie et les forces armées tunisiennes. La Tunisie reste un partenaire incontournable et crucial pour les États-Unis ».

Le Congrès affûte ses armes

Les partisans américains de la Tunisie devraient se mettre en ordre de bataille pour le prochain débat au Congrès sur le budget proposé, qui devrait avoir lieu à l’automne avant la fin de l’exercice budgétaire. Mais, il est déjà estimé que le lobbying en faveur du maintien du même niveau d’aide à la Tunisie ne changera qu’une minime part du budget global. N’empêche que plusieurs poids lourds républicains du Congrès américain se sont mobilisés contre la volonté du président Donald Trump de réduire de façon draconienne le budget de la diplomatie et de l’aide étrangère. Le budget étant en réalité élaboré et voté par le Congrès, ce dernier ne s’embarrassera pas de dire non au nouveau président sur ce point. « L’aide étrangère n’est pas de la charité”, a déclaré le sénateur républicain Marco Rubio. « Nous devons nous assurer qu’elle est bien dépensée, mais elle représente moins de 1% du budget et est cruciale pour notre sécurité nationale”. L’un des sénateurs clés dans ce domaine, Lindsey Graham, a prévenu qu’une telle proposition de budget serait “mort-née”.”Ce serait un désastre », a-t-il dit. « L’aide internationale est une forme d’assurance. En investissant là-bas, nous assurons notre sécurité, bien que nous ayons aussi des besoins ici ». Surtout l’homme fort du Sénat, Mitch McConnell, a lui aussi enterré l’idée d’une réduction importante. « J’estime personnellement que la partie diplomatique du budget fédéral est très importante », a-t-il déclaré lors d’un point presse au Capitole. Et puis cent-vingt généraux et amiraux à la retraite viennent même d’écrire au Congrès et à la Maison Blanche pour les exhorter à préserver les budgets de la diplomatie et de l’aide au développement « cruciaux pour empêcher les conflits ». Ces coupes claires au département d’Etat et à l’USAID, « seraient particulièrement dévastatrices », abonde Ilan Goldenberg, expert du Center for a New American Security et ancien cadre des ministères des Affaires étrangères et de la Défense.

A ce concert de rejets de la proposition de Trump, il importe de joindre cette position du président de la commission du budget de la Chambre des représentants du congrès américain, Rodney Frelinghuysen, qui a fait profession à Tunis même d’œuvrer pour que les Etats-Unis maintiennent leur engagement en faveur du soutien de la Tunisie au même niveau des années précédentes. Sera-t-il entendu à l’égal de ses pairs du Congrès, par un président, certes versatile, mais auquel il arrive d’être dans ses bottes jusqu’au bout.

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Inlassablement, Youssef Chahed continue la guerre de la nouvelle Tunisie contre la corruption, la prévarication, la concussion et la contrebande. Les interpellations se suivent depuis plus d’un mois et ne se ressemblent que dans la procédure légale adoptée par le GUN (Gouvernement d’Union Nationale) qui suit la piste d’un décret datant de 1987.

Hommes d’affaires et douaniers en font jusque-là les frais, alors que la population attend toujours l’extension de cette campagne aux ramifications politiques et politiciennes des empires financiers dont les barons ont été interpellés. Très vite, aux interpellations de ces «hommes d’affaires» véreux et voraces, s’était ajoutée la confiscation de tous leurs biens et les personnalités interpellées mises au vert, parfois dans des endroits demeurés secrets. Mai dernier, ce sont 8 personnes dont les biens ont été confisqués, par le même décret qui avait servi à la confiscation des 114 personnalités proches de l’ancien régime de l’ex président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali. Il y a deux jours, ce sont 7 autres personnes dont «les biens ont été confisqués, dans l’objectif d’en étudier la provenance», annonçait Mounir Ferchichi, président de la commission de confiscation, lors d’une conférence de presse.

