Inondations. Laxisme des dirigeants et impunité des présidents de municipalités

Inondations. Laxisme des dirigeants et impunité des présidents de municipalités

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Force est d’affirmer que la question, devenue récurrente, des inondations des premières pluies d’automne, dites en Tunisie «غسالة النوادر», est d’abord une question d’infrastructure, ensuite d’administration du territoire communal et enfin mais surtout, d’entretien des infrastructures.

Les infrastructures sont l’affaire du ministère de l’Equipement. Car, quand bien même elles seraient du domaine des municipalités dans l’espace communal, les eaux pluviales se déversent toutes dans les infrastructures communes nationales. Beaucoup d’entre ces dernières sont mal calibrées, ou faites pour des débits moindres que les grosses pluies d’automne.

Les infrastructures relevant de la responsabilité des communes ne sont presque jamais curées pendant les saisons sèches, encore moins entretenues pendant l’été. Les municipalités oublient chaque année et comme toujours de le faire, ou «ont d’autres chats politiques à fouetter». Beaucoup de nouveaux maires avaient fait les promesses les plus mirobolantes et se révèlent être, au premier test, aussi mauvais que les premiers.

Enfin, et c’est le plus important, les crues et leurs dommages sur les habitations, sont d’abord dues à une gestion calamiteuse de l’espace communal, aux autorisations de bâtir octroyées dans des zones que tout le monde sait inondables, et aux laxisme des autorités, communales et régionales, devant les supposés «Zwawla» et les démunis qui s’installent en bordure des oueds ou carrément dans les lits de ces oueds. Laxisme, aussi, de toutes les commissions d’octroi des permis de bâtir, qui se réunissent au siège du ministère de l’Equipement et parfois en sa présence, et de la confection des plans d’aménagement, dont plus d’un a été fait, mais jamais entré en exécution. Des permis de bâtir accordés au faciès et selon les connaissances, la notoriété ou les sièges, à l’ARP ou ailleurs, alors qu’ils n’y ont aucun droit.

Laxisme enfin, en temps de campagne électorale et de course aux votes. Un laxisme pour raison électoraliste aussi, qui fait que les autorités laissent faire des protestataires, déjà en faute d’avoir occupé des terres inondables, à prendre en otage des familles et des enfants, et des centaines de personnes dont certaines étaient sorties du bureau à 19 heures pour n’arriver chez elles que vers minuit.

Mauvaise gestion des autorisations, comme celle de ce Mall en premier plan de bordure d’un oued connu. Qui plus est, se trouve dans une commune, celle d’Ennasser pour la citer, où les infrastructures des eaux usées et pluviales, est de loin, très loin, incapable de supporter le débit d’une cité à forte expansion et initialement construite pour moins de personnes qu’elle n’en contient actuellement. Des maires qui, au lieu de corriger les erreurs de leurs prédécesseurs, continuent de fermer l’œil et d’admirer les responsables étrangers qui démissionnent lorsqu’ils commettent des erreurs moins graves que cela, et ne font pas comme eux.

Une ville, ce n’est pas uniquement des autorisations de bâtir, des voies parsemées de pieds d’éléphants, des artères mal nettoyées et des parkings mal gérés jusqu’à refuser d’enlever les véhicules stationnés en double et triple file, pour ne pas déranger l’électeur. Une ville, c’est surtout de l’ingénierie à la conception, une autorité inébranlable à faire respecter les bonnes règles d’ingénierie à la construction. C’est aussi une vision stratégique à long terme, pour éviter la surpopulation, l’usurpation des espaces publics, verts et vie, par des hommes d’affaires véreux et des commerçants peu soucieux du bien-être des habitants.

Malgré les dernières élections municipales, ce nouveau genre de maires n’est pas venu. Ceux qu’on croyait l’être, se sont in fine révélés être comme ceux qui les avaient précédés.

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