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Les explications, tarabiscotées et saugrenues, de la Steg

« Faire passer des vessies pour des lanternes ». C’est ce que s’échine à faire le ministère de l’Industrie qui expliquait à Africanmanager (ar) que l’augmentation des prix de l’électricité et du gaz avait pour but de « préserver les équilibres » de cette entreprise publique.

Or, à la lecture des chiffres, la réalité est autre que celle dont le ministère tentait dernièrement de convaincre les journalistes et l’opinion publique, en leur vendant vessie pour lanterne, avec l’aplomb de celui qui vous vendrait un canard pour le prix d’une chèvre « معيز و لو طاروا », même s’il s’envolait en direct devant vous. Décryptage :

  1. Faire payer au public les impayés de l’Etat

En 2021, la Steg qui a le monopole de l’électricité et du gaz en Tunisie et dont les employés refusent tout raccordement de l’électricité scolaire à son réseau de transport, a réalisé un chiffre d’affaires de 5,4 Milliards DT, en hausse par rapports aux 5.282 MDT de 2020.

Or, sur l’ensemble de ce chiffre, 2,4 Milliards DT sont toujours en crédits impayés par les entreprises, les institutions et les administrations publiques. Dans ce gros chiffre en Milliards DT, les consommateurs domestiques ne sont redevables que de 1,1 Milliard DT, et il suffirait de serrer un peu la vis et de numériser la relève des compteurs pour les recouvrer. En contrepartie, les entreprises sont redevables de 500 MDT à la Steg, les ministères de 350 MDT et les municipalités de 200 MDT, sans compter les 130 MDT chez les hôteliers, les associations d’eau et les petites usines. Autant de montants facilement récupérables lorsque le reste de l’Etat décidera d’arrêter de s’aligner sur le populisme du chef de tout l’Etat qui a peur que son agenda politique n’en soit secoué et perturbé.

Le chiffre d’affaires annoncé et encaissé n’est donc qu’un simple jeu d’écriture. Et c’est de cela essentiellement que vient le déséquilibre financier de la Steg, que le reste des consommateurs, citoyens et entreprises privées, sont toujours appelés à combler de leurs poches. Cela, malgré le 1 Milliard DT en subvention, du budget et donc des deniers de l’Etat.

  • Des employés peu rentables

Avec le transport, le syndicat ouvrier de la Steg est l’un des plus puissants. La société monopolistique des carburants comptait, en 2020, quelque 13.500 employés actifs. Après la marge Brut (la différence hors taxes entre le prix de vente et le coût de revient de biens ou de services) négative de presque 300 MDT en 2019, la Steg terminait l’exercice suivant avec une marge Brut de 156,352 MDT. Divisée par le nombre d’employés, on se rend compte que chacun d’eux ne contribuait pas plus à 9,9 mille DT par an. Le résultat serait moindre si on divisait par le nombre de l’effectif inscrit qui était de 13.891 en 2020. La même année, le résultat d’exploitation était certes positif de 133,6 MDT, grâce cependant à la baisse de presque 2 Milliards DT du coût des ventes.

Le bilan, toujours tronqué que la Steg publie sur son site Internet, ne dit pas comment  ont pu baisser ces dépenses sur les produits qu’elle achète auprès de fournisseurs pour la revente et que seules les entreprises qui ne fabriquent pas leurs propres produits utilisent dans leurs comptabilités.

La petite marge Brut par employé, on la retrouve tout aussi petite, à un peu 391,230 mille DT, en divisant le chiffre d’affaires par le nombre d’employés. Et de nouveau, c’est le consommateur lambda qui « récompense », de sa poche et bien malgré lui, le peu de rendement des milliers d’employés de la Steg. Des employés qui, de surcroît, bénéficient d’un quota d’électricité gratuite (en plus des 505,4 MDT en masse salariale en progression de 12,5 % en 2020), qui contribue certainement à baisser leurs paliers de consommation payante. 

La Steg, qui n’est pas une entreprise à but lucratif, n’aura ainsi essentiellement qu’à récupérer ses impayés avant même d’augmenter presque chaque mois le coût de l’électricité et du gaz, pour pouvoir rétablir ses équilibres financiers sans rabattre les oreilles du consommateur avec ce gros mot des équilibres financiers. Il ne lui resterait alors à gérer que la fluctuation des prix du pétrole, à  laquelle la subvention annuelle de plus de 1 Milliards DT (1,2 Mds en 2019) pourrait suffire.

