AccueilLa UNELe pays où rien ne se cache, et rien ne se dit...

Le pays où rien ne se cache, et rien ne se dit d’officiel !

Donc, le chef du gouvernement tunisien vient de renvoyer son ministre de l’Intérieur sur fond de divergences sur des nominations au ministère. Ce n’est pas une première en soi. Bien avant lui, et quoique dans des circonstances différentes, il y avait eu le ministre de l’Environnement en lien avec l’affaire des déchets italiens, et celui de la Culture qu’il renvoyait pour la 2ème fois, la seconde sur fond de propos constitutifs de rébellion contre l’autorité de son chef qu’était Hichem Mechichi.

- Publicité-

Entre les trois limogeages, en l’espace de quatre mois (Et dire que le chef d gouvernement mettait lui-même en exergue la nécessité d’une stabilité gouvernementale), il y avait pourtant une constante. Pour les trois ministres démis brusquement de leurs fonctions, c’est par un communiqué, aussi bref que laconique, qu’ils ont été remerciés (même pas). Et toujours, sans la moindre explication sur les causes, même lorsque cela était clair et en lien avec une affaire judiciaire devenue publique. Il faut dire que la communication n’a jamais été le fort d’aucun gouvernement, et que le silence reste historiquement la règle de gestion politique en Tunisie.

  • L’art d’expliquer sans rien dire …

Dans les trois cas, ce sont toujours les réseaux sociaux, relayés ensuite par la presse, qui ont levé le voile sur les raisons des limogeages, soit en publiant la vidéo, comme pour le cas de l’ancien ministre de la Culture, soit en publiant le document signé des nominations  auxquelles devait procéder  l’ancien ministre de l’Intérieur. Pour les trois, le chef du gouvernement et ses services de communication (En a-t-il réellement ?) oubliaient que rien ne se cache plus dans la seconde République, même plus les documents internes des ministères, et ne se dérangent pas que cela arrive, ni ne font rien pour changer leur mode de communication pour colmater les brèches de ce qui ressemble à une sérieuse intrusion des services du ministère chargé de la sécurité de tout le pays. Ces trois limogeages procurent,  par ailleurs, aux  réseaux sociaux l’immense latitude  de se livrer à toutes les explications, même les plus farfelues, et qui établissent des liens improbables, comme celle de l’hôtelier qui a finalement été relaxé par décision de justice. D’autres explications, comme celles d’attribuer le fuitage des nominations à La Kasbah pour expliquer le limogeage sans pour autant rien dire. Ou encore l’explication d’un nouvel épisode de guerre froide entre Saïed et Mechichi. Toutes, cependant, des explications qui ne participent point à l’apaisement, ni politique, ni social, ni même moral pour les citoyens tunisiens.

  • … de semer le désorde et de démoraliser le peuple

Le même procédé de « fesse morte » en matière de communication, est appliqué par le chef de l’Etat. Cette institution de l’Exécutif n’a toujours pas, ni services de communication, ni porte-parole. A Carthage, il n’y a que Kais Saïed qui parle. Et à chaque fois, ce sont les mêmes termes de complotisme, de parfaite connaissance détaillée de tout ce qui se passe, les mêmes menaces, non voilées, de sévir, et toujours les mêmes immobilisme et  silence à propos de tout ce qu’il dit, tout de suite après et même des mois après.

Comme à La Kasbah, Carthage cultive un véritable autisme de communication, ne dit rien de précis et encore moins de détaillé, sur les multiples démissions ou limogeages et les raisons des uns et des autres. Encore moins sur les projets (s’il en a réellement), ou même les idées du chef de l’Etat et ses réelles et réalistes intentions pour résoudre les crises.

Récemment, l’économiste Fethi Zouhair Nouri écrivait que « lorsque le président de la République parle constamment de corruption, les politiciens et les chroniqueurs de changement ministériel un ou deux mois après le début des travaux du gouvernement, et ensuite le syndicat ou les syndicats viennent avec un programme de sauvetage pour le pays, on comprendra la réticence des investisseurs à lancer des projets et à sauver l’économie du pays ».

Le mal-communiquer, l’absence de communication, le « dire pour ne rien dire », laisser le champ libre aux réseaux sociaux, ou les utiliser pour ne rien dire, sont tout autant des moyens infaillibles pour semer le désordre, démoraliser le peuple, et autant d’armes de destruction massive d’un pays et d’une économie. Mais est-ce que les autistes comprennent tout cela ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

106,721FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
4,577SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -

Derniers Articles