  • L’immeuble aux piscines privatives et à 8.000 MDT le mètre

Beaucoup d’informations ont été fuitées sur les biens et fortunes accumulées par cette quinzaine de confisqués. Peu en ont été données à propos des biens, meubles et immeubles, qui auraient pu être confisqués, tant l’étendue de ces fortunes est occulte et échappe aux réseaux officiels.

Selon nos informations, puisées auprès de sources très proches du dossier et qui ont requis l’anonymat, un seul un compte bancaire dans lequel est déposée la somme de 11 MDT a pu être identifié après les multiples démarches entreprises auprès des banques tunisiennes. L’explication est simple, selon nos sources. Ces «hommes d’affaires» comme ne veut plus qu’on les appelle l’organisation patronale tunisienne Utica, n’utilisent que la cash et ils le cachent toujours dans des endroits qui demeurent secrets. Ils évitent les banques pour que l’on ne puisse pas tracer l’origine de leur fortune ou que le fisc y fourre son nez.

Selon les mêmes sources, beaucoup de biens, immeubles et fonciers, auraient par contre été déjà confisqués. L’un d’eux, confisqué auprès d’un des barons du commerce des fruits secs, est un immeuble en cours de construction, jusque-là de 3 étages et situé dans la région du Lac. Ce qui y a été jusque-là investi est d’une valeur de 100 MDT. Ce sont des appartements, tous donnant sur le plan d’eau du Lac de Tunis, avec une piscine privative pour chacun d’entre eux et où le mètre carré fini devait être cédé à la valeur de 8 mille DT. C’est le graal en matière de logement très haut standing pour ceux qui devaient en être les futurs propriétaires !

Beaucoup de titres fonciers, de superficies variées, auraient aussi été confisqués et dont le traitement est confié au ministère des Domaines de l’Etat pour y démêler les écheveaux, fonciers et juridiques, en transférer définitivement la propriété à l’Etat tunisien qui devra tout vendre.

  • La «Confiscation 2.0». Une nouvelle démarche qui tire les leçons de la version 2011

A terme, nous assurent nos sources, tout l’argent tiré de la «confiscation 2.0» ou «confiscation version 2017», ira au développement des zones déshéritées à travers leur dotation de infrastructures, éducatives et sanitaires notamment, dont elles avaient été privées depuis plus de 20 ans. Au rebours de tous les gouvernements qui l’ont précédé, celui de Youssef Chahed ne devrait donc rien verser dans le budget de l’Etat, de tout l’argent issu de la «confiscation 2.0» qui ira, au contraire, alimenter un fonds spécial. Un bon point pour «l’Eliot Ness tunisien» qui avait un temps pensé appliquer la «méthode Al Capone» pour faire tomber les barons de la contrebande en Tunisie.

Dans l’équipe de Youssef Chahed, on se rappelle des dizaines de millions DT tirés de la confiscation faite en 2011 (Ndlr : Certains de ceux qui n’avaient jamais critiqué cette 1ère version, se mettent désormais à le faire et de conseiller certains confisqués de l’attaquer auprès du tribunal administratif), versés dans le budget qui y consacre annuellement une ligne, qui n’ont servi qu’à colmater les brèches du budget et parfois même utilisés à d’autres fins.

La nouvelle démarche du GUN dans le domaine de la confiscation se confirme surtout dans la gestion des 40 entreprises confisquées auprès des 15 personnalités interpellées depuis la fin mai 2017. Selon nos informations, ce dossier aurait été confié au ministre-conseiller, Fayçal Derbel.

Tirant les conclusions de l’expérience du processus, du maigre bilan et des mauvais résultats de la confiscation, entamée en 2011 sur décision signée par l’actuel chef de l’Etat tunisien Béji Caïed Essebssi et tirant la leçon de l’échec de la confiscation 1.0, F. Derbel entendrait d’abord, selon nos informations, éviter que les 40 entreprises confisquées ne fassent faillite comme plusieurs des entreprises des anciennes familles liées à l’ancien régime de Ben Ali. Une démarche, plus soucieuse des postes d’emploi et de la pérennité des activités d’entreprises qui pourraient être, si la justice en décide autrement, rendues à leurs propriétaires ou vendues par l’Etat et cette fois-ci à un prix convenable et sans que l’Etat ne soit obligé d’y injecter de l’argent.

