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dimanche 5 juillet 2020
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La Tunisie rattrapée par le guêpier libyen !

Ce qui se passe actuellement en rapport avec le conflit libyen évoque à quelques égards près mais à une échelle réduite une mini-guerre froide par procuration où des pays forcément de moindre importance se trouvent à leur corps défendant en quelque sorte « mouillés » dans une singulière logique de belligérance. La Tunisie, voisine de la Libye et allié majeur de Etats-Unis non membre de l’OTAN et qui avait, plus d’un demi-siècle durant, pris résolument le parti de ne pas manger de ce pain-là, semble s’être résignée à aller à Canossa.

Elle va accepter sur son territoire une « Brigade d’assistance aux forces de sécurité » dont le Commandement américain en Afrique précise qu’il s’agit d’une « petite unité d’entraînement dans le cadre de l’assistance militaire et n’implique en aucun cas des forces militaires de combat ».

Le ministère tunisien de Défense, muet comme une tanche, n’a pas pipé mot sur le déploiement évoqué par Stephen Townsend, chef du Commandement américain pour l’Afrique, se bornant à souligner que « les États-Unis étaient un partenaire majeur dans l’effort pour construire la capacité opérationnelle de l’armée tunisienne ». Des propos de la même eau que ceux tenus par le ministre tunisien de la Défense, Imed Hazgui, après un entretien téléphonique avec le secrétaire américain à la défense Mark Esper, le 5 mai, lorsqu’il a été cité comme ayant réaffirmé le désir de son pays de « développer davantage la coopération » avec les États-Unis sur la base « d’une confiance mutuelle ».

Pour l’heure, au demeurant, on n’a repéré aucune réaction officielle de la présidence de la République ni de celle du gouvernement ou encore du ministère des Affaires étrangères au projet de   l’AFRICOM  de déployer une brigade d’assistance. Mais Un certain nombre de partis d’opposition et des politiciens ont réagi avec véhémence à cette démarche qui, selon maints observateurs, serait de nature à compliquer davantage le débat déjà très animé sur la position de la Tunisie vis-à-vis de la guerre en Libye et à accroître les craintes de l’opinion publique qui redoute de voir son pays entraîné dans le conflit chez son voisin méridional
Casus belli russo-américain

L’un des éléments majeurs qui a déclenché cette crise est le fait que les militaires russes ont livré 14 avions de chasse MiG 29 et Su-24 à la base aérienne Joufra de l’armée nationale libyenne (LNA) du maréchal Khalifa Haftar, comme l’a affirmé mercredi dernier l’armée américaine, malgré les démentis de la LNA et d’un membre du parlement russe. Le général Stephen Townsend, chef du Commandement américain pour l’Afrique, avait expliqué que « la Russie essaie clairement de faire pencher la balance en sa faveur en Libye. »

Selon certains experts, l’intention de la Russie est de fixer des limites aux actions soutenues par la Turquie  et menées par le gouvernement d’accord national (GNA). Les avions de chasse de la Joufra pourraient désormais servir de « dissuasion » à toute nouvelle offensive de ces forces, a déclaré Wolfram Lacher, de l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité. « Il semble que le but de ces avions de chasse et du redéploiement vers le centre et le sud de la Libye soit maintenant de stabiliser et de geler la situation militaire », a-t-il souligné.

Mais l’armée américaine et certains de ses alliés d’Europe de l’Est se méfient d’une plus grande présence militaire russe sur la rive sud de la Méditerranée. « Si la Russie conquiert une position permanente en Libye et, pire encore, déploie des systèmes de missiles à longue portée, cela changera la donne pour l’Europe, l’OTAN et de nombreux pays occidentaux », a déclaré le brigadier général américain Gregory Hadfield, directeur adjoint du renseignement.
Une autre préoccupation, selon Hadfield, est qu’il pourrait y avoir des missiles surface-air russes de pointe installés en Libye. L’intervention de la Russie en Libye, a-t-il ajouté, lui donne accès au pétrole de ce pays et à une « base militaire stratégiquement positionnée à distance de frappe de l’Europe ».

Le contre-feu russe

Voyant dans ces déclarations un procès d’intention, le président de la commission sénatoriale de la défense de la Fédération de Russie, Viktor Bondarev, a rejeté ces allégations, qualifiant d' »absurdes » les rapports faisant état de l’envoi de 14 avions de guerre modernes à l’armée nationale libyenne (LNA).

« Le MiG-29 est sans aucun doute l’un des meilleurs chasseurs de première ligne créés par l’industrie aéronautique soviétique. Il est facile à piloter, simple à utiliser et très fiable. Mais suggérer que l’on puisse utiliser quelques MiG-29 pour occuper les côtes de la Libye est un non-sens », a déclaré Bondarev, ajoutant que la Libye et d’autres pays africains ont accès aux MiG-29 depuis les années 1980. « Par conséquent, si la Libye dispose de ces avions, ils ne sont pas russes, mais soviétiques », a-t-il souligné.

Lui emboîtant le pas, le premier vice-président de la commission de la défense de la Douma, Andrei Krasov a indiqué que « la position de la Russie est bien connue ; nous sommes en faveur de la fin de l’effusion de sang en Libye, nous demandons instamment à toutes les parties au conflit de s’abstenir d’utiliser des armes et de s’asseoir à la table des négociations ». Selon lui, les affirmations de l’AFRICOM concernant les « avions russes » ne correspondent pas à la réalité.

2 Commentaires

  1. C’est la faute de l’idiot Ghannouchi qui a mis le feu au poudre, et qui n’a pas suivi la raison sagesse de Bourguiba qui ne s’immisce jamais dans les affaires intérieures des autres pays.

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