Tags Posts tagged with "Manifestations"

Manifestations

par -

L’ambassade du Royaume-Uni a Tunis a apporté ce jeudi 05 juillet 2018, sur sa page Facebook, un démenti formel aux bruits selon lesquels elle aurait financé une campagne de soutien aux manifestations sur le territoire tunisien. Le texte dit ceci :
Suite à de récents rapports incorrects, l’Ambassade Britannique en Tunisie tient à préciser que le gouvernement Britannique ne finance aucune campagne médiatique pro-gouvernementale en faveur de l’exécutif Tunisien ou contre les protestations sociales. Nous avons été déçus par des reportages médiatiques totalement incorrects qui ont déformé cette position et prétendu à tort que le Royaume-Uni avait contredit le gouvernement Tunisien. Le gouvernement Britannique fournit une assistance technique par le biais de programmes de développement du Royaume-Uni qui aident le secteur public Tunisien à s’engager avec le peuple Tunisien de manière transparente”.

par -

Vingt ans de prison. C’est la peine à laquelle ont été condamnés quatre des jeunes Rifains considérés comme les meneurs du Hirak (« mouvance »), ce mouvement de contestation sociale qui avait agité le nord du Maroc en 2016-2017, rapporte lemonde.fr

Le verdict, rendu dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 juin par la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca, est d’une grande sévérité pour une partie des cinquante-trois accusés, dont Nasser Zefzafi, 40 ans, devenu la figure emblématique de ce mouvement.

Accusés de « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat », les quatre hommes encouraient jusqu’à la peine de mort. Trois autres accusés ont été condamnés à quinze ans de réclusion, sept d’entre eux à dix ans et dix à cinq ans. Le reste des peines varie entre deux et trois ans de prison. La cour ne s’est pas encore prononcée sur le cas du journaliste Hamid El-Mahdaoui qui encourt jusqu’à cinq ans de prison pour « non-révélation d’attentat contre la sûreté de l’Etat » – le verdict devrait être connu le 28 juin, indique la même source.

par -

Que prépare l’actuel président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila ? En effet des affiches fabriquées par ses partisans et le présentant comme “candidat” à la présidentielle du 23 décembre prochain ont commencé à fleurir un peu partout à Kinshasa, selon l’AFP. Il n’en fallait pas plus pour susciter l’ire de la société civile et de l’opposition, qui pointent une “stratégie dangereuse”.

Ces affiches “font partie d’une stratégie politique dangereuse mise en place par le PPRD” afin de “préparer l’opinion à accepter un troisième mandat pour le président Kabila”, a déclaré Georges Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ).
Nous condamnons cette attitude et nous en appelons au sens de la responsabilité du président Kabila pour qu’il mette fin à ces manœuvres mijotées par ses proches collaborateurs”, a-t-il ajouté.
Même son de cloche chez l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), vieux formation de l’opposition : cet affichage “montre que M. Kabila est en train de tout manigancer pour se maintenir au pouvoir”.
C’est dangereux, nous ne l’accepterons jamais même si les hommes de Kabila sont prêts à tout”, a affirmé Peter Kazadi, directeur du cabinet adjoint du président de l’UDPS.

Pour rappel, pas plus tard que le 7 mai 2018, la présidence congolaise avait tenté de calmer les inquiétudes des opposants et de la communauté internationale en démentant toute intention de Kabila de briguer un troisième mandat, ce que de toute façon la Constitution lui interdit formellement.
Au pouvoir depuis 2001, il était censé déguerpir en décembre 2016, date de l’expiration de son deuxième et dernier mandat. Mais depuis il multiplie les manoeuvres pour se cramponner à son fauteuil, n’hésitant pas à réprimer dans le sang la contestation populaire…

par -

L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, a posé mardi 15 mai 2018 un acte qui en dit long sur la distance qui nous sépare d’un vrai accord de paix en Palestine. En quittant la réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies juste avant que son homologue palestinien s’exprime, Haley a surtout confirmé que l’administration américaine a définitivement choisi Israël dans ce face à face sanglant qui dure depuis des décennies.

Avant de faire ce geste incroyable et insensé au regard des gros enjeux au Moyen-Orient, Nikki Haley a tout de même pris soin de défendre le carnage perpétré par l’armée israélienne à Gaza, pour stopper la vague de manifestations contre l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem, un projet que le président Donald Trump a tenu à finaliser en dépit de l’indignation de la communauté internationale.

Les États-Unis déplorent les morts mais il y a beaucoup de violence dans la région“, a déclaré Haley devant le Conseil de sécurité, rapporte l’AFP. Pourtant l’assistance avait fait ce qu’il fallait en observant une minute de silence au début de la réunion, à la mémoire des victimes. “Israël a fait preuve de retenue” lors des incidents de lundi, a osé affirmer l’ambassadrice américaine, ajoutant qu'”aucun pays dans cette salle n’aurait agi avec autant de retenue que ne l’a fait Israël“.

Avec Trump à la Maison Blanche, la paix dans le chaudron du Moyen-Orient n’a jamais paru aussi illusoire…

par -

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a exhorté vendredi Israël à empêcher l’usage « excessif » de la force contre les manifestants palestiniens à Gaza et demandé que les responsables soient tenus comptables de leurs actions.

Selon le Bureau des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH), 42 Palestiniens ont été tués au cours des quatre dernières semaines le long de la barrière séparant Gaza d’Israël et plus de 5.500 ont été blessés dont 1.739 par des munitions réelles tirées par les Forces de sécurité israéliennes.

« Chaque semaine, nous assistons à des exemples de recours à la force létale contre des manifestants désarmés », a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein dans un communiqué. Des dizaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza se rassemblent chaque vendredi depuis fin mars pour revendiquer le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël en 1948.

Parmi les Palestiniens tués figurent quatre adolescents « dont trois enfants tués par une balle dans la tête ou le cou ». En outre, 233 enfants ont été blessés par des balles réelles, avec des lésions qui se traduiront par des incapacités permanentes, notamment par l’amputation des membres.

« Il est difficile d’imaginer que des enfants, même ceux lançant des pierres, puissent constituer une menace de mort imminente ou de blessure grave pour des membres des forces de sécurité lourdement protégés », a ajouté le Haut-Commissaire, tout en se référant au cas de Mohammad Ayyoub, 14 ans, qui a été tué d’une balle dans la tête le 20 avril dernier.

Des décès qui pourraient constituer des assassinats délibérés de civils
Le Haut-Commissaire a regretté que les avertissements des Nations Unies et d’autres soient apparemment restés lettre morte, « car l’approche des forces de sécurité de semaine en semaine ne semble pas avoir changé », a-t-il dit.

De plus, les services du Haut-Commissaire notent que beaucoup de ceux qui cherchent un traitement à l’extérieur de Gaza se sont vu refuser par Israël la permission de partir, ce qui a aggravé les souffrances. « Ces morts pourraient constituer des assassinats délibérés de civils, en violation flagrante de la quatrième Convention de Genève, par laquelle Israël est lié en tant que puissance occupante », a dit M. Zeid.

« Pour les nombreux autres meurtres présumés de civils non armés par les forces de sécurité israéliennes qui se déroulent hors caméra, il semble y avoir peu ou pas d’efforts pour appliquer l’Etat de droit », a regretté le Haut-Commissaire. Pour le HCDH, les morts et les blessés survenus à Gaza au cours des dernières semaines soulignent également l’importance une solide structure d’obligation redditionnelle pour tout crime présumé, comme l’a souligné le Secrétaire général lorsqu’il a appelé à une enquête indépendante et transparente sur les assassinats récents.

Dans ces conditions, Zeid Ra’ad Al Hussein estime que « chaque pays a l’obligation au nom des droits de l’Homme de s’assurer que tout décès et blessure grave fassent l’objet d’une enquête et que les responsables répondent de leurs actes devant la loi ».

« Malheureusement, dans le contexte de ce conflit éternel, des enquêtes sérieuses semblent être menées uniquement lorsque des preuves vidéo ont été rassemblées de façon indépendante », a rappelé M. Zeid, reprochant au gouvernement israélien, son « incapacité » à poursuivre ces violations et d’« encourager » ses forces de sécurité à recourir à la force létale contre « des êtres humains désarmés, même s’ils ne représentent pas de menace ».

En conclusion, M. Zeid a exprimé sa vive préoccupation par le fait qu’à la fin de la journée, et les vendredis à venir synonymes de jour traditionnel de protestations, plus de Palestiniens seraient tués, simplement parce qu’ils se seraient approchés d’une barrière en exerçant leur droit de manifester.

« Ces tendances remettent en question dans quelle mesure les règles d’engagement des Forces de sécurité israélienne, qui ne sont pas publiques, sont-elles conformes au droit international, ou du moins à quel degré elles respectent ses propres règles », a fait remarquer le chef des droits de l’homme de l’ONU.

par -

À l’issue d’une visite en Ethiopie, le chef des droits de l’homme de l’ONU s’est félicité de la libération d’un grand nombre de prisonniers politiques et appelé à saisir l’optimisme et l’espoir suscités pour faire respecter les droits humains de tous.

Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a conclu jeudi une mission de cinq jours en Ethiopie. Au cours de ce qui fut sa seconde visite dans le pays, M. Zeid s’est rendu à Addis-Abeba et dans la région d’Oromia qui a été le théâtre de manifestations violemment réprimées.