  • Une démarche, socialement plus juste et juridiquement plus prévoyante

Décision aurait ainsi été prise d’éviter de confier la gestion de ces entreprises à des administrateurs judiciaires. C’est ainsi que les actuels gestionnaires directs des 40 entreprises confisquées, seront maintenus, mais doublés de hauts cadres du ministère des Finances qui auront le droit et le devoir de contrôler la gestion des entreprises dont l’activité et les marchés seront maintenus. Derrière cela, pointe le souci du GUN et du responsable en charge du dossier des 40 confisquées de pérenniser les emplois dans ces entreprises et de bien gérer ce qu’il confisque. En somme, une démarche plus équitable.

L’une des confisquées, travaillant dans le domaine des chambres froides, emploie par exemple plus de 1.000 personnes en période de pointe. Ses ouvriers ont vécu l’arrêt de leurs salaires pendant deux mois, car les comptes de l’entreprise ont été gelés. Et c’est l’Etat tunisien qui a d’ailleurs dû intervenir pour débloquer 200.000 DT à partir d’un compte public, dédié à la confiscation, pour payer les ouvriers de cette entreprise confisquée. Une autre confisquée, avec une dizaine de points de vente dans le secteur des fruits secs, a été aussi maintenu en activité, selon le nouveau mode de gouvernance, mais sommée d’ajuster ses prix. Le souci est toujours de veiller à la continuité de l’activité et du maintien des postes d’emploi pour que la confiscation ne se transforme pas en catastrophe, pour les employés aussi, de bien gérer ses biens et ceux des autres.

Rached Ghannouchi ne disait-il pas que «les piliers et les leviers de l’Etat sont encore entre leurs mains». Il parlait certes des alors des Laïques. Mais la parabole est extensible !

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Lui, c’est le ministre conseiller du chef du gouvernement tunisien chargé des réformes majeures et la personne chargée du dossier des négociations avec le FMI. La politique économie et financière de la Tunisie étant désormais liée à ce prêt de 2,8 Milliards USD d’assistance du FMI par le biais du MEDC (Mécanisme élargi de crédit), c’est désormais par lui que vient l’argent, mais aussi les douloureuses décisions qui accompagnent ce prêt, tout prêteur étant en droit de s’assurer que le débiteur  soit en situation de rembourser son crédit.

Pour Africanmanager, Taoufik Rajhi parle de ce qui reste à faire, pour que la Tunisie n’ait plus de problème pour le reste des tranches du crédit, chacune liée à une Revue trimestrielle et la prochaine est pour octobre 2017. Le Ministre conseiller évoque ainsi les recrutements qui n’auront pas lieu en 2018, les salaires qui n’augmenteront que raisonnablement, les prix du carburant qui augmenteront immanquablement, les relations GUN-UGTT qui devront changer, le trou financier de la CNRPS qui devra être comblé et toutes les douloureuses réformes qui doivent être faites en 2018 et même avant. Ça promet pour 2018. Interview :

        –           Qu’est-ce qui a été fait avec le FMI, ce qui reste à faire et sous quelles conditions ?

Ce qui a été fait, c’était de débloquer deux types de processus. D’abord celui des réformes et surtout la réalisation des critères des repères structurels qui étaient au nombre de 17 et qui avaient pris un retard compréhensible.

Entre décembre 2016 et avril 2017, un important travail, salué par le conseil d’administration du FMI, a été fait pour accélérer le rythme de réalisation des repères structurels. Cela a été possible par le changement de méthode de travail au sein du gouvernement et la mise en place d’un comité ad hoc chargé du monitoring  des matrices des réformes des bailleurs de fonds. Mais aussi par la mobilisation de l’Administration. Les réformes n’ont pas été toutes complétement accomplies, mais on a pu démontrer que le gouvernement a finalisé la majorité des repères qui sont de son ressort et qu’il a demandé l’accélération des lois dont la finalisation est de celui  de l’ARP. C’est cette volonté qui a été saluée par le CA du FMI. Trois lois, par exemple, sont encore et toujours à l’ARP dont l’une, celle de la loi organique du budget, depuis 2015, mais aussi celle de la haute instance de lutte contre la corruption et celle sur l’intérêt excessif. Au ministère des Affaires sociales, le repère de l’identifiant unique social, pièce maîtresse du  ciblage des compensations, traîne depuis 2013.