  • Le citoyen paie la prise en otage du solaire par les agents de la Steg

Reste à signaler, à la Steg et au ministère de l’Industrie et de l’énergie, que la Tunisie profite de plus de 3.415 heures d’ensoleillement par an, de quoi presque assurer une certaine autosuffisance en électricité verte et même exporter.  C’est le cas, notamment, pour la  société d’énergie renouvelable TuNur, basée à Tunis,  qui développe un nouveau projet d’énergie solaire visant à produire 4,5 GW d’électricité. L’électricité sera injectée dans le réseau européen via trois câbles sous-marins reliant la Tunisie à l’Italie, la France et Malte. Elle pourrait alimenter deux millions de foyers européens.

Or, le fameux plan solaire dont se prévaut chaque gouvernement depuis ladite révolution sans y parvenir, est,  depuis la même date fatidique,  pris en otage par des syndicats et des employés qui voudraient que leur propre entreprise en soit l’unique producteur. Et si la direction de la Steg le récuse à demi-mot, ses syndicats ne relâchent pour autant pas la pression sur un prix, plus que bas jusqu’à devenir non rentable, pour la connexion des plateformes d’énergie solaire au réseau de la Steg. 

Libérer l’énergie solaire du joug des syndicalistes et autres employés de cette entreprise, pourrait non seulement combler le déficit énergétique tunisien, au moins l’abaisser, rapporter des devises pour les caisses de l’Etat, baisser le coût de l’énergie pour le consommateur, et permettre à la Tunisie d’entamer sérieusement la transition énergétique. C’est aux dirigeants tunisiens de voir et d’arrêter d’expliquer l’inexplicable par du n’importe quoi autre que la réalité des choses.

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3 Commentaires

  1. Un ministre qui cherche à tromper son monde : honteux et révoltant
    Une société publique victime des surcharges salariales et des impayés du secteur public : honteux et révoltant
    Un syndicat prédateur qui prend en otage l’intérêt national : honteux et révoltant.
    Jusqu’à quand allons-nous supportés d’être traités comme des serpillières d’oukala ?

  2. il est temps jamais trop tard que le pouvoir politique dans ce pays entame la réforme des sociétés nationales et en particulier les deux sociétés STEG et SONEDE qui crèvent le budget de l’Etat , qui augmente leurs tarifs aux citoyens et aux entreprises et qui ont des effectifs pléthoriques avec trop d’avantages en salaires et en nature avec un syndicat puissant qui refuse toute réforme . Le Maroc a 10 longueurs d’avance sur nous dans ce domaine ils ont la plus grande centrale photovoltaïque du monde financée par les pays européens qui reçoivent 70 % de sa production et 30 % pour l’Etat marocain qui n’a pas dépensé un sou , les industries étrangères et marocaines dans le pays fleurissent depuis 10 ans et pourtant le pays est gouverné pendant 10 ans par des islamistes modérés qui et rejetés l’année dernière dans l’opposition suite aux élections législatives la seule différence entre nous et eux ils ont un monarque qui fait tout pour développer son pays et améliorer le niveau de vie de ses sujets et nous des nouveaux gouvernants qui n’ont rien fait pour le pays et sa population pendant 10 ans ils ne font que chanter leur démocratie en remplissant leurs poches et qui a ruiné le pays et sa population on a besoin d’un dirigeant de grande envergure comme le visionnaire feu Bourguiba et l’excellent gestionnaire feu Nouira

  3. Est ce qu’on peut trouver quelques part combien de million de KW que les fonctionnaires de Steg consomment par et les comparer à la moyenne de la consommation des ménages Tunisiens , je suis presque sûr que ces fonctionnaires qui ne foutent rien consomment 10 fois , sinon plus , que la moyenne des tunisien car ils donnent gratuitement des cables à leur voisins.
    Il faut leur fixé un quotat qui est la moyenne des consommation des ménages tunisiens et s’ils le dépassent ils doivent payer comme tout le monde

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