Au vu de la situation énergétique actuelle et du déficit énergétique dépassant les 50%, la Tunisie n’a d’autre choix que d’accélérer le rythme des projets de production d’électricité basée sur les énergies renouvelables, selon le directeur général de l’électricité et de la transition énergétique au ministère de l’Industrie, Belhassen Chiboub.
Dans un entretien accordé à African Manager, il a indiqué que la Tunisie cherche à installer r 5.000 mégawatts d’ici 2030, ce qui nécessite la réalisation de grands projets de production d’électricité et de petits projets pour étoffer le savoir-faire tunisien et le commercialiser au niveau africain.
Le ministère de l’Industrie, des mines et de l’énergie a développé un programme de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables qui comprend 3 systèmes, le système d’autoproduction, le système des autorisations et le système des concessions, soulignant que les différents projets d’énergie renouvelable permettront de réduire le niveau du coût de production d’électricité de 100 millimes par kilowattheure, soit environ 200 000 dinars par an.
Nouveaux projets
Selon le responsable, 50 approbations préliminaires ont été émises pour la mise en place de projets d’énergie renouvelable dans le cadre du système d’autorisation, et 20% ont été réalisées, notant que le nombre de centrales électriques basées sur des énergies renouvelables d’une puissance de 1 mégawatt est estimé à une trentaine.
Il a, en outre, souligné que les appels d’offres portent actuellement à 1.700 mégawatts, dont une partie sera lancée courant avril 2024, dont l’attribution d’un appel d’offres de 500 mégawatts et 100 mégawatts en délégation simplifiée de la ville de Kairouan, en plus de deux projets d’une capacité de 50 mégawatts à Tozeur et Sidi Bouzid qui sont en cours d’achèvement, et il est prévu que le bouclage financier du projet intervienne courant mai 2024.
Dans le cadre de la facilitation de la mise en œuvre des projets d’énergies renouvelables, le ministère de l’Industrie s’oriente vers l’approbation d’un ensemble de facilités, qui seront annoncées en avril prochain, telles que la fixation du prix de vente d’un kilowatt à la Société tunisienne d’électricité à un prix compris entre 210 et 220 millimes, dans le cadre du système d’autorisation, à condition que les dossiers soumis soient effectivement réalisables et que l’investisseur ait pu obtenir l’approbation initiale du financement par les banques et les licences nécessaires auprès des structures intervenantes.
Il a assuré que les projets d’énergie renouvelable programmés, qui sont en voie d’être achevés- de l’ordre de 2 200 mégawatts-, permettront de réduire le coût de l’approvisionnement en gaz naturel de 250 millions de dollars par an.
En réponse à une question concernant les appels des investisseurs à revoir la réglementation de la Douane, qui est considérée comme l’un des obstacles les plus importants auxquels sont confrontés les promoteurs de projets, Chiboub a déclaré que le ministère s’efforce d’établir une formule globale de profit pour l’investisseur et l’État, reconnaissant que la loi de finances s’oriente vers une augmentation de 30% des droits de douane.
A travers la mise en œuvre de projets d’énergies renouvelables, la Tunisie vise à améliorer l’indépendance énergétique, à diversifier le mix énergétique pour la production d’électricité, à réduire le coût des subventions allouées au secteur de l’énergie, à développer une économie verte et à contribuer à l’effort mondial de réduction des émissions de gaz.
Il est à noter que la Stratégie énergétique nationale vise à atteindre un taux d’intégration des énergies renouvelables de 35% dans le mix électrique national d’ici 2030.
Projet « Emed » pour l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie
S’agissant du projet d’interconnexion électrique (Elmed) entre la Tunisie et l’Italie, Belhassen Chiboub a révélé qu’il entrera en service au début de l’année 2028, et permettra à la Tunisie de répondre aux besoins de son marché et d’exporter les surplus d’énergie vers l’Italie.
Ce projet s’inscrit dans le cadre des échanges commerciaux entre les deux pays et sera soumis à la base du marché entre l’offre et la demande et comportant des dimensions stratégiques, la première étant de sécuriser l’approvisionnement en énergie compte tenu de la présence d’une nouvelle source d’énergie pouvant garantir une réserve d’électricité.
La deuxième dimension est économique, car elle permettra à la Tunisie de répondre à ses besoins avec la possibilité de vendre et d’exporter le surplus énergétique vers l’Italie et de réaliser des bénéfices.
En établissant un cadre juridique approprié, il sera possible de créer des entreprises tournées vers l’exportation et de créer des emplois, et ainsi un nouveau cycle économique.