  • Du travail a été fait sur la solidité financière, mais cela n’a concerné que le secteur public !

Nous avons par ailleurs fait un énorme travail sur le repère du climat des affaires (code des investissements, concurrence et partenariat public-privé) et leurs 12 décrets publiés. Un progrès énorme aussi concernant le repère de la stabilité financière, avec la finalisation des plans d’affaires (business plan) et des contrats de performance des trois grandes banques publiques, un travail inédit qui trace la performance et la stratégie des banques jusqu’à 2020. Côté supervision bancaire, la BCT a réalisé l’inspection sur site de 5 banques privées et il ne lui en reste que 2, qui seront finalisées d’ici septembre prochain, pour s’assurer de la stabilité du système bancaire, et le résultat a été positif. Elle a mis en place un guide de supervision basé sur le risque,  une première en Tunisie.

On a aussi engagé la revue fonctionnelle de 5 grands ministères (finances, éducation, équipement, agriculture et santé), un travail de grande envergure au vu de la stratégie de redéploiement des fonctionnaires qui sera faite par décret et qui est en voie de finalisation. Ce redéploiement sera vertical, horizontal, interministériel et régional et sera basé sur des mécanismes d’incitation.

  • Un des repères, dans la mise en place des réformes et qui a été cité dans le communiqué du FMI sanctionnant la dernière revue et annonçant le déblocage de la 1ère tranche de la dette, c’est cette direction des grandes entreprises. C’est quoi au juste et quel est son impact en matière de réformes ?

Cette direction existe au Lac et dépend du ministère des Finances et plus spécifiquement en matière de collecte de l’impôt des grandes entreprises. Depuis 2013, elle devait cependant s’occuper non seulement de la collecte, mais aussi du suivi, de la vérification et devenir l’adresse unique pour les grandes entreprises, en matière d’impôt. Cela ne se fait toujours pas, à cause des réticences internes, à cause notamment de l’éparpillement des activités entre départements et la difficulté à les fédérer au sein d’une seule et unique DG. C’est désormais chose faite. Le décret créant cette DG a été signé fin avril dernier.

  • Quels sont les repères dont la réalisation accuse toujours un retard ?

Le retard concerne donc les 3 lois qui sont encore dans les tiroirs de l’ARP et qui doivent être adoptées et publiées au JORT avant le 18 octobre, date de la prochaine revue du FMI. On devrait aussi, à la même date, terminer la revue fonctionnelle et l’inspection des banques.

D’autres repères ont été par ailleurs introduits, comme celui de la finalisation de la composition de la haute instance de lutte contre la corruption et l’introduction de son budget dans la prochaine loi de finance 2018. Cela est un objectif pour octobre prochain. On devra aussi, dans la circulaire du budget 2018, décliner clairement une politique restrictive de gestion de la masse salariale et d’abandon de la politique de recrutement populiste des années 2011-2016. Cela a été fait, nous avons mentionné la poursuite du gel des recrutements, à part les écoles de formation, et cela conformément aux conclusions du Dialogue national sur l’emploi de 2016 et dans la poursuite des choix de la loi de finances 2017.

  • Dans son dernier communiqué de clôture de la 1ère revue, le FMI donnait la nette impression de connaitre le contenu de la prochaine loi de finances, pour ne pas dire qu’il en a dicté presque le contenu !

Lorsqu’on établit un programme d’action avec le FMI, on est obligé de faire un cadrage macroéconomique 2016-2020, dire ce qu’on projette comme dépense, en salaires, en investissements, transferts sociaux, remboursement de la dette et en face, les recettes. On a fait cette simulation avec le FMI.

