Lors d’une conférence de presse tenue, aujourd’hui, au siège de son département, sur le bilan des premiers 100 jours du travail du gouvernement, le ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Mines s’est déclaré préoccupé par l’absence de signature de contrats de prospection d’hydrocarbures durant l’année 2014, précisant que c’est pour la première fois que cela arrive en Tunisie.
Selon lui, ceci va avoir un effet négatif sur l’avenir du pays bien que certaines demandes de prospection soient encore en attente de l’accord de l’Assemblée nationale Constituante (ANC), laquelle a choisi de reporter l’approbation de ces demandes de prospection à la prochaine assemblée du peuple, selon ses dires.
La non conclusion des permis de prospection est due aussi, selon le ministre, aux troubles sociaux à l’instar de ce qui s’est passé récemment dans le gouvernorat de Kébilli, assimilant ces événements à une certaine forme de guerre civile.
Il n’a pas caché, cependant, que plusieurs entreprises étrangères opérant dans ce domaine observent la Tunisie comme comportant un grand facteur risque et que certaines autres envisagent même de mettre la clé sous la porte.
C’est ainsi qu’il a été décidé d’actualiser le code des hydrocarbures dans l’objectif de permettre à toutes les parties concernées de participer à la mise en place des conditions nécessaires pour l’exploitation des ressources énergétiques nationales.
Il s’agit aussi d’élaborer un cadre concurrentiel adéquat à l’instar des autres pays étrangers, et ce dans l’objectif de garantir la bonne gouvernance et assurer l’attractivité du secteur pour les investissements étrangères.
D’autre part, le ministre a confirmé que les subventions aux cimenteries seront totalement levées à partir du mois de juin prochain, soulignant que cette mesure a permis de réduire le montant de la subvention de 130 millions de dinars suite à la levée, dans une première étape, de la subvention aux cimenteries à hauteur de 50%.
Il a souligné, cependant, que la levée de la subvention aux cimenteries n’a eu aucun impact sur le prix du sac du ciment et que les prix sont toujours entre 7,5 et 8 dinars le sac.
Le ministre a ajouté, dans le même contexte, que la levée de la subvention dans le secteur industriel va procurer près de 650 millions de dinars aux caisses de l’Etat.
Au sujet de la tarification de l’électricité, il a annoncé qu’une augmentation de 10% sera appliquée aux tarifs de l’électricité, soulignant cependant que cette hausse ne va pas concerner les classes démunies dont la consommation ne dépasse pas les 100 kilowatts. Cette augmentation est entrée en application depuis le 1er mai.
Selon lui, les tarifs du gaz ont été aussi majorés de 12% pour la moyenne tension et de 10% pour la haute pression.
Au sujet de l’avancement des grands projets, le ministre a indiqué qu’il a été décidé, au cours du conseil ministériel du 26 février dernier, de finaliser les discussions avec un bureau d’études international afin d’étudier la faisabilité technico-économique du projet de Srawartane. Une collaboration avec des bureaux d’études nationaux sera également lancée. Le coût de ce projet est estimé à 2500 millions de dollars.
Il a été également décidé de relancer certains projets de développement bloqués depuis des dizaines de mois notamment ceux de Mdhilla 2 qui offre près de 600 emplois. Des discussions avec les différents acteurs du secteur ainsi qu’avec des représentants régionaux et locaux sont en cours afin de trouver les solutions adéquates pour débloquer la situation.
Sur le projet de Nawara (Gaz du Sud), le ministre a affirmé que le format final du projet a été élaboré et le projet comprendra un gazoduc vers Tataouine et un autre vers Gabès ainsi qu’une centrale de traitement dans les deux zones. Les sources de financement pour ce projet ont été assurées à travers un prêt de 300 millions d’euros de la BEI et 150 millions d’euros de la BAD.
Notons aussi l’avancement des projets de la centrale électrique de Sousse (C) et le projet éolien de Kachebta (Bizerte). A cela s’ajoute la mise en place de 360 centrales électriques PV et celle de 10 000 chauffe-eau solaires.
Au sujet des phosphates et dérivés, le ministre a indiqué que la production a doublé, passant de 0,7 million de tonnes durant les quatre premiers mois de 2013 à 1,35 millions de tonnes durant la même période de l’année en cours, et ce en dépit d’un climat social défavorable durant janvier et février. Cette production reste toutefois inférieure à celle des 4 premiers mois 2010 qui avait atteint 2,5MT.
Le transport des phosphates a également enregistré une amélioration. Plus de 1 millions de tonnes ont été transportées par voie ferrée, ce qui représente une progression de 70% par rapport à la même période de 2013.
Les quantités exportées par le secteur ont reculé, cependant, de 12,7%, en raison principalement de la baisse de la demande du phosphate sur les marchés internationaux et à l’agressivité accrue de la concurrence internationale (Maroc, Arabie Saoudite, Chine…).
Khadija Taboubi