Lundi dernier, M. Zeid a rencontré les autorités régionales et les chefs traditionnels, les Aba Gadas, en présence de représentants du gouvernement éthiopien. Lors de ces rencontres, le chef des droits de l’homme de l’ONU s’est dit frappé par l’expression franche et robuste des griefs exprimée par les Aba Gadas.

« Les Aba Gadas ont également parlé de leurs espoirs de travailler avec le nouveau gouvernement pour résoudre les problèmes de droits de l’homme de longue date dans la région », a dit le Haut-Commissaire. « Ils ont parlé de la façon dont ils continueront à faire pression pour que la vérité soit racontée sur ce qui s’est passé au cours des dernières années, y compris pendant les manifestations où des gens ont été tués ».

Les chefs traditionnels rencontrés par M. Zeid, ont exigé des enquêtes et une reddition de comptes pour un usage excessif de la force par les autorités. « Ils ont exprimé leur désir de justice et de respect des droits de l’homme pour tous les Ethiopiens et de faire entendre leurs voix sans crainte de représailles », a dit le Haut-Commissaire.

M. Zeid a souhaité que le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) ait davantage accès aux régions d’Oromia et d’Amhara afin que ses services puissent mener des conversations plus approfondies avec différentes personnes.

« Cela nous permettra de mieux évaluer la situation des droits de l’homme, d’aider le gouvernement à élargir l’espace démocratique et à faire en sorte que la reddition des comptes soit établie pour les violations des droits de l’homme », a dit le Haut-Commissaire, soulignant les fortes attentes à cet égard.

Libération des prisonniers politiques

Lors de sa visite en Ethiopie, M. Zeid a eu l’occasion de s’entretenir en privé avec un certain nombre des blogueurs et opposants politiques arrêtés en raison de leur participation à des manifestations et de leurs critiques à l’égard du gouvernement, puis libérés. « Il y avait un espoir énorme, mais aussi de l’anxiété », a dit le Haut-Commissaire. « Un ancien détenu politique a dit: ‘Nous avons été victimes de promesses non tenues à plusieurs reprises’».

Les représentants de la société civile, blogueurs, chefs religieux et opposants politiques rencontrés par le Haut-Commissaire ont fait part de nombreuses préoccupations importantes concernant les droits de l’homme. « Ils ont appelé à de nouvelles libérations de personnes détenues simplement pour avoir exercé leurs droits à la liberté de réunion, d’expression et d’opinion », a dit M. Zeid qui a salué la fermeture du centre de détention de Maekelawi.

« Ils ont également appelé à la levée de l’état d’urgence, à la réforme des autorités chargées de l’application de la loi, au système pénitentiaire et à la réforme judiciaire, en faveur du renforcement de l’indépendance des institutions », a ajouté le chef des droits de l’homme de l’ONU. « Ils ont appelé à un dialogue politique inclusif et à ce que tous les Éthiopiens puissent parler, tweeter, bloguer et protester sans craindre d’être arrêtés ».

Protocole d’entente entre le HCDH et le gouvernement éthiopien

Dans la capitale éthiopienne, M. Zeid s’est entretenu avec le nouveau Premier Ministre Abiy Ahmed et d’autres responsables du gouvernement.

Mercredi, le chef de la diplomatie éthiopienne et le Haut-Commissaire ont signé un protocole d’entente entre le Bureau régional des droits de l’homme des Nations Unies pour l’Afrique de l’Est et le gouvernement éthiopien, qui vise à renforcer la capacité du HCDH à agir dans le pays et la région.

« Je me réjouis que le gouvernement reconnaisse le rôle important que le Bureau peut jouer pour faire progresser la promotion et la protection des droits de l’homme », a dit Zeid. « Nous avons déjà offert notre aide pour réviser la Proclamation sur les organismes de bienfaisance et les sociétés, la loi antiterroriste et les lois sur les médias, qui ont désespérément besoin d’être réformées ».

Le Haut-Commissaire a également rencontré le chef de la Commission nationale éthiopienne des droits de l’homme. « Alors que mon bureau travaille avec la Commission, nous pensons que des efforts plus importants devraient être faits pour la rendre totalement indépendante », a-t-il dit.

En Ethiopie, M. Zeid a rappelé que les objectifs de son bureau et du gouvernement doivent être les mêmes : « veiller à ce que les droits de l’homme de tous en Éthiopie soient pleinement respectés ».

par -

La vie a repris son cours normal à Tataouine, mardi matin, après l’intervention des forces de l’ordre, durant la nuit précédente, pour enlever les barricades bloquant les routes principales érigées par les protestataires.

En même temps, il a été procédé à l’arrestation d’un présumé agresseur qui aurait lancé une brique contre une patrouille de la Garde nationale. Un agent touché à la tête (au niveau de l’oreille) a subi une intervention chirurgicale à l’hôpital régional.

Le gouverneur de Tataouine a tenu une rencontre, lundi soir, avec les membres de la coordination d’El Kamour qui réclament la libération du porte-parole de leur mouvement, Tarak Haddad, tout en appelant à manifester pacifiquement. Auparavant, le gouverneur a reçu la mère de Tarak Haddad.

Depuis samedi 31 mars 2018, la ville de Tataouine est paralysée par les protestations des sans emploi qui réclament l’application de l’accord d’El Kamour du 16 juin 2017 et, notamment, le recrutement de mille personnes au sein de la société de l’environnement et l’allocation d’un fonds de l’investissement et du développement.

par -

Les accrochages ont repris, mercredi, à Mdhila, entre les forces de l’ordre et des protestataires qui réclament de l’emploi et l’interruption des poursuites à l’encontre des sit-ineurs. Le commissariat de la ville a été incendié.
Les altercations ont commencé près du service de transport des ouvriers de la Compagnie des phosphates de Gafsa, situé en centre-ville de Mdhilla, avant de s’étendre à d’autres lieux, jusqu’au commissariat qui a été la cible de jets de pierre. Les forces de l’ordre ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène afin de disperser les manifestants. Elles se sont, ensuite, retirées des environs du commissariat.
La ville de Mdhilla connait, depuis le week-end dernier, une vague de protestations, suite à l’annonce, le 16 mars 2018, par la délégation gouvernementale, d’une série de décisions et de projets “visant à impulser l’emploi et le développement dans la région de Gafsa”.
Les sit-ineurs de Mdhilla, qui réclament de l’emploi, considèrent que ces mesures sont insuffisantes et ne mentionnent pas de quota réservé à leur délégation, selon leur porte-parole, Salah Tlijani. Au lieu d’écouter les protestataires, les autorités les poursuivent en justice, déplore-t-il.
Début mars, le ministère public à Gafsa a ouvert une enquête suite à une plainte de la CPG contre le blocage de la production de la compagnie, par des protestataires, durant un mois et demi, suite à l’annonce, le 20 janvier dernier, des résultats du concours lancé par la CPG.
Depuis, l’activité a repris, de manière régulière, dans les délégations du bassin minier, à Metlaoui, Redeyef et Om Larayes, sauf à Mdhilla où des perturbations continuent à cause des mouvements de protestation.

par -

Le droit à la liberté de réunion pacifique a été sévèrement restreint et souvent violemment réprimé en République démocratique du Congo (RDC) en 2017 et cette tendance continue encore cette année, selon un rapport de l’ONU publié lundi 19 mars 2018. Le rapport* documente les meurtres et d’autres violations graves des droits de l’homme dus à un recours excessif à la force par les services de sécurité et les forces de défense lors de manifestations.

Entre le 1er janvier 2017 et le 31 janvier 2018, au moins 47 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées par les services de sécurité et les forces de défense dans le cadre de manifestations. Les services de sécurité congolais ont tenté de dissimuler ces graves violations des droits de l’homme en enlevant les corps des victimes et en entravant le travail des observateurs nationaux et internationaux, indique le rapport.

Ce rapport, publié conjointement par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO)**, décrit le non-respect de la législation nationale et des normes internationales, notamment les principes de légalité, nécessité, proportionnalité, précaution et la responsabilité des services de sécurité et des forces de défense, relatifs au recours à la force, lors de la répression de manifestations pacifiques entre janvier 2017 et janvier 2018.

Le rapport se fonde sur des informations recueillies au cours de six journées principales de mobilisation et indique que, bien que quelques personnes armées de bâtons et de balais aient tenté de commettre des actes de violence pendant certaines manifestations, la grande majorité des manifestants était pacifique. Le recours excessif à la force – y compris la force létale – par les autorités était donc illégal, injustifié et disproportionné.

Le rapport indique également que les restrictions croissantes des droits et libertés fondamentaux, associées à des discours incendiaires et à des menaces contre les manifestants, sont un sujet de préoccupation majeure à un moment où il est particulièrement important de créer un environnement propice à la tenue d’élections pacifiques.

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, Leila Zerrougui, a déclaré que le rapport soulignait une impunité constante et un rétrécissement continu de l’espace démocratique dans le pays observés depuis le début de l’année 2015.

“Ceci est incompatible avec la lettre et l’esprit de l’Accord du 31 décembre 2016 et ses mesures de décrispation. Les manifestations sont intrinsèquement liées à la liberté d’expression et il est absolument nécessaire que toutes les voix puissent être entendues dans le contexte des prochaines élections”, a déclaré Madame Zerrougui.

