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Les autres chiffres du sondage sur Saïed, que ses fans n’ont pas vus !

Quasiment toute la presse locale en Tunisie s’intéressait, samedi dernier, aux résultats du baromètre politique d’Emrhod, et titrait bien sûr sur sa performance, la partie qui concernait les intentions de vote pour le chef de tout l’Etat en Tunisie, Kais Saïed.

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Selon le sondeur, si les présidentielles étaient pour demain, il pourrait être réélu par 71,2 % des électeurs. Entre juin et septembre, la cote du chef de tout l’Etat tunisien a certes beaucoup remonté, passant de 49 à plus de 71 %. Et on retrouve là l’effet du coup constitutionnel du 25 juillet 2021.

–        Saïed devrait-il son salut à une femme ?

Pour le taux de satisfaction quant au comportement du chef de l’Etat, Emrhod dit qu’ils étaient 79 % à se déclarer contents du rendement. Un mois plus tard, en août 2021, ils étaient pourtant 82 % à dire leur satisfaction de ce que fait leur président. Selon le sondeur donc, Saïed aurait perdu 3 points, entre août et septembre. La chute du taux de popularité n’est donc pas énorme, mais elle s’effrite. Une baisse, qui pourrait s’expliquer par l’apparition d’un début de désillusion, peut-être né de l’impatience à voir le chef de l’Etat annoncer le nouveau gouvernement. La taille de la baisse pourrait aussi s’expliquer par le fait que le sondage a été réalisé entre le 29 septembre et le 1er octobre 2021. Et c’est ainsi l’annonce de la nomination du nom d’une femme au poste de chef de gouvernement qui aurait atténué la baisse du taux de popularité de Kais Saïed.

Au passage, Nejla Bouden que les Tunisiens ont adoré la comparer à Angela Merkel, commence son mandat encore sans ministres, avec un taux d’accueil favorable de 68 % des Tunisiens sondés par Emrhod. Et on découvre, à l’occasion, que le taux des misogynes déclarés ne dépasserait pas les 6 % en Tunisie. Et c’est cette nomination qui semble avoir réveillé la courbe des optimistes quant à l’amélioration de la situation économique. Cette courbe remontait en juin à 78 % de pessimistes contre seulement 15 % d’irréductibles optimistes. En septembre 2021, la courbe s’inversait pour afficher 55 % d’optimistes, pour 30 % de pessimistes.

–        70 % seraient contre la monocratie comme moyen de mettre fin à la partitocratie

Ce début de désenchantement, peut-être né de la lassitude, est clairement perceptible à la lecture des chiffres de taux de soutien aux mesures du chef de tout l’Etat. Des chiffres, qui baissent au fur et à mesure que les jours et les semaines défilent. En effet, après les 87 % de soutien aux mesures du 25 juillet, ce n’est plus qu’un taux de soutien de 81 % à la prorogation des mesures exceptionnelles. Le Tunisien a encore la flamme pour son chef de tout l’Etat, mais il commence à s’impatienter. Et ce sont ces 69 % de taux de soutien au décret 117, par lequel Kais Saïed devient officiellement Le Chef de tout l’Exécutif, sans aucun contre-pouvoir possible. Une baisse, tout de même de 12 points d’un mois à l’autre. Et on dirait presque, en guise d’explication qui ne ravira pas les fans de Saïed sur les réseaux sociaux où ils sont très actifs, que par extrapolation, presque 70 % des Tunisiens seraient contre l’instauration d’un régime outrageusement présidentiel.

Il est vrai que ce n’est pas ce que voudrait faire Saïed. Son idée est celle d’une démocratie, où les électeurs choisiraient des candidats non partisans aux conseils locaux, et des élus qui seront dans un second temps sélectionnés pour les postes supérieurs dans un parlement qui ne sera plus directement élu au suffrage universel. Cela conduirait, selon lui, à des députés choisis sur le mérite plutôt que sur l’affiliation à un parti ou à l’idéologie. Un mode qui mettra fin à la partitocratie. Une sorte de régime parlementaire, au sein duquel le pouvoir serait exclusivement détenu par des partis politiques que le tout président déteste. Un changement de régime qu’il semble cependant vouloir faire par la monocratie. 

–        Que valent les sondages ? 

Reste que les sondages, c’est connu, disent tout et ne disent rien. Coluche disait que « les sondages, c’est pour que les gens sachent ce qu’ils pensent ». Dans la même veine, le sociologue français Jean Baudrillard disait que « les citoyens sont si souvent sondés qu’ils en ont perdu leur opinion ». Et cela ramènerai presque à cette citation de Hillary Clinton lors de sa campagne électorale en 2000, qui disait alors que Les sondages ne votent pas, ce sont les gens qui votent.

Autre humoriste,  Nicolas Bedos qui pourrait tout aussi bien dire cela des Tunisiens, faisait cette blague réaliste : « D’après un nouveau sondage, les Français sont vraiment mécontents. D’après mes souvenirs, ils l’ont toujours été ». En plus léger, mais qui pèse lourd, Alexandre Sanguinetti  disait que « les sondages, c’est comme la mini-jupe, ça fait rêver, mais ça cache l’essentiel ». Une autre femme cheffe de gouvernement, Margaret Thatcher disait aussi que « si vous êtes guidé par des sondages d’opinion, vous ne pratiquez pas le leadership, vous pratiquez le suivi ».

1 COMMENTAIRE

  1. Les sondages ne sont pas des vérités absolues immuables et définitives , ces évaluations ne sont que des probabilités, admettant des erreurs d’échantillonnages et de d’appréciations…

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