  • Sur quoi vous êtes-vous en effet engagés avec le FMI ?

Le problème était de déterminer comment boucler 2018, tout en restant sur une trajectoire de réduction des déficits budgétaires d’une manière graduelle et d’une année à l’autre. Pour 2018, nous nous sommes engagés à réduire le déficit de 6% en 2017 à 5.4% en 2018. C’est la seule façon de réduire l’endettement car la source principale de l’accumulation des dettes est le déficit budgétaire.

  • Comment arriver à réduire les déficits si les dépenses sont incompressibles ?

On a eu trois difficultés. La 1ère est de remplacer les revenus issus de la contribution conjoncturelle de 7,5 %, qui ne sera pas reconduite en 2018. Il nous faut donc remplacer les 900 MDT qui étaient programmés à ce titre en 2017. La seconde contrainte, ce sont les augmentations salariales de 2018 qui se feront en deux temps. La deuxième partie de 2017, reportée au premier trimestre 2018, qui sera aux alentours de 250 MDT et la dernière tranche de l’augmentation spécifique d’avril 2018, qui coûtera au minimum 300 MDT. La 3ème est le déficit structurel des caisses sociales et en particulier la CNRPS, laquelle a un déficit structurel de plus de 600 MDT qu’il faudrait combler. On avait déjà programmé l’injection de 500 MDT en 2017 et le même montant en 2018 pour éviter le crash de la CNRPS.

Les difficultés qu’on a trouvées avec le FMI, c’est justement de travailler sur ce dossier de réduction des déficits par la maîtrise des dépenses puisque les recettes sont en baisse à cause de la faiblesse de la croissance. Il y avait des propositions sérieuses en 2017 de report de l’augmentation salariale en 2019 en échange d’une baisse d’impôt par le barème, ce qui aurait pu desserrer la contrainte mais cela n’a pas marché; non seulement il y a eu augmentation des salaires inférieurs à 1800 dinars net par le biais du barème mais il y a eu aussi l’augmentation salariale étalée sur 15 mois au lieu de 12. En réalité, nous n’avons fait que reporter l’ajustement qu’on devait faire en 2017 à 2018 et par conséquent les problèmes de 2017 demeurent et on les a renvoyés à 2018.

                   –      Quelles sont les solutions ?

On s’est rendu compte qu’il nous manque 2 milliards DT pour faire l’équilibre en 2018. La solution est d’orienter l’effort du gouvernement vers 3 directions.

D’abord, plus de recouvrement. On avait déjà prévu 300 MDT en recouvrement des arriérés de dettes fiscales, estimées à 7 milliards DT dont 50 % resteront irrécupérables et dont 1 milliard DT chez les entreprises confisquées. Uniquement 30 % sont récupérables, c’est-à-dire 2,6 milliards DT chez 86 mille contribuables et qui sont en rééchelonnement programmé. C’est là qu’on ira puiser les 300 MDT supplémentaire de 2018, car on ne pourra pas recouvrer les 2,6 milliards DT en une seule année.

L’autre direction sera la maîtrise des dépenses. On a ainsi stabilisé les dépenses des Biens et Services au même niveau que celui de 2017. On a aussi regardé du côté des transferts aux entreprises ou pour les comptes spéciaux. Tout cela devrait permettre une économie de 300 MDT du côté des dépenses de l’Etat.