“La création par le Ministère des droits humains d’une commission mixte d’enquête*** avec la participations de représentants de la société civile est un développement positif dans le cadre de la lutte contre l’impunité et les réparations pour les victimes.”, a-t-elle ajouté. La Représentante spéciale du Secrétaire général s’est félicitée des conclusions de la Commission et a demandé qu’elles soient intégralement et rapidement mises en œuvre. En outre, elle a affirmé la disponibilité des Nations Unies à fournir un appui à cet égard.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a déclaré que la répression systématique des manifestations, y compris en recourant à une force disproportionnée, constitue une violation grave du droit international des droits de l’homme et des lois de la RDC. Il est urgent d’ouvrir des enquêtes crédibles, transparentes et indépendantes sur ces violations et sur d’autres allégations.

“Il est particulièrement inquiétant que les services de sécurité et les forces de défense recourent à cette violence avec une impunité presque totale, ce qui peut être perçu comme une incitation à réprimer”, a-t-il déclaré. “Nous assistons à un anéantissement des voix discordantes à tout prix – même au prix de vies humaines – en RDC avec le déploiement systématique des forces armées aux côtés de la Police nationale congolaise pour gérer les manifestations.”

La Représentante spéciale et le Haut-Commissaire ont exhorté le gouvernement à permettre l’exercice des droits de réunion pacifique et d’expression, alertant sur le fait que la répression n’engendre de la frustration, détérioration significative de la sécurité dans le pays et constituer une menacer le processus électoral. Pour des élections crédibles à la fin de cette année, le gouvernement a l’obligation de veiller au respect et à la jouissance des droits civils et politiques.

* Le rapport complet en français peut être consulté ici: http://www.ohchr.org/Documents/Countries/CD/BCNUDH-Report_March2018.pdf

** Le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme, créé en février 2008, inclut la Division des droits de l’homme de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) et le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC (OHCHR-DRC).

*** A la demande du gouvernement de la République démocratique du Congo, le rapport de la commission mixte d’enquête est annexé comme réponse au rapport des Nations Unies.

par -

Jerada a encore bougé, manifesté, par milliers, vendredi 16 mars 2018, bravant l’interdiction des autorités. Les habitants de cette ancienne ville minière du nord-est du Maroc exigent une “alternative économique” et la libération de militants placés en détention dernièrement, rapporte l’AFP.

Plutôt la mort que la soumission”, ont clamé les manifestants. “On sait qu’il y a des barons qui ont profité de la situation, qui ont des rentes, qui profitent de la misère des gens (…) il faut leur demander de rendre des comptes“, ont-ils affirmé.
‘‘C’est pas que le problème de Jerada, c’est le Maroc tout entier, il est construit comme ça, sur un faut contrat social qui est basé sur l’opportunisme, si on veut rentrer dans un vrai contrat social, construire un contrat social, il faut demander aux puissants, ceux qui ont profité de la misère des Marocains de rendre des comptes d’abords et ensuite, on pourra construire un climat de confiance”, dénonce Omar Belafrij, un député marocain.

Pourtant le gouvernement a dévoilé il y a deux mois un plan d’action économique de grande envergure qui avait fait baisser la tension, mais les choses se sont gâtées le week-end dernier suite à une vague d’arrestations.

Les remous sont nés du décès de deux mineurs dans un puits clandestin d’extraction de charbon, en décembre 2017 ; depuis les autorités tentent de ramener le calme dans cette commune qui fait partie des plus démunies et délaissées du royaume, d’après les données du Haut Commissariat au Plan (HCP), l’organisme des statistiques marocain.

par -

Ce qu’a dit la députée et présidente de la Commission des libertés individuelles à l’ARP, Bochra Belhaj Hmida, sur Express FM ce jeudi 8 mars 2018, va certainement lui attirer les foudres de la gente féminine, du moins une partie. L’élue a déclaré au sujet des manifestations calées le 10 mars 2018 pour réclamer l’égalité dans l’héritage entre les deux sexes qu’elle ne battra pas le pavé, même si personnellement elle soutient les revendications des femmes.

Belhaj Hmida a, tout de même, souligné que le simple fait de pouvoir débattre librement de la question de l’égalité dans l’héritage est une victoire en soi pour le pays. Elle s’est également réjouie du fait que la Tunisie soit précurseure dans la prise en compte et le respect des droits des femmes dans le monde arabe.

Enfin la députée est d’avis que le grand combat à mener par les citoyens en ce moment est la matérialisation des droits édictés par la Constitution du 26 janvier 2014.

par -

Le ministre de l’Intérieur a décidé ce mercredi 21 février 2018 de mettre fin à la mission de la déléguée de Sakiet Sidi Youssef, Faouzia Khedher, suite aux manifestations qui ont eu lieu en janvier dernier et qui ont éclaté suite au suicide d’un jeune homme le 6 janvier 2018 dans cette ville.

Selon les données rapportées par Mosaïque fm, des partis et des composantes de la société civile ont affirmé que la responsable a demandé un congé suite aux manifestations. Elle a été remplacée par le délégué de Kef Ouest.

par -
Extraction de phosphates

A la fin du mois de janvier 2018, les exportations du secteur des mines, phosphates et dérivés ont baissé en volume de l’ordre 20,8%. Contre 107 MDT, les exportations de cet important pourvoyeur de devises pour la Tunisie n’ont pas dépassé les 80,1 MDT. En face, ce même secteur d’extraction a enregistré, à fin janvier 2018,  une hausse de 3,4 % des importations qui ont été de 89,2 MDT, contre 61 MDT à pareille période de 2017. C’est ainsi qu’à cause des grèves ininterrompues, le pays qui était un des plus grands exportateurs de phosphat en devient un importateur.

Dans le secteur de l’énergie, janvier 2018 a enregistré une hausse de 261,2 % de ses exportations qui passaient ainsi de 62,7 MDT à 234 MDT en janvier dernier. Cela n’a pas empêché ce secteur d’augmenter ses importations de 46,4 %, passant de 371,9 MDT à 587,7 MDT.

par -

Nous condamnons avec la plus grande fermeté les violences perpétrées par les forces de sécurité congolaises le 21 janvier contre des manifestations pacifiques initiées par l’Église, qui ont abouti à au moins six morts confirmées, à des dizaines de blessés et à de nombreuses arrestations arbitraires.

Nous sommes horrifiés de constater que les pouvoirs publics de la RDC, y compris le président Kabila, ont recours à des tactiques répressives et à un usage disproportionné de la force meurtrière contre des civils (y compris des ecclésiastiques et des enfants) qui exerçaient leur droit démocratique pour réclamer des élections crédibles et inclusives.

Nous sommes profondément troublés par le fait que ces violences et cette répression, exercées par le gouvernement congolais le 21 janvier contre ses citoyens, aient lieu seulement quelques semaines après les agressions qu’il a commises envers des manifestants pacifiques le 31 décembre dernier – des faits que les États-Unis et les membres du Conseil de sécurité des Nations unies avaient condamnés et pour lesquels ils avaient demandé que des comptes soient rendus.

Le recours à la force meurtrière contre les citoyens congolais, ainsi que la coupure des services Internet et de SMS, portent atteinte au processus démocratique, entravent la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre et transgressent les normes internationales en matière de droits de l’homme.

Nous demandons au président Kabila d’établir les responsabilités parmi les membres des forces de sécurité qui ont tiré sur des civils ou ordonné l’utilisation de la force meurtrière. Nous l’exhortons, ainsi que son gouvernement, à assurer un processus électoral pacifique et ouvert pour que des élections crédibles aient lieu à la date prévue, en décembre 2018.

par -

Le raccourci du titre est certainement discutable. Il n’en reste pas moins vrai, même s’il pourrait aussi s’appliquer dans le cas de la Tunisie, à tout autre chef du gouvernement d’un pays devenu ingouvernable. Les dernières manifestations, en Tunisie, contre la loi de finances 2018, ne sont d’ailleurs pas passées inaperçues chez son principal bailleur de fond qu’est le FMI.

Directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, Jihad Azour n’a pas manqué de réagir à ces manifestations. «La montée des tensions sociales et des manifestations (…) montrent clairement que le désir de prospérité, d’équité et d’avenir des habitants de la région reste insatisfait. Leur frustration est compréhensible», a-t-il écrit dans un article publié sur le site de l’institution internationale. Il dit même, toujours aussi compréhensif, que «sans surprise, les habitants n’ont pas envie de payer davantage s’ils estiment que le système favorise les plus nantis».

Et Azour, qui connait certainement les reproches que font les politiciens au FMI, à chaque fois qu’un pays commence à appliquer le «remède de cheval» qu’il conseille à chaque fois, défendait en fait l’ordonnance médicamenteuse de l’institution financière, dont l’objectif selon lui est d’aider le pays à retrouver la croissance économique et l’équité, commence par dire que «il serait regrettable que le processus de réforme économique en cours fasse marche arrière». Il tempère ensuite, en conseillant aux gouvernements, et il ne parlait pas que de la Tunisie, de «s’efforcer de mener les réformes en veillant à l’équilibre social, de façon progressive, et surtout, ils doivent tenir la promesse d’une vie meilleure pour tous, et plus particulièrement pour les personnes pauvres et vulnérables».

