La Cour d’appel de Tunis a rendu, ce lundi, un verdict de « non-lieu » en faveur du journaliste Khalifa El Guesmi, poursuivi pour avoir divulgué des informations relatives à des opérations sécuritaires liées au démantèlement d’une cellule terroriste, selon les déclarations de son avocat Me Mahmoud Yacoub Daoud à l’Agence TAP.
Dans un communiqué publié dans l’après-midi, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a exprimé son « grand soulagement » suite à ce jugement définitif rendu en audience publique, soulignant qu’il constitue une réparation d’un parcours judiciaire entaché d’irrégularités dans l’interprétation des faits et l’application du droit.
Khalifa El Guesmi, journaliste à la radio privée Mosaïque FM, avait initialement été condamné en première instance à un an de prison en novembre 2022, peine portée à cinq ans en appel le 15 mai 2023, avant d’être cassée le 6 mars 2024 par la Cour de cassation, qui avait ordonné un nouvel examen du dossier. Il avait passé six mois en détention préventive dans le cadre de cette affaire qui s’est étalée sur plus de trois ans, selon le SNJT.
Le syndicat a salué ce jugement comme un précédent positif en faveur de la protection légale des journalistes, notamment ceux traitant de sujets sécuritaires sensibles, soulignant que le respect du secret des sources et la légitimité de la diffusion d’informations d’intérêt public doivent être garantis.
Dans ce sens, le SNJT a tenu la justice responsable du respect de ces principes fondamentaux, tout en dénonçant l’instrumentalisation de la justice pour intimider la presse indépendante.
Par ailleurs, le syndicat a réitéré son engagement à défendre les journalistes poursuivis en raison de leur travail, citant notamment les cas de Chadha Haj Mabrouk, Mourad Zeghidi, Borhène Bessaies, et l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, actuellement en détention, appelant à leur libération immédiate.
Il convient de rappeler que dans la même affaire, la Cour d’appel a condamné à dix ans de prison l’agent de police identifié comme la source du journaliste, refusée par ce dernier, pour divulgation d’informations confidentielles, alourdissant ainsi le jugement de première instance qui le condamnait à trois ans de prison.








