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IHS Markit « sceptique » sur la sortie de la Tunisie sur le marché financier international !

Universellement attendus à la fin de chaque semaine, les commentaires du leader mondial de l’analyse et de l’information économique, IHS Markit,  ont été réservés, cette fois-ci, en premier lieu, s’agissant des marchés émergents, à l’annonce que la Tunisie, dont la dette est très élevée, envisage de lancer une importante émission en dollars américains, même si ses perspectives de succès seraient transformées si elle obtient une garantie de l’USAID. La Belgique, la Finlande, Chypre et le Portugal ont vendu leur dette, poursuivant ainsi la tendance des emprunteurs souverains à allonger la maturité, note IHS Markit.

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Citant le ministre tunisien de l(‘Economie et des finances, le 1er février, Reuters indique que la Tunisie pourrait rechercher jusqu’à 3 milliards de dollars de dette supplémentaire, ajoutant que le pays est aux prises avec des difficultés de viabilité de la dette, avec une dette publique d’environ 90% du PIB et un déficit budgétaire estimé à 11,5% du PIB en 2020.

Le ministre a révélé  que la Tunisie cherchait à obtenir le soutien de l’Administration  américaine pour un milliard de dollars, ce qui pourrait permettre l’émission d’obligations garanties par les États-Unis, un procédé précédemment utilisé par le pays (la dernière fois en 2016), ainsi que des accords avec le FMI. Après des accords garantis similaires en 2012 et 2014, elle a vendu 500 millions de dollars de dette à cinq ans en 2016 à 1,416%, les paiements du principal et des intérêts étant entièrement soutenus par une garantie de l’USAID.

Il a suggéré qu' »il existe une réelle possibilité d’aller sur les marchés pour au moins 1 milliard de dollars en 2021″, tout en citant également le montant plus important de 3 milliards de dollars.

Des exigences de dette « stressées »

Dans l’ensemble,  souligne IHS Markit, la Tunisie semble être confrontée à des exigences de dette stressées, Fitch faisant état d’une forte dépendance au crédit étranger, indiquant que cela représente 73 % de la dette publique totale à la fin de l’année 2019. Son budget 2021 prévoit des besoins extérieurs allant jusqu’à 5 milliards de dollars, le pays devant faire face à des besoins importants de remboursement de la dette de 6 milliards de dollars, ce qui rend le soutien du FMI très important. Un rapport Fitch a cité 2,2 milliards de dollars de dette extérieure arrivant à échéance en 2021, dont deux obligations garanties par l’USAID, chacune d’un montant de 500 millions de dollars. Le rapport affirme également que la Tunisie a tenu des discussions avec des bailleurs de fonds  bilatéraux pour rééchelonner ses obligations, mais qu’elle n’est pas éligible à l’allégement de la DSSI (Initiative de suspension du service de la dette).

L’accès tunisien au financement serait autre si la garantie américaine était octroyée, mais sur une base autonome, la Tunisie semble présenter un risque difficile, estime IHS Markit. Malgré les objectifs ambitieux mentionnés, le ministre tunisien des Finances a reconnu que « notre situation est difficile », mais a fait valoir que « cela ne signifie pas que nous ne sommes pas en mesure de payer les salaires ou de rembourser notre dette ».

Comme points de référence mis en relief par IHS Markit,  il y a le Bahreïn qui devrait avoir atteint un stock de dette bien supérieur à 120 % du PIB en 2020, contre 103,4 % en 2019, mais qui n’en pas moins récemment accédé avec succès aux marchés obligataires internationaux pour 2 milliards de dollars de dette à terme. L’encours de la dette d’Oman est sensiblement plus faible, et le pays a levé 3,25 milliards de dollars le mois dernier. Toutefois, si l’on compare ces risques, le rendement de 8,4 % sur l’émission tunisienne libellée en euros (6,375 % en 2026) est relativement élevé et remet en question la capacité potentielle du marché à assumer ce risque. Néanmoins, l’obligation se négocie à quelque 16 points de pourcentage au-dessus de son niveau d’avril 2020, où elle a donné des rendements à deux chiffres, un indicateur plus clair de la perception du surendettement, conclut IHS Markit.

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