Les réformes à mener en priorité sont les suivantes, selon le «FMIste», docteur en finances internationales et ancien ministre du Liban. «D’abord, la réduction de la corruption, la promotion d’une concurrence loyale grâce au commerce extérieur et à une meilleure réglementation, et améliorer l’accès au crédit pour permettre aux PME et aux nouvelles entreprises de se développer. Ensuite, investir dans les compétences nécessaires pour la nouvelle économie, en particulier chez les jeunes travailleurs, en modernisant l’enseignement et la formation, et les aider à trouver un emploi. Mais aussi offrir des perspectives à chacun au moyen de politiques budgétaires équitables et porteuses de croissance, ainsi que d’une fiscalité juste. Et enfin, renforcer les droits des femmes et répondre aux besoins des réfugiés en matière d’alimentation, de logement, d’éducation et de travail». Des priorités, qu’on retrouve toutes, en filigrane à travers les mesures initiées par le GUN (Gouvernement d’union nationale) en Tunisie. Mais aussi et surtout des réformes qui auraient dû être initiées dès le 1er gouvernement de transition et qui auraient dû être l’essentiel de la révolution. Ce sont ces retards successifs qui ont rendu la tâche plus ardue et ont surtout alourdi la facture, sociale et financière, poussant le pays dans les bras du FMI, le plus exigeant des bailleurs de fonds, et dans un endettement que la Tunisie a demandé et non le contraire.

Jihad Azour admet cependant que «rien de cela n’est aisé» et estime que «il n’est pas tenable d’accumuler des dettes publiques pour financer des dépenses qui se sont trop souvent révélées improductives. Le remboursement de ces dettes se fait au détriment de dépenses vitales dans les domaines de la santé et de l’éducation, et ce sont les générations futures qui en paieront le prix».

Azour, qui parlait jusque-là de tous les pays de la région, en vient au cas tunisien. Dans les pays «où la dette publique est déjà élevée et augmente encore, comme (…) en Tunisie, le FMI a fourni des financements qui permettront un ajustement budgétaire plus progressif que ce qui aurait été possible autrement, et à un taux d’intérêt plus bas».

Et comme s’il voulait défendre une institution financière, généralement jugée coupable de toutes les incidences sociales, il explique : «nous [au FMI] nous efforçons également d’être attentifs aux circonstances sociales et politiques, comme en Tunisie, où nous avons adouci plusieurs fois l’objectif en matière de déficit budgétaire, malgré les conséquences pour la dette et l’inflation».

Il assure même que «dans les programmes qu’il soutient, le FMI veille également de plus en plus à ce que les personnes les plus vulnérables soient préservées des augmentations d’impôts et des réductions des dépenses. En Tunisie, par exemple, l’administration a élargi le programme de transferts monétaires en faveur des personnes à faible revenu, doublant ainsi le nombre de familles bénéficiaires et triplant le montant moyen des transferts. Les dépenses sociales globales ne peuvent pas tomber en-dessous d’un seuil plancher, conformément au programme soutenu par le FMI». Il défendrait presque le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, même si ce dernier a fini par dévoiler, mais avec du retard, les mesures d’accompagnement de la loi de finances 2018.

Plus détaillé dans ses explications des remèdes du FMI aux économies en difficulté, comme la tunisienne, le Directeur au FMI indique que «dans toute la région, le FMI prône la réduction des subventions à l’énergie, qui sont très coûteuses. Pourquoi ? Parce que ces subventions profitent principalement aux classes aisées. Parallèlement, et c’est très important, le FMI déconseille fortement de réduire les subventions alimentaires, par exemple pour l’achat de pain en Jordanie et en Tunisie. Encore une fois, pour être efficaces, les programmes de réforme doivent être adaptés aux circonstances propres à chaque pays, et pleinement assumés par les pouvoirs publics. Le dialogue avec les principaux acteurs concernés, dont la société civile, est un facteur essentiel, et c’est un élément des programmes que le FMI soutient partout dans le monde».

Le chef du gouvernement tunisien participera la semaine prochaine à Marrakech, au Maroc, à une conférence régionale que le FMI organise, en coopération avec le Fonds monétaire arabe, le Fonds arabe pour le développement économique et social notamment. Le débat, avec des décideurs politiques et des représentants du secteur privé et de la société civile, portera sur les façons les meilleures de contribuer davantage à la réalisation d’une croissance inclusive.

Youssef Chahed y parlera certainement du cas tunisien, de la conjoncture dans laquelle se déroulent les réformes qu’il est en train d’appliquer, non sans peine. Il est à espérer que le FMI finira par comprendre, comme le disait son Directeur Jihad Azour, que «rien de cela n’est aisé», pour Youssef Chahed comme pour tout autre responsable à sa place, qu’il montre plus de compréhension face au temps que mettent les réformes à se mettre en place et qu’il continue son soutien financier à la Tunisie, qu’il comprenne son souci de l’impact social des réformes et le soutienne aussi. Amen !

par -

Les forces de sécurité en République démocratique du Congo ont fait un usage excessif de la force, notamment en tirant des gaz lacrymogènes et à balles réelles sur des manifestants pacifiques dans des églises catholiques de Kinshasa et d’autres villes du pays le 31 décembre 2017, a déclaré Human Rights Watch le dimanche 21 janvier 2018. Face aux policiers et aux militaires lourdement armés, certains manifestants, vêtus de blanc, ont chanté des hymnes ou se sont agenouillés au sol. Au moins huit personnes ont été tuées et des dizaines d’autres ont été blessées, dont au moins 27 par balles. Le nombre de morts et de blessés pourrait cependant être beaucoup plus élevé.

Les tirs, passages à tabac et arrestations arbitraires de fidèles pacifiques par les forces de sécurité congolaises sont une violation des droits de ces personnes à la liberté de culte, d’expression et de réunion pacifique, a souligné Human Rights Watch. Ceux qui ont fait un usage illégal de la force meurtrière devraient être poursuivis. D’autres marches étant prévues, les autorités devraient lever l’interdiction de manifester et permettre aux personnes qui le souhaitent de pratiquer leur religion sans interférence.

« Les forces de sécurité congolaises ont battu un triste record en tirant dans l’enceinte d’églises pour interrompre les services religieux et empêcher des processions pacifiques », a déclaré Ida SawyerAFR, Directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Le gouvernement devrait cesser d’interdire les manifestations et laisser les fidèles pratiquer leur religion sans être inquiétés. »

Depuis ces fusillades, des responsables laïcs de l’Église catholique en RD Congo ont appelé à des marches pacifiques après la messe dominicale du 21 janvier 2018, afin d’exhorter les dirigeants congolais à respecter l’accord politique négocié avec la médiation de l’Église catholique et signé fin 2016. L’accord prévoyait la tenue d’élections présidentielles fin 2017, ainsi que des mesures visant à atténuer les tensions politiques. Ces engagements ont cependant été largement ignorés, et le président Joseph Kabila s’est maintenu au pouvoir par la violence et la répression.

Depuis le 31 décembre 2017, Human Rights Watch a interrogé 86 personnes en RD Congo, parmi lesquelles des victimes et des membres de leur famille, des témoins, des prêtres et d’autres responsables cléricaux, des employés des hôpitaux et des morgues, des activistes locaux, des agents des forces de sécurité et des dirigeants politiques.

Début décembre, le Comité laïc de coordination (CLC), un groupe d’intellectuels catholiques soutenu par des prêtres catholiques et des évêques de la RD Congo, a lancé un appel à manifester le 31 décembre. Ils appelaient tous les Congolais à protester contre l’échec de la mise en œuvre de l’accord dit de la Saint-Sylvestre et à « libérer l’avenir du Congo ». Les prêtres des paroisses congolaises avaient prévu d’organiser des processions pacifiques à partir de leurs églises, juste après la messe dominicale. Tous les grands dirigeants de l’opposition politique, les organisations de la société civile et les mouvements de citoyens soutenaient l’appel à manifester, nombre d’entre eux demandant aussi de manière explicite la démission immédiate de Kabila ainsi qu’une « transition citoyenne » pour restaurer l’ordre constitutionnel et organiser des élections crédibles.

Le 31 décembre, mais aussi les jours qui ont précédé les manifestations, les forces de sécurité ont procédé à l’arrestation d’un grand nombre de personnes, dont au moins six prêtres catholiques ainsi que des activistes pro-démocratie, des membres des partis d’opposition et d’autres manifestants pacifiques. Dans une tentative évidente d’empêcher l’information sur les manifestations de se propager, le gouvernement a ordonné aux compagnies de télécommunication de bloquer la diffusion des SMS et l’accès à Internet en RD Congo le 30 décembre. Le service n’a été rétabli que trois jours plus tard.

Selon l’Église, le 31 décembre au matin les forces de sécurité ont encerclé au moins 134 paroisses catholiques à Kinshasa et érigé des barrages routiers à travers toute la ville. Nombre d’habitants de Kinshasa ont été obligés de montrer leurs cartes d’électeurs, qui servent de carte d’identité en RD Congo, pour passer les barrages routiers et se rendre à l’église. Certaines personnes, notamment celles qui portaient ou tenaient de manière visible des objets à connotation religieuse ,– comme des croix, des bibles, des chapelets et des rameaux – ont été empêchées de passer ces barrages. Les forces de sécurité ont annoncé à certains d’entre eux qu’il n’y aurait pas de messe ce jour-là et qu’ils devaient rentrer chez eux.