Il restera alors à trouver un peu plus que 1,3 milliard DT. A ce titre, il y a deux lignes rouges. On ne peut plus toucher le barème de l’impôt qu’on venait juste de revisiter et l’alléger. Hors de question aussi de toucher l’impôt sur l’investissement puisque la contribution conjoncturelle était juste pour 2017. En plus, il faudrait trouver des revenus permanents et d’une manière qui répartit le coût d’une manière juste entre les ménages, les entreprises, les professions libérales, les consommateurs. Cela pourrait se faire à travers l’impôt, direct et indirect et les taxes forfaitaires.  Les idées proposées tournent autour de la TVA avec un point ou deux de plus dont peut-être un point pour diversifier les sources de financement des caisses sociales. Une harmonisation des taux pour n’en avoir désormais que 2 taux de TVA, 12 et 18 % au lieu des 3 actuels, sortir quelques produits du tableau A qui exempte de la TVA. Cela, sans oublier l’augmentation des droits de consommation sur un ensemble de produits. L’idée, à l’étude, est aussi de faire passer l’impôt sur le dividende de 5 à 10 %, comme indiqué dans la stratégie fiscale. Parmi les autres idées, il y a le fait de revoir la liste des entreprises exonérées d’impôts. L’idée derrière tout cela, ce sont des solutions justes et permanentes et pour s’assurer que le déficit budgétaire de 2018 soit à un niveau de 5,4 % et inférieur à celui de 2017. Tout cela a été proposé mais devrait faire l’objet des discussions lors de la loi de finances 2018. Rien n’est définitif mais le principe demeure celui de rechercher des ressources qui manquent aujourd’hui faute de croissance et de reprise de l’investissement d’une manière importante et durable.

  • Et dans tout cela, comment va évoluer la masse salariale qui est l’une des conditions de l’assistance financière du FMI à l’économie tunisienne ?

On a en effet un engagement de maîtrise de cette masse. Cela repose sur 4 éléments. Le 1er est d’arrêter la politique populiste de recrutement. Fini les 20.000 emplois par an dans la fonction publique, mais uniquement un taux de remplacement de 25 % des départs à la retraite. Le second est un programme de départ volontaire à la retraite, le 3ème est un programme de départ négocié sur lequel on est déjà en train de travailler. Le 4ème est de rationaliser les négociations salariales, pour ne plus jamais refaire ce qui s’est passé en 2015 : vendre la peau de l’ours avant de l’attraper. Donner des augmentations salariales sans création de richesses. Il faut désormais que les augmentations soient liées à la productivité, l’inflation et autres. Nous croyons aussi que s’il n’y a pas de croissance supplémentaire, il ne faut pas qu’on fasse des politiques salariales qui nuisent à la trajectoire d’ajustement de la masse salariale à 12,5 % en 2010. C’est tout cela qui va être négocié avec l’UGTT et déjà présenté aux signataires de l’accord de Carthage.

  • Excusez-nous de le rappeler, mais les départs à la retraite anticipée ont un coût. Qui va le payer ?

Ce sera fait par les économies de salaires et les caisses ne devraient ainsi pas être affectées. Il y aura même un petit gain budgétaire. Pour les départs négociés, on est en train d’étudier la possibilité de faire financer cela par des bailleurs de fonds, des dons ou des BTA (Bons de trésor assimilables). Selon nos calculs, si on fait sortir 10.000 personnes avec deux ans de salaire, cela nous coûtera autour de 300 MDT. Vingt mille personnes, cela nous coûterait dans les 600 MDT. Une partie des coûts pourrait se faire financer par les économies de salaire du budget de l’année en cours mais le reste devrait être recherché ailleurs. Tout cela est faisable, si on reste sur des indemnités de 2 ans. Plus l’indemnité de départ est élevée plus cela deviendra trop lourd pour le financement.

  • Est-ce que vous avez pris des engagements d’augmentation de prix et lesquels ?

