AccueilLa UNELe parti islamiste déterre la hache de guerre contre Fakhfakh

Le parti islamiste déterre la hache de guerre contre Fakhfakh

On le regretterait presque, du point de vue politique, mais ce que l’on pourrait appeler la « Pax Covida » est finie. Sitôt le Coronavirus déclaré vaincu, toute la scène politique tunisienne était revenue à son sport favori que sont les querelles et les invectives parlementaires. Et la coalition gouvernementale d’Elyes Fakhfakh d’éclater, ses différentes composantes politiques partant en ville sous les coups de boutoir d’Abir Moussi. Aussi vite, Rached Khriji et le propriétaire du parti qui lui a remis le pied dans l’étrier du pouvoir [Ndlr : présidence de l’ARP], se font organiser deux interviews croisées.

Rached Khriji déclare la guerre à Elyes Fakhfakh

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Pendant 52 minutes et sur la chaîne TV du patron du parti sur le dos duquel il était monté au Perchoir, l’esprit encore vif malgré la main gauche tremblotante qu’il cachait de sa droite, Rached Kheriji distillait la serpentine de sa maïeutique verbale. Une dialectique, toujours aussi instable et intenable, et ponctuée de promesses aussi vides que celle du Wifi gratuit dans tout le pays, le tout à l’ombre d’une transition politique que le chef d’Ennahdha prévoit devoir durer entre 13 et 15 ans entre les mains des islamistes.

De ces cinquante-deux minutes, il était impossible de retenir autre chose que ce message en direction du chef du gouvernement Elyes Fakhfakh lui intimant  de renvoyer de son gouvernement les partis « Tahya Tounes » et le « Mouvement Populaire » auxquels il reproche de voter contre Ennahdha et pour la motion d’Abir Moussi, et de l’élargir à d’autres comme « Qalb Tounes ».  En attendant, Ennahdha refuse, comme il le confirme dans son interview, le pacte de solidarité et de stabilité gouvernementale

« Ce qui est demandé, c’est une gouvernance d’entente (Tawafok), ouverte à tous ceux qui voudraient y participer (…). Il faut laisser de côté les problématiques idéologiques au sein du gouvernement d’union, et se mettre d’accord sur un programme qui réunit les partis conservateurs ». Et le leader du parti islamiste tunisien d’y aller de sa demande directe, objet principal de toute l’interview, qui explique son refus de signer ce qu’on pourrait appeler le pacte de non-agression avec le MP et Tahya. « Il est attendu que soient opérés des changements dans la structure de la gouvernance du pays (il n‘a cependant pas dit gouvernement, mais gouvernance), pour arriver à la situation naturelle où la majorité gouvernementale rejoint la majorité parlementaire », dit  Rached Khriji, annonçant ainsi la fin de la période de stabilité gouvernementale, et déterre donc sa hache de guerre contre Elyes Fakhfakh.

Du chantage politique qui rompt la confiance avec les partenaires économiques étrangers


Ennahdha avait eu la peau de Youssef Chahed et de son gouvernement, et avait ouvert la boîte de Pandore de l’instabilité gouvernementale, après que Feu Béji Caïed Essebssi a mis fin à la politique d’entente, et qui avait fini de phagocyter l’ancien gouvernement et amener au départ de Chahed.

Cette nouvelle déclaration de guerre, cette fois contre un Elyes Fakhfakh qu’Ennahdha n’avait jamais pu « gober », intervient alors que le chef du gouvernement achève sa dernière fournée de décrets-lois avant de retrouver à la merci du bon vouloir de l’ARP à partir du 11 juin, date de fin de sa liberté de légiférer par décrets-lois sans passer par l’ARP.

Sur Nessma TV, Rached Khriji menaçait même, de manière à peine voilée, de mettre fin à toutes les mesures prises sous forme de décrets-lois par Fakhfakh, et il n’est pas exclu que, pour le punir s’il ne remaniait pas son gouvernement, il bloque ses projets de lois. Et il lui interdit déjà la possibilité d’en retirer ce qu’il voudrait retarder.

Ce n’est pas défendre Elyes Fakhfakh, mais force est de rappeler que par une telle déclaration, purement politicienne et de simple change politique, le président du parlement tunisien risque en tout  cas et de manière inconsidérée, de contribuer à rompre tous les contacts externes d’une Tunisie qui est aux abois pour les aides externes, surtout pour le plan de relance économique qu’elle prépare.

2 Commentaires

  1. Tout est fait pour démolir économiquement notre pays.
    Totalement irresponsables ces nahdhaouis en cherchant à créer une crise politique aux conséquences imprévisibles alors que des prémisses de reprise de la saison touristique sont signalées!
    Mais qui pense donc au pays Tunisie et a ses citoyens qui attendent de voir le bout du tunnel.

  2. « …ses différentes composantes politiques partant en ville… »
    Vous voulez dire « partant en vrille? Une lettre change tout le sens !
    Engagez un correcteur par respect à vos lecteurs..

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