Malgré ces méthodes d’intimidation musclées, les églises étaient ce jour-là bondées selon les prêtres et les fidèles. Ces fidèles ont tenté, avec d’autres, de manifester dans les villes de Beni, Bukavu, Butembo, Goma, Idjwi, Kindu, Kamina, Kananga, Kisangani, Lubumbashi, Matadi et Mbandaka, et dans la capitale. Partout dans le pays, les forces de sécurité ont rapidement et souvent violemment dispersé les manifestants.

À Kinshasa, les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes dans des églises d’au moins trois paroisses. Dans plusieurs autres paroisses, elles ont tiré des gaz lacrymogènes, à balles en caoutchouc et, dans certains cas, à balles réelles juste à l’extérieur des bâtiments de l’église, sur les terrains dépendant de ces paroisses.

« Au début de l’homélie, j’ai entendu un grand bruit à l’extérieur au moment où la police s’est mise à tirer des gaz lacrymogènes », a déclaré un prêtre de Kinshasa. « J’ai poursuivi mon service malgré tout. Il y a eu une deuxième détonation, puis une autre encore, et cette fois la police a tiré des gaz lacrymogènes à l’intérieur de l’église. C’était impossible de continuer et j’ai dû arrêter la messe pour permettre aux fidèles d’aller dehors pour respirer. »

Le 5 janvier, le porte-parole de la police de Kinshasa a déclaré que cinq personnes avaient été tuées le 31 décembre : un policier, deux bandits connus sous le nom de « kulunas », un soi-disant « terroriste » et un membre de la milice Kamuina Nsapu, qui seraient tous morts dans des circonstances sans rapport avec les manifestations.

En plus des huit décès qui ont pu être confirmés, Human Rights Watch a reçu des informations crédibles d’agents des forces de sécurité, de responsables des morgues et d’autres personnes faisant état d’au moins 20 autres personnes tuées à Kinshasa dont les corps ont été emmenés par les forces de sécurité vers des lieux qui n’ont pu être identifiés. Certains auraient été jetés dans le fleuve Congo. Human Rights Watch poursuit ses enquêtes sur tous les décès qui lui ont été signalés.

Les autorités congolaises devraient autoriser toutes les manifestations pacifiques conformément aux normes internationales relatives aux droits humains et veiller à ce que les forces de sécurité n’utilisent pas la force de manière excessive ou quand cela est inutile. Les individus qui font un usage illégal de la force ou se rendent coupables d’arrestations arbitraires et d’autres violations graves des droits de l’homme devraient faire l’objet de mesures disciplinaires adaptées, ou être poursuivis. Les autorités devraient aussi cesser de bloquer les communications, notamment en obligeant les entreprises de télécommunications à limiter l’accès à leurs services.

La mission de maintien de la paix de l’ONU en RD Congo, la MONUSCO, devrait appliquer son mandat en protégeant plus activement la population, notamment en se déployant avant les manifestations autour des zones où les personnes vont probablement se rassembler , pour empêcher les abus.

Les partenaires internationaux de la RD Congo devraient montrer aux responsables gouvernementaux et aux forces de sécurité qu’ils paieront le prix des méthodes violentes et répressives qu’ils utilisent pour maintenir l’emprise de Kabila sur le pouvoir, et que les principaux responsables de ces abus et ceux qui apportent un soutien financier ou politique à ces méthodes s’exposent notamment à des sanctions ciblées. Les bailleurs de fonds devraient cesser tout soutien direct au gouvernement et aux forces de sécurité congolaises jusqu’à l’adoption de mesures concrètes d’ouverture de l’espace politique, et demander des comptes aux responsables de violations graves des droits de l’homme. Le financement devrait être redirigé vers l’aide humanitaire, la société civile congolaise et les groupes de défense des droits humains. Les dirigeants régionaux devraient faire pression pour obtenir la démission de Kabila et travailler avec d’autres partenaires pour répondre aux préoccupations relatives à sa sécurité physique après son départ du pouvoir.

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction devrait effectuer une visite en RD Congo pour enquêter et rendre compte publiquement de la violence contre les prêtres et les fidèles dans les paroisses catholiques autour du 31 décembre.

« Kabila et sa clique semblent prêts à utiliser tous les moyens à leur disposition pour écraser, faire taire et éliminer toute opposition à leurs efforts de maintien au pouvoir »a déclaré Ida Sawyer. « Avant la prochaine série de violences meurtrières et de répression, les partenaires internationaux de la RD Congo feraient bien de montrer à Kabila que de nouveaux abus ne pourront être tolérés. ».

Pour plus d’information, notamment des déclarations de victimes, de témoins et de prêtres, veuillez voir ci-dessous.

Lien du rapport :

https://www.hrw.org/fr/news/2018/01/20/rd-congo-les-forces-de-securite-ont-tire-sur-des-fideles-catholiques

Pour regarder la vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=T7Ny71nzaHc

Pour consulter d’autres communiqués ou rapports de Human Rights Watch sur la République démocratique du Congo, veuillez suivre le lien :

https://www.hrw.org/fr/africa/republique-democratique-du-congo

Les forces de sécurité encerclent les églises, interrompent les services religieux et dispersent les processions

Kinshasa compte plus de 160 paroisses catholiques. Des prêtres et des responsables cléricaux ont indiqué que ces paroisses avaient dans leur grande majorité été encerclées ou que leur fonctionnement avait été perturbé par les forces de sécurité pendant ou après la messe du dimanche 31 décembre. Selon une note technique publiée le 3 janvier par le nonce apostolique – le représentant diplomatique permanent du Saint-Siège –à Kinshasa, les forces de sécurité ont encerclé 134 paroisses catholiques dans la capitale ; elles ont entièrement bloqué l’accès aux messes et empêché leur célébration dans deux d’entre elles ; perturbé les services de la messe dans cinq autres ; pénétré dans les enceintes d’au moins dix-huit paroisses ; et tiré des gaz lacrymogènes dans au moins 10 d’entre elles. La note indique que des décès ont été signalés dans au moins trois paroisses.

Un prêtre de Kinshasa a déclaré à Human Rights Watch avoir été surpris par le nombre de personnes présentes pour assister à la messe ce jour-là, alors même que sa paroisse était encerclée par les forces de sécurité :

Généralement, une telle foule n’est présente que pour les grandes cérémonies religieuses. Mais le 31, c’était plutôt une messe ordinaire. Pourtant, ma paroisse a été inondée de fidèles, à l’intérieur de l’église comme à l’extérieur, dans la cour. J’ai été très surpris parce que les policiers s’étaient déjà déployés la veille à proximité de la paroisse et qu’ils avaient multiplié les barrières. J’étais certain que les fidèles auraient trop peur de venir assister à la messe le lendemain. Mais maintenant, je vois bien que le peuple congolais est déterminé.

Un autre prêtre de Kinshasa a déclaré que les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes et à balles réelles sur la foule des fidèles qui voulaient défiler après la messe, et qu’ils ont poursuivi ceux qui cherchaient à se réfugier à l’intérieur de l’église, où ils se sont servis de gaz lacrymogènes et se sont attaqués à la sacristie. Il a déclaré :

Quand les fidèles ont voulu défiler, les forces de sécurité ont tenté de les arrêter en bloquant la route et en tirant des gaz lacrymogènes en direction de la foule. Suivant des instructions données à l’avance, tous les Chrétiens se sont agenouillés et ont commencé à chanter des hymnes. Les forces de sécurité ont riposté en tirant à balles réelles, blessant deux personnes. Dans la panique, certains fidèles ont couru se réfugier dans l’église.

Dix minutes plus tard environ, les policiers ont fait effraction dans la paroisse et ont tiré au moins six salves de gaz lacrymogènes sur les enfants, les personnes âgées et les autres personnes qui cherchaient refuge à l’intérieur de l’église. Ensuite ils ont tout saccagé, y compris les bancs et la crèche. Ils ont même tenté de mettre le feu à la statue de la Vierge Marie. Ils sont entrés dans la sacristie et ils ont tout fouillé de manière systématique, apparemment pour trouver de l’argent ou d’autres objets de valeur.

Dans une autre paroisse de Kinshasa, le prêtre a décidé, compte tenu de l’important déploiement de forces de sécurité, de ne pas faire de marche en dehors de la paroisse, mais d’organiser une procession entre l’église et la grotte  « Les fidèles suivaient les acolytes qui portaient des croix et d’autres symboles religieux tout en s’avançant vers la statue », a-t-il expliqué. « Quand les forces de sécurité qui se trouvaient dehors ont vu ce qui se passait, ils ont immédiatement lancé des gaz lacrymogènes. Un policier a alors tiré à balles réelles sur les personnes qui étaient arrivées jusqu’à la  grotte et blessé deux d’entre elles ».

Meurtres commis par les forces de sécurité

Les huit personnes dont l’assassinat a été confirmé par Human Rights Watch étaient tous des hommes d’âge adulte. Trois d’entre eux étaient des personnes âgées.

Les forces de sécurité ont abattu un percepteur de 23 ans dans un bus à Kinshasa alors qu’il se rendait à son travail. Son frère a déclaré à Human Rights Watch :

Mon frère allait à son travail quand il a aperçu des gens qui couraient dans tous les sens, poursuivis par les forces de sécurité. Il a fini par se retrouver face à un groupe de militaires qui l’ont accusé d’être avec les manifestants. Il leur a répondu qu’il n’était pas avec eux, puis il a vu un militaire charger son arme et il s’est enfui. Le militaire lui a tiré dessus, le touchant à la main puis à l’épaule… Ça me fait mal d’entendre les autorités dire que les militaires n’ont tué personne, quand c’est le cas dans ma propre famille.

