AccueilLa UNELes déchets italiens moisissent, leur dossier judiciaire aussi !

Les déchets italiens moisissent, leur dossier judiciaire aussi !

Visiblement, les prétoires  des deux rives de la Méditerranée sont à l’envi les uns des autres lorsqu’ il s’agit de trancher des dossiers de salubrité voire de santé publique. Une lenteur légendaire et une justice velléitaire partagées en parfaite égalité malgré la pertinence des conventions internationales et les accès de colère des associations civiles     

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Le Réseau Tunisie Verte, ayant suivi de près le dossier des déchets italiens, a exprimé, vendredi dans un communiqué, son grand étonnement devant l’indifférence de l’Etat tunisien quant au dossier de retour des déchets vers l’Italie et ce, en dépit de la gravité de la situation.

Le réseau a rappelé que la présence de ces déchets met en péril la santé, la sécurité voire la vie des citoyens en cette période de grande chaleur, estimant que cette situation est devenue intenable dans un pays déjà meurtri par les dégâts du Coronavirus.

Le réseau a également manifesté sa déception face à l’attitude laxiste et passive de l’Etat tunisien, qui, par manque d’initiative d’un point de vue diplomatique, se contente d’attendre l’évolution de l’affaire devant la justice italienne et qui n’est pas jusque-là favorable à la Tunisie.

Il a par ailleurs dénoncé le manque de transparence sur les retombés des visites officielles en Italie du président de la République les 16 et 17 juin 2021 et du chef du gouvernement quant à ce dossier, exhortant l’organe judiciaire à l’accélération de la procédure afin de clôturer l’enquête pour que la procédure de rapatriement des déchets vers leur pays d’origine soit facilitée.

Le réseau Tunisie Verte a en outre appelé toutes les composantes de la société civile tunisienne et internationale à le rejoindre massivement et à le soutenir afin de maintenir la pression sur les intervenants dans ce dossier pour mettre fin à cette bombe à retardement et préserver la sécurité sanitaire et environnementale dans le respect du droit tunisien et international.

La Tunisie prise pour un dépotoir avec l’assentiment des siens !!!

C’est  en mai 2020 que le crime a été consommé , la  Tunisie étant alors la cible d’une opération d’expédition de 282 conteneurs de déchets ménagers collectés par la société italienne SRA (Sviluppo Risorse Ambientali), à la société tunisienne « Soreplast » et ce sans respect des exigences des conventions internationales. Cette expédition a fait l’objet d’un contrat entre ces deux sociétés conclu en 2019, lequel ne répond pas aux exigences de la convention de Bamako sur l’interdiction de l’exportation des déchets dangereux de ce type (Y 46), vers l’Afrique et n’a pas respecté la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et leur élimination et les termes des règlements européens.

Plus d’une année est passée depuis l’entrée des premières cargaisons de déchets italiens en Tunisie et plus de 4 mois après la fin des délais prévus par la convention de Bâle pour leur réexportation vers le pays d’origine, ces déchets, dont une partie est restée en vrac dans les locaux de la société Soreplast, sont toujours, au Port de Sousse.

Le 16 juin 2021, le ministre des Affaires étrangères, Othman Jerandi, en visite à Rome, a souligné dans une déclaration à l’agence TAP que « l’affaire des déchets italiens importés sera résolue et qu’il existe un consensus entre les autorités tunisiennes et italiennes, pour trouver définitivement une issue à cette affaire ».

« L’affaire des déchets italiens a été parmi les dossiers soulevés lors des entretiens tenus aujourd’hui, par le président de la République, Kais Saied, avec son homologue italien et avec le président du conseil des ministres, Mario Draghi », a-t-il précisé à l’issue de ces rencontres qui s’inscrivent dans le cadre de la visite officielle de deux jours effectuée par le chef de l’Etat à Rome.

« Cette affaire est actuellement entre les mains de la justice italienne qui doit se prononcer », a- t-il ajouté.

Le 16 mai 2021 le chargé du dossier au ministère des Affaires Locales et de l’Environnement, Hédi Chebili a affirmé, dans une interview avec la TAP, que « la réexpédition des conteneurs italiens vers leur pays d’origine n’est qu’une affaire de temps ». Ce haut fonctionnaire était cependant prudent, sur les aspects judiciaires de cette affaire et sur les réactions de la partie adverse.

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