En réalité, la question ne se pose pas en termes d’augmentation des prix. D’ailleurs, on n’a jamais discuté de la question des subventions des produits de base mais la question des hydrocarbures s’est posée en termes de crédibilité des réformes.  On avait fait, en 2016, une réforme à ce sujet et mis en place une règle d’ajustement automatique à mettre à jour tous les trois mois. On l’avait appliquée en juillet 2016 et on avait abouti à une baisse des prix. Trois mois plus tard, en octobre 2016, il devait y avoir une hausse de 10 millimes pour l’essence et zéro pour le gasoil, on a préféré ne rien toucher.  En janvier 2017, le prix du baril a augmenté et le dinar s’est déprécié. On a fait tourner le modèle et il a donné une augmentation entre 50 et 80 millimes selon les types de carburants. Et de nouveau, cela n’est pas appliqué pour des raisons liées à la  situation sociale. Bis repetita en avril 2017 et cela donne encore une augmentation, encore sous l’effet de l’augmentation du baril et la dépréciation du dinar. Au FMI, on nous dit que nous ne sommes pas crédibles sur les réformes car on ne les applique pas. Le Maroc avait adopté ce type de règle en 2012 lorsque le prix du baril était à 110 $. Aujourd’hui, ils font un ajustement tous les quinze jours et le budget ne supporte plus de subvention des hydrocarbures. Les règles sont faites pour être appliquées et pour dépolitiser la question de la tarification des hydrocarbures, en attendant la mise en place d’un système de ciblage des subventions. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’appliquer la réforme et par conséquent ajuster le prix du carburant à la hausse comme à la baisse en fonction de la formule.

Autrement, aucune autre augmentation de prix pour 2018 et les produits de base ne seront pas touchés, à défaut d’avoir un ciblage des subventions par le biais de l’identifiant social unique et le FMI est furieux que cette réforme n’ait pas encore abouti depuis 2012. Il est pourtant financé à hauteur de 4,5 MUSD par la Banque Mondiale. Tout a été fait, formation et achat de matériel pour les enquêteurs sociaux et la collecte des informations nécessaires à la fabrication de cet identifiant. Seuls 25 % des travaux ont été réalisés. Ce projet piétine mais il me semble qu’il manque de leadership politique et devrait être placé sous le haut patronage du Chef du Gouvernement pour le finaliser. C’est un projet de grande envergure qui devrait changer la politique de subvention en Tunisie et résoudre le problème d’inclusion et d’exclusion, qui est un défaut majeur du système de subvention universel.

  • Une dernière question. Vous n’avez pas l’impression d’être un libéral en défendant ce type de programme ?

Loin de là, je ne suis ni libéral ni néolibéral mais je suis rigoureux comme tout économiste qui se respecte. Je suis même très re-distributif et je crois profondément à l’Etat-providence. Beaucoup de gens confondent libéralisme et rigueur.  Mon premier principe est que les ressources sont rares et l’art de la politique économique est justement l’allocation optimale des ressources rares et non le gaspillage.

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Ce n’est pas uniquement chez lui que le président américain s’arrange pour s’attirer des foudres de plus en plus violentes. Le monde, surtout les alliés des Etats-Unis, ne sont pas épargnés, sauf manifestement Israël, assuré d’une enveloppe d’aide qui ne change pas et dans une bien moindre mesure l’Egypte qui voit celle de l’assistance à la sécurité passer de 143 millions de dollars à 75 millions $ au titre de l’exercice 2018 dont le projet est soumis par l’administration Trump au Congrès.

L’administration américaine sous Donald Trump ne croit pas beaucoup au « soft power » (la puissance douce), une expression qui désigne l’arsenal non-coercitif de politique étrangère d’un pays, notamment la diplomatie et l’aide étrangère. Cela est particulièrement manifeste dans le projet de budget proposé par le président américain pour l’exercice 2018. La Maison Blanche veut réduire l’aide étrangère des États-Unis de plus de 30% par rapport à l’exercice 2016, de 23,2 milliards $ à 15,4 milliards $. Elle veut faire des coupes claires dans le financement des activités du Département d’Etat américain pour le ramener de 55 milliards $ en 2016 à 40 milliards $.

Le plus choquant, et sans doute le plus révélateur du mépris de l’équipe de Donald Trump pour l’aide étrangère, a été la réduction de l’aide américaine à la Tunisie, une « success story » prometteuse mais encore fragile, selon le Middle East Online qui reprend un article du détenteur de la chaire professorale de politique mondiale et de sécurité à l’université de Georgetown à Washington, Mark Habeeb. Si la Maison Blanche parvenait à ses fins, l’aide à la sécurité de la Tunisie plongerait de 82 millions $ à 15 millions $ et l’aide économique baisserait d’un tiers.