Une femme a raconté que la police avait abattu son fiancé, un chauffeur de moto-taxi âgé de 44 ans, à 10 mètres de l’entrée d’une église de Kinshasa :

Mon fiancé n’était pas un catholique, mais il avait participé à la marche comme tout citoyen qui veut que notre pays change. Après la marche, alors qu’ils rentraient à la paroisse sous la conduite des prêtres catholiques, les policiers ont commencé à les disperser avec du gaz lacrymogène et en tirant sur la foule à balles réelles. Mon fiancé a tenté d’aider une bonne sœur à ramasser sa chaussure qui s’était détachée. Il a été frappé d’une balle à la poitrine, juste devant la paroisse. Nous devions célébrer notre mariage dans quelques semaines. Maintenant il n’est plus là.

Après que le chauffeur de taxi ait été abattu, un homme a crié que les policiers avaient tué « un innocent » connu de tout le voisinage. Les policiers l’ont abattu lui aussi.

Un acteur de théâtre âgé de 60 ans a été abattu devant son domicile à Kinshasa lorsque les forces de sécurité ont dispersé la foule qui se trouvait à proximité. Sa femme a raconté la scène :

Mon mari ne participait pas à la manifestation, il parlait à son frère devant notre maison quand une jeep de la police est arrivée. Ils se sont mis à tirer sur la foule qui se trouvait à proximité. Mon mari a été touché au flanc droit par une balle qui est ressortie au niveau du bas-ventre. Comme il saignait beaucoup, nous l’avons emmené directement à la clinique de notre quartier. Il a ensuite été transféré dans un hôpital public. Il est mort des suites de sa blessure quatre jours plus tard.

Une femme a déclaré que son mari, un retraité de 75 ans, était mort asphyxié après avoir respiré du gaz lacrymogène pendant la messe à Kinshasa le 31 décembre :

Le dimanche, je suis allé à l’église avec mon mari, qui était en très bonne santé. Après la messe, le prêtre nous a conseillé de ne pas sortir parce que l’église était cernée par les policiers. Mon mari est quand même sorti. Peu après, je l’ai vu revenir en courant, les mains sur le visage. Ses yeux étaient enflés, ses lèvres semblaient brûlées, et tout son corps s’est soudainement transformé. Un autre fidèle m’a dit qu’un policier avait tiré des gaz lacrymogènes dans sa direction au moment où il s’approchait avec d’autres du portail pour quitter l’enceinte de la paroisse et manifester. Nous l’avons emmené à l’hôpital où il est mort le jour même.

Le fils d’un enseignant catholique de 67 ans a déclaré que son père était mort après avoir inhalé des gaz lacrymogènes tirés par des policiers dans sa paroisse après la messe dominicale :

Le dimanche, quand mon père est rentré de l’église, il a dit qu’il avait des vertiges à cause des gaz lacrymogènes tirés par la police à l’extérieur de l’église. Le mardi suivant, tout son corps a commencé à être affecté. Il ne pouvait plus parler, ni bouger ; seule sa main droite bougeait encore un peu. Nous l’avons emmené à la clinique locale. Ils l’ont transféré aux services d’urgence. Il est mort deux jours plus tard.

À Kananga, dans la province du Kasaï-Central, un prêtre a déclaré à Human Rights Watch que les forces de sécurité avaient abattu un membre de sa paroisse âgé de 22 ans alors qu’il rejoignait les fidèles qui organisaient une marche.

Un maçon catholique de 28 ans a été abattu après avoir assisté à la messe dominicale dans une église de Kinshasa. Son oncle a déclaré à Human Rights Watch que sa famille n’avait pas pu récupérer son corps à la morgue ou organiser ses funérailles :

Quand nous sommes allés à la morgue, des membres de la police militaire nous ont interceptés et nous ont arrêtés avec un journaliste étranger et deux avocats qui nous accompagnaient. Ils nous ont emmenés dans un camp militaire où nous avons été détenus jusqu’au soir. Ils nous ont reproché d’emmener des étrangers à la morgue pour faire des interviews et lancer des accusations contre le président. Deux jours plus tard, nous sommes retournés à la morgue avec l’argent pour embaumer le corps, mais une fois les formalités accomplies, un officier du renseignement est intervenu pour nous dire que personne n’avait le droit de toucher à ce corps jusqu’à nouvel ordre. Il a déchiré tous les documents que nous avions remplis et pris notre argent. Depuis, nous craignons de retourner à la morgue, tout en redoutant que le corps de notre frère ne commence à se décomposer. Nous espérons que les autorités nous le rendront et qu’elles nous autoriseront à organiser les funérailles qu’il mérite en toute dignité.

Le 18 janvier, la famille a finalement été autorisée à récupérer le corps.

Personnes blessées par les forces de sécurité

Des dizaines de personnes ont été blessées à Kinshasa et dans d’autres villes lorsque les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes, avec des balles en caoutchouc et à balles réelles dans l’enceinte des églises et sur les manifestants le 31 décembre. Au moins 27 personnes ont été blessées par balle à Kinshasa selon les registres des hôpitaux consultés par Human Rights Watch.

Une femme a raconté à Human Rights Watch que sa sœur de 20 ans, étudiante à Kinshasa, avait été blessée au visage :

Ma petite sœur venait de sortir pour acheter du pain quand un policier a tiré sur une foule et c’est comme ça que ma sœur a été touchée. La balle l’a atteinte au visage, elle a perdu ses dents, sa lèvre supérieure et une partie de sa lèvre inférieure. Sa langue a également été touchée.

La jeune femme a ensuite été évacuée pour être soignée à l’étranger.

Un prêtre de Kinshasa a déclaré qu’il avait été touché sous l’œil par une balle en caoutchouc :

Je suis allé à la porte de l’église pour demander aux fidèles d’entrer calmement et pour demander aux forces de sécurité d’arrêter de leur tirer dessus. Je faisais des signes de la main aux forces stationnées juste en face de l’église et j’ai vu une femme blessée par balles juste devant la paroisse. Des jeunes l’ont tirée sur le bord de la route face aux forces de sécurité et ont commencé à crier que les policiers avaient tué une fille innocente ; elle ne bougeait pas et nous pensions qu’elle était morte. Alors je me suis adressé aux forces de sécurité pour dire :« Regardez ce que vous avez fait. Personne ne protestait, personne ne vous attaquait, pourquoi avez-vous tiré ? »

Un policier a alors demandé à un autre de me tirer dessus. Il a tiré une balle en caoutchouc en visant mon œil gauche. J’ai bougé un peu, et la balle m’a touché entre l’œil et la joue. Malgré cela, je pensais que nous ne pouvions pas laisser le corps de cette jeune fille à cet endroit, sinon les forces de sécurité l’emmèneraient, sans laisser de trace. J’ai traîné son corps vers l’église. Mais la police m’a dit que je ne pouvais pas l’emmener, et c’est à ce moment-là qu’ils ont tiré les gaz lacrymogènes pour empêcher les gens de s’emparer de son corps.

Un journaliste à Kinshasa a déclaré que des policiers et des militaires l’avaient violemment passé à tabac:

Après la messe, nous sommes sortis manifester pacifiquement malgré les balles et les gaz lacrymogènes tirées par les forces de sécurité. Lorsque nous nous sommes rapprochés des policiers et des militaires, les tirs se sont intensifiés et j’ai voulu m’enfuir. Ils m’ont poursuivi et m’ont rattrapé. L’un des policiers m’a frappé à la tête avec son fusil et je suis tombé par terre. Quand j’ai essayé de me relever, un militaire m’a frappé au bras droit, et je suis retombé. J’avais des douleurs lancinantes à la tête et au bras. L’un d’eux a dit :« Tu joues avec Kabila, mais c’est lui qui a les armes ». Ils ont ensuite fouillé mes poches, ils ont pris ce qui s’y trouvait, j’étais ensanglanté, ils m’ont dit de filer.

Dans la ville de Kasindi, dans la province du Nord-Kivu, des jeunes activistes pro-démocratie ont tenté de protester, brandissant des pancartes demandant à Kabila de quitter le pouvoir. Les policiers les ont rapidement dispersés et deux activistes ont été battus jusqu’à en perdre connaissance. Quatre d’entre eux ont été hospitalisés pendant deux jours.

Arrestations arbitraires

Les forces de sécurité ont arrêté des dizaines de personnes le 31 décembre et dans les jours qui ont précédé les manifestations. De nombreuses personnes arrêtées ont été violemment battues. Le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies a documenté140 arrestations pour la seule journée du 31 décembre. Selon la note technique du nonce apostolique, six prêtres au moins figuraient parmi les personnes arrêtées le 31 décembre.

Selon les recherches menées par Human Rights Watch, les forces de sécurité ont, les 29 et 30 décembre, arrêté au moins 22 individus, des activistes pour la plupart, alors qu’ils organisaient des manifestations de petite taille ou mobilisaient des personnes afin qu’elles participent aux manifestations plus importantes prévues pour le 31 décembre.

Le 29 décembre à Kananga, la police a arrêté 12 personnes lors d’une manifestation pacifique. L’un d’entre eux a été libéré, mais les autres sont toujours incarcérés à la prison centrale de Kananga : parmi eux se trouvent 10 activistes des mouvements citoyens LUCHA, Filimbi et « Debout Congolais Bâtissons » et un membre du parti politique Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Ils ont tous été accusés de « désobéissance à l’autorité publique ».

À Kindu, dans la province de Maniema, le 29 décembre, des agents de la police et du renseignement ont arrêté un activiste du mouvement Filimbi qui avait mobilisé des personnes afin qu’elles participent à la marche prévue le 31 décembre. Il est toujours en prison et a été accusé d’insulte au chef de l’État et d’incitation à la révolte.

À Kisangani, dans la province de la Tshopo, deux activistes de LUCHA ont été arrêtés le 29 décembre et un autre le 30 décembre alors qu’ils mobilisaient des personnes afin qu’elles participent aux manifestations prévues. Ils ont d’abord été détenus par les services de renseignement puis transférés à la prison centrale de Kisangani. Ils sont poursuivis pour « incitation de la population à la révolte contre les autorités au pouvoir ». L’un d’entre eux a été libéré provisoirement le 15 janvier et les deux autres le 18 janvier, mais les poursuites n’ont pas été abandonnées.

Le 30 décembre, Carbone Beni, coordinateur national du collectif de jeunes Filimbi, a été arrêté avec cinq autres activistes alors qu’ils mobilisaient des habitants de Kinshasa afin qu’ils participent à des manifestations prévues pour le lendemain. Deux activistes ont été libérés, mais les services de renseignement maintiennent les quatre autres en détention arbitraire et au secret, sans qu’ils puissent avoir accès à leurs familles ou à leurs avocats.

L’un des activistes libérés a décrit leur arrestation :

Vers 14h ou 15h, nous avons décidé de faire une pause pour manger. Les autres sont entrés dans un restaurant et je suis resté dans la voiture. J’ai alors vu un homme en civil s’approcher de la voiture. Il a pointé son arme sur moi et m’a donné l’ordre d’entrer dans le restaurant où les autres se trouvaient. Une douzaine d’assaillants ont alors fait irruption dans le restaurant et nous ont forcés à sortir du restaurant et à entrer dans leur voiture. Ils nous ont emmenés dans l’immeuble administratif local où ils nous ont tabassés et nous ont dit que nous nous battions contre le chef de l’État et que nous allions mourir à cause de notre obstination. Ensuite ils nous ont emmenés à un poste de police où ils nous ont présentés à des journalistes comme des terroristes qui troublaient l’ordre public. Ils nous ont interrogés jusqu’à la tombée de la nuit. Chaque fois que nous donnions une réponse qui ne les satisfaisait pas, ils nous tabassaient. Plus tard, ils ont dit qu’ils nous emmèneraient voir les services de renseignement, où nous serions tués.

Human Rights Watch a documenté des arrestations du 31 décembre à Kinshasa, Idjwi, Beni, Butembo, Kamina, Mbandaka et Lubumbashi.

Un prêtre de Kinshasa a déclaré que la police l’avait arrêté dans sa paroisse peu après la messe du dimanche :

Les policiers m’ont fait sortir de la sacristie. Ils m’ont attaché les mains avec une corde avant de me mettre les menottes. Ils m’ont ensuite embarqué dans leur pick-up et m’ont forcé à m’allonger sous le banc. Un policier m’a dit : « Voilà, tu vas mourir pour rien. Ce que tu fais, ce n’est plus de la religion, c’est de la politique, et nous allons t’emmener dans un endroit dont tu ne reviendras jamais. » Malgré tout ça, je n’ai pas répondu, j’ai gardé mon calme.

Le prêtre a été emmené au poste de police et détenu pendant plusieurs heures avant d’être relâché.

À Mbandaka, dans la province d’Équateur, la police a arrêté six manifestants pacifiques, dont trois activistes de LUCHA. Ils ont été libérés deux jours plus tard. À Idjwi, la police a arrêté sept personnes, dont plusieurs membres des mouvements citoyens « C’en est trop » et LUCHA, peu après le départ de leur marche. Ils ont été libérés plus tard dans la journée. À Lubumbashi, la police a arrêté 21 personnes alors qu’elles tentaient d’entamer leur marche. Elles ont été libérées plusieurs jours après.

À Kamina, dans la province de Haut-Lomani, la police a arrêté 11 membres du parti d’opposition UDPS alors qu’ils quittaient l’église après la messe du dimanche et se préparaient à entamer la marche. Quatre d’entre eux ont été passés à tabac par la police et grièvement blessés. Ils ont tous été libérés deux jours plus tard. L’un d’eux a décrit ainsi leur arrestation :

Quand la messe a pris fin, nous étions prêts à commencer la marche lorsque nous nous sommes retrouvés devant un groupe de policiers qui s’est mis à tirer des gaz lacrymogènes dans notre direction. Nous nous sommes agenouillés pour montrer que nous étions pacifiques, mais ils ont commencé à nous rouer de coups.

À Beni, dans la province de Nord-Kivu, des activistes de LUCHA ont tenté de marcher avec d’autres personnes, mais des policiers les ont rapidement encerclés et battus avant d’emmener quatre activistes et deux journalistes à un poste de police, puis de les relâcher plus tard dans la soirée. Un activiste de LUCHA qui figurait parmi les personnes arrêtées a déclaré :

Nous étions au moins 13. On brandissait des pancartes quand les policiers nous ont encerclés. Ils ont pris nos pancartes et ont commencé à nous battre à coups de grands gourdins. Nous avons résisté en nous donnant la main. Puis ils nous ont forcés à monter dans une jeep de la police et nous ont emmenés en prison. Un autre activiste est venu nous voir avec de la nourriture, mais la police l’a battu lui aussi et lui a fracturé le bras gauche.

À Butembo, dans la province de Nord-Kivu, la police a tiré des gaz lacrymogènes et lancé des coups de semonce en direction des manifestants qui tentaient de marcher pacifiquement. Une femme a été blessée. Quatre activistes de LUCHA ont été arrêtés et passés à tabac. Ils ont été libérés quatre jours plus tard. L’un des activistes a raconté :

Peu après le début de notre marche avec les fidèles catholiques, la police est venue et a arrêté certains d’entre nous tandis que d’autres parvenaient à s’échapper. Ils nous ont battus avec des gourdins. Ils nous ont ensuite emmenés voir d’autres policiers, qui nous ont battus eux aussi. Un agent du renseignement est ensuite venu nous frapper avec des bâtons et des tubes en fer comme ceux qu’on trouve dans les stations-service. Nous avons passé quatre jours en prison, sans droit de visite ni accès à notre avocat. Nous avons eu du mal à trouver à manger, mais certains prisonniers ont partagé le peu qu’ils avaient. Nous avons finalement été libérés après l’intervention de la MONUSCO et d’autres personnes. Notre santé reste fragile. J’ai mal partout et j’ai des plaies aux mains et aux fesses.

Violences commises par des manifestants

Violence ou vandalisme de la part des manifestants ont été absents dans la plupart des villes.  À Lubumbashi dans le sud-est du pays, certains manifestants ont néanmoins lancé des pierres aux policiers après que ces derniers aient commencé à tirer des gaz lacrymogènes pour les disperser. Certains manifestants de Lubumbashi ont également brûlé des pneus dans les rues de la commune de la Kenya et incendié deux véhicules, l’un à la Kenya et l’autre dans la commune de Katuba.

Réponse de l’Église catholique à la crise politique en RD Congo

Presque six mois après la signature de l’accord de la Saint-Sylvestre, les 49 archevêques et évêques de l’influente Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont publié le 23 juin 2017 une déclaration appelant le peuple congolais à se mettre «debout » et à « prendre [son] destin en main ». Ils ont appelé à la mise en œuvre intégrale de l’accord de la Saint-Sylvestre et ont mis en cause ceux qui sont au pouvoir pour avoir échoué à organiser des élections et pour les nombreux problèmes que traverse le pays. Selon la constitution congolaise, Kabila aurait dû quitter le pouvoir au plus tard le 19 décembre 2016, à la fin de ses deux mandats. Les évêques ont réitéré leur appel dans une deuxième déclaration publiée le 24 novembre.

Le 2 décembre, en réponse à ces appels, le Comité laïc de coordination (CLC) a lancé un « dernier appel » à Kabila pour qu’il déclare publiquement qu’il ne sera pas candidat aux prochaines élections conformément à la constitution, et pour mettre en application les conditions préalables nécessaires à la tenue des élections, notamment la libération des prisonniers politiques, le retour des dirigeants de l’opposition en exil, la réouverture des médias arbitrairement fermés, la restructuration de la commission électorale nationale et la fin du  « dédoublement » des partis politiques – c’est-à-dire la création de nouveaux partis politiques alliés à la coalition au pouvoir et qui portent le même nom que les partis d’opposition.

Le 17 décembre, ces demandes n’ayant pas été satisfaites, le CLC a appelé la population congolaise, y compris les Chrétiens de tout le pays et de l’étranger, à marcher le 31 décembre.

Le cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa, a publié une déclaration le 2 janvier qualifiant de « barbare » l’usage excessif de la force contre les fidèles catholiques et autres manifestants pacifiques et appelant les dirigeants du pays à « se retirer et permettre à la paix et la justice de régner au Congo ».

Le 11 janvier, la Conférence nationale des évêques a publié un communiqué dénonçant les attaques contre l’Église catholique et sa hiérarchie et demandant des sanctions contre ceux qui ont torturé, blessé et tué des concitoyens et délibérément profané des églises.

Le 12 janvier, le cardinal Monsengwo a présidé une messe de requiem à la cathédrale Notre-Dame de Kinshasa à la mémoire des personnes tuées le 31 décembre. Après la messe, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les fidèles qui quittaient l’église, y compris ceux qui accompagnaient un chef de l’opposition, Vital Kamerhe. Au moins deux personnes ont été grièvement blessées.

De nombreux membres du CLC craignent pour leur sécurité et ont reçu des appels et visites suspects, tandis que des rumeurs circulaient au sujet des mandats d’arrêt qui auraient été émis à leur encontre.

Normes juridiques congolaises et internationales

Il apparaît que les actions des autorités congolaises et des forces de sécurité le 31 décembre et autour de cette date ont été menées en violation du droit congolais et des normes internationales des droits humains.

La constitution congolaise et les accords internationaux auxquels la RD Congo est partie, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, garantissent tous le droit à la liberté de religion, de réunion pacifique et à la liberté d’expression.

La constitution et la loi électorale exigent que les organisateurs de manifestations politiques informent les autorités locales par écrit 24 heures avant la date prévue pour l’événement, mais aucune autorisation préalable n’est exigée. Dans une lettre remise le 27 décembre, le CLC a informé le gouverneur de Kinshasa des marches prévues pour le 31 décembre. Human Rights Watch a obtenu copie de cette lettre, avec accusé de réception de la mairie.

Les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois, qui énoncent les normes juridiques internationales sur le recours à la force par les forces de l’ordre, prévoient que les forces de sécurité usent de moyens non violents avant de recourir à la force. Chaque fois que l’usage légitime de la force est inévitable, les autorités doivent faire preuve de retenue et agir proportionnellement à la gravité de l’infraction. La force mortelle ne peut être utilisée que si elle est strictement inévitable pour protéger la vie. En vertu des Principes de base, en cas de décès ou de blessure grave, les organismes appropriés doivent procéder à une enquête et un rapport détaillé doit être envoyé rapidement aux autorités administratives compétentes ou chargées des poursuites judiciaires.

par -

En visite d’inspection au groupement des forces spéciales de Bizerte au 61e groupement de génie de Menzel Jamil, le ministre de la Défense nationale, Abdelkarim Zbidi a appelé les militaires à la plus haute vigilance sur fond des mouvements sociaux de protestation qui, a-t-il prévenu, risquent d’être exploités par les terroristes pour exécuter des actes terroristes.

Au cours de cette visite, Zbidi a tenu à souligner l’importance et la particularité des missions confiées à ces deux groupements qui, a-t-il précisé, sont au premier des forces de lutte anti-terroriste.

” Ces deux groupements sont les plus exposés aux dangers et aux risques de mort pendant les opérations “, a-t-il indiqué, saluant, à ce propos, les efforts déployés pour accroître leurs capacités combatives et opérationnelles.
Selon Abdelkarim Zbidi, le département va doter les deux groupements de toutes les ressources humaines, matérielles et logistiques nécessaires pour mener à bien leurs missions.
Dans le même contexte, le ministre a annoncé le démarrage, à partir du deuxième semestre de l’année 2018, des travaux de construction à Aïn Meriem (Bizerte) des unités d’habitation, catégorie économique, au profit des militaires

par -

Il est connu que les derniers soubresauts des mécontents de la révolution de 2011 avaient pris l’augmentation des prix comme alibi. Il se trouve d’abord que ce soulèvement, s’il est vrai qu’il soit spontané, est bâti sur des anticipations d’augmentations de prix sur la base des mesures prises dans la loi de finances 2018. Le ministre chargé des réformes majeurs, Taoufik Rajhi, démontrera d’ailleurs par le chiffre le peu d’impact de ces mesures sur le pouvoir d’achat du citoyen tunisien. Il se trouve ensuite, pour 2018 et depuis belle lurette, que l’Administration et le gouvernement en général ont très peu de marge, soit pour augmenter soit pour baisser les prix, la très grande partie des produits de consommation étant des produits libres.

Les prix des produits alimentaires de base en Tunisie sont soit homologués et fixés par les pouvoirs publics, soit sont libres. De manière générale, selon un tableau qui a été fourni par l’INS (Institut national de la statistique) à Africanmanager, l’indice des prix à la consommation pour les produits de base et qui font objet de compensation par le budget de l’Etat n’ont pratiquement pas augmenté en depuis 2016, à l’exception de la semoule de blé (+2,3 % en 2017) et des cafés en poudre qui figurent bizarrement sur la liste des produits de base et compensés, (+2,5 % en 2017). Idem pour le thé, un produit importé par l’Office du commerce et qui est aussi homologué par l’Etat, mais dont l’indice des prix n’a pas bougé d’un iota depuis 2016.

Le contrôle de l’Etat sur les prix ne concerne pas que les produits alimentaires de base. Une autre liste comporte des produits de plusieurs secteurs, comme les carburants, la santé, le transport ou l’éducation.

Sur les 14 produits qui forment cette liste des produits non-alimentaires et homologués par l’Etat qui en fixe les prix, quatre seulement ont augmenté. Il s’agit des médicaments, des carburants (essence, gasoil, normal et 50, et carburants pour motocycles). Des hausses, surtout pour les carburants, qui se font sur la base de l’augmentation du cours international. Des prix qui peuvent augmenter comme baisser, comme en juillet 2016. Pour le reste des produits, tel que le GPL, pourtant fortement utilisé par le petit commerce notamment de restauration, l’indice des prix n’a pas bougé depuis 2016. Idem pour le pétrole dit lampant, utilisé pour le chauffage domestique (mais pas que !) et considéré comme un produit de première nécessité.

Peu de choses ont donc augmenté, dans la liste des produits homologués où il reste en général du pouvoir de l’Etat, même de ne pas impacter la hausse des prix des carburants sur les produits homologués. Le reste, ce sont des produits aux prix libres et c’est là qu’on retrouvera l’impact aussi bien de la dépréciation de la monnaie locale par rapport aux principales devises d’importation, ainsi que l’impact des prix internationaux des carburants.

Etant une économie libre, comme voudrait le changer des partis politiques tunisiens comme le Front Populaire, la manifestation contre l’Etat se révèle pour le moins inefficace et pour le plus relevant du domaine de la manipulation et d’autres forces et lobbies, comme l’ont constaté des observateurs étrangers.

Là, ce sont plutôt des armes, plus efficaces certainement et qui ont déjà fait leurs preuves, comme le boycott qu’il faudrait utiliser pour contraindre les nouveaux circuits de distribution, comme les super et les hyper-surfaces, à baisser leurs marges et à modérer leurs prix. Et c’est là qu’il devient évident que l’alibi des hausses des prix n’a rien à voir avec les «raisins de la colère» de ceux qui se cachent derrière le «#fechtestanaw».

Il faudrait aussi que le Tunisien change son ancien mode de vie, dans une toute ancienne conjoncture politique et sociale où l’autorité de l’Etat était la plus forte, de vouloir consommer des produits hors-saison avec les mêmes prix des produits de saison. Mais ça, c’est toute une autre histoire !

par -

Quatre voitures de particuliers ont été incendiées, lundi à l’aube, à Bousalem par des personnes inconnues, a indiqué une source sécuritaire.
Ces véhicules étaient garés dans divers endroits de la ville de Bousalem, respectivement devant le siège de la délégation, le siège de la municipalité, près de l’ancienne église et près du stade municipal, a ajouté la même source.

par -

Six personnes suspectes ont été appréhendées, lundi, suite aux actes de pillage et de saccage perpétrés, dimanche soir, dans le quartier d’Ettadhamen.
Selon une source sécuritaire, plusieurs jeunes, dont la majorité habite à Ettadhamen et Douar Hicher, ont bloqué des routes, brulé des pneus et lancé des pierres sur les forces de l’ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.
La même source a ajouté que les unités de la garde nationale ont montré de la bravoure face aux troubles commis également hier soir à Chabbaou, dans la délégation d’Oued Ellil et ont réussi à disperser des jeunes manifestants dont plusieurs comptaient commettre des actes de vandalisme.

FOCUS 🔍

Comme à l’accoutumée, la BIAT- Banque Internationale Arabe de Tunisie – lance sa campagne estivale à destination des Tunisiens Résidents à l’Etranger « TRE...

Le meilleur des RS

Notre rubrique «Le meilleurs des réseaux Sociaux », début de la saison estivale oblige, choisit de mettre en lumière une initiative citoyenne, soutenue par un...

INTERVIEW

Walid Ben Salah, expert comptable, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont l'augmentation et à plusieurs reprises...

AFRIQUE

La Libye rejette le plan de l'Union européenne d'implanter des centres pour migrants sur son territoire afin de les empêcher d'atteindre l'Europe, et ne...

Reseaux Sociaux

SPORT

"On essaie de trouver un accord, Nice, Balotelli et nous", a déclaré le directeur sportif de l'Olympique de Marseille, Andoni Zubizarreta, au sujet de l'éventuelle arrivée...