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La production agricole sérieusement menacée par les changements climatiques

A l’instar de nombreux  pays dans le monde, la Tunisie est menacée par les changements climatiques avec toutes les conséquences qui en découlent. Ces changements résident principalement dans l’augmentation de la moyenne des températures, de 1.1 °C d’ici 2030.

Les conséquences du réchauffement climatique seront perceptibles à travers une baisse de 28% des ressources en eaux d’ici 2030, une diminution de 50% des eaux de surface, une diminution du PIB agricole de 22,5%, une réduction de la production agricole de 52%, en raison de l’intensité et de la succession des années de sécheresse, selon les recherches dans le domaine écologique.

Un rapport publié par le ministère de l’Environnement intitulé « Les impacts économiques du changement climatique en Tunisie : risques et opportunités » avertit  que d’ici 2050, la Tunisie connaîtra des pertes de 660 millions de dinars par an dans les exportations d’olives à cause des changements climatiques.

Selon  le même document préparé en coopération avec l’ambassade britannique à Tunis, la  Tunisie l’un des pays les plus exposés aux changements climatiques dont sera témoin l’eau de mer, des changements qui « créeront nécessairement de sérieuses menaces pour la saison agricole et touristique tunisienne à l’avenir ».

La pénurie d’eau due à la réduction des pluies et à la hausse des températures aura des effets négatifs sur la production d’huile d’olive, car les pertes annuelles d’exportation d’huile d’olive devraient atteindre 228 millions de dollars d’ici l’an 2100, ajoute-t-il, rappelant que la Tunisie a réussi à exporter 183 mille tonnes d’huile d’olive d’une valeur de 1539 millions de dinars jusqu’à fin septembre 2021.

Les dattes aussi !

Le même rapport indique que ces changements climatiques auront des effets négatifs sur la production de dattes en Tunisie, sur la base d’estimations de pays similaires, où les pertes d’exportation de cette substance pourraient atteindre entre 20 et 26 millions de dollars en 2050 et de 72 à 85 millions de dollars en 2100.

En fait, les exportations de la Tunisie en dattes sont estimées annuellement entre 120 et 130 mille tonnes, exportées vers plusieurs pays, notamment la Russie, la Malaisie et certains pays du Golfe arabe, en plus de l’Europe, des États-Unis et du Canada, et elle se classe au deuxième rang en termes de valeur des exportations après l’huile d’olive.

Ces changements vont entraîner une augmentation significative des importations de céréales vers la Tunisie, avec une baisse significative de l’atteinte de l’autosuffisance en cette denrée, soit une perte de 30% environ de la main-d’œuvre de ce secteur d’ici 2050.

Par ailleurs, le secteur agricole, y compris la pêche, constitue 10 % du PIB de la Tunisie, alors que le rapport susmentionné prévoit des pertes économiques importantes pour ce secteur entre 5 et 10 % du PIB sectoriel d’ici 2030.

Bien que le rapport reconnaisse la difficulté de déterminer le coût exact des dommages attendus en raison des inondations et des sécheresses prévues, il assure que leurs effets seront négatifs et importants, notant que l’impact peut atteindre 11,52 millions de dollars annuellement en ce qui concerne seulement le secteur forestier en 2030, tandis que les estimations des pertes d’emplois dans divers secteurs se situent entre 8250 et 16500 emplois, voire jusqu’à 37000 emplois en cas de sécheresse majeure.

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