Le Liban se voit infliger à son tour une aussi grande coupe au titre de l’aide à la sécurité, une réduction de 82%, tout comme l’Irak et Bahreïn (plus de 80% chacun). L’Irak, cependant, bénéficierait d’une augmentation de l’aide économique de 122 millions $ à 300 millions $. Le gouvernement reconnu par l’ONU en Libye devrait recevoir davantage d’aide économique. L’enveloppe de l’aide économique et sécuritaire de la Jordanie sera, elle, rabotée de plus de 20%.

La Maison Blanche n’en fera pas à sa tête

Cependant, la Maison Blanche ne pourra pas en faire à sa tête. Le Congrès américain fixe le budget final des États-Unis et définit les niveaux des dépenses pour les programmes à travers l’enveloppe des crédits annuels et les membres du Congrès des deux partis ont clairement fait savoir que les réductions proposées par Trump en matière d’aide étrangère sont vouées à l’échec.

Le sénateur américain Bob Corker, un républicain du Tennessee qui est président du comité des relations étrangères du Sénat, a annoncé au cours d’une audience que « le budget qui a été présenté ne va pas être celui auquel nous allons avoir affaire ». Dans un reproche à l’administration, Corker a ajouté que « ce serait une perte de temps » d’examiner même les propositions du président « parce que ce n’est pas la chose qui va arriver. »

 Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, dans sa déposition devant le Sénat, a affirmé que, malgré la réduction des fonds, les Etats-Unis « continuent d’être le leader en matière de développement international, de santé dans le monde, de démocratie, de bonne gouvernance et d’action humanitaire ». Les sénateurs des deux partis ont exprimé leur scepticisme quant à la façon dont les Etats-Unis pourraient maintenir le leadership mondial sur ces questions sans consacrer des fonds à cet effort.

Le sénateur Ben Cardin, un démocrate du Maryland, a déclaré que la proposition de la Maison Blanche en elle-même a eu un « impact dissuasif » sur les diplomates et les responsables de l’aide étrangère et a envoyé le mauvais message au reste du monde sur le leadership des États-Unis. « Je suis profondément préoccupé par l’approche de votre administration qui n’adjuge pas l’Amérique d’abord, mais laisse plutôt l’Amérique seule», a dit Cardin Tillerson. Il a affirmé que le Congrès élaborerait son propre budget qui ne serait pas proche de celui proposé par la Maison Blanche.

Une demande « dangereuse et irresponsable »

Mais le critique le plus virulent de l’administration Trump était le sénateur Lindsey Graham, républicain de la Caroline du Sud qui ne s’est pas fait faute de s’en prendre à Trump au sujet d’un certain nombre de questions. Graham, qui est président du sous-comité de la Commission des crédits du Sénat pour les opérations à l’étranger, s’est lâché contre l’administration pendant près de 15 minutes alors que son staff a présenté de nombreux graphiques et tableaux mettant en relief les effets des réductions proposées par l’administration.

« Je veux que le pays sache que cette demande budgétaire est dangereuse et irresponsable en matière de soft power », a déclaré Graham. « Ce compte budgétaire est durement touché non pas en raison d’un contrôle exercé sur la façon dont le Département d’Etat fonctionne, mais [en raison de] de pressions budgétaires. »

Compte tenu de l’opposition des deux partis aux niveaux de financement proposés par l’administration, il est fort probable que le Congrès en augmente le volume lors de l’adoption de la version finale du projet de loi sur les crédits alloués aux opérations à l’étranger. On sait moins comment seraient affectés les fonds supplémentaires supérieurs aux demandes de l’administration, bien que des réductions de l’aide à Israël soient tout sauf impossibles à imaginer.

Les réductions drastiques proposées par l’administration peuvent refléter simplement la façon dont Trump aime négocier: faire des demandes outrageantes sachant que l’accord final tiendra du compromis. Ainsi, bien que le Congrès ait rejeté catégoriquement la position initiale de Trump, il est presque certain que l’enveloppe finale contiendra des réductions, mais dans certains cas substantiels, conclut le Middle